‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 232 sur 689 · TUBERCULOSE UTÉRINE CHEZ LA VACHE · texte numérisé non relu

TUBERCULOSE UTÉRINE CHEZ LA VACHE

plus ordinairement sous la capsule; le parenchyme rénal est refoulé par la tumeur, mais ne prend pas part à sa formation. Dans quelques cas, on a noté la tuberculose de la vessie, avec de l'hématurie.

La tuberculose de l'utérus, chez la vache, est relativement fréquente et mérite une description spéciale. La muqueuse et la sous-muqueuse sont infiltrées de tubercules, généralement miliaires, qui se calcifient et s'ulcèrent de bonne heure. Dans certains cas cependant, ils résistent à la calcification et la muqueuse, très épaissie, très dure, de couleur blanche, semble envahie par un squirrhe (Nocard); l'examen histologique la montre infiltrée de follicules tuberculeux, lùches en cellules géantes, pauvres en bacilles. Mais l'ulcération après la fonte caséo-calcaire est la règle. Parfois une des cornes utérines est principalement envahie et acquiert des dimensions si considérables qu'on pourrait croire à la présence d'un fœtus. Dans d'autres cas, la lésion est généralisée à tout l'utérus qui prend des dimensions excessives. La figure 43 représente un utérus de vache que j'ai recueilli à l'abattoir de la Villette. Cet utérus était énorme: il mesurait un demi-mètre de hauteur; la muqueuse des deux cornes extrêmement distendues et du corps de l'utérus était ulcérée dans toute son étendue et recouverte d'un enduit jaunâtre, crayeux, friable, contenant des bacilles en quantité considérable. La lésion de la muqueuse s'arrêtait net à l'insertion de l'utérus sur le vagin, qui était sain. Les cornes utérines avaient une apparence bosselée, à parois très épaissies, la cavité était comme injectée par les masses tuberculeuses : l'aspect des cornes reproduisait en grand celui que présentent parfois les trompes utérines dans la tuberculose génitale de la femme. La tunique musculeuse de l'utérus était très épaissie, mais non envahie par le néoplasme. La surface séreuse de l'organe était revêtue de houppes de granulations de pommelière, que l'on retrouvait aussi à la surface du péritoine pelvien. Le reste du péritoine était sain, ainsi que les organes delà cavité thoracique. La vache était en bon état de chair. C'est un |j exemple typique de tuberculose utérine primitive.

La cavité des trompes utérines est fréquemment envahie et oblitérée par des dépôts caséo-calcaires ; les ovaires peuvent être convertis en des tumeurs de la grosseur du poing et môme j.

MAMMITE TUBERCULEUSE.

d'une tète d'adulte. La tuberculose de la muqueuse vaginale est rare, mais se rencontre parfois.

Chez les mâles, le corps du testicule et l'épididyme présentent parfois des noyaux plus ou moins volumineux, caséeux; la tunique vaginale est semée de tubercules et il existe fréquemment de l'hydrocèlc; le cordon spermatiquc, le canal déférent et la prostate peuvent également être intéressés.

La tuberculose de la mamelle se développe tantôt dans le cours d'une tuberculose chronique avec tendance à la généralisation, tantôt elle paraît être primitive. Elle commence généralement par un empâtement diffus, uniforme de la glande, débutant le plus souvent par un seul quartier, le quartier postérieur. La glande à ce moment peut contenir de nombreux bacilles de la tuberculose, décelables par la méthode des frottis, sans qu'il y ait encore de tubercules visibles à l'œil nu (Nocard). Sur la coupe, on trouve disséminés dans le parenchyme glanduleux des points et des tramées jaunâtres, parfois hémorrhagiques, formés de petits tubercules. Plus tard ces granulations augmentent de volume, deviennent confluentes, se ramollissent ou se calcifient, en même temps que la substance glandulaire est étouffée par une abondante végétation de tissu fibreux. Ces masses fibreuses, emprisonnant des foyers caséo-calcaires, peuvent prendre un développement considérable et un poids atteignant et dépassant 20 kilogrammes; la mamelle est alors irrégulière, bosselée et remplie de noyaux durs au toucher comme la pierre. Les gros conduits galactophores renferment des masses casécuses, jaunâtres, riches en bacilles; leurs parois, ainsi que celles de la citerne, sont épaissies et infiltrées de nombreux tubercules miliaires. Les ganglions lymphatiques situés derrière le dernier quartier sont tuméfiés, indurés ou caséeux. Le lait reste longtemps normal; plus tard, quand la tuméfaction s'étend, il se modifie, devient séreux, jaunâtre et charrie des coagulums qui renferment des bacilles. Il peut déjà contenir des bacilles dans les stades moins avancés, alors qu'il parait encore absolument normal.

Quand la tuberculose mammaire est très avancée, la sécrétion lactée devient purulente et finit par se tarir.

Demeiirisse, vétérinaire-inspecteur à l'abattoir de la Villette, a bien voulu, à ma demande, faire quelques recherches

FiG. 44. — Coupe (grandeur naturelle) d'un quartier do mamelle tuberculeuse de vache. Le tissu do la glande est parsemé de foyers tuberculeux jauuàtres.

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