‹ La TunisieChapitre 137 sur 157 · Français · texte numérisé non relu

Français

Aux environs de Tunis, le Bardo, Kassar-Saïd, la Manouba, Tebourba, l’Ariana, terres fertiles, centres de colonisation, cultures maraîchères, scientifiquement exploitées; Gammart, l’ancienne nécropole de Carthage; la Marsa, résidence du Boy actuel.

La GouleUe, qui a perdu beaucoup de sou importance depuis l’inauguration du port de Tunis et depuis que ce port est devenu le point d’attache des paquebots (1893) qui relient la Tunisie à la France et à l’Europe.

Bizerte , rattachée à Tunis par un chemin de fer de 300 kilomètres, enlre une rade immense et un lac poissonneux, dans une position avantageuse au milieu de la Méditerranée; il est regrettable que I escale de Bizerte, où touchaient les paquebots venant de France, ait été supprimée juste au moment où les travaux du poil venaient d’être terminés.

Béjà, réunie par un chemin de fer à la ligne de la Medjerdah. Sa situation, au sud des montagnes de la Khroumirie, en fait un centre commercial et un poste stratégique de grande importance.

Souk-el-Arba, au croisement des routes de Tunis, Béjà, Aïn-Draham et le Kef.

Nabeul, au centre d'un pays couvert d’oliviers, fabrique de poteries renommées.

Sousse, capitale du Sahel, au centre d’immenses cultures d’oliviers ; Monastir, Mahédia (l’ancienne Thapsus), importantes pêcheries; Msaken, Djemmal, Mouknine, Kalâa-Kebira, etc.

S fax, la ville la plus importante du littoral oriental.

Kairouan, la ville sainte qui a été longtemps la capitale de l’Afrique du Nord.

Le Kef à 800 mètres d’altitude, garde les principales voies qui conduisent de Tunisie en Algérie.

Tëboursouk, au milieu d’un pays boisé.

Tozeur, à 24 kilomètres du Nefta, réunion d’oasis qui ne comptent pas moins de 600.000 palmiers.

Hou/ntsouk, le centre le plus populeux de Djerba.

Gabès, centre d’un commandement militaire, dont l’importance peut devenir considérable comme port des caravanes venant du Sahara, de Rhât et Rhadamès.

Le nombre de tentes est évalué à 64.600, celui des maisons, tant arabes qu’européennes, à 58.400, et celui des gourbis, épars dans les campagnes, oasis et montagnes, à 20.700.

§ 3. — Population française en Tunisie.

En 1881, au moment de 1 occupation, on évaluait à 300 environ le nombre des Français fixés en Tunisie.

Voici le résultat du dernier recensement fait en 1891 :

Population française civile . . . ; , . , 10.030 j

Effectif français de la brigade d’occupation. 9.617 (

Protégés musulmans (Algériens) . .

— israélites (Algériens et Tunisiens)

— chrétiens (Syriens et Roumains) .

Tôt al . 42.177

Le chiffre de la population civile est certainement inférieur à la réalité : car un certain nombre de familles ont négligé d’établir des bulletins individuels pour les enlants en bas âge. L’administration tunisienne estime à plus de 200 le nombre de ces omissions.

Il n’est pas sans intérêt de rechercher, pour la population civile, le département d’origine des citoyens fixés en Tunisie. Le relevé qui a été opéré à cet effet a permis de constater que 1.838 Français sont nés en Tunisie. Ce chiffre est élevé, si l’on considère qu’il y a dix ans le nombre des Français établis en Tunisie ne dépassait pas quelques centaines, et constitue un élément précieux à recueillir, car il permet de supposer que le niveau de la natalité est élevé chez nos immigrants.

Les trois départements algériens ont fourni à la colonie française un appoint de 1.487 personnes : Constantine, 908 ; Alger, 417; Oran, 162.

Ces chiffres décroissent avec l’éloignement. La Corse vient ensuite avec 574 immigrés, puis les départements du bassin du Rhône et de la Seine.

La carte de la page 37 1 indique quelle est la répartition des Français recensés en Tunisie, par départements d’origine.

Il est à remarquer (pie tous les départements français, sans aucune exception, ont des représentants en Tunisie.

Tableau S. — Population française «le Tunisie par localité et par circonscription.

Tunis ville . 4.832

Tunis contrôle . 915

Sousse (691, ville) . 918

Bizerte (466, ville).... 501

La Goulette (489, ville). 493

Sf'ax (420, ville) . 431

Souk-el-Arba (246, ville). 394

Aïn-Draham . 297

Gabès (241, ville) . 246

Le Ivef (210, ville) . 245

Nabeul (55, ville) . 168

Tozeur (21, ville) . 94

Béjà (67, ville) . 91

Djerba . 86

Medjez-el-Bab .

Kairouan (58, ville). . . .

Médéuine .

Gafsa. .

Maki ai1 .

Totai . 9.973

Tableau II. — Répartition de la population française en Tunisie par profession.

PKOFESSIONS

PEKSONSES

Agriculteurs, viticulteurs . .

Propriétaires et rentiers .

Avoués, avocats, agents d’affaires, commissaires-priseurs, syndics, arbitres

Commerçants, industriels, banquiers .

Ecclésiastiques, membres des communautés religieuses .

Employés des administrations de l'Etat .

Employés chez les particuliers .

Entrepreneurs de travaux . .

Ingénieurs, architectes, conducteurs de travaux .

Journalistes .

Magistrats . . .

Manœuvres, ouvriers d’usines et de commerce .

Médecins, pharmaciens, sages-femmes .

Ouvriers d’art .

Professeurs .

Sans professions (femmes et enfants) ou professions inconnues.... .

Totai. de la population française civile

Armée, brigade d’occupation : officiers . 487 )

troupe . 9.130 )

§ 4- — Population italienne en Tunisie.

Un recensement effectué par les soins des agents consulaires italiens en 1882 a accusé en Tunisie la présence de 11.206 de leurs ressortissants.

Depuis cette époque, une ■ statistique officielle de l’émigration italienne, à destination de la Tunisie, a donné les chiffres suivants :

Immigrés 1882 .

Immigrés 1887...

OC

oc

Total . 9.810

A ces 9.810 immigrants, 1 administration tunisienne ajoute les 11.206 Italiens recensés en ISSJ. Si l’on admet que les décès sont au même nombre que les naissances, bien que l’on n’en connaisse pas le chiffre, et que le nombre d’Italiens qui quittent la Régence est très faible, l’on peut estimer à 21.000 le nombre des Italiens habitant la Tunisie.

§ 5. — Mouvement de la population.

L on ne connaît guère il une manière précise, faute d’enregistrement régulier, le nombre de naissances, de mariages, de décès, des indigènes. Voici quel est le mouvement de la population française habitant la Tunisie (1892) :

Mariages . 117

Divorces . 5

Naissances . 396 (dont 33 naturelles)

Décès . 312

Les naturalisations ont été au nombre de 200, pendant les cinq années de 1888 à 1892, dont 85 d’Italiens et 45 d’Anglo-Maltais.

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