SUR LA MORTALITÉ PAR PHTISIE
forts musculaires considérables et de ce chef plus aptes à contracter la tuberculose. Inversement, il est des professions qui exigent que ceux qui les exercent soient vigoureux. Si leur mortalité générale et en particulier la mortalité par phtisie est faible, cela ne signifiera pas nécessairement que la profession est salubre, mais plutôt que ceux qui l'exercent sont résistants. 11 serait aisé de multiplier les exemples de ces points faibles des statistiques mortuaires.
Néanmoins, malgré ces imperfections, certaines notions intéressantes se dégagent de ces documents. Ainsi, les décès par phtisie sont particulièrement nombreux parmi les ouvriers qui respirent des poussières minérales, végétales ou animales, les marbriers, les tailleurs de pierre, les taillandiers, les couteliers, les fabricants de limes, les serruriers, les maçons, les ouvriers en drap, les boulangers, etc. D'après la statistique de Kummer, donnant la mortalité par phtisie des habitants de la Suisse, de différentes professions, aux âges successifs de.lS à 79 ans, pendant les années 1879-1882, les tailleurs de pierre et marbriers présentent la mortalité par phtisie la plus élevée (mortalité annuelle de 10, i7 pour 1000 individus vivants), tandis que la mortalité la plus faible est fournie par les individus vivant et travaillant au grand air (agriculteurs, 2,10 pour 1000 individus vivants; employés de chemin de fer, 1,84; sylviculteurs, 1,75 pour 1000). En Suisse, les serruriers comptentaussiun grand nombre de décès phtisiques: 7,2 par an sur 1000 vivants; les imprimeurs, lithographes et autres professions polygraphes, 3,5 pour 1000 vivants; les horlogers, o,19; les tonneliers, o,08 ; les boulangers, 5,05 ; les tailleurs, 4,90. « D^une façon générale, fait remarquer Kummer, quand une profession accuse une mortalité exceptionnellement élevée, presque toujours c'est la phtisie qui en est la cause principale, qu'elle soit engendrée par le travail professionnel lui-même ou par le genre de vie qui en est la conséquence. »
La statistique italienne relève, depuis 1887, les causes de mort non seulement dans les villes, mais dans toutes les communes du royaimie. En 1890. la mortalité la plus forte par tuberculose est constatée parmi les «écoliers, étudiants et séminaristes » : chez eux, pour 1000 décès généraux, les décès par tuberculose se chiffreraient par le nombre énorme de 459