‹ La tuberculose, maladie du peuple [microforme]Chapitre 43 sur 52 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

PARTICIPATION DES PHILANTHROPES A LA LUTTE ANTIBERCU- LEUSE CHEZ LE PEUPLE.

Dans le chapitre XXV, nous avons dit ie besoin urgent de sanatoriums et d'hôpitaux spéciaux pour les consomptifs pauvres. Ces institutions sont surtout nécessaires pour les grands centres. Dans presque toutes les villes populeuses il y a des milliers de tuberculeux indigents manquant de soins, vivant dans des logis obscurs et malpropres. Ces malheureux sèment la maladie au milieu de leurs parents et de leurs voisins. Peutêtre n'y a-t-il pas, aujourd'hui, dans toute l'Union une seule grande ville possédant assez d'institutions pour reccvoir, traiter et isoler ses consomptifs pauvres. En les éloignant du milieu malsain où ils vivent, en les traitant à temps dans un sanato- “ium, on en guérirait un grand nombre ; d'autres verraient leur

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santé s'améliorer au point de pouvoir recommencer à gagner le pain de leur famille,

S'est-on jamais figuré le bien accompli, la misère soulagée et surtout le nombre de vies sauvées ?

Mais outre les poitrinaires il y a chez les pauvres les petits enfants scrofuleux ou atteints de la tuberculose des os ou des articulations. On sait déjà pour l'avoir lu au chapitre XXII les heureux succès obtenus en pareils cas dans les sanatoriums marins de la France, de l'Allemagne, de la Hollande et de l'Italie.

Le climat du littoral, les bains de mer chauds et froids et la bonne nourriture semblent influencer favorabiement la guérison de ces enfants. Les institutions de ce geure sont des facteurs importants pour combattre la tuberculose dans le peuple. Nous ne pouvons trop recommander la fondation de tels établissements à ceux des nôtres qui ont à cœur de soulager les petits malades.

La guérison des différentes formes de la tuberculose ne s’obtient que par un traitement accompli sous la surveillance attentive du médecin dans un sanatorium ou, si les circonstances le permettent, au domicile du patient.

D'autre part, pour lutter avec efficacité contre la tubereulose comme maladie du peuple, il faut diriger l’attaque contre les causes du mal. L'ignorance, le manque de lumière, d'air pur, de soleil, les logements malsains, malpropres, l’alimentation insuffisante ou mauvaise, le travail des enfants, le surmenage, les excès de toutes sortes et par-dessus tout l'abus de l'alcool : voilà les plus grands facteurs de la propagation de lu tuberculose. Il est du devoir des classes instruites d'enseigner à la masse du peuple !:4 notions de l'hygiène, Les médecins, les instituteurs, les patrons et toute personne pouvant disposer du temps et des moyens devraient s'unir pour instruire la masse du peuple en donnant des conférences et en distribuant des feuillets de renseignements. On devrait encourager la formation des sociétés pour prévenir la tubereulose, Aux Etats-Unis, chaque Etat possède une ou plusieurs sociétés de ce genre. Elles sont affiliées à la Société Nationale pour l'Etude et la Prévention de la Tuberculose. Cette dernière a ses bureaux principaux à New- York. Les gouvernements d'Etats et les administrations municipales, les bureaux de santé, les autres institutions sanitaires

devraient non seulement approuver, mais aider ces scciétés de manière à leur faire produire le maximum d'utilité.

Pour donner de l'air, de la lumière, du soleil aux classes indigentes de nos grandes villes, il ne suffit pas de leur procurer un logement hygiénique mais il fait, surtout dans les districts populeux, ouvrir des parcs, établir des terrains de jeux et, pour arriver à cette fin, se servir des revenus municipaux ou au besoin des dons d:s philantrophes. Quelqu'un l'a déjà dit, les pares doivent être considérés comme les poumons d’une grande ville,

On se nourrit mal quelques fois par manque d'argent, mais bien plus souvent par ignoranee. Préparer à peu ce frais un repas nourrissant et appétissant est un art qu'il serait bon d'enseigner à la jeune fille quittant la manufacture ou le magasin pour prendre charge des devoirs nouveaux de maîtresse de maison. Des femmes charitables pourraient faire profiter de leur expérience leurs sœurs moins fortunées.

Il est aussi nécessaire d’avoir des restaurants à bon marché où les travailleurs peuvent se procurer un repas à un prix modique. Je ne veux pas parler de mauvaise alimentation sans dire encore un mot des écoliers pauvres de nos grandes villes. Nous savons tous que plusieurs d’entre eux ne retournent pas à la maison pour le repas du midi. Ils se contentent de la maigre ration qu'ils ont apportée avec eux le matin. Dans plusieurs grandes villes allemardes, on s'occupe de ces petits pauvres et le midi on leur sert quelques sandwiches et un verre de lait. On n'a eu qu'à se féliciter des bons résultats ainsi obtenus chez les enfants mal nourris à la maison. Dès le premier mois presque tous ont augmenté de poids, sans compter qu'ils étaient plus joyeux et plus aptes à bien faire leurs devoirs.

Vient à présent la question de l'alcoolisme ou de l'ivrognerie. Il n’y a pas de doute que l'alcool est le pire ennemi de la grandeur d’un peuple, la cause la plus fréquente des malheurs de famille, lu ruine morale et intellectuelle de l'individu et le facteur le plus puissant du développement du germe tuberculeux.

L'aicoolisme se combat surtout en faisant l'éducation du peuple. Les lois draconiennes ne produisent guère de bons résultats. A l'enfance on enseignera les dangers de l’intempérance, on fera voir à l'écolier tous les malheurs qui s'abattent sur les ivrognes. Si l'adulte peut se permettre aux repas l'usage des

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