‹ La Turquie d'Asie; géographie administrative, statistique, descriptive et raisonnée de chaque province de l'Asie-Mineure; (volume 2)Chapitre 125 sur 178 · DEGRE DES ECOLES · texte numérisé non relu

DEGRE DES ECOLES

Musulmans \ ^^°^^« secondaires de garçons.

" ( — primaires —

Grecs orthodoxes . . .

Écoles secondaires de garçons.

— — de filles . • .

— primaires de garçons . .

— — de filfes. . . .

Arméniens grégoriens

Ecole secondaire de garçons.

— primaire de —

— — de filles. . .

— catholiques, (étran-( École primaire de garçons gers ) — — de tilles . . .

Israélites.

École secondaire de garçons . .

— primaire de — . .

Total.

ÉCOLES

ÉLÈVES

Outre les édifices anciens précités, auxquels il faut ajouter une grande bâtisse en bois, assez bien conservée, que le gouverneur actuel loue comme dépôt à la régie des tabacs, et qui fut le palais des princes Kara-Osman-Oghlou, on peut citer encore la forteresse dont les derniers débris vont bientôt disparaître, et, parmi les constructions nouvelles, trois hôpitaux, Tun musulman, entretenu aux frais de la ville ; un second, appartenant à la communauté grecque orthodoxe et un troisième fondé récemment pour les Arméniens grégoriens.

Il existe h Magnésie environ 250 boutiques occupant un grand nombre d'ouvriers à la confection de tissus indigènes de très bonne qualité, qui surmontent la concurrence des étoffes étrangères, malgré le bas prix de celles-ci. Cependant, ces ouvriers ne travaillent qu'en hiver, préférant pendant la belle saison s'occuper d'industries agricoles beaucoup plus lucratives. L'industrie des cuirs et peaux, tannage, mégisserie, maroquinerie, etc, est exercée en grand dans cette ville.

Notices historiques. — On sait par Homère que Pro- Ihoiis conduisit à la guerre de Troie une tribu hellénique, les Magnètes, et Tacite nous apprend que, de retour dans leur patrie, ces xMagnètes firent une nouvelle expédition en Asie où ils fondèrent Magnésie sur le Méandre. Un certain nombre de guerriers de la même tribu remontèrent vers le nord et s'établirent dans les terres du mont Sipyle d'où ils prirent le nom de « Magnètes a Sipylo.» C'est là tout ce que dit l'histoire touchant l'origine de Magnésie du Sipyle qui ne commença à devenir célèbre qu'à partir de la bataille gagnée dans son voisinage par Scipion "l'Asiatique sur Antiochus III, en 190 av. J.-C. Elle se rendit aux Romains sans résistance, et devint après de nouveaux siècles d'obscurité politique, mais de prospérité commerciale, la seconde capitale de l'empire de Nicée, fondé du temps de l'empire latin de Constantinople par Théodore Lascaris. Son gendre et successeur, Jean DucasVatace ,yétablitsarésidence,enl222. Les empereurs de Nicée, cependant, reprirent Constantinople qui se trouvait en ce moment dégarnie de troupes, le 26 juil-

let 1261; et Michel Paléologue, qui régnait alors, s'empressa d'abandonner sa résidence d'Asie Mineure pour rentrer triomphalement dans la capitale du Grand Constantin. Cet abandon des empereurs laissa leurs possessions asiatiques fort exposées aux entreprises des musulmans; pour les contenir, Andronic Paléologue crul nécessaire de réclamer le secours du roi de Sicile, Frédéric, qui lui envoya une flotte de 26 navires montés par des troupes aragonaises, catalanes et almugavares, sous les ordres de Roger de Flor, qui fut nommé d'abord Grand Amiral de l'empire d'Orient, puis César, après avoir épousé la princesse Marie, fille de la sœur d'Andronic.

Roger de Flor passa aussitôt en Asie Mineure avec 6,000 Catalans et 2,000 soldats de l'armée impériale et délivra Philadelphie (Alachèhr), investie par 20,000 Turcs. Avant de se porter surÉphèse, il entra dans Magnésie pour y déposer son riche butin sous la garde de quelques Catalans et la garantie du gouverneur byzantin. Mais quand il revint, en 1306, après avoir terminé son expédition et refoulé les Turcs jusqu'au delà des Portes de Fer, loin des possessions byzantines, il fut fort étonné de trouver les portes de Magnésie fermées. Pendant son absence, le gouverneur avait massacré sa petite troupe et s'était approprié ses trésors.

