TUBERCULOSE SOUS TUBERCULOSE
TOUTES SES FORMES PULMONAIRE GROUPES CHIFFRE DES DÉCES CHIFFRE DES DÉCÈS D’AGE PAR 1000 INDIVIDUS VIVANTS PAR 1000 INDIVIDUS VIVANTS ER TURE eee — TE S EE SE pere. …— € AE TR Paris France Paris France DLFP 5,54 2,21 É 1,54 0,93 AÉLIERERT HA D 1,25 1,26 0,79 JAIES CN EEE 4,36 3,10 4,00 2,89 40-59 9,80 2,58 5,36 2,29 60 et au-dessus. 3,63 2,20 3,39 1,04
Nous pouvons constater après lecture de ces tableaux 3 et 4 que les chiffres de l’année 1912 concernant la mortalité tuberculeuse pour la France entière, et sur lesquels nous nous basions plus haut pour soutenir notre argumentation, ne sont pas dûs à des causes transitoires, particulières à cette année. En effet si nous prenons la moyenne de ces huit années, nous voyons qu'elle est sensiblement égale aux chiffres de 1912 de notre tabl. 1. Nous y voyons par exemple qu'il est mort en 1912, par tuberculose pulmonaire, 5.086 individus . ägés de plus de 60 ans. Or, de 1906 à 1913 il en est mort 41.653, ce
qui donne une moyenne annuelle de : 41.653 = 5.206.
Si nous comparons les chiffres de morts par 1.000 à Paris et dans la France entière, nous sommes frappés par leur désaccord, les proportions concernant la France étant beaucoup plus faibles. Fautil en conclure que la mortalité par tuberculose est plus élevée à Paris que dans l’ensemble de la France ? C’est probable, mais pas dans les proportions indiquées par la statistique. Cette différence si considérable doit être attribuée en grande partie à la méthode de statistique à Paris, incomparablement plus rigoureuse que dans l’ensemble de la
France. D'ailleurs les chiffres concernant la France ne comprennent que les villes au-dessus de 5.000 habitants, les documents fournis par le reste des communes étant absolument insuffisants pour établir une statistique sérieuse ! *
Bien que la fréquence de la tuberculose sénile ressorte aussi de l'examen des chiffres de toute la France, nous nous appuierons pour les raisons précédentes sur ceux de Paris certainement beaucoup plus près de la réalité.
On peut tirer de leur examen les conclusions suivantes :
1° Il en est de la tuberculose du vieillard comme de celle de l'adulte, c'est la forme pulmonaire qui est en cause cinq fois sur Six ;
2° Sur 1.009 individus âgés de 60 ans et plus, la tuberculose pulmonaire en bue 3,35 alors que sur 1.000 individus âgés de 40 à 59 ans, âges où la proportion est la plus forte, elle en tue 5,36. :
Ï1 en ressort que la mortalité de la tuberculose sénile comparée à la plus forte mortalité par tuberculose est à ce nombre comme 64 est à 100.
? Les chiffres de la « Statistique Sanitaire » publiés par le Ministère de l'Intérieur sont certainement très au-dessous de la réalité ; dans de nombreuses communes, en effet, il n'est mêmer-pas fourni de certificat médical de décès. .
Tant que nous n’aurons pas en France un système de statistique méthodique et précis, il sera très difficile de juger dans leur ensemble les résultats de la lutte anti-tuberculeuse et par conséquent de la conduire. Une bonne statistique est en effet le complément indispensable d’une prophylaxie qui doit tenir compte de facteurs aussi multiples d'ordre tant social que médical. I1 est à souhaiter que la France adopte rapidement un système analogue à celui qui fonctionne en Suisse et qui semble vraiment excellent. Voici ses principaux caractères : aussitôt après le décès, l'officier d'état-civil envoie, sous double enveloppe, au médecin traitant ou au médecin qui a censtaté le décès, une des trois fiches suivant le cas : masculin, féminin, mort-né. Le nom du décédé figure seulement sur un coupon détachable. Le médecin remplit la partie médicale de la fiche qui comprend cinq questions :
1° Maladie primitive ou cause primaire :
2° Maladie consécutive et cause immédiate ;
3° Maladies cencomitantes ;
4° Autopsie s’il y a lieu ;
5° Conditions sanitaires de l'habitation.
Au verso de la fiche figure une liste numérique des principales conditions sanitaires où sociales et pour répondre rapidement à la cinquième question, il suffit de désigner par leur numéro d'ordre les défectuosités constatées. Le médecin détache alors le coupon sur lequel est inscrit ie nom du décédé et retourne la fiche à l'officier d'état-civil. Celui-ci contrôle le retour de la fiche à l’aide d’un simple numéro figurant sur l’enveloppe et sans l’ouvrir, l'adresse au bureau fédéral de statistique de Berne, Ainsi se trouve sauvegardé le ‘secret médical, condition qui en France particulièrement ést nécessaire si l'on veut obtenir des médecins des certificats de décès scientifiquement exacts.
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Nous sommes loin des proportions indiquées par la méthode de statistique basée uniquement sur les décès et que nous cxitiquons (v. pages 24, 25). Ici 64 % et là 10-20 % selon les auteurs !
La mortalité par tuberculose chez le vieillard est donc très importante. Elle est très comparable à celle de l’âge mûr et de l'âge adulte au lieu de décroître fortement comme on l'écrit encore couramment. |
Et encore cette proportion est-elle exacte ? Rien n'est moins sûr. . Lorsqu'on. compare les statistiques de mortalité par bronchite. chronique, on s'aperçoit que c'est 14 où réside la grande cause d'erreur. et c’est un des buts de notre travail de montrer que la bronchite chronique du vieillard, étiquetée bronchite banale, est dans des proportions considérables une bronchite tuberculeuse avec expectoration bacillifère.
D'ailleurs, le tableau 5, qui donne le chiffre des décès par bronchite chronique, sur 1.000 individus vivants, de 1887 à 1900, monire bien que ce diagnostic diminue de plus en plus de fréquence. Et il diminuera d'autant plus que l’on prendra davantage l'habitude de dépister la tuberculose par les méthodes modernes de diagnostic.