ENTRE
continue à décliner, elle maigrit progressivement jusqu'à perdre vingt kilogs. À des sueurs nocturnes, de l’insomnie, de l’anorexie, des vomissements, des douleurs thoraciques et lombaires. Elle vient consulter au dispensaire Léon Bourgeois le 20 avril 1919. L’auscultation dénote à cette date de la diminution de respiration dans chaque hémithorax et des râles ‘humides dans la fosse sus-épineuse droite après la toux. L'examen de crachats est négatif. On l'envoie à Saint-Antoine, où de nouveaux examens de -crachais sont positifs Klle reste sept semaines dans cet hépital et sort très améliorée.
Ces derniers mois, à la suite de surmenage et de chagrins (maladie ‘et mort de son mari et d'un neveu), elle se sent de nouveau très affaiblie et revient consulter au dispensaire, le 11 mars 1921, où l’on note :
Dyspnée. — Légère cyanose de la face.
Cœur stethoscopiquement normal,
Foie un peu augmenté de volume.
Poumons : Diminution de sonorité surtout à gauche.
Respiration diminuée partout surtout à gauche.
Des deux côtés, sibilances géneralisées en petit nombre.
On admet la malade à l'hôpital Laënnec.
Examen : Actuellement, 30 mars, la malade paraît extrêmement amaï grie (42 kgs 500), éachectique. L'asthénie est complète. Elle se plaint surtout de douleurs iombaires, thoraciques et épiga striques. Le pouls est à 90. La température qui évoluait à l'entrée entre 39,4 et 37,8 se maintient actuellement entre 37,2 et 98,2. :
A l'examen des poumons en, avant, la percussion dénote du tympanisme sus-claviculaire et de la matité sous-claviculaire à gauche. A l'auscultalion, la respiration a le caractère bronchique. Sibilances généralisées au somniet. En arrière : râles demi-humides sur toute la hauteur du poumon
gauche.
L'examen bactériologique des crachats fait les Fe 16, 17 mars, décèle Ia présence de bacilles Feu nombreux.
Radioscopie : Le 11 mars 1921,. rétraction avec diminution de transparence et obliquité des côtes de l'hémithorax gauche. Aspect en mie de pain de la moitié supérieure, taches contfluentes.
Le 22 mars 1921, diminution confuse de transparence dans l'hémithorax gauche avec diminution de largeur. Grosse masse opaque se continuant avec les marbures de la périphérie au contact du médiastin, A droite, diminution marquée des ombres hilaires. Attraction de la trachée à ‘äroite
Il n'y à rien à signaldr dans les antécédents héréditaires de la malade. Mais ji semble qu'eile soit la Source de plusieurs contaminations mortelles
1° Son mari est mcrt le 14 décembre 1920, tuberculeux pulmonaire avéré depuis 1914 environ, puis atteint de cancer du larynx ; -
2° Un neveu qui habitait dans la même maison, élevé par elle et qui prenait ses repas avec elle, est mort le 2 décembre 1920, à 46 ans, après quelques jours d’une maladie pulmonaire qui avait débuté par° une hémoptysie très grave.
3° La femme de ce dernier était morte également tüberculeuse cinq ans auparavant.
4° Une fille morte à 7 mois — ja mère avait alors 24 ans — de méningite.
5° Un garçon mort à 2 ans 1/2, de méningite, quatre ans plus tard.
La malade n’a pas eu d’autres enfants, sauf un prématuré (8 mois), mort à à jours.
vue CONCLUSIONS
1°:La tuberculose pulmonaire du vieillard est très fréquente. Les statistiques démontrent que cette fréquence est presqu'aussi grande que chez l'adulte. |
2° Les statistiques sont certainement très au-dessous de la réalité parce qu un grand nombre de cas échappent à toute déclaration ou restent méconnus.
3° Le vieillard peut se tuberculiser, comme l’adulte, mais le début de sa tuberculose remonte la plupart du temps à l’âge adulte et 1l nous apparait alors comme un survivant de la tuberculose.
4° La tuberculose sénile se présente sous toutes les formes, mais le plus souvent sous la forme bronchitique et emphysémateuse à marche lente et torpide, avec expectoration bacillifère.
5° Les signes cliniques sont souvent très trompeurs ; le diagnostic
positif repose avant tout sur l'examen bactérioscopique des crachats répété en série, longuement et patiemment poursuivi, ou sur l’inoeulation au cobaye.
6° La tuberculose pulmonaire sénile est une source de contagion très importante, particulièrement pour l'enfant, d'autant plus qu’elle est très souvent méconnue. Tout vieillard tousseur, bronchitique ou emphysémateux doit être tenu pour suspect.
1° T1 importe de la rechercher par tous les moyens d'investigation en notre pouvoir. Le médecin d'hôpital, en signalant au dispensaire les cas de tuberculose sénile, le médecin praticien en faisant œuvre de prophylaxie dans sa clientèle, le dispensaire en enquêtant au domicile, doivent concourir à ce point important de la lutte antituberculeuse. En outre, la loi de 1905 sur l'assistance aux vieillards et incurables. pourrait être utilisée avec grand profit, dans ce dépistage des vieux semeurs de bacilles,
Vu :
LE DOYEN, \ue ROGER. M. LETULLE.
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