‹ La Tuberculose Pulmonaire SénileChapitre 35 sur 55 · MOYENS D’ATTEINDRE LES SEMEURS DE BACILLES · texte numérisé non relu

MOYENS D’ATTEINDRE LES SEMEURS DE BACILLES

‘La grande morbidité tuberculeuse du vieillard étant admise, la lutte anti-tuberculeuse doit donc s’efforcer d'atteindre par tous les moyens ces semeurs de bacilles afin de pouvoir les surveiller médicalement et sociaiement en les empêchant de nuire.

A l’hôpilal, on examinera toujours les crachats des vieux tousseurs admis dans les services généraux pour une cause quelconque.

Dans les services de vieillards on recherchera également la tuberculose chez les paralytiques grabataires et on s’efforcera de les réunir dans des salles spéciales.

Dans les asiles, maisons de retraite, hospices, on examinera systématiquement les expectorations des lousseurs. Il serait désirable que l'inspection médicale pût pénétrer dans toutes les salles pour ce dépistage. ;

M. RIBADEAU-Dumas (78), dans la discussion qui a suivi le rapport

de MM. Courcoux et Kuss, à la Société Médicale des Hôpitaux sur l'isolement des a l'hôpital, appelle en ces termes l’attention sur ce point : « À propos du recensement des tuberculeux dans les hôpitaux de re et des mesures de préservation contre la tuberculose, je voudrais vous signaler ce qui se passe à l’hospice d’Ivry. Les vieillards qui sont envoyés dans cet hospice ne sont pas examinés à leur entrée. Ils viennent parfois sans aucun contrôle médical et lorsqu'ils viennent incidemment à l'Infirmerie, on. trouve chez beaucoup d'entre eux des bacilles dans les crachats. Il y aurait donc lieu, avant d'admettre un vieillard ou un incurable à l'hospice, de Le mettre en observation au point de vue de la tuberculose et de réserver à ceux qui crachent des bacilles, des salles spécialisées ».

Nous voyons donc que dans la grande majorité des cas, le vieux tuberculeux n'étant pas un malade, ne vient pas consulter le médecin et échappe à tout examen. 17 faut donc aller au devant de lui. Pour cela nous disposons de plusieurs moyens :

L'enquête étiologique faite par le médecin praticien lorsqu'il diagnostique une tuberculose dans sa clientèle. L'enquête sociale au domicile, faite par l'infirmière visiteuse d'hygiène, pour tout cas de tuberculose signalé au dispensaire, enquête dans Re on s’efforcera de découvrir la source de la contamination, non seulement chez les ascendants directs qui peuvent être sains, mais chez les grandsparents, visiteurs, vieux voisins auxquels on confie souvent les

“enfants, etc...

L'infirmière visiteuse doit s’efforcer d'amener le vieillard suspect à consulter au dispensaire. La tâche est souvent difficile, si délicates que soient les précautions oratoires prises par les infirmières. En cas de refus, l'infirmière essaiera d'obtenir du vieillard qu'il crache dans un crachoir, lequel sera à plusieurs reprises apporté au dispensaire pour l'examen bactériologique.

Il est navrant de songer que de véritables drames comme celui que rapporte le Professeur LANDOUzY (54) à l'Académie de Médecine, et dans lequel la présence d'une vieille domestique tuberculeuse coûte la mort par méningite de deux superbes bébés, peuvent se renouveler chaque jour !

Dans cette enquête à domicile, il sera souvent très difficile de convaincre les auteurs de la contagion. Comme le dit SABOURIN (85) dans un spirituel article, il n’est pas exceptionnel de rencontrer de vieux parents phtisiophobes qui laissent mourir: leur fils sous prétexte « qu'il ne peut, qu'il ne doit pas être tuberculeux » et qu'on découvre vieux scléreux, inondant leur maison de leurs crachats soi-disant catarrheux !

À la consultalion d'enfants et de nourrissons une cuti-réaction

positive (ce procédé diagnostique devrait être employé systématiquement partout) déclenchera immédiatement l'enquête à domicile. Enfin, et nous insistons sur ce point, la LOI DE 1905 SUR L'ASSISTANCE OBLIGATOIRE peut permettre de dépister les semeurs de bacilles. Durant le cours de perfectionnement sur la

tuberculose qui a eu lieu à l'hôpital Laënnec en janvier 1921, nous avons eu la bonne fortune de connaître le Docteur Bussière, directeur du bureau d'Hygiène de Montluçon, et de parler avec lui du sujet de notre thèse qui l’intéressaif également. Nous lui sommes redevables de la très intéressante communication suivante ;: nous

nous ïélicitons d’avoir eu recours à son expérience et à sa compétence et nous sommes heureux de le remercier ici très sincèrement.

« Aux termes de cette loi d'assistance de 1905, le dossier du candidat doit comprendre un certificat médical circonstancié, établi après examen approtondi du malade. -

Chargé dès mon installation au bureau d'hygiène en:1909, de l'examen de cette catégorie de malades (une moyenne de 200 par an), je fis concourir au diagnostic dans la plus large mesure les examens de laboratoire, notamment les analyses systématiques des secrétions et excrétions ef particulièrement des crachats.

Cette manière d’affermur le diagnostic me permit de découvrir un certain nombre de bacillaires parmi la ciientèle de pauvres gens sollicitant le secours et d'établir pour mon service de désinfection une liste de tuberculeux réduits à réclamer le bénéfice .de la loi dans le dessein d'amorcer par l'assistance, par la distribution des crachoirs de proche, de désinfectants, une prophylaxie de la tuberculose que ne permet pas encore la déclaration médicale facultative de cette maladie.

Sur 70 cas Ge tuberculose pulmonaire chronique découverts par ce moyen, 16 ont été relevés chez des hommes de 60 à 70 ans, les catarrheux, bronchitiques et emphysémateux étant particulièrement nombreux parmi les malades demandant l'assistance. :

Ces 16 vieillards, vieur tuberculeux ignorés, n'ayant présenté aucun épisode aigü dans l’évolution extrêmement lente de leur tuberculose, avaient pu gagner leur vie, suffire à leur tâche jusqu'à un âge très avancé, et malheureusement aussi semer la contagion dans leur milieu de travail et dans leur famille.

Ces constatations m'ont paru intéressantes et ont éveillé mon attention sur la tuberculose des vieillards en! me inettant en présence de cas de tuberculose chronique compatibles avec une santé générale relativement

bonne.

Cette tuberculose occulte insoupconnée du sujet et de l'entourage et au diagnostic de laquelle l’âge avancé sernblait s'opposer ne pouvait être révélée que par le laboratoire, car ces malades se présentaient toujours avec un premier certificat médical portant les diagnostics de catarrhe des bronches, bronchite chronique. On n'avait jamais pensé et on ne pouvait vraiment guère penser à la tuberculose ; ces sujets ayant vécu jusqu'à un âge avancé et rempli leur existence par un dur travail.

Je suis convaincu par l'expérience acquise que les cas de tuberculose sénile sont as$ez fréquents. Dans un service organisé, je crois qu'il y

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