CAZA DE SEVRÉ
Orientation, limites. — Le caza de Sevké est situé à Touest du sandjak d'Aïdin. Il est limité au nord par le merkezsandjak deSmyrne et le merkez-caza d'Aïdin ; à Test par ce dernier et le caza de Tchina; au sud par le sandjak de Mentéché, et à Touest par l'archipel ottoman.
Superficie. — La superficie totale est de 1,326 kilomètres carrés, comme suit :
Cultures 500 kilom. carrés.
Pâturages 250 —
Montagnes 504 —
Forêts 72 -
Total. . . 1,326 kilom. carrés.
Division administrative. — Le caza n'a point de nahié et renferme 54 villages.
Division militaire. Evêché grec orthodoxe. — Au
point de vue militaire, il appartient au district d'Aïdin, et sous le rapport religieux c'est un évêché grec orthodoxe relevant de Magnésie du Sipyle, chef-lieu du sandjak de Saroukhan.
Population. — Sa population lofale est de 23,304 hab. comme suit :
Musulmans H,987 hab.
Grecs orthodoxes 8,258 —
Arméniens grégoriens. ... 59 —
Total. . . 23,304 hab.
Chef-Heu. — Sevké, appelée également Sokiaparles Grecs de Smyrne et par beaucoup d'étrangers, est le chef-lieu du caza de même nom. C'est la résidence officielle du caïmakam et le siège des divers services publics. C'est aussi un évêché grec orthodoxe relevant du grand diocèse de Magnésie du Sipyle. Un embranchement de chemin de fer et une route carrossable qui suivent le même parcours parlent de la station de Raladjik et relient Sevké à la ligne de Smyrne-Aïdin. Elle est située à 80 kilomètres au sud-est de Smyrne en ligne directe et à 121 kilomètres par le chemin de fer, à 40 kilomètres au sud-ouest d'Aïdin et à 100 kilomètres au sud de Magnésie en ligne directe. Son altitude est de 39 mètres.
Population du chef-lieu. — La population de Sevké ou Sokia, comprise dans le chiffre ci-dessus de celle du caza, est de 12,000 habitants, comme suit :
Musulmans ' 8,000 hab.
Grecs orthodoxes 4,000 —
Total. . . 12,000 hab.
Ecoles. — Il y a dans cette ville 16 écoles dont 4 secondaires et 1 2 primaires, fréquentées par 398 élèves, dont 378 garçons et 20 filles, comme suit :
COMMUNAUTl^S
ÉCOLCS
ÉLRVRS
Musulmans : 1 école secondaire
in
— 10 — primaires
Grecs orthodoxes : 3 écoles secoudaires (garçons)
— l — Drimaire —
— 1 - miles)
Total. . .
Sevké ou Sokia est une ville moderne, bien que des fragments antiques, appartenant à la vieille cité de Priène, fondée par les
Cariens et devenue plus tard Ionienne, y aient élé trouvés. Ces antiquités avaient sans doute été apportées de Samsoun-Kalé, située à 12 kilomètres plus au sud-ouest dans le même caza, au pied du mont Mycale (Samsoun-Dagh). Là sont en effet les ruines de Priène, souvent visitées et étudiées par des savants allemands, anglais et français qui en ont donné des descriptions connues de tous les archéologues.
On compte a Sevké environs 2,000 maisons; 1 konak ou hôlel du gouvernement; 3 mosquées à minarel et 8 w^^âj^ïrf^ (oratoires musulmans) ; \ medressé (école de droit et théologie islamiques) ; 1 église Grecque orthodoxe; 2 bains publics; J bazar et 200 boutiques, magasins et dépôts; 30 moulins à farine; 20 fontaines publiques; 2 grandes usines à vapeur, dont 1 pour la réglisse et l'autre pour le colon ; 3 han ou hôtelleries; 10 cafés, etc.
Sevké est partagée en deux parties par un torrent, à sec durant Tété, mais dont les eaux deviennent considérables en temps de pluies abondantes, et sortent alors quelquefois de leur lit quoique sa largeur à travers la ville soit de 60 à 80 mètres.
