ET RAMIFIÉES DU RACILLE DE LA TUBERCULOSE
extrémités en massue et émettant des prolongements latéraux; parfois aussi les bacilles se divisent en forme de fourche à une ou à leurs deux extrémités. D'après lui, ces formes ne s'observent jamais dans les cultures du bacille des mammifères. Elles ne s'observeraient pas non plus sur les cultures aviaires faites à la température de 37" à 38°, mais seulement sur celles obtenues à 45° et au delà. Elles seraient donc exclusivement propres au bacille aviaire cultivé à haute température'.
Fischel, dans un travail fait sous la direction de Hueppe, a également étudié la morphologie du bacille de la tuberculose, cultivé sur divers milieux et à diverses températures. Il a retrouvé les formes filamenteuses, ramifiées, non seulement sur les cultures aviaires, mais aussi sur les cultures du bacille des mammifères, surtout quand l'examen portait sur le bord
des colonies. Il décrit et — eoo
figure des formes filamen- T""?'
o du bacille de latuberculose (aviaire).
teuses, émettant de courts
rameaux latéraux, d'autres se bifurquant à l'extrémité en forme de fourche. Il est vrai que les photogravures qui accompagnent le travail de Fischel donnent des images qui sont loin d'être nettes et d'entraîner la conviction. Rien ne prouve que les formes bifurquées notamment ne soient autre chose que l'écartement de deux bacilles primitivement accolés. Dans les cultures aviaires âgées, Fischel a observé des formes en baguettes de tambour, à tige mince et à bout fortement renflé et allongé. Parfois le centre de ce renflement ne se colore pas et apparaît sous la forme d'un point clair, réfringent. Fischel regarde ces formes en massue comme des sortes de gonidies, des organes de fructification; ce seraient des formes durables, marquant un stade d'évolution et non d'involution. En semant
1. Maffucci, Die Hiihncrtuberculose {Zeilschr. f. Uijg. u. Infeclionskmnhheiten Bd 11, p. 472).
176 PRÉTiîNDUES RESSEMBLANCES AVEC L'ACTINOMYCES.
de la tuberculose humaine et aviaire sur de l'agar glycérine additionné de 2 p. 100 d'une solution saturée de thymol, il dit avoir obtenu des cultures rappelant par leur aspect à l'œil nu celui des vieilles cultures d'actinomyces sur agar glycériné. Dans ces conditions, le bacille humain présente de longs filaments ramifiés, et l 'aviaire des exemplaires très nombreux de formes en baguette de tambour.
En cultivant le bacille des mammifères d'abord dans des œufs, puis en le transportant sur de l'agar glycériné etboriqué, Fischel dit avoir obtenu des cultures ressemblant tout à fait, comme aspect, aux cultures aviaires. A l'examen microscopique, on y constate des filaments avec prolongements latéraux et intumescence terminale, comme pour les cultures aviaires.
Hueppe avait déjà signalé les analogies que présentent les formes ramifiées et renllées des cultures du bacille de la tuberculose avec le mode de développement, dans les cultures, de l'actinomyces et il avait insisté sur les ressemblances notamment des formes en baguette de tambour avec les renflements si caractéristiques de l'actinomyces. Fischel revient sur ces analogies. Pour lui, le bacille de Koch, tel qu'il se rencontre dans le corps des animaux, est la forme bacillaire d'un microorganisme qui, dans les cultures artificielles, se développe sous l'aspect d'un filament ramifié. « Morphologiquement, ce n'est pas un bacille, ni un cladothrix : d'après son aspect dans les cultures, il semble appartenir à une espèce pléomorphe plus élevée. Les analogies macroscopiques des cultures avec celles de l'actinomyces, le fait qu'à l'examen microscopique on trouve des images analogues dans les cultures des deux organismes, permettent de supposer qu'il y a des rapports de parenté entre le microbe de la tuberculose et l'actinomyces ^ » L'assimilation du bacille de Koch aux filaments d'actinomyces me paraît quelque peu hasardée, et je suis moins frappé que Hueppe et Fischel des analogies macroscopiques lointaines que les cultures du bacille de la tuberculose sur agar glycériné peuvent offrir avec les vieilles cultures d'actinomyces; il en est de même de l'assimilation des formes renflées du bacille avec les massues de l'actinomyces.
1. Fischel, Untersuchungen uIjcv die Morphologie und Biologie des Tuberculose- Erregers Wion, 1893.