OBSERVATION III
(Fraënkel : Archives de Virchow.)
C’est un garçon âgé de cinq ans, traité pendant longtemps, par les chirurgiens pour une carie localisée sur différentes parties des extrémités et qui est entré dans le service le 27 juillet 1885, présentant une grande émaciation. Pendant l’examen extérieur, mon attention fut attirée par une tumeur considérable, située au niveau de la glande thyroïde; celle-ci, après dénudation, s’est présentée comme une tumeur assez dure, de couleur blanc-
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jaunâtre, refoulant loin en arrière le larynx la tranchée et dépassant à gauche la ligne médiane ; ce n’était autre chose que le lobe droït transformé. La moitié droite de l’isthme de la glande thyroïde montrait aussi les mêmes altérations, tout le reste de la glande était normal et ne présentait qu'une petite partie altérée. A la section du lobe droit on n’a pu rencontrer une seule parcelle de parenchyme normal; il était remplacé par des masses jaunes ou blanc-grisâtre sans aucune organisation ; la coupe était absolument sèche et on n’y trouvait aucun foyer de ramollissement. La partie supérieure de la tumeur, dont l’enveloppe n’était perforée à aucun endroit, ne paraissait pas bien lisse ; aucune communication anormale entre elle et la trachée ; les ganglions lymphatiques du voisinage, très hypertrophiés, montraient une caséification diffuse sans ramollissement. Pour les autres sections, je ne mentionne qu'une caséification générale avec hypertrophie des ganglions du médiastin antérieur et postérieur, et de ceux de la cavité abdominale, ainsi que la présence d’un tubercule de la grosseur d’un noyeau de cerise, sur le péricarde du ventricule gauche et pénétrant dans le muscle cardiaque.
Après cette observation, Fraenkel dit qu’il n’est pas douteux que la glande thyroïde était le foyer d’un processus de caséification et que l'examen histologique a entièrement confirmé le diagnostic. Quant à savoir quel est le point primitif de la lésion tuberculeuse, c'était impossible, L'examen microscopique confirmant le diagnostic montra que le parenchyme normal de la glande thyroïde était complètement détruit par les néoformations tuberculeuses, si bien qu'une diflérenciation d’une partie quelconque de
ce tissu n’était possible ni sur des sections colorées, ni après coloration, suivant les méthodes employées. Néanmoins, malgré la caséification diffuse, il a pu déceler la présence de cellules géantes, qui logeaient dans cette masse de détritus et qui se laissaient mieux déceler par la coloration à l’éosine ; les couleurs basiques, au contraire, ne donnaient aucun résultat utile, même après une action assez prolongée.