OBSERVATION IV RÉSUMÉE (CRANDON
Homme de soixante-sept ans présentant des symptômes obstructifs d'une prostate hypertrophiée, qui mourut d’une maladie intercurrente.
A l’autopsie, on ne trouva aucune formation tuberculeuse dans l'appareil uro-génital ni même dans tout le corps, sauf au niveau de la prostate dans le lobe droit de laquelle existait une seule masse caséeuse, large et ronde, entourée de tissus nettement tuberculeux.
OBSERVATION V RÉSUMÉE (STONHAM)
Il s’agit d’un homme de vingt-six ans qui mourut de tuberculose des poumons et du larynx.
A l’autopsie, on trouva une prostate hypertrophiée et le lobe gauche infiltré de tubercules caséeux. Le reste de la glande était intact. La vésicule séminale gauche était très augmentée de volume, ses parois contenaient des tubercules caséeux. La portion abdomivale seule du canal déférent gauche était atteinte, la muqueuse ayant des tubercules et par place des ulcérations. La vésicule et le canal déférent droit étaient sains. La vessie était petite, sa muqueuse saine, sauf près du col où il y avait de toutes petites granulations. Cette tuberculose géni-
ale ne fut pas soupconnée pendant la vie du sujet.
RTE
OBSERvATION VI RÉSUMÉE (GAUDIER)
Jeune homme de vingt-deux ans, filateur. Antécédents tuberculeux.
Le début de l'affection remonte à trois mois. Urines teintées de sang ; douleurs du côté de l'anus et du méat, mictions fréquentes et impérieuses, léger suintement urétral. Etat général bon.
Rien aux testicules ni aux cordons.
Prostate volumineuse, élastique, un peu granuleuse, augmentée de volume surtout à droite; pas de point fluctuant. Quand on la déprime, le malade accuse une douleur avec irradiation urétrale. Vessie peu douloureuse, pas dilatée.
L'introduction d’une sonde en gomme dans l’urètre est bien supportée, sauf au niveau de la région prostatique et du col vésical où elle est douloureuse. Rien aux reins ni anx poumons.
Un mois après, un peu de fièvre le soir; pas d’appétit, plus d'hématuries ; mais la défécation est douloureuse.
Prostate volumineuse, très douloureuse, mais sans points fluctuants. Pas d’empâtement péri-prostatique. La vésicule séminale droite est un peu bosselée, non douloureuse.
Bacilles tuberculeux dans le muco-pus urétral.
Opération (le A1 février 1894): Curettage jusqu’à ce que le tissu prostatique crie sous la curette, irrigation à la liqueur de Van Swieten. La poche ainsi formée est touchée au chlorure de zine. Tamponnement à la gaze iodoformée, drainage.
Guérison en quinze jours.
La plaie périnéale guérit sans fistule et quinze jours après l'opération le toucher rectal permettait de constater une sorte de petit plastron au niveau cle ce qui était la prostate, plastron dur, élastique, dépressible, mais à peine douloureux. La cystite avait presque disparu, ainsi que le suintement urétral.
Nota. — L'examen des masses prostatiques curettées y a fait recon-
naître la présence de bacilles tuberculeux.
ET en
Osservation VII (Conr1zer)
IL s’agit d’un homme de vingt-trois ans, sans antécédents génito-urinaires, pris depuis deux ans de troubles de la miction, et qui entre à l’hôpital avec les signes d’une cystite tuberculeuse au début.
L'examen du malade montre une prostate augmentée de volume, inégale, indurée, douloureuse à la pression. L'examen bactériologique de l'urine centrifugée montre la présence de bacilles tuberculeux, et l’examen cystoscopique fit voir sur la muqueuse un nombre assez grand de tubercules miliaires.
Le traitement médical n'ayant donné aucun bon résultat, on pratiqua l’ablation du lobe droit de la prostate et le grattage du lobe gauche.
L'opération, faite par la voie périnéale, amena une amélioration considérable et le malade quitta l'hôpital après avoir engraissé de 16 livres, malgré une tuberculose des deux testicules qui se manifesta quelques jours après l'opération.
Cette amélioration persista seulement pendant six mois. Au bout de. ce temps, la tuberculose gagna les vésicules séminales, les reins et les poumons, et le malade succomba huit mois après l'intervention.
L'examen histologique de la prostate qui, à côté des tubercules miliaires, renfermait déjà des foyers caséeux à permis d'affirmer que, dans ce cas, la tuberculose de la prostate était primitive.
