‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 284 sur 689 · TUBERCULOSE DU SINGE · texte numérisé non relu

TUBERCULOSE DU SINGE

Il en était de même du foie, de la rate qui était petite, de l'intestin grêle et du gros intestin, oii l'on ne trouvait aucun tubercule. Le frottis de la rate et du foie ne révélèrent la présence d'aucun bacille. La tuberculose était donc exclusivement localisée dans le poumon

Ce fait est intéressant, à cause de la forme fibreuse si nettement accusée de la phtisie chez cette lionne et de l'absence presque totale de lésions caséeuses ; il est intéressant aussi au point de vue étiologique. On admet généralement que les animaux sauvages se tuberculisent dans les ménageries par suite de l'ingestion de viandes de basse qualité, parmi lesquelles peuvent se trouver des viandes tuberculeuses. La localisation exclusive de la maladie sur l'appareil pulmonaire, l'intégrité de l'intestin, de l'estomac, du foie et de la rate prouvent que, chez cet animal, l'infection s'est faite, non pas par le tube digestif^ mais par les voies respiratoires. Ces animaux emprisonnés dans des cages et visités quotidiennement par un grand nombre de spectateurs sont exposés à faire pénétrer dans leurs bronches des poussières chargées de matières tuberculeuses provenant de crachats desséchés, et c'est ainsi sans doute, et non par la voie digestive, qu'ils sont le plus souvent contaminés.

J'ignore si la tuberculose existe chez les singes vivant en liberté, mais on sait que la maladie est très fréquente parmi les singes en captivité. Chez le singe comme chez l'homme, la forme de tuberculose de beaucoup la plus fréquente est la forme pulmonaire. Les poumons peuvent être parsemés de granulations miliaires, grises ou jaunes, comme chez l'homme, mais le plus souvent on y trouve des foyers d'infiltration plus volumineux, blanchâtres, puriformes, ressemblant à des pneumonies lobulaires en voie de suppuration (fîg. S2). Rarement on observe de vrais foyers caséeux et des cavernes. La trachée et le larynx sont parfois le siège d'ulcérations tuberculeuses ; les ganglions bronchiques sont ordinairement augmentés de volume et infiltrés de tubercules; les lésions de la plèvre paraissent relativement rares. Habituellement, les lésions tuberculeuses sont généralisées aux autres organes, rate, foie, intestins; comme dans le poumon,

1. Straus, Sur un cas de tuberculose chez une lionne {Arch. de méd. expérim. et d'anat. pathol., 1894, p. 645).

Page 1