FILIALE ADMIRATION
Tunis, le 31 janvier 1876.
Monseigneur,
L'Église de saint Gyprien, de saint Augustin, de saint Fulgeoce, des saintes Félicité et Perpétue, commence à renaître. La chapelle de Saint- Louis de Garthage est maintenant desservie par deux prêtres de la Mission d*Afriq[ue, envoyés naguère par Votre Grandeur dans la cité des martyrs * \ et des confesseurs. Grftce à Elle, la chaîne mystique des liens spirituels de
cette illustre Eglise est renouée, après de longs siècles. Bientôt, si Dieu le veut, des sanctuaires s'élèveront sur Byrsa, sur Tamphithé&tre où saint Namphanion, saint Gyprien et tant d'autres martvrs moururent pour la
foi chrétienne. Déjà, les doès des fidèles ont pris le chemin du sanctuaire élevé à la mémoire du saint roi, honoré par la France catholique.
L*Eglise romaine doit cette restauration à Votre Grandeur, sous le nom respecté de laquelle je viens tout naturellement placer Thistoire religieuse de la Tunisie, en vous priant très-respectueusement de prêter votre haut patronage à cet Essai.
Carthage païenne n*a été illustrée que par sa chute, tandis que Garthage chrétienne a*brillé constamment, et dès les origines du christianisme, d*un éclat répandu sur elle par les plus saints et par les plus nobles martyrs.
La conquête arabe a éteint, au vu* siècle, ce foyer de lumière cb rétienne et de croyance invincible; aujourd'hui, nous assistons à la résurrection partielle de FEglise de Carthage. Elle unira désormais le nom de Votre Grandeur aux noms des docteurs, des écrivains et des bienfaiteurs, auxquels elle doit sa gloire, son éclat et sa continuation à travers les siècles.
Daignez agréer. Monseigneur, rhonoimage de mon profond respect.