EN GÉNÉRAL, LA TUCERCULOSE
notablement plus élevés que celle du sexe féminin (fig. 65). Cette différence est surtout accusée pour la période de 60 à 70 ans, où la mortalité des hommes se chiffre par 112,25 p. 10000 vivants de même âge, tandis que celle des femmes n'est-quede 76,06. Cette même différence, quoique moins prononcée, se retrouve pour les autres périodes de la vie, excepté pour la période de 10 à 20 ans, où la mortalité féminine par phtisie est un peu plus considérable que la mortalité masculine. Il est donc incontestable qu'en Prusse les hommes sont plus fréquemment atteints de phtisie que les femmes : dans la proportion moyenne de 35,48 à 28,55 p. 10000 vivants. 11 est probable que l'excès de mortalité par phtisie qui incombe au sexe féminin pendant la période de 10 à 20 ans tient à l'établissement de la puberté et aux troubles fréquents qui s'y rattachent chez la femme.
Dans la statistique de Lehmann, portant sur la ville de Copenhague, de 1860 à 1879,1a mortalité moyenne annuelle par phtisie a été de 30,75 p. 10000 habitants vivants, dont 35,36 p. 10000 pour la population masculine et 26/14 seulement pour la population féminine. Là encore la phtisie est plus fréquente chez l'homme que chez la femme. En Suède, toujours d'après Lehmann, la statistique (urbaine) de 1861 à 1870 donne une mortalité annuelle moyenne de 29,50 p. 10000 habitants vivants ; cette mortalité se répartit dans la proportion de 34 p. 10000 pour les hommes, de 25 seulement pour les femmes.
Si l'on consulte, au contraire, la statistique mortuaire des Etats-Unis d'Amérique pour l'année 1870, on voit d'abord que la mortalité moyenne par phtisie, pour 10000 vivants, ne serait que de 18,8, de beaucoup inférieure par conséquent à celle de la plupart des Etats européens (31,97 pour la Prusse, par exemple). La mortalité des femmes a été de 18,8, celle des hommes de 17,4 pour 10000 individus vivants, de sorte que la phtisie aux Etats-Unis semble un peu plus fréquente chez le sexe féminin que chez le sexe masculin. Cela doit tenir sans doute à des conditions sociales spéciales qui font qu'en Amérique, contrairement à ce qui se passe en Prusse, en Suède, en Danemark et en France, les femmes se trouvent plus exposées que les hommes aux chances de la contamination tuberculeuse.