Luc, XVIII
page laisse échapper le parfum d'une miséricorde et d'une tendresse infinies. Les accents de cette miséricorde et de cet amour sont la preuve la plus saisissante peut-être de la divinité de .Tésus- Qhrist.
Le cœur de l'homme est impuissant parce qu'il est étroit et que jamais il ne se donne complètement. Nous voulons régner sans partage, sans réserve, sur les cœurs qui se donnent à nous. Mais nous n"y parvenons jamais, et c'est là une des déceptions les plus cruelles de nos cœurs égarés loin de Dieu parmi les créatures. Ce que notre cœur réclame, lui-même il ne l'accorde pas. Il veut régner en souverain et il refuse cette souveraineté. Il veut imposer des chaînes que rien ne puisse briser, et il n'accepte pas ces chaînes vraiment trop lourdes pour son indépendance et sa perpétuelle inconstance. Le cœur de l'homme n'aime pas longtemps malgré ses promesses d'éternelle fidélitc. Il est étroit dans ses affections elles-
QUATKIÈiME CONFÉRENCE 113
mêmes ; il est étroit par le nombre de ceux qu'il aime et de ceux dont il est aimé. Les amis sont rares ; les ennemis sont nombreux ; les indiiïérents ne se peuvent compter.
Mais le Cœur de l'adorable Maître est immense. 11 ne connait pas les limites du temps : Le Fils de Dieu nous a aimés dans les profondeurs de l'essence divine et de toute éternité, « In charitate jjerpatuâ dilexi te *. » Il nous a aimés dans la crèche de Bethléem, dans le travail de Nazareth ; il nous a aimés sur le Thabor illuminé de sa gloire et dans les angoisses du Calvaire : il nous a aimés dans les abaissements et les horreurs de sa mort ; il nous aime sous les voiles de l'Eucharistie et dans les splendeurs du ciel.
Il nous demande notre cœur tout entier, mais aussi il se donne à nous sans réserve et sans limites. Il nous donne sa parole, sa grâce, sa