LE SANATORIUM MODERNE.—EST-IL UN DANGER POUR LE VOISINAGE
Le sanatorium moderne est un hôpital pour tuberculeux seulement. On le construit dans un endroit salubre, bien drainé tranquille et exempt de poussières, On exerce la plus stricte surveillance dans l'établissement et au dehors, afin d'éviter la transmission de la maladie aux employés, aux visiteurs où aux voisins. Le malade lui-même, est étroitement surveillé afin de lui éviter les risques de réinfection. Les précautions énumérées dans les chapitres 1V et V pour désinfecter les erachats y sont rigoureusement appliquées. Un patient violant volontairement l’un de ces règlements est renvoyé du sanatorium. On porte
-tant d'attention à la mise en pratique des mesures hygiéniques et préventives, que Fon peut affirmer qu’au sanatorium les dan. gers d'infection sont moindres que partout ailleurs. Aussi il est très rare que des médecins, des gardes-malades ou des serviteurs y contractent le tuberculose. C'est une preuve évidente que la coopération du médecin et du patient diminue la propagation de la maladie.
Voici un autre fait digne d'attention. On a remarqué que la mortalité par tuberculose a diminué dans les endroits où se sont construits des sanatoriums. Les habitants des villages imitent volontairement ou instinctivement les précautions hygiéniques instituées au sanatorium, et il en résulte une dimiuution graduelle de la mortalité tuberculeuse chez eux. Nous semmes donc
“heureux de pouvoir affirmer que le sanatorium n'est pas un danger pour le voisinage.
Les statistiques des villages de -Goerbersdorf et de Falkenstein, où l'on & construit cinq” des [plus grands sanatoriums alle-
COMMENT LA COMBATTRE st :
mands, nous montrent que dans ces endroits, la mortalité tuberculeuse a diminué d’un tiers depuis l'établissement de ces institutions.
A Rutland, où se trouve le sanatorium de l'Etat du Massachusetts, on n’a enregis:ré pendant les six ans qui ont suivi
n Amé- l'ouverture que huit décès par tuberculose par année, malgré xigs ni l'accroissement de la population, quand auparavant avec une ellents
population moindre, on comptait quatorze décès de tuberculeux par année, Le Dr Elliot, du sanatorium de Gravenhurst, Ontario, nous rapporte une diminution aussi marquée.
Dans les sanatoriums, les patients vivent au grand air pour
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F16. 36.—Cure de repos, en hiver, au sanatorium de l'Etat du Massachusetts, à Rutland.
que la e sont nitent
ainsi dire jour et nuit. Ils passent la journée sur les galeries, iques
marchant, faisant des exercices respiratoires ou se reposant sur 1 gra- des chaises longues. Quand ils ne conchent pas sur la véranda on ouvre la fenêtre de leur chambre même dans les nuits froides,
»s un Le malade tuberculeux s’habitue facilement à la vie au grand.
: air. Le froid, la neige, la pluie ne les empêchent pas de rester +" au dehors. Ces variations de température ont peu d'influence | alle-
sur le patient de sanatorium bien accoutumé, et les médecins
constatent qu'on peut leur faire suivre le traitement à l'air libre l'hiver comme l'été, Jes jours pluvieux comme les jours de bear temps. Sans donte on a la précaution de bien protéger le ma.
rance du tuberculeux au traitement de plein air : “ Le soixaute à soixante-quinze pour cent de nos malades dorment au grand
. F0. 37.— Patients du Fanatoriam de Loo-nis soumis à us exercice gradué.
air, dit-il, et le nombre en serait plus grand encore si on en av:i6
la facilité. Ces chiffres sont Ceux de l'hiver, car en été ils sont plus nombreux. Nous ne tenons aucun Compte du degré de ‘température. L'hiver dernier les patients ont dormi au dehors par des températures de 28, et 300 F. au-dessous de zéro. Ceux
, «Qui prenaient les précautions nécessaires n'y ont pas trouvé ; 2d'ineonvénients, Cependant quand la température tombe à 150 . ou 20 F. au-dessous de zéro, nous devons user de certains moyens spéciaux pour rendre le lit confortable.” ns {De son côté, le {ÿ Herbert M. King, de Loomis Sanatoriu:n,
m'écrivait : L'ans le sanatorium proprement dit où nous recevons également les malades de début et les cas très avancés, cinquante pour cent des patients dorment au grand air, tandis que la proportion est dé cent pour cent dans l'annexe où nous n'admettons que les tubercaleux de début.” :
Dans le sanatoriam de l'Etat de New-York, les malades ne dorment pas sur les galeries, mais dans leurs chambres avec les fenêtres grandes ouvertes, même par des températures de 380 F, au-dessous de zéro. Dans le sanatorium de l'Etat du Massachusetts, bâti sur le sommet d'une colline, les patients dorment aussi dans les salles exposées à tous les vents. Avec toutes les fenêtres ouvertes, autant vaut dire qu'ils dorment au dehors. Au sauatorinm Ses Breeze, pour les enfants tuberculeux et scrofuleux, à Coney Island, le règlement les oblige à dormir et à jouer au dehors tout l'hiver. : =
Nous reproduisons ici quelques vues de sanatorium, afin de faire voir le genre de vie que l'on y mène.
Il ne faut pas s’imaginer que l’on s'ennuie dans ces institutions, Le grand nombre des patients constatant l'amélioration de leur sarité s'en réjouissent et leur bonne. humeur devient communicative. On ne doit pas considérer la discipline comme un côté défavorable au sanatorium. Les règlements sont faits dans l'intérêt du malade et du personnel de l'institution ; ils tendent au bien commun. Les médecins et les gardes-malades ont en général Ja patience, l'obligeance et le dévouement que réclame leur rôle. Si quelques fois le médecin est obligé de faire respecter son autorité, c'est dans l'intérêt du patient ou de son entourage.
Un sanatorium n'est pas seulement un lieu de guérison, c'est aussi un centre d'éducation.
Le patient emportera du sanatorium les connaissances qu'il y aura acquises. Il saura comment se protéger et comment protéger les autres, et que faire pour ne pas perdre ce qu’il a gagné.
Le médecin doit être l'ami et le confident du malade, au sanatorium ou à la maison. (Consultez-le sans crainte avant de vous marier et aussi. après. En suivant ses conseils on peut éviter des déboires et des désagréments de famille. Dans le sanatorium on porte beaucoup d'attention à la nourriture. Les repas principaux sont servis dans des grandes salles à diner