‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 290 sur 689 · SPONTANÉE DU LAPIN ET DU COBAYE · texte numérisé non relu

SPONTANÉE DU LAPIN ET DU COBAYE

(corps oviformes, sporozoaires, diverses bactéries provoquant des lésions en foyer); ce sont des pseudo-tuberculoses, déjà signalées par Villemin et qui, malgré les similitudes macroscopiques et môme histologiqucs, sont toujours reccnnaissables par ce fait qu'elles ne renferment pas le bacille de Koch.

Il peut cependant arriver, dans les laboratoires oii l'on fait beaucoup de recherches sur la tuberculose, que l'on rencontre très exceptionnellement un cobaye ou un lapin atteint de tuberculose spontanée. Ainsi Koch dit avoir eu occasion d'observer 17 cobayes et 8 lapins atteints de tuberculose spontanée contractée par leur séjour dans un laboratoire infecté. Chez ces animaux les lésions étaient tout à fait spéciales et consistaient en un ou plusieurs foyers tuberculeux des poumons, avec dépôts tuberculo-caséeux concomitants dans les ganglions bronchiques. Chez plusieurs de ces animaux, les poumons étaient très peu atteints et les ganglions bronchiques seuls se montraient très augmentés de volume et caséeux. Les autres organes, rate, foie, etc., ne présentaient que des lésions moins prononcées; quelquefois les foyers pulmonaires étaient tellement accusés, qu'il existait de véritables cavernes, d'où un aspect rappelant tout à fait celui de la phtisie pulmonaire chez l'homme. Il n'est pas douteux que dans ces cas il s'agit, comme pour la phtisie humaine, d'une tuberculose par inhalation.

J'ai eu occasion, une seule fois parmi les très nombreux rongeurs en expérience dans mon laboratoire, de trouver un lapin atteint de tuberculose spontanée. Les lésions portaient exclusivement sur les poumons qui étaient remplis, dans toute leur étendue, de foyers tuberculeux disséminés, en voie de transformation caséeuse (fig. Si) ; les bacilles s'y trouvaient en très grande abondance ; les ganglions bronchiques étaient également dégénérés. Le foie, la rate et l'intestin ne contenaient pas de tubercules.

La tuberculose par inoculation du lapin, puis celle du cobaye ont été les premières artificiellement provoquées ; elles nous donnèrent les types les plus connus et les mieux étudiés de tuberculose expérimentale. Les caractères principaux de cette tuberculose ont été déjà signalés au cours de cet ouvrage, dans l'exposé historique de la découverte de Villemin et des innombrables travaux dont elle fut le point de départ. Aussi

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