‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 401 sur 689 · MORTALITÉ PAR PHTISIE SELON LES AGES · texte numérisé non relu

MORTALITÉ PAR PHTISIE SELON LES AGES

doute aux conditions tout opposées qui sont faites aux gens exerçant cette profession dans les deux pays : en Belgique, ils sont confinés dans des cafés et des estaminets enfumés, chauffés et clos avec soin; en Italie, sur les terrasses, sous un ciel plus beau, ils vivent surtout à l'extérieur et au grand air'.

La fréquence de la mortalité par phtisie selon les âges présente un certain nombre de particularités intéressantes, que des statistiques récentes ont surtout mises en lumière. Les anciens, Hippocrate et Celse, fixaient le maximum de fréquence de la phtisie entre i8 et 35 ans. C'était aussi l'opinion de Reid et de Portai (de IS à 35 ans), d'Andral (de 21 à 28), de Schœnlein (de 20 à 30), de Lombard (de 20 à 30, puis ensuite de 30 à 40), de Lebert (de 1 6 à 40 ans). Mais Laënnec, toujours clairvoyant, faisait déjades réserves. « Les anciens, dit-il, pensaient que la phtisie attaque surtout les hommes âgés de 18 à 35 ans : il est vrai que c'est à cette époque que la maladie est le plus souvent manifeste et facile à connaître. Mais Bayle a trouvé que, dans les hôpitaux de Paris, l'âge de 40 à 50 ans était la période de la vie oii la phtisie était plus commune. Aucun âge d'ailleurs n'en est exempt : on a vu des fœtus atteints de cette maladie dans le sein de leur mère; elle est fort commune chez les enfants du peuple, ainsi qu'on peut s'en assurer à l'hôpital des Enfants à Paris. Elle est très fréquente dans la vieillesse même avancée : j'ai fait l'ouverture du corps d'une femme de 99 ans et quelques mois qui avait succombé à cette maladie^ » Boudin, en comparant le nombre des hommes phtisiques morts à Londres à l'ensemble de la population masculine vivante de même âge, arrivait à cette constatation inattendue que le maximum de mortalité par phtisie s'observait entre 40 et 60 ans ; il ajoute que cette donnée est contraire aux opinions ayant cours dans la science. Durand- Fardel insistait aussi sur ce fait que la tuberculose est plus fréquente qu'on ne croit chez le vieillard. Lehmann, dans une

1. Consulter, pour l'influence des professions sur la mortalité par phtisie : J. Bertillon, Annuaire statistique de la ville de Paris, 1889, pp. 189-236; — Annuario statistico italiano, 1892, p. i30. — Lagneau, De la mortalité par tuberculose selon les professions, selon l'habitation {Bull, de l'Acad. de méd., 1894, t. 31 , p. 167); c'est à cette dernière source que j'ai principalement puisé.

2. Laennec, Traité de l'auscultation médiate, Édit. de la Faculté de médecine, Paris, 1879, p. 426.

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