TUBERCULOSE DU MOUTON, DE LA CHÈVRE
Ce que les anciens vétérinaires, Hurtrel d'Arboval, Dupuy, Delafond, etc., décrivaient sous le nom do phtisie pulmonaire du mouton s'appliquait probablement à des broncho-pneumonies vermineuses, déterminées par la présence des œufs ou des embryons du slrongylus rubesce^is, et qui, macroscopiquemcnt, ressemblent beaucoup à la pneumonie caséeuse de l'homme. Koch n'eut qu'une seule, occasion d'observer un poumon tuberculeux de mouton, avec des ganglions bronchiques caséeux et en partie calcifiés. Les tubercules du poumon contenaient des cellules géantes et des bacilles en petit nombre; ils étaient plus nombreux dans les ganglions. Nocard pense que c'est par la cohabitation prolongée avec des bovidés tuberculeux que le mouton peut finir par contracter la maladie.
Il existe dans la science un certain nombre de cas authentiques de tuberculose spontanée de la chèvre. Lydtin parle de trois chèvres tuberculeuses logées dans une écurie où se trouvaient plusieurs vaches atteintes de cette maladie. Koch a observé un cas de phtisie chez une chèvre qui présentait dans chacun des poumons une caverne de la grosseur presque du poing; « les cavernes étaient en partie remplies de pus caséeux; leurs parois étaient sinueuses, irréguJières et anfractueuses ; le tissu de ces parois renfermait de nombreuses cellules géantes avec des bacilles de la tuberculose ; quelques bacilles se voyaient aussi dans le contenu des cavernes. Le parenchyme pulmonaire autour des cavernes et à une assez grande distance était semé de tubercules, munis également de cellules géantes avec des bacilles. Il en était de même de quelques noyaux plus volumineux disséminés dans la rate, dans le foie et dans les ganglions bronchiques, qui étaient très tuméfiés et caséeux. »
Thomassen (d'Utrecht) ' a signalé un cas de tuberculose spontanée de la chèvre, constaté à l'abattoir d'Amsterdam. Il s'agit d'une chèvre de 15 mois, ayant été élevée avec du lait d'une vache probablement tuberculeuse ; cette chèvre présenta à l'autopsie une tuberculose miliaire des poumons, du foie et de la rate ; la muqueuse du jéjunum et de l'iléon était couverte d'ulcérations tuberculeuses; les ganglions thoraciques et mésen-
1. Thomasskn, Tuberculose spontanée chez la chèvre {Congrès pour l'étude de la tuberculose, Paris, 1892, p. 6S0).