Rappelé par l'empereur qui le pressait de venir combattre le nouveau roi de Bulgarie, Asan, qui avait supplanté son neveu, beau-frère de Roger de Flor, le César fut obligé de renoncer à entrer de force à Magnésie pour se venger de la perfidie dont il avait été victime. Les musulmans, délivrés ainsi du seul adversaire qu'ils pussent craindre, furent bientôt eux-mêmes les instruments de cette vengeance, tout en reprenant possession des trésors de Roger, leur propre bien. Dès l'année 1313, Saroukhan devint le maître de Magnésie, de la plus grande partie de la Lydie et des côtes d'Ionie. Toutefois ces contrées furent comprises dans les domaines concédés aux ottomans par le dernier empereur turc Seldjoukide, et, malgré la résistance des émirs, le sultan BajazetP' acheva de les soumettre en 1398. Durant l'invasion si terrible, mais courte, de Timour-Leng, Magnésie n'eut

point à souffrir de ses ravages, car celte place lui servit de lieu de dépôt pour toutes les richesses qu'il avait pillées dans les autres villes.

Les successeurs de Bajazet affectionnèrent le séjour de Magnésie, où leur domination ne fut pas toujours paisible. Dans les premiers temps, du moins, elle fut troublée par des soulèvements populaires dont Tun atteignit des proportions trop considérables pour ne pas être cité. Cette insurrection est connue dans l'histoire ottomane sous le nom de « Sédition de Dédé-Sultan ». Un berger, nommé Mustafa, reçut ce titre qui signifie « grand'père et roi », sous Mohammed l" Tchélébi, vers 1416. Ce nom lui fut donné par les foules fanatisées quil entraînait à sa suite par ses ardentes prédications, en leur promettant l'égalité absolue et la jouissance commune de tous les biens. Dédé-Sultan réunit ainsi une armée considérable, composée surtout de derviches, à la fois prédicateurs et soldats, qui anéantirent les troupes envoyées pour les combattre dès la première rencontre et continuèrent une longue série de victoires, jusqu'à la grande bataille qui eut lieu dans les plaines de Manissa, où l'armée ottomane commandée par Mourad, fils du sultan, âgé de 12 ans, fît prisonnier Mustafa qui fut crucifié à Éphèse, et tailla en pièces ses adhérents.

Cette sanglante défaite ne termina pourtant pas encore la guerre intestine, dont le véritable instigateur, Bedr-eddin, ancien Grand-Juge de l'armée impériale ottomane, ne fut pris qu'un an plus tard à la bataille de Sérès. Quoique « uléma » il fut pendu.

Le sultan Mourad II qui, à 12 ans, avait gagné la bataille de Manissa sur Dédé-Sultan, enrichit cette ville des monuments cités plus haut; il y fit sa résidence, ainsi que beaucoup de ses successeurs, entre autres Mohammed II, son fils, le conquérant de Constantinople, qui habita durant sa jeunesse le beau palais bâti par son père. Mourad lil y fit aussi un long séjour et y éleva également de nombreux édifices déjà énumérés ci-dessus.

Productions agricoles. — La culture principale du merkez-caza de Manissa est celle des céréales. De magnifiques champs de blé et d'orge enrichissent cette plaine de Magnésie,

jadis ensanglantée par tant de batailles. Fertilisée par les alluvions de YHermiiSj elle offre à l'agriculteur des récoltes importantes de tabac, de coton, d'olives, de vallonéeet de raisins.

Localités remarquables, antiquités, etc. — On

ne trouve à Magnésie aucun reste d'antiquités; mais c'est dans ses environs, près du passage de la route conduisant à Kassaba, dans le voisinage d'une source qui coule au pied du Sipyle, que se trouve, à 20 mètres environ au-dessus du passage, une statue taillée dans le roc, et reconnue par presque tous les archéologues, comme étant celle de Cybèle : ouvrage de Brotée, fils de Tantale, dont parle Pausanias (liv. lll,chap. xxn). La déesse est représentée assise dans une sorte de niche; son attitude est celle de la méditation; ses Iraits, corrodés par les intempéries, sont défigurés par un trait de flèche ou une balle de fusil qui a emporté l'un des yeux. Sa hauteur paraît être de 6 à 7 mètres.

Horos-Keuï. — Le village de Horos-Keuï (village du coq), à 4 kilomètres nord-ouest de Manissa. est remarquable par sa belle église grecque sous l'invocation de sainte Anastasie, et par le grand marché qui s'y tient chaque année, le jour de la fêle de la sainte. Une énorme affluence de marchands, d'acheteurs, de pèlerins et de simples promeneurs y viennent de toutes parts, et admirent le clocher de l'église, digne en efl'et d'attention.

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