Voir entre autres ïtcho de VOrient du 20 juillet
us SULTAN. 107
)assé la dernière ligne des troupes qui formaient a haie depuis sa sortie du palais de Top-Capou, le mltan se trouva pour ainsi dire en contact imméliât avec les populations. Celles-ci, moins préoccupées de la situation politique, laissaient éclater librement leur enthousiasme à la vue de leur jeune souverain. Un groupe de femmes turques se leva en apercevant le sultan et mêla ses acclamations à celles de la foulée Cette dérogation à Tétiquette frappa le sultan, qui se retourna vers le groupe avec une émotion visible, et salua des yeux. L'enthousiasme de la foule était à son comble; on se rappelait les paroles prononcées par lui le lendemain de son avènement , lorsqu'il avait remis au grand vizir la lettre renfermant le pardon de Méhémet-Ali. « Uniquement occupé du vif désir d'améliorer le sort des peuples que la Providence a confiés à mon sceptre, je ne me laisserai détourner de ce but ni par l'attrait des plaisirs de la jeunesse ni par l'empire des passions. » Moins de quatre mois après, la promulgation du khatli-cbérif de Gulkhanè, et les ordonnances qui le suivirent, prouvèrent que le jeune monarque avait à cœur de tenir ses engagements, en continuant l'œuvre de son père.
Le sultan Abdul-Medjid-Khan , trente et unième
1. Allah umerler were efendimiz. • Dieu accorde une longue Tie à notre seignieur. * C'est le iGoXuxpoviCtiv des Grecs.
i08 LA TURQUIE ACTUELLE. '
souverain de la famille d'Osman, le vingt-huilième depuis la prise de Constantinople , est âgé aujourd'hui de trente-deux ans *. Il est impossible de le voir sans être frappé et presque attristé de la mélancolie douce qu'exprime son visage. Ce qui domine dans l'expression de sa physionomie, après la tristesse , c'est la bonté : une bonté poussée souvent jusqu'à la faiblesse. Il a horreur du sang, et ses ministres n'ont jamais pu obtenir de lui qu'il signât une sentence de mort pour crime d'État. Depuis son avènement , il n'y a pas eu dix exécutions capitales à Constantinople. Cetle pitié pour le faible et pour l'opprimé s'exerce jusque sur les animaux. Un jour qu'il se promenait dans son jardin de Tchéragan, un chien de la rue, poursuivi par ses confrères du voisinage, se sauva, je ne sais comment, dans la demeure impériale, et vint se réfugier tout sanglant dans les jambes du sultan. Les gardes s'avancèrent pour le tuer. Il les arrêta : « Que l'ombre du Padichah le protège, » ditil. Il ordonna qu'on lavât les blessures du pauvre animal , et lui fit construire, à l'endroit même où il était venu tomber à ses pieds, une niche que l'on montre aux visiteurs. Le sultan a pris en affection son pensionnaire , et chaque jour il lui rend visite.