‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 457 sur 689 · CONTROLE ET CRITIQUE DE CES EXPÉRIENCES · texte numérisé non relu

CONTROLE ET CRITIQUE DE CES EXPÉRIENCES

les mêmes résultats négatifs. Ses expériences ont porté sur 4 lapines et 8 cobayes pleines ; avec les organes de 32 fœtus issus de ces femelles, il inocula 32 cobayes dont aucun ne présenta ultérieurement de tuberculose'.

Leyden a pratiqué des inoculations : 1° avec les organes d'un fœtus de cobaye issu d'une femelle tuberculeuse ; 2° avec les organes (foie, rate et poumon) d'un enfant né vivant d'une mère phtisique, mais qui succomba quelques minutes après la naissance. Pas un des cobayes inoculés avec ces organes ne devint tuberculeux ^ ; ,

Max Wolff signale l'absence de tubercules chez les lapiîiâ** ' issus de mères rendues tuberculeuses et présentant, au momeûi ',/ • de la mort, une tuberculose miliairc diffuse ^

Kurt Jani, élève de Weigert, a eu la rare occasion de faire l'autopsie d'une femme enceinte morte de tuberculose miliaire généralisée aiguë, au cinquième mois de la grossesse ; les organes du fœtus furent examinés avec le plus grand soin, à l'aide des colorations; il fut impossible d'y déceler ni tubercule, ni bacille de Koch*. Il est fâchetix que, dans ce cas, des inoculations n'aient pas été pratiqùéBs.

On voit .(ion(5; que. les premières tentatives, faites de divers côtés, pour expérimentalement la présence du bacille

tuberculeu^^ daifs les oiî^ganes, sains en apparence, des fœtus nés d^ mèrei tuberculeuses, ont généralement échoué. On objectQi'è^sai|§ (loi^ite qu'un grand nombre d'expériences négatives ne saiippicïii prévaloir contre une seule positive ; néanmoins il e&t im^oBsible de ne pas être frappé de ce fait que la plupart desî^^expéiimentateurs ont échoué en répétant, sur une échelle b^ucoup plus vaste, les trois expériences uniques qui, toutes trois, ont d'emblée réussi à Landouzy et Martin. On s'explique aips|«aisément les réserves élevées par Firket, par Baumgarten

1. NocARD, cité par Sanchez Toledo, Recherches expérimentales sur la transmission de la tuberculose de la mère au fœtus {Arch. de méd. expér. et d'anal, pathol., 1889, p. SU).

2. Leyden, Klinisches uber Tuberkelbacillus [Zettsc/ir. f. klin. Medicin, 1884, Bd 8, p. 386).

3. M. Wolff, Ueber erbliche Uebertragung parasitârer Mikro-organismen \ Vivchow's Arch., 1886, Bd iOo, p. 192).

4. Kurt Jani, Ueber das Vorkommën von Tuberkelbacillen im gesundcn Génitalapparat, mit Bemerkungcn iiber das Vcrhalten des Fœtus bei acuter allgemciner Miliartubcrkulose der Mutter {Virchow's Arch., 1886, Bd 103, p. 522).

EXPÉRIENCES DE KOUBASSOF, DE DE RENZI.

et par nous-même, contre la validité de ces expériences, d'autant plus que ces recherches remontent à une époque oii Hip. Martin obtenait aussi des résultats positifs dans la moitié des cas, en inoculant dans le péritoine des cobayes 1 centimètre cube de lait acheté, au hasard, chez les marchands de Paris. Des réussites si constantes et si terrifiantes devaient bien faire soupçonner quelque infection accidentelle, méconnue, des animaux en expérience ou quelque autre cause d'erreur.

Koubassof déclare être arrivé , au moyen des procédés de coloration, à constater, chez le cobaye, le passage des bacilles de la tuberculose de la mère au fœtus'. Firket, Sanchez Toledo, A. Gartner sont unanimes à considérer ces expériences comme sujettes à caution. « Pour faire apprécier, dit Firket, le degré de confiance que l'on peut accorder à ce travail de Koubassof, nous reproduisons les termes mômes de sa note : « Le 6 juin on a injecté à une cobaye pleine quatre divisions de la seringue de Pravaz d'un crachat d'un phtisique, qui contenait une quantité de bacilles longs et minces. Une semaine après, à la place de l'injection, se forma un abcès qui perça bientôt. En examinant le pus, on a constaté une quantité de bacilles tuberculeux de même aspect que dans le crachat. Cet abcès ne guérissait pas ; le pus coula jusqu'à la mort de l'animal, qui mourut le 5 juillet, très épuisé et très amaigri. >> C'est ce pus, formé en une semaine et contenant des bacilles longs et minces ou d'autres de même aspect, qui sert aux inoculations à trois femelles pleines. Elles avortent, l'une après six jours, et les fœtus contiennent des bacilles « tuberculeux (!) ». Sanchez Toledo se prononce d'une façon tout aussi sévère : « Les expériences de Koubassof, dit-il, ont été faites d'une façon vraiment trop superiicielle, et il faut se demander si la maladie inoculée par lui était bien la tuberculose. »

De Renzi, dans un traité publié en 1889% relate des expériences qui remontent aux années 1883 et 1884 portant sur 18 temelles de cobayes pleines, inoculées de la tuberculose. Chez 2 fœtus d'une portée, il trouva des foyers caséeux des poumons et du foie; chez un autre fœtus, une tuberculose miliaire

1. Koubassof, Passage des microbes pathogènes de la mèro au fœtus [C. R. de l'Acad. des Sciences, ISSij, t. 100, p. 372, et t. 101, p. 4jl).

2. De Renzi, La lissichezza polmonare . Napoli, 1889, p. 101.

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