‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 293 sur 689 · PROPAGATION DU VIRUS TUBERCULEUX, CHEZ LE COBAYE · texte numérisé non relu

PROPAGATION DU VIRUS TUBERCULEUX, CHEZ LE COBAYE

fier vers le IS'' jour ; vers le 20'" après l'inoculation, les ganglions sous-lombaires du même côté se prennent à leur tour, tout le système lymphatique du côté opposé restant encore sain. Vers le 2^" jour, les tubercules apparaissent dans la rate, en même temps que le ganglion rétro-hépatique s'engorge. A partir de ce moment, les poumons et les ganglions bronchiques se prennent et la dissémination tuberculeuse perd son caractère unilatéral; vers le 2*' mois elle atteint les ganglions sous-lombaires et inguinaux du côté opposé au point d'inoculation. Si l'inoculation a eu lieu h la base de l'oreille, l'envahissement du système lymphatique est descendant au lieu d'être ascendant, avec le môme caractère d'unilatéralité au début. Le ganglion préauriculaire du côté inoculé se prend d'abord, puis le préscapulaire correspondant, puis les poumons et les ganglions bronchiques ; ce n'est qu'ensuite que l'on observe l'invasion du système, lymphatique inférieur et supérieur du côté opposé. On voit donc que chez le cobaye le virus tuberculeux, à la suite de l'inoculation sous-cutanée, se propage d'abord par les voies lymphatiques, et que les étapes ganglionnaires de cette propagation sont nettement marquées. Chez le lapin, les choses se passent différemment. Les lésions ganglionnaires, même pour les ganglions immédiatement en rapport avec le point d'inoculation, sont généralement peu accusées, et les viscères, surtout les poumons, sont souvent envahis d'emblée par l'éruption tuberculeuse. Arloing en tire cette conclusion que, contrairement à ce qui se passe pour le cobaye, le virus tuberculeux emprunte, pour sa dissémination chez le lapin, la voie sanguine de préférence à la voie lymphatique'.

Lorsque l'inoculation des produits tuberculeux est faite, chez le cobaye, dans le péritoine, l'infection et la généralisation affectent, en général, une marche plus rapide qu'à la suite de l'inoculation sous-cutanée ; déjà au bout de quelques semaines l'épiploon est rétracté et infiltré de tubercules, ainsi que la rate et le foie. De là le conseil, formulé par Verneuil et Clado, de préférer l'inoculation intra-péritonéale à l'inoculation souscutanée pour arriver rapidement au diagnostic de produits tuber-

i. Arloino, Leçons sur la tuberculose et certaines septicémies, Paris, 1892, p. 112.

Page 1