EXPÉRIENCES SUR LES EFFETS DES BACILLES MORTS
séjour à l'autoclave à Ho" pendant dix minutes. Un mois plus tard, il pesait 2 44o grammes ; on lui fait une nouvelle injection dans le péritoine de 30 ce. d'une émulsion un peu plus dense. Un mois après, il pèse 2 300 grammes. On lui pratique une troisième injection de culture morte, cette fois dans la veine de l'oreille; il meurt quelques heures après. A l'autopsie, le péritoine est recouvert d'un semis très abondant de tubercules, les uns petits, semitransparents, comme de fines granulations miliaires, les autres plus volumineux, jaunâtres, de la grosseur d'un petit pois, caséeux à l'intérieur, d'autres également vohunineux, contenant un pus blanchâtre, crémeux. La surface du foie et celle de la rate sont pareillement recouvertes d'une éruption de tubeicules, mais l'intérieur de ces organes n'en renferme pas. Le frottis de ces nodules contient de nombreux bacilles se colorant parfaitement. Tous les autres organes sont sains.
XX. — Une suspension très line dans l'eau de bacilles de la tuberculose humaine tués par le séjour à l'autoclave à 115° pendant dix minutes est injectée, à la dose de 55 ce, dans le péritoine d'un chien pesant 7 kilogrammes. Trois mois plus tard, il paraît souffrant et pèse 5'"''7o0. On le sacrifie. A l'autopsie, on constate dans le péritoine environ 200 grammes de sérosité trouble. Toute la séreuse péritonéale, viscérale et pariétale est recouverte d'un semis extraordinairement fin de granulations dures, ressemblant à des granulations grises, miliaires. Toute la surface séreuse de l'intestin grêle, du gros intestin et de l'estomac en est aussi recouverte, ce qui lui donne un aspect chagriné. Un certain nombre de ces granulations sont plus volumineuses, de la grosseur d'un grain de mil et au delà. La tunique séreuse des intestins est fortement hyperémii'e, avec arborisations vasculaires très accusées. L'ensemble rappelle, d'une façon frappante, celui de la péritonite tuberculeuse chez l'homme. La surJace [de la rate et celle du foie sont également parsemées de ces nodules qui jamais ne pénètrent en profondeur. Toutefois, quand les granulations sont volumineuses, elles causent une légère dépression à la surface de ces organes, mais les parties profondes n'en renferment point. Entre la rate et l'estomac se trouve un boudin de tissu fibreux renfermant de très petites collections jaunâtres, d'aspect puriforme. La face péritonéale du diaphragme est chagrinée par de fines granulations, tandis que la face pleurale est absolument lisse et saine. Tous les autres organes sont normaux.
Les granulations contenues dans la cavité péiitonéale sont formées de cellules embryonnaires et épithélioïdes, plusieurs en voie d'élongation fusiforme, et renferment des bacilles parfaitement colorables.
XXI. — Un cobaye reçoit dans le péritoine undemi-cc. d'une suspension dans l'eau d'une culture de tuberculose aviaire, stérilisée à l'autoclave à 115° pendant dix minutes. 11 meurt trente-sept jours après, l'épiploon parsemé de petits abcès enkystés, jaunâtres, renfermant un liquide puriforme dans lequel les colorations ne parviennent pas à déceler la présence de bacilles.
XXII. — Un cobaye reçoit dans le péritoine 1 ce. d'une suspension fine dans l'eau de culture aviaire stérilisée à l'autoclave. 11 meurt huit jours plus tard; l'épiploon est rétracté et présente dans son épaisseur un abcès