‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 422 sur 689 · LANGERHANS : LA TUBERCULOSE A MADÈRE · texte numérisé non relu

LANGERHANS : LA TUBERCULOSE A MADÈRE

descendants longtemps après que cette maladie était guérie chez l'ascendant. La tuberculose pulmonaire constitue quelquefois une sélection qui frappe de mort les familles dégénérées. Les maladies des os et des articulations se rencontrent dans 20 pour 100 des familles tuberculeuses. L'alliance d'un conjoint sain ou issu d'une famille saine avec une personne tuberculeuse elle-même, ou issue de tuberculeux, môme pendant plusieurs générations, diminue les chances de tuberculose chez le descendant, mais ne l'éteint pas. La rapidité ou la lenteur de la tuberculose n'a aucun rapport avec l'hérédité. La guérison de la tuberculose pulmonaire se rencontre aussi bien dans la phtisie héréditaire que dans la phtisie acquise. »

Langerhans s'est livré à une enquête analogue à celle de E. Leudet, quoique moins étendue, sur la fréquence de la phtisie parmi les familles (anglaises , allemandes, suédoises, hollandaises, etc.) établies depuis plusieurs générations, à demeure fixe, à Madère. Cette colonie européenne, dont plusieurs familles habitent l'île depuis près d'un siècle, ne se mêle pas à la population indigène, mais a des relations incessantes avec les étrangers phtisiques qui viennent chaque année par centaines dans l'ile; elle habite les mêmes maisons et souvent les mêmes appartements qu'eux, et est soumise par conséquent à de nombreuses causes d'infection. Il ressort des tableaux dressés par Langerhans que les familles en question se répartissent en deux groupes bien distincts : les unes qui sont « entachées de phtisie héréditaire », et les autres qui en sont indemnes. Or les chiffres montrent que « la phtisie s'observe pour ainsi dire exclusivement parmi les membres des familles entachées de vice héréditaire, quoique les autres familles vivent d'une façon identique et soient exposées aux mômes causes de contagion... L'hérédité occupe donc le premier plan dans l'étiologie de la tuberculose et à un degré qu'on ne retrouve dans aucune autre maladie infectieuse. Pour trouver à cet égard des analogies, il faut s'adresser à l'hérédité des tumeurs, du cancer ou de l'hémophilie. » D'après Langerhans, l'hérédité latente, c'est-à-dire celle qui franchit une génération , serait tout aussi dangereuse que l'hérédité directe, c'est-à-dire qu'un sujet sain, issu de parents tuberculeux , aurait autant de chances de procréer des enfants

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