OgservaTiON VIIT (CLauDE)
Jeune homme de vingt-quatre ans, entré à l'hôpital Beaujon le 48 septembre pour un abcès de la marge de l'anus.
Pleurésie aiguë il y a cinq ans. Parents morts tuberculeux à un âge peu avancé. Le malade a souffert tout d’abord de troubles dans la miction. Défécation douloureuse. Les phénomènes s’accentuent et une taméfaction est apparue il y a quelques jours vers le côté gauche de la marge de l’anus.
A son entrée à l'hôpital, le malade présente une saillie douloureuse à gauche avec empâtement profond de toute la région. Au toucher rectal, l'intestin est repoussé sur le côté droit par une tumeur dure, mais
non comprimé. En suivant la paroi antérieure du rectum on rencontre la prostate, très volumineuse, mal délimitée, et le doigt s'enfonce dans une ulcération à bords saillants, irréguliers, dont le fond est de consistance mollasse.
Cette exploration réveille des douleurs très aiguës. Urines foncées, troubles, avec dépôt blanchâtre.
Le malade est très amaigri, pâle, les yeux excavés. Les ongles sont hippocratiques.
Rien du côté du poumon et du cœur.
Pas d'écoulement urétral.
Rien aux testicules.
La langue est chargée, pas de fièvre.
Le 20, le malade souffre beaucoup de l'anus ; la tuméfaction est plus saillante, rouge, très douloureuse, sans fluctualion. Les urines sont purülentes. Température, 38°.
On fait une large incision sur le côté droit de l'anus qui donne une grande quantité de pus occupant l’espace pelvi-rectal inférieur.
La cavilé de labeès, débridé largement, remonte sur la partie latérale gauche du rectum, au-dessus de la prostate, qui est complètement entourée par la collection purulente. La partie inférieure des deux lobes prostatiques est déchiquetée, s’elfrite sous le doigt et communique avec le rectum par l’ulcération que l’on sentait au toucher reetal. Toute la cavité est curettée, irriguée, tamponnée à la gaze iodoformée. Le soir, température 38°2. Le 21, température, 375. Etat général satisfaisant. Les douleurs lancinantes ont disparu. La mèche est changée.
Le 22, douleurs très vives dans le ventre. Ballonnement. Sensibilité. Vomissements fécaloïdes. Céphalée. Lavage de la poche purulente et pansement. Température, 38°.
Le 23, température 385. Les signes de péritonite s'accentuent.
Le 2%, mort dans le collapsus.
Aulopsie (Résumé). — Péritonile aiguë généralisée. Les poumons ne sont pas tuberculeux. Le cœur est normal. La muqueuse vésicale est un peu congestionnée, mais sâns lésion importante. Les vésicules séminales sont saines. La prostate a le volume d’une petite pomme. La consistance est dure, sauf à la partie inférieure, où elle devient plus molle et
cest creusée de cavités, véritables cavernes largement ouvertes en bas,
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Sur une coupe, on trouve des follicules tuberculeux à tous les stades de développement.
La glande présente une hypertrophie considérable du tissu conjonctif. Les vaisseaux sont assez nombreux, le plus souvent les parois sont épaissies et infiltrées de cellules embryonnaires.
Conclusion. — La tuberculose a évolué sur un sujet prédisposé par ses antécédents héréditaires, d'une façon toute spéciale, sur la prostate seule. Aucun autre organe n’était atteint de tuberculose. Il n’y avait eu auparavant qu'une pleurésie qui avait laissé des adhérences, mais celles-ci étaient faibles. Il n’y avait pas d’épaississement des plèvres, ni formation de néo-membranes tuberculeuses à ce niveau,
Cette tuberculose prostatique a marché rapidement, a abouti à une fonte caséeuse et à l’ulcération du rectum qui est une complication assez rare de celte affection. C’est cette ulcération qui a servi de porte d'entrée à l'infection secondaire par le coli-bacille. Ce microbe a déterminé une inflammation péri-prostatique et un abcès de la fosse ischiorectale qui a fusé à la fois du côté de l’anus et du côté du péritoine.
OgservaTiOn VIIT (LB Denru)
B. L..., jeune homme de trente ans. Abcès du périnée ouvert il y a un an. Du pus passe de temps en temps par l’urètre, mais pas d'urine par la fistule. Diagnostic d’un abcès du lobe gauche, curage après agrandissement de la fistule, l'index étant introduit dans l’anus.
Résultat excellent.
