CHEZ UNE LIONNE
cérale ne présentaient aucun tubercule; la surface du poumon était simplement parsemée de saillies emphysémateuses. En palpant le poumon, on sentait entre les doigts des nodosités dures, d'une consistance presque cartilagineuse, de la grosseur d'un pois à une noisette, disséminées dans toute l'étendue de l'organe. A la section, on s'assure que ces nodules sont formés d'un tissu dense, grisâtre, comme fibreux. Le poumon dans son entier est creusé de cavernules, de grandeur variable, depuis celle d'un pois jusqu'à celle d'une petite noix, remplies de muco-pus. Les parois de ces cavernules sont remarquablement lisses et régulières et pourraient être confondues à première vue avec des bronches dilatées; elle sont logées dans du tissu scléreux. Nulle part, à la face interne de ces excavations, ni ailleurs, on ne voit de matière caséeuse. Çà et là, mais en assez petit nombre, existent des granulations grises, petites, transparentes, dures; en d'autres points, le tissu pulmonaire présente une hépatisation lisse, rouge, de consistance très ferme (fig. 51). En somme, ce qui imprime à ces lésions macroscopiques une physionomie spéciale, c'est l'abondance et le petit volume des cavernules, qui donnent au poumon un aspect presque aréolaire ; c'est, en outre, l'étendue des lésions scléreuses interstitielles. Le poumon de cette lionne présentait un type achevé de phtisie fibreuse. Le muco-pus des cavernules, étalé sur lamelles et coloré par le procédé de Ziehl, montrait la présence de bacilles de la tuberculose, en assez grande abondance; on en trouvait aussi, mais en petit nombre, dans le frottis des portions hépatisées.
Sur des coupes du poumon colorées au picro-carmin ou à l'hématoxyline, on constate que les noyaux durs qui parsèment le poumon sont formés de tissu fibreux, adulte, dense, développé autour de petites excavations à parois tapissées de cellules embryonnaires. Les lésions scléreuses occupent toute l'étendue du poumon, surtout autour des bronches et des vaisseaux. Dans les points hépatisés, les alvéoles subsistent et sont remplies d'un exsudât formé de cellules épithéliales desquamées et de leucocytes mono- et polynucléaires, emprisonnés dans une gangue d'apparence albumineuse. On voit en outre un grand nombre de tubercules exclusivement formés de petites cellules et de cellules épithélioïdes, sans cellules géantes. Quelques rares tubercules commencent seulement à se caséifier