‹ La Troisime béatitudeChapitre 58 sur 91 · Luc, XV · texte numérisé non relu

Luc, XV

image, marquée de son empreinte, ornée des dons célestes. Il la poursuit des rayons de sa lumière, il la cherche à travers la poussière et la boue de cette terre. Il ne se lasse pasjusqu'à ce qu'il l'ait trouvée. Et alors il rassemble ses Anges et ses Saints, les amis qui habitent près de son Cœur, et il leur dit : « Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé l'âme que j'avais perdue. »

C'est le Bon-Pasteur qui a perdu une de ses brebis ; il laisse dans le désert les quatre-vingtdix-neuf brebis fidèles et il poursuit la brebis égarée jusqu'à ce qu'il l'ait retrouvée. Il écarte les épines qui la déchirent, il la prend sur ses épaules pour la reporter au bercail \

Quelle est, Mesdames, l'âme que Jésus-Christ n'ait poursuivie ainsi dans ses égarements, tandis qu'elle fuyait loin de lui et du bercail où elle avait joui de la sécurité et du bonheur ? Après l'avoir

l. Luc, XV, 4, 7. — Malth., XVIII, 12, 13.

cherchée longtemps ù travers les sables arides du désert, il écarte les liens qui la retiennent, les épines qui la blessent, il la prend sur ses épaules l)Our lui éviter les fatigues du retour. La joie du Bon-Pasteur rejaillit sur tous ceux qui l'aiment, et il y a sur la terre et dans le ciel un grand triomphe.

C'est le père de famille dont un fîls ingrat à outragé la tendresse. Il a réclamé sa part de l'héritage paternel, puis il s'est retiré dans un pays éloigné ; il a fui le toit qui avait abrité son enfance et l'amour qui veillait sur lui. Sa fortune est dissipée dans de honteuses débauches^ et quand il a tout perdu, la famine désole la contrée qu'il habite, et il est réduit à devenir le gardien d'un troupeau d'animaux immondes. Alors dans cet abime de la dégradation et de la misère, il rentre en lui-même ; sa pensée et son cœur se retournent vers ses premières années et les joies de la maison paternelle. Je me lèverai, dit-il, j'irai vers

mon père, je lui dirai : « Mon père, j'ai péché contre le ciel et contre vous ; je ne suis pas digne d'être appelé votre fils : traitez-moi comme un de vos serviteurs. »

Mais le père désolé n'avait pas oublié son enfant. Souvent sans doute, il allait sur le chemin par lequel son fils ingrat s'était éloigné et il attendait son retour. Un jour, il aperçoit un mendiant couvert de haillons, portant les flétrissures de la misère. Le père a reconnu son enfant et il accourt vers lui, et n'écoutant même pas la prière de son repentir, il le serre dans ses bras. Il appelle ses serviteurs pour rendre à son fils ses vêtements des jours de fêtes, lui mettre au doigt un anneau précieux et préparer un grand festin. « Réjouissezvous, dit-il, car mon fils était mort et il est ressuscité, il était perdu et il est retrouvé ^ »

Que pourrait ici le commentaire de l'éloquence

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