en
6° Provenance de ces malades.
Il y a autant de tuberculeux dans les campagnes que dans les villes; la région côtière en fournit peutêtre un plus grand nombre que la région du centre. Les villes ayant des moyens de dépistage plus perfectionnés et plus développés en connaissent davantage si l’on en juge par des statistiques concernant des malades placés au sanatorium de PIougOn ven dans ces 10 dernières années.
Le temps de séjour pour une cure est en moyenne de six mois, et se trouve en général porté à douze mois. Les malades sont des deux sexes et leur âge varie en général de seize à trente-cinq ans, et pour les enfants de cinq à quinze ans.
De 1926 à 1936, soit en 11 ans, ont été hospitalisés: 4.370 malades parmi lesquels 1.823 hommes, 1.684 femmes, 863 enfants, provenant des agglomérations suivantes :
a) Ville de plus de 50.000 habitants :
bé, Dar ig Ne der.) x
O0 LÉ CE ie
TP RE UP PPT EE PAP PU Te
Mes
Une seule, et c’est Brest, qui depuis dix ans place annuellement une moyenne de 43 malades, c’est-à-dire un pourcentage de 0,061 par rapport à la population.
b) Villes de 10.000 à 20.000 habitants :
Ce sont : Quimper, Lambézellec, Morlaix, Saint- Pierre-Quilbignon, Douarnenez, représentant en tout une population de 71.608 habitants sur lesquels 58 malades sont placés annuellement, soit un pourcentage de 0,081.
c). Villes de 5.000 à 10.000 habitants :
Telles Pont-l'Abbé, Penmarch, Quimperlé et Concarneau, etc., formant en tout 106.528 hectares sur lesquels 59 placements annuels, représentant un pourcentage de 0,055.
d) Villes de 3.000 à 5.000 habitants représentant une population totale de 167.272 habitants et qui a placé en moyenne 88 malades par année, soit 0,052 %.
e) Villages au-dessous de 3.000 habitants, dont la population globale se monte à 428.887 habitants parmi lesquels 150 tuberculeux sont entrés au sana, c’està-dire 0,034 % par rapport à la population.
Comparons ces pourcentages : 0,061, 0,081, 0,055, 0,052, 0,034. II en découle que plus l’agglomération est importante, plus elle envoie des malades en traitement au sana. Une leçon s’en tire, c’est qu'il faut renforcer surtout l’armement antituberculeux des petits centres.
Voyons ce qui est, et ce qu’il reste à faire à ce sujet.
L’armement antituberculeux du Finistère
Le Finistère a été l’un des premiers départements à s’émouvoir du danger tuberculeux, c’est qu’il avait de graves motifs à le faire, et de fait l’excès des naïs-
eg re
sances sur les décès, bien que supérieur à la moyenne générale de la France, n’est pas telle que nous aurions voulu le constater. Aussi a-t-on apporté le plus grand soin à son armement. C’est l’un des départements le mieux organisé pour la lutte antituberculeuse: centres de consultations nombreux, dispensaires, préventoria, sanatoria. Tout l’armement a été réuni ici, et chacune des armes a été employée de manière à apporter à la défense un maximum d'efficacité.
Ce qu’il faut noter c’est le caractère rural de l’organisation antituberculeuse, car, nous l’avons vu, il existe peu de grandes villes dans ce département.
Genèse de l'organisation antituberculeuse.
Ce sont des dons très importants d’Américains généreux: Mme Post et M. Rockfeller ,qui permirent l'établissement des premiers dispensaires en 1916, à Morlaix, St-Pol-de-Léon, Roscoff, Plouescat, Lesneven et Quimper.
À sa session de septembre de la même année, le Conseil général décide la fondation de huit à dix dispensaires, et d’un sanatorium départemental et vote les premiers crédits. En 1917, alors que le sanatorium est en train, les comités américains de la Croix-Rouge, et la mission Rockfeller viennent prêter leur concours au département pour le fonctionnement des dispensaires, et, à la fondation de nouveaux centres de dépistage. En 1918 est fondé le Comité départemental d'hygiène sociale et de préservation antituberculeuse. À noter ici un processus particulier de l’organisation antituberculeuse du Finistère : les initiatives ont pro- <édé à l’inverse de ce qui s’est généralement pratiqué ailleurs (formation d’un organisme central, office ou comité, puis applications locales). Il y eut d’abord des comités locaux, qui sentirent bientôt la nécessité d’un
ke
CNE y AE lien commun, puis d’un organisme central, appelé à fournir des directions communes.
Ce comité siège à la Préfecture du Finistère à Quimper. Il a pour but de poursuivre, de coordonner et de développer les efforts tendant à la défense contre
la tuberculose. Un nom restera attaché à toute notre
organisation antituberculeuse : celui du Comte de Guébriant.
Les dispensaires, les établissements de cure et de prévention
1° Les dispensaires répondent au point de vue technique aux conditions de fonctionnement définies, d’abord par Calmette, et adoptées par toutes les organisations antituberculeuses d'Europe et même des U.S.A. Ce sont des établissements, où se rendent librement et gratuitement, toutes les personnes suspectes de tuberculose, où elles sont examinées et où elles recoivent des conseils de prophylaxie, qui sont complétés par des visites à domicile faites par des infirmières spécialisées. Si le sujet est tuberculeux, on l’isole, ou bien on confie ses enfants aux œuvres, puis on visite les membres de sa famille.
I1 importait un dépistage précoce, rapide, entouré de garanties scientifiques indiscutables, d’où la nécessité d’un personnel médical sûr et compétent. Il fallait desservir la population entière du département, donc multiplier les centres de consultations et créer des circonscriptions à la tête desquelles se trouveraient des médecins spécialisés et dans lesquelles fonctionneraient, non seulement des dispensaires, mais encore des consultations volantes, car il ne faut attendre les populations mais aller les chercher.
En 1923 il y avait trois médecins de dispensaires,