Sur la rive gauche de ce torrent se trouvent le bazar dont les rues sont larges et bien alignées, les harij la station du chemin de fer, le konak^ édifice assez vaste qui aurait besoin de réparations, et les habitants de la population musulmane. Sur la rive droite s'élèvent le quartier chrétien, l'église grecque orthodoxe, le quartier des circassiens et la fabrique de réglisse, ensemble considérable de constructions et de cours. Les rues de cette partie de la ville sont moins larges, moins bien alignées et moins bien pavées que celle de la rive gauche. Toutes les rues des deux rives sont éclairées au pétrole par les soins de la municipalité. Les maisons généralement de construction mixte, bois et pierre, sont blanchies à la chaux ou peintes en couleurs claires dont l'ensemble présente un aspect riant.
La ville est assez animée, surtout le jour du marché, qui a lieu une fois par semaine. Les habitants des villages environnants et de la basse vallée du Méandre y viennent en foule apporter les produits du sol, et s'y pourvoir des autres denrées qui leur sont nécessaires.
On a commencé depuis trois ans la construction d'une route carrossable de Sevké au port de Scala-Nuova qui n'en est distant que de 21 kilomètres et demi. Une partie du transit qui se dirigeait de Sevké sur ce petit port a été détournée par Tembranchement du chemin de fer d'Âïdin ; mais les racines de réglisse continueront à être expédiées à Scala-Nuova parce que cette voie est plus économique.
Fleuves, rivières. — Le Buyuk-Mendérès (Méandre) arrose le caza de Sevké qu'il parcourt en son entier, du nordest au sud-ouest, et le partage en deux parties à peu près égales ; il va se jeter dans l'archipel ottoman à 15 kilomètres environ en aval et à l'ouest des ruines de Milet, auprès desquelles il passe en côtoyant le lac de Bafa (Akir-ïchaï-gueul). Durant ce parcours d'environ 50 kilomètres, il reçoit sur ses deux rives d'assez nombreux affluents de peu d'importance, parmi lesquels on suppose que doit se trouver le fleuve Gœsus cité par plusieurs auteurs de l'antiquité.
Lacs, marais, etc. — Le lac de Ba/a décrit plus haut au chapitre spécial du vilayet d'Aïdin et formé de l'ancien golfe de Latmus barré par les atterrissements du Méandre, est situé dans la partie méridionale du caza de Sevké.
Production agricole. — La production agricole du caza ne Sevké consiste principalement en figues et céréales. On y récolte beaucoup de réglisse.
Bestiaux. — L'élève des bestiaux y donne, en année moyenne, un produit total de têtes de bétail : 85,015 de toutes races.
Localités remarquables. — Outre les ruines dePriène et de Milet précitées, le caza de Sevké possède au sud de son territoire celles du célèbre temple des Branchydes, dédié à Apollon Didyméen. Elles sont situées au nord du golfe de Men-
délia, sur le cap Iliéronda (lieu sacré); un village de ce nom, habité par des Grecs orthodoxes, s*élève autour des ruines dont rénorme amoncellement des blocs de marbre domine comme une montagne ses maisons et ses cultures. Ce temple fameux existait encore, comme on le sait, sous Julien l'Apostat, qui y consulta l'oracle en partant pour sa campagne contre les Perses, où il trouva la mort. On ignore la date de sa destruction, probablement causée par un tremblement de terre.
CAZ\ DE TCHINA
Orientation, limites. — Le caza de Tchina est situé au sud du sandjak d'Aïdin et à peu près au centre du vilayet. Il est limité au nord par le merkez-caza d'Aïdin; à Test par celui de Bozdoghan et le sandjak de Mentéché qui forme aussi sa limite au sud ; le caza de Sevké le borne à Touest.
Superficie. — Sa superficie totale est de 1,321 kilomètres carrés, comme suit :
Cultures 150 kilom. carrés.
Pâturages 50 —
Montagnes 1,026 —
Forêts 95 —
Total. . . 1,321 kilom. carrés.
Il n'a point de nahié, et contient 92 villages, directement administrés par un caïmakam. sous-gouverneur, résidant à Kir- Ova, chef-lieu du caza.
Division militaire. — Sous le rapport militaire, le caza de Tchina n'appartient pas au sandjak d'Aïdin; il fait partie du district de Milas, situé dans le sandjak de Mentéché.
Population. — Sa population totale est de 25,669 habitaols, comme suit :
Musulmans 24,975 hab.
