‹ La tumeur prélacrymaleChapitre 20 sur 24 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

(De M. le prof. agrégé Rollet).

Tumeur prélacrymale fongueuse. — Curetlage. — Guérison.

Louise M..., fillette de huit ans. Enfant bien portante en venant au monde est confiée à une nourrice qui meurt poitrinaire deux mois après l'avoir sevrée.

Son père, restaurateur à Caluire, est bien portant, sa mère jouit d’une bonne santé; ni frère, ni sœur.

La santé de l'enfant a toujours été mauvaise, elle tousse fréquemment et a des hemoptysies. L'enfant a été mise à la campagne et on a constaté une amélioration, puis elle fut prise de convulsions et présenta de l’engorgement ganglionnaire cervical et inguinal.

C’est insidieusement que ce sont déclarés, il y a quelques mois, les signes d'une tumeur lacrymale.

À son entrée dans le service, fistule lacrymale avec tuméfacüon infra-tendineuse circonscrite faisant songer à une rétention. Le cathétérisme des voies d’excrétion des larmes est impossible, mais les injections passent. |

L'enfant est pâle, amaigrie et présente une grosse adénite cervico-maxillaire unilatérale gauche et quelques ganglions dans la région cervicale postérieure.

Ce,

Sous l'anesthésie, on pratique le premier temps de l’extirpation du sac, au niveau de la fistule, on enlève à la curette des fongosités semblables à celles de la tuberculose. Après tamponnement à la ouate, on aperçoit profondément le sac non altéré qui n'est ni incisé ni exCisé.

Il s'agit d’une masse fongueuse prélacrymale.

La malade est partie au bout de quinze jours, la plaie complètement cicatrisée, pas de larmoiment.

Deux mois après l’adénite cervicale devient chaude et douloureuse ; à l’incision, issue de pus caséeux. . Quelques mois après la malade est revue : aucune suppuration lacrymale, pas de cicatrice appréciable. On envoie la petite malade à l'hôpital de Giens Hyères.

ORSERVATION VI.

(Due à l'obligeance de M. Villard, chirurgien des Hôpitaux).

Tumeur prélacrymale inflammatoire. — Pas d'écoulement lacrymal. — Incision. — Guérison,.

M. X..., étudiant en médecine âgé de 23 ans, sans antécédent héréditaire ni personnel, a vu apparaître, il y a deux mois, au niveau du grand angle de l'œil, une tuméfaction légèrement douloureuse et progressivement croissante.

Lorsque nous l’examinons, on constate un peu audessous de l'angle interne, empiétant à la fois sur la

60 — | partie latérale gauche du nez et sur la joue correspondante, une tumeur du volume d'une grosse amande.

Cette tuméfaction est bosselée, séparée en son milieu verticalement par un léger sillon.

La peau est amincie, de coloration rouge brunâtre et a l'aspect de l’inflammation qui précède l’ulcération des téguments.

La palpation légèrement douloureuse démontre qu’il s’agit d’une collection très nettement fluctuante.

Rien du côté de l'œil et de ses annexes, la conjonctive et les paupières sont normales, les points lacrymaux intacts ; à aucun moment ce jeune homme n’a présenté de symptôme d’'épiphora ou de dacryocystite.

Rien du côté de l'appareil nasal.

L'ouverture et le drainage de la collection étant décidés avec l'intention de vérifier l’origine osseuse ou non de ce foyer de suppuration, une petite incision pratiquée sur le côté du nez démontre l'intégrité du squelette sous-jacent.

On se contente d'un drainage par un paquet de crins de Florence qui ressortent par une contre-ouverture faite du côté de la joue.

Suites très simples: guérison obtenue en dix jours avec conservation de la peau qui recouvrait la collection. Pas de larmoiement,.

Or

OBSERVATION VII (Due à l’obligeance de M. J. Coste, externe des Hôpitaux.)

Tumeur prélacrymale inflammatoire récidivante. — Ulcération. — Guérison.

M. Colombe ménagère, salle Gensoul n° 24.

Au mois de Juin 1899, la malade, qui ne donne aucun renseignement sur son passé lacrymal, vit apparaître à l’angle interne de son œil droit un petit bouton qui, douloureux à la pression, s’accompagna bientôt d’une réaction locale assez intense pour inquiéter la malade et l’obliger à consulter un médecin.

Le médecin fit une légère incision sur la tumeur et prescrivit des frictions loco dolente avec de la pom= made rouge. Sur ces entrefaites survinrent des douleurs abdominales qui nécessitèrent l'entrée de la patiente à la Charité.

Le docteur Vincent, dans le service duquel elle fut admise, fit un curettage de l’utérus et profita de l'anesthésie pour inciser de nouveau l’abcès que, malgré le traitement précédemment institué, elle portait toujours à l’angle interne de l'œil.

L'incision du docteur Vincent fut suivie de l'établisement d'une fistule par où s’écoulait du pus, la malade spécifie bien que jamais à ce moment elle n'eût de larmoiement ni d'écoulement purulent à l’angle

interne de l'œil.

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Le docteur Loison qui vint remplacer le D' Vincent, dilata le point lacrymal inférieur et fit du cathétérisme rans résultat et bientôt se décida à pratiquer sous anesthésie le curettage de la cavité de Pabcès.

Cette opération fut suivie d’un plein succès, la plaie opératoire se cicatrisa rapidement et la malade, en quittant la Charité, était complètement guérie de son affection oculaire,

En Février 1900 elle est reçue à l'Hôtel-Dieu, salle Gensoul, pour des manifestations de syphilis tertiaire: nécrose de l’apophyse palatine du maxillaire supérieur, au cours du traitement desquelles elle présenta: de nouveau des accidents du’ côté des voies lacrymales.

Subitement, dans la nuit du 28 juin 1900, elle fut prise d’une douleur périorbitaire, à maximum localisé au niveau de l'angle interne de l'œil droit. Au réveil, un œdème considérable des paupières maintient fermée la fente palpébrale, l'œil larmoie et l’on remarque au niveau du sac lacrymal une tuméfaction arrondie non bilobée par le tendon de l’orbiculaire, immobile sur les parties profondes. Cette tumeur est douloureuse à la pression, et la palpation ne donne pas la sensation de la fluctuation. Si l’on presse sur elle, elle ne se réduit pas et l’on ne fait pas apparaître de pus au niveau du point lacrymal correspondant. La peau, à son niveau, est rouge brunâtre, luisante et chaude comme sur un abcès qui va bientôt s'ouvrir à l’extérieur. Les douleurs, localisées d'abord autour de l’orbite, s'étendent bientôt à toute la moitié droite de la tête.

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Le cathétérisme lacrymal ne peut être fait par suite de l’indocilité de la malade,

Pas d’élévation thermique. On fait ra sur la tumeur des compresses imbibées d’eau boriquée tiède. Pendant la nuit qui suivit : douleurs vives et lancinantes, insommie.

Le 30 juin, la tumeur est fluctuante, l’ædème palpébral à disparu, les douleurs ont beaucoup diminué d'intensité. On continue les applications chaudes.

Le lendemain, la tumeur s'ouvre spontanément et par la fistulette s'écoule un pus jaunâtre, épais et bien lié. Comme traitement, on se borne à des soins antiseptiques.

Disparition rapide des phénomènes douloureux, peu à peu la tuméfation disparaît, la fistule se cicatrise, et le 5 juillet, tout est rentré dans l'ordre.

À aucun moment, il n'y a eu de larmoiement.

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