‹ La tuberculose chez les BretonsChapitre 22 sur 38 · ASS MUR · texte numérisé non relu

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destine y fait des victimes ; et la syphilis évolue, sans entraves, chez les marins qui sont souvent forcés de renoncer dès le début à suivre un traitement énergique.

L'organisme est débilité; à la première occasion, ils se tuberculiseront. Et l’occasion ne se fait pas attendre. Sans parler des phlegmasies du poumon auxquelles ils sont exposés, ni de la mauvaise hygiène qui diminue leur résistance, tous les éléments de contagion se trouveront réunis dans le réduit obscur où ils s’entassent.

Revenus dans leur pays, s'ils se marient, ils feront

souche de syphilitiques et de scrofuleux, prédisposés

à la tuberculose.

Nous ne voulons pas parler ici des manifestations pulmonaires syphilitiques, des gornmes du poumon, mais bien de l'influence de la syphilis sur le développement de la phtisie. Cette influence a été diversement

comprise ; personne ne l'a contestée. Sur ce point,

cependant, Laënnec était un peu sceptique, « J'ai habité, dit-il, les bords de la baie de Douarnenez en Bretagne... Je n'ai vu en deux ans dans cette paroisse que six phtisiques ; et, d'après les renseignements que j'ai pris sur les lieux, le nombre des morts dues à la phtisie pulmonaire est de trois annuellement (sur une mortalité ordinaire de 140). Cette observation est d'autant plus remarquable que dans la population dont il s'agit, sont compris 600 matelots, dont la moitié au moins ont été détenus comme prisonniers de guerre pendant plusieurs années. Un grand nombre d'entre

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eux étaient attaqués depuis longtemps de syphilis constitutionnelle, palliée à plusieurs reprises par des -träitements incomplets, circonstance que tous les praticiens regardent comme propre à développer la phtisie, et, quoique ce fait ne soit pas encore démontré ni facile à démontrer paf des expériences positives, il est au moins probable dans l’état actuel de la science que les excès, les affections syphilitiques dégénérées, Fabus de préparations mercurielles et surtout du sublimé sont quelquefois la - cause occasionnelle du développement des tubercules ; mais rien ne prouve que ces causes suffiraient pour en produire chez les sujets qui n'y seraient pas faturellement disposés,

puisqu'elles ne sont suivies que très rarement du dévé- -

ioppement de la phtisie (1) ».

Il est certain que la syphilis n'engendre pas directement la tuberculose ; Mais, en affaiblissant lorganisme, elle le prédispose à Finfection tuberculeuse. « La syphilis, dit Pidoux, est üne source incontestable de la dégénération de Fespèce et. une sourcé fon moins incontestable de phtisie. Elle est aussi une des maladies constitutionnellesqui produisent le plus d'avottements, d’adénites strumeuses, de scrofule abâtardie, en un mot de ces êtres chétifs, irritables, rachitiques qui sont pOur la phtisie une proie certaine.

Nous noës associons pleinement aux cBnÉtsioHé suivantes formulées par Jacquinet (1), dans son inté-

| Laënnec. — Traité de l’auscultation, Édit. 1870. 1} Thèse de Paris, 1805,

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ressante étude sur les Rapports de la syphilis et de la tuberculose :

La syphilis joue un doüble rôle à l'égard du bacille tuberculeux : elle affaiblit l'état général et modifie le terrain sur lequel doit évoluer le bacille de Koch. De par les lésions qu’elle a suscitées sur les muqueuses du larynx et des bronches ou dans les poumons, elle en fait autant de portes d'entrée pour le bacille.

Alcoolisme, scrofule, syphilis : telles sont les trois tares principales qui, transmises de génération en génération, peuvent étre accusées d’avoir contribué à l'extension de la tuberculose en Bretagne.

Notons en terminant, le rôle que peut jouer l’impaludisme dans certaines parties du Morbihan. Boudin soutenaitsonantagonismeaveclatuberculose; mais cette Opinion n'a jamais été absolument confirmée. Nous croyons, au contraire, que l'impaludisme, en débilitant l'organisme ne peut que préparer les voies à la contagion bacillaire. :

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