‹ La Tuberculose conjugaleChapitre 19 sur 20 · CHAPITRE ill · texte numérisé non relu

CHAPITRE ill

Conséquences prophyiactiques

La tuberculose conjugale constitue une question d'hygiène de premier plan, car elle relève du problème général de la contagion et de l’évolution de la tuberculose, dont elle n’est qu’un cas particulier.

La protection de l’enfant contre l'infection bacil- laire, si elle doit être la base d’une prophylaxie générale, ne doit pas rester le seul moyen à employer dans la lutte antituberculeuse,

Puisqu’il est arrivé de constater la contamination de l'adulte, il faut s’occuper aussi de sa protection.

C’est dans cet ordre d’idées que nous allons envisager les mesures à prendre, particulièrement dans les ménages où l’un des conjoints est tuberculeux.

Il convient, tout d’abord, d’obtenir. l’isolement du malade dans la famille. La contagion conjugale rele- * vant surtout de la cohabitation nocturne et de la communauté de lit, la première chose à faire, sera - donc d’exiger pour le malade une chambre à part. Si

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cette mesure est facile à appliquer dans la classé. moyenne ou la classe riche, où les appartements sont, sinon vastes, du moins suffisants pour permettre cette séparation, il n’en est pas de même dans la classe pauvre, où parents; “enfants, quelquefois même grands-parents, sont obligés de s’entasser pêle-mêle dans une seule et unique chambre, aux proportions souvent exigués,

Que faire alors ? Il faut, dans ce cas, si l’on ne peut avoir: deux chambrés, exiger au moins deux lits (au besoin l’un des deux peut être prêté par le Dispensaire) et dans ces conditions, dit Sabourin : « Il doit y avoir bien peu d’inconvénients à laisser deux époux coucher en lits séparés dans la même pièce. » L’individu sain évitera dans ces conditions de gran- ‘ des chances de contamination.

La question des relations sexuelles est extrêmement difficile à résoudre ; il ne faut pas cependant Ja négliger, car elle est de la plus haute importance.

‘On sait, en effet, que l'excitation génésique exagère l’éréthisme respiratoire et circulatoire, et qu’il s’ensuivra nécessairement de la fièvre et des poussées congestives pouvant provoquer des hémoptysies quelquefois mortelles.

I importera donc de mettre en garde les malades

‘contre ces accidents, et de les prévenir des suites graves qui peuvent en résulter. Il ne sera pas question,

bien entendu, de parler de la suppression des rapports, le médecin irait certainement au devant d’un échec complet, et si, par hasard, ce conseil était

* écouté, il pourrait en résulter. de graves dangers moraux.

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Je crois que, le plus sage, sous ce rapport, est d’exposer simplement au malade les dangers que présente une excitation génésique exagérée, et le bien qu'il peut retirer d’une sage modération.

La grossesse ne sera pas déconseillée chez les femmes présentant des lésions discrètes ou en voie de cicatrisation; chez celles ‘qui sont déjà affaiblies par une bacillose durant depuis un certain temps et

n’ayant pas tendance à s’arrêter dans son évolution, il ne faudra pas hésiter, par contre, à interdire de nouvelles grossesses qui ne font que diminuer leur résistance.

Nous ne parlerons pas des mesures générales de prophylaxie relatives à la toux et à l’expectoration, à l'habitation et aux conditions de vie, ce sont là des questions d'hygiène générale et sociale qui ne rentrent plus dans le cadre de cette étude.

C’est là surtout qu’intervient le rôle du Dispensaire.

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