INOCULATION DE LA TUBERCULOSE AVIAIRE
Le 2o octobre, on inocule dans la veine auriculaire d'un nouveau lapin (5" passage) un peu de l'émulsion de la rate du lapin précédent. Ce dernier lapin demeure bien portant pendant près d'un an. Sacrifié au bout de ce temps, il ne présente aucune lésion tuberculeuse.
Cette série d'inoculations est très instructive. Nous voyons d'abord l'inoculation intra-veineuse de produits tuberculeux aviaires déterminer, chez le premier lapin, une éruption de granulations tuberculeuses sur la rate et le foie, comme le ferait une inoculation de produits tuberculeux humains. Mais dans les passages successifs chez le lapin, cette particularité cessa de se manifester et les effets de l'inoculation furent de nouveau ceux que provoque ordinairement le bacille aviaire. Au 5'= terme de la série, le bacille aviaire avait cessé de vivre. Il n'y a donc pas eu acclimatement de ce bacille dans l'économie du lapin, ni transformation durable de ses propriétés pathogènes en celles du bacille des mammifères.
XIV. — Le 21 février 1893, un lapin est inoculé dans la veine auriculaire avec i ce. de culture aviaire sur bouillon glycériné. Mort le 0 mars. Pas de tubercules dans les poumons. Rate énorme, mesurant 10 centimètres de long sur 3 de large, avec de gros foyers caséeux. Quelques tubercules de la dimension d'une tête d'épingle sur l'appendice iléo-cœcal. Nombreux tubercules sur la face séreuse de l'intestin grêle.
XV. — Le Î2 février 1893, un lapin reçoit dans la veine de l'oreille 2 ce. d'une émulsion de culture aviaire. Mort le 7 mars. Les poumons présentent un piquelé hémorrhagique très fin, sans tubercules. Rate énorme, riche en bacilles à la coupe ; elle contient quelques tubercules. Pas de tubercules sur le foie. Dans le bassinet du rein gauche on trouve une granulation tuberculeuse, contenant des bacilles; le frottis du mucus du bassinet renferme des bacilles en abondance.