TUBERCULOSE SPONTANÉE DU CHAT
abondante culture du bacille de la tuberculose; les 4 petits chats moururent au bout de six semaines à quatre mois, avec des lésions tuberculeuses très prononcées; la mère demeura longtemps bien portante ; mais, sacrifiée trois années après, elle présenta cependant à l'autopsie des lésions tuberculeuses de la rate, du foie et du poumon'.
La tuberculose spontanée du chat est loin d'être rare. Jensen en a pu constater par l'autopsie 25 cas en moins de deux ans, à l'école vétérinaire de Copenhague, et il en a donné ime bonne description qui me servira de guide dans cet exposé. Comme chez le chien, c'est le poumon qui est l'organe le plus fréquemment atteint (16 fois sur lo); on y trouve généralement des nodules miliaires, isolés ouagminés, ou des foyers de la grosseur d'un pois ou d'une fève, ramollis au centre. Les cavernes sont rares. La plèvre et le péritoine, contrairement à ce qu'on observe chez le chien, ne sont envahis qu'exceptionnellement.
Les organes digestifs sont très fréquemment atteints. Dans 14 cas sur 25 les ganglions mésentériques étaient tuberculeux, et dans 5 cas la maladie était exclusivement localisée dans ces organes; les tubercules étaient en partie caséeux, en partie calcifiés. Une seule fois, Jensen put constater l'existence de lésions tuberculeuses de l'intestin, au niveau des plaques de Peyer. La participation du foie au processus tuberculeux est rare ; une fois seulement, on y trouva quelques tubercules miliaires; la rate n'était envahie qu'une seule fois. Les reins constituent un des sièges de prédilection de la tuberculose chez le chat; elle s'y manifeste soit par de petits nodules disséminés, soit par des foyers plus volumineux, caséeux. Un seul rein peut être pris; dans ce cas, il s'agissait d'une tuberculose primitive du rein. Jensen trouva chez une chatte une tuberculose primitive de l'utérus, sans lésions des trompes ni de l'ovaire; dans un cas il trouva une tuberculose avancée d'un seul testicule. Dans deux cas, il existait des lésions tuberculeuses primitives du tissu cellulaire sous-cutané, avec adénopathie tuberculeuse des glandes axillaires; l'infection provenait probablement d'une blessure virulente faite à la peau.
1. NocARD, art. Tuberculose {Dicf. pratique de mëd. vétérinaire, t. 21, p. 508).
2. Jensen, Tuberculose beim Hund und bei der Katze [Deutsche Zeitschr. f. Thiermedicin., 1891, Bd 17, p. 295).