OsservaTion IX (Drrtec)
J. B..., coiffeur, trente-neuf ans. Pas de maladies vénériennes. Depuis
quelques mois, excès de coït.
Toux, sueurs nocturnes.
Le 9 mars 1888, après un coit répété, forte douleur dans le canal de
l'urètre avec brûlure à la miction. Doit s’aliter. Urines foncées. Cathé-
térisme douloureux et pénible.
Les jours suivants, douleurs très fortes, sensation de pesanteur dans
PS
Trits
La bee le rectum. Miction très douloureuse; l'urine n’est émise qu'avec de grands efforts.
Le 22 mars, entre à la clinique. Homme vigoureux, bien bâti. La prostate est grosse comme une noix, de consistance élastique, très sensible à la pression.
Le 23, urines troubles, contenant des leucocytes; sommets douteux. Température vespérale, 38°-38°%5,
Le 24, ouverture d’un abcès prostatique ; sonde à demeure. Guérison complète en trois semaines.
OBSERvATION XI RÉSUMÉE (DITTEL)
D. L... Toujours maladif; gonorrhée durant dix ans, puis disparaissant après un mois de traitement. Depuis trois ans, constipation opiniâtre, Depuis trois semaines, rétention brusque d'urine sans cause apparente. Cathétérisme nécessaire. Douleur vive et sensation de pesanteur dans le rectum. Quelques légers accès de fièvre.
Toucher rectal : Prostate de la grosseur d’une noix, élastique, douloureuse, présentant une tumeur fluctuante.
Le 9 mai, incision courbe en avant du rectum; drainage. Tamponnement; sonde. Température, 39°.
Guérison complète en quatre semaines,
OBservaTION XIT RÉSUMÉE (DITTEL)
J..., cinquante-deux ans. Pas de maladies vénériennes; dysurie très marquée survenue il y à seize jours, sans cause apparente. Cathétérisme obligatoire. Prostate grosse et sensible. Ouverture de l’abcès. Guérison.
Osservarion XIIT résumée (René For)
D... soldat, vingt-deux ans, cultivateur. Pas d’antécédents héréditaires ou collatéraux. Rien de particulier dans les antécédents personnels, pas de maladies vénériennes, pas d’éthylisme,
Incorporé en octobre 1908, entre à l'hôpital, en janvier 1909, pour une affection broncho-pulmonaire d'origine grippale. Obtient deux mois de convalescence. Demande une prolongation en avril suivant, pour faiblesse générale. Aucun symptôme net. Au sommet droit, légère diminution vésiculaire qui motive une prolongation d’un mois.
C'est pendant cette période que débute la maladie actuelle. Violente douleur dans tout le côté droit du trone, lièvre peu élevée, dyspnée. Quarante-huit heures après, la douleur, qui avait disparu par le traitement, réapparait au niveau de la fosse iliaque droite. En même temps, dyspnée, ténesme rectal et vésical ; pas d'hématurie, pas d’écoulement de pus.
Le 25 mai, ces symptômes, sauf la dyspnée, ont à peu près disparu.
Le 30, rétention brusque d'urine. Dans la journée il apparaît à la racine des bourses une petite Lumeur arrondie, presque indolore, s’accompagnant d’un léger mouvement fébrile. Les urines émises goutte à goutte sont troubles, et après les efforts de la miction quelques gouttes de pus font issue par le méat.
Les mictions deviennent de plus en plus pénibles. La tumeur périnéale augmente progressivement de volume.
Le 6 juin, le malade entre d'urgence à l'hôpital. Facies angoissé, pouls petit et rapide, rétention d'urine complète depuis la veille. Tuméfaction de la grosseur d’une orange au niveau de la partie médiane du périnée, de consistance ligneuse et indolore. Les bourses et la racine de la verge sont fortement œdématiées. Il existe au niveau de la queue de l’épididyme un petit noyau dur.
Le toucher rectal montre une prostate volumineuse, bosselée, dont le lobe gauche fait saillie dans le rectum.
Cathétérisme : La sonde ne peut franchir la région prostatique.
Première opération, ouverture de l’abcès le G juin.
Deuxième opération le 18, pour curetter la paroi de l'abcès et fermer une fistule urinaire existant depuis la première intervention.
Il faudrait enlever toute la prostate, mais, n’élant pas outillé pour cela, on se contente du curettage.
Lavage à l’eau oxygénée deux fois par jour.
Cicatrisation le 30 juin. Etat général excellent.
Le 7 juillet, le malade sort de l'hôpital réformé n° 2.
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