‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 236 sur 689 · TUBERCULES DES CENTRES NERVEUX, ETC · texte numérisé non relu

TUBERCULES DES CENTRES NERVEUX, ETC

des ventricules, ou bien encore dans la substance cérébrale elle-même des nodules tuberculeux pouvant atteindre jusqu'aux dimensions d'vm œuf de poule. On observe parfois une véritable méningite tuberculeuse de la base du cerveau avec exsudât inflammatoire, comme chez l'homme. Gomme chez l'homme aussi on peut, chez les bovidés, constater des lésions inflammatoires et suppuratives du cerveau, dans les cas d'otite moyenne et de carie tuberculeuse de l'os temporal. On rencontre également des tubercules sur la pie-mère spinale et dans l'épaisseur de la moelle chez des animaux qui avaient présenté de la paralysie. Galtier donne la description d'vme moelle provenant d'une génisse de 18 mois qui avait été paralysée; cette moelle présentait dans son épaisseur, dans la substance grise, au niveau du renflement lombaire, une série d'amas de granulations tuberculeuses, jaunâtres et infiltrées de sels calcaires Notons enfin que l'on a observé des lésions tuberculeuses de l'œil, des tubercules de l'iris et de la choroïde et la fonte caséo-tuberculeuse du globe oculaire.

Nocard a signalé une variété particulière de tuberculose chez les bovidés, caractérisée par des lésions exclusivement localisées sur les ganglions lymphatiques. « Tantôt, dit-il, ce sont les ganglions pharyngiens, les cervicaux supérieurs et inférieurs et les sus-sternaux qui sont seuls hypertrophiés, indurés et infiltrés de tubercules; tantôt ce sont exclusivement les ganglions bronchiques et ceux des médiastins ; tantôt enfin ce sont les ganglions de la cavité abdominale, mésentériques, sous-lombaires, du hile du foie, etc. Quel que soit le groupe envahi, ce qui caractérise cette forme de la maladie, c'est l'absence complète ou l'insignifiance des lésions ^tuberculeuses de l'organe auquel sont annexés les ganglions malades. Il est des cas, en effet, oii, malgré l'examen le plus minutieux, on ne réussit pas à retrouver la porte d'entrée du contage. » Ces lésions ont été longtemps décrites comme appartenant à la leucémie ganglionnaire; dès 1885, Nocard a pu s'assurer par l'examen bactériologique et par l'inoculation qu'il s'agissait réellement de tuberculose. >' *

La tuberculose est, dans la majorité des cas, un^^fc^ladie

1. Galtier, Traité, des maladies contagieuses et de la police sanitaire -^es animaux domestiques. Paris, 1892, t. 2, p. 43S.

SYMPTOMATOLOGIE DE LA TUBERCULOSE BOVLNE. 313

éminemment chronique et bien supportée par les grands ruminants; aussi est-elle souvent latente et passe-t-elle inaperçue, comportant, avec des lésions même très avancées, un embonpoint et un état de santé en apparence parfaits. 11 en résulte que, même à un état avancé de l'évolution de la maladie, le diagnostic est souvent entouré de difficultés.

Au point de vue clinique aussi bien qu'au point de vue anatomique on peut distinguer deux principales formes de tuberculose bovine : la forme thoraciqùe ou pulmonaire et la forme abdominale.

La forme pulmonaire est la plus fréquente, ce qui prouve que chez les ruminants comme chez l'homme, le mode d'infection le plus habituel s'effectue par inhalation de matière virulente. Au début de la maladie, les symptômes sont généralement peu prononcés; chez les vaches, la lactation est conservée, les fonctions semblent normales et les animaux sont encore suceptibles de s'engraisser. Le premier symptôme qù' appelle l'attention est la toux. « Elle est profonde, pectorale, un peu siftlante, petite, sèche, avortée, plus ou moins fréquente; elle n'est accompagnée ni d'expectoration ni de jetage; elle se produit parfois par quintes ; elle se fait entendre surtout le soir et le matin, pendant le repas, pendant que les animaux boivent, pendant ou après le travail ou un exercice un peu actif, quand les animaux sortent au grand air, quand ils rentrent dans les habitations; elle peut être facilement provoquée par les poussières, par les gaz irritants, par la compression du larynx ou de la trachée, par la percussion de la poitrine, par l'exercice, etc. Ce symptôme est souvent seul au début; il -n'est pas pathognomonique; il peut faire défaut dans certains cas de tuberculose pectorale, et il peut exister avec les mêmes caractères sans qu'il y ait tuberculose (Galtier). » L'auscultation et la percussion donnent peu de signes au début; « les grandes dimensions de l'organe exploré; l'épaisseur des téguments et des parois thoraciques; la présence des poils; l'application sur le thorax et la faible motilité des membres antérieurs qui masquent une partie notable des poumons; le voisinage du rumen dont les bruits se propagent aisément jusqu'à l'oreille : toutes ces conditions défavorables font que, à cette période, les signes stéthoscopiques échappent à l'exploration la plus attentive «(Nocard).

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