HORS
Il y a un mois et demi, les symptômes douloureux étant toujours aussi forts, il vint à la consultation de M. le Professeur Pousson, qui lui donna des suppositoires belladonés.
Quelques jours après cette consultation, le malade urina deux ou trois fois du sang, puis les urines n’eurent les jours suivants que quelques caillots, qui disparurent bientôt et qui n’ont jamais réapparu.
Depuis, les douleurs ont considérablement diminué. La station assise est maintenant possible. Quand le malade est fatigué il n’existe qu'une légère douleur au niveau de la vessie. Les mictions sont encore fréquentes, sept à huit fois la nuit, toutes les demi-heures le jour, mais ne sont plus douloureuses. La constipation est toujours très forte.
L'examen du malade nous montre un homme de constitution robuste; jamais de sueurs nocturnes. Un peu de fièvre le soir. Pas d'amaigrissement, appétit conservé.
Rien aux poumons, on ne trouve même plus de trace de la pleurésie ancienne. Rien aux autres appareils.
Appareil uro-génital. — Testicules sains.
Toucher rectal.— Prostate dure, saillante dans le rectum, bosselée, irrégulière, sans points fluctuants, douloureuse à la pression. Les vésicules séminales paraissent normales. Cathétérisme difficile et douloureux au niveau de la portion prostatique de l’urètre.
L'examen microscopique du sédiment urinaire a permis d'y déceler la présence de bacilles de Koch.
Devant tous ces symptômes, le diagnostic de tuberculose prostatique primitive est posé; l'intervention chirurgicale proposée au malade étant refusée par lui, on se contente d’un traitement médical, bains de siège et suppositoires belladonés, iodoformés, et traitement général à l’arsenic. |
OBsERvaTION LIT (PERSONNELLE)
J. M..., vingt-huit ans, cultivateur, entre le 14 avril 1913, dans le service de M. le Professeur Pousson.
Antécédents héréditaires. — Père, âgé de cinquante-cinq'ans, n'ayant eu qu'une pleurésie il ÿ à cinq ans, et n'ayant depuis rien présenté de particulier à signaler. Mère, cinquante-deux ans, rhumatisante, atteinte en ce moment de névralgie sciatique.
Antécédents personnels. — Nourri au sein par sa mère jusqu’à l’âge de neuf mois, fièvre muqueuse à sept ans.
A dix-sept ans, reçoit un coup de pied dans les bourses, à la suite duquel s’établit un gonflement qui disparait rapidement.
A vingt et un ans fait son service militaire sans être jamais malade.
Pas de maladies vénériennes.
Maladie actuelle. — T1 y a deux ans, vers juillet 1910, le malade commença à ressentir des brûlures pendant la mietion. Ceci vint insidieusement sans début très précis. Au bout de deux mois et demi seulement, il se décida à aller trouver un médecin, qui lui donna des vins fortifiants et lui fit mettre des cataplasmes. Il y à un an et demi, en janvier 1912, le malade vint consulter M. le Professeur Pousson, qui le traita par des injections goménolées et des suppositoires. À ce moment les mictions étaient très fréquentes, toutes les heures dans la journée, deux ou trois seulement dans la nuit. Elles avaient encore le même caractère douloureux du début.
Pendant les six mois qui suivirent ce traitement, les douleurs disparurent et la pollakiurie diminua. Puis ces mêmes symptômes réapparurent et le malade se décida à entrer à l'hôpital. d
Etat du malade le 44 avril, C’est un homme de constitution moyenne, ne présentant aucun signe d’anémie, pas d’amaigrissement. Température 37°5-38. L'examen de l'appareil pulmonaire ne présente rien de particulier. Aucun signe physique ni fonctionnel, les poumons respirent bien, aucun râle. Pas de toux.
Tous les autres appareils sont également normaux.
L'examen de l'appareil malade donne les signes suivants :
Signes fonctionnels. — Pollakiurie, dix fois par vingt-quatre heures, dont trois fois la nuit. Douleur à la miction, principalement marquée le soir. Constipation très forte, pas d'écoulement urétral, mais les urines sont troubles. L'analyse faite le 16 avril a donné les résultals
suivants :
Caractères généraux :
NS re ere bee on IR RS OR CETTE De louche COULEUR PA A PAS nr Te jaune orangé SOUTIEN eos md Me nc us presque nul
Densité See re rt den une 102%
Eléments normaux :
Uréciu fr sure ET enT 20 gr. 40 par litre.
Phôsphätés rt. HP RAR AUS à 1 6r. 400 — GHIONIPE RE E PAL RP 42 gr. 20. — INCARNE ANT ERREUR léger excès
Dérivés tUReCaLOI EPP EEE léger excès
Eléments anormaux :
AIDUMINE EAP RS EEE 2 OEEa00
Examen microscopique du sédiment : Assez nombreux leucocytes et hématies.
La recherche du bacille de Koch a été faite par le procédé de l'inoculation du cobaye qui a donné un résultat négatif. Un autre cobaye témoin, inoculé le mème jour avec de l’urine d’une cystite tuberculeuse, a eu un abcès de l’aine.
Signes physiques : Inspection. — Aucun gonflement, aucune rougeur.
Palpation. — Testicules : Le droit présente une légère bosselure au
niveau de la tête de l'épididyme.
Toucher rectal. — La prostate est dure, bosselée, faisant saillie dans le rectum. Les deux lobes paraissent hypertrophiés.
La pression provoque de la douleur, mais sans irradiation urétrale.
Cathétérisme : La sonde à bout olivaire introduite dans le canal en franchit difficilement la portion prostatique. Elle détermine de la dou- Icur à ce niveau.
Le diagnostic de tuberculose prostatique ayant été posé, le malade est traité par des injections d'huile goménolée, une par jour. Au bout de quinze jours, ces injections n'ayant donné aucun résultat, on se décide à l'intervention chirurgicale et on enlève la prostate en entier par la voie périnéale,
L'examen anatomo-pathologique de la glande, qui fut fait au laboratoire de M. le Professeur Sabrazès par notre ami M. Commes, a donné les résultats suivants :
Prostate fortement enflammée. L'inflammation a atteint non seulement les acini glandulaires qui sont soit infiltrés de leucocytes, soit desquamés en partie ou en totalité, de même que les canaux excré-
teurs, mais encore les gros faisceaux musculaires lisses qui constituent