Grecs orthodoxes 693 —
Arméniens i —
Total. . . 25,669 hab.
Chef-lieu. — Le chef-lieu du caza de Tchina est formé de la réunion de 4 bourgs situés à proximité les uns des autres, à la distance de 36 kilom. 500 m. au sud-est de la station d'Aïdin, à laquelle aboutit une roule carrossable de celle longueur totale parlant du principal de ces bourgs, Kir-Ova, qui donne son nom au chef-lieu et où réside officiellement le caïmakam. Les trois autres bourgs, réunis à celui-ci sous le même nom collectif, ont en même temps chacun son nom particulier; on les appelle : KarakoUar^ Karaman-Keuï etHamid-Abad. Karakollar (les corps de garde) est le quartier ou village grec ; il y existe 1 église et 1 école. Hamid-Abad, Karaman-Keuï et Kir-Ova sont exclusivement musulmans, et possèdent chacun sa mosquée. Kir-Ova a de plus un medressé.
Kir-Ova est situé dans la grande plaine de Tchina qui s'étend sur les deux rives de l'important affluent du Buyuk-Mendérés portant ce même nom de Tchina-tchai^ entre le groupe de la chaîne du Latmus nommé Madaran Dagh, qui s'élève à sa droite, et le groupe de cette môme chaîne terminé à Touest par le mont Lalmus proprement dit (Bech-parmak-Dagh) qui domine au loin tout le pays à sa gauche. Cette plaine est une des plus fertiles de la région du Méandre.
Population. — La population de ce chef-lieu, comprise dans le chiffre ci-dessus de celle du caza^ est, en totalité, dans les 4 bourgs réunis, de 11,000 habitants, comme suit :
Musulmans 10,306 hab.
Grecs orthodoxes 693 —
Arméniens 1 —
Total. . . 1 1 ,000 hab.
Ecoles. - Les écoles du chef-lieu du caza de Tchina sont au nombre de 6 dont 1 secondaire et 5 primaires, fréquentées par 235 élèves, tous garçons, comme suit :
COMMUNAUTÉS
ÉCOLES
ÉLÈVES
Musulmaiis : 1 école secondaire
— 4 — primaires
Grecs orthodoxes : 1 école primaire
Uyaà Kir-Ova(dans les 4 bourgs réunis) 1,830 maisons; 1 konak ou hôtel du gouvernement civil; 4 corps de garde; 3 mosquées; 1 medressé\ 6 mesdjids ou oratoires musulmans; 1 église grecque orthodoxe ; 3 bains publics ; 1 grande usine ou mouHn à vapeur où se concentrent toutes les céréales de la plaine pour y être converties en farine; 6 magasins ou dépôts de grains ; 4 bazars ; 200 boutiques ; 12 cafés ; 3 han ou hôtelleries et 10 fontaines publiques.
Production agricole. — Lesprincipalesproductionsagricoles du caza de Tchina sont les céréales qui, après avoir fourni à la consommation de la plaine et d'un certain nombre de locacités de la montagne, donnent lieu à d'importantes exportations de grains et de farines par le chemin de fer de Smyrne-Aïdin. En second lieu viennent les raisins et la vallonée.
Bestiaux. — L'élève des bestiaux dans ce caza, donne un produit moyen, chaque année, s'élevantà 90,180 tètes de bétail de toutes races.
CAZA DE BOZDOGHAN.
Orientation, limites. — Le caza de Bozdoghan est situé
au sud-est du sandjak d'Aïdin et vers le centre du vilayel. Il est limité au nord par le caza de Nazilli ; à Test par le sandjak de Denizli; au sud par celui de Menléché ; et à l'ouest par le caza de Tchina et le Merkez-caza d'Aïdin.
Superficie. — Sa superficie totale est de 1,315 kilomètres carrés, comme suit :
Cultures 250 kilom. carrés.
Pâturages 150 —
Montagnes 849 —
Forêts 66 —
Total. . . 1,315 kilom. carrés.
Division administrative. — Ce caza n'a qu'un nahié qui est Yéni-Bazar, et 53 villages. Il est administré par un caïmakam et un mudir.
militaire. — Sous le rapport militaire, il relève du district de Kara-sou, nahié du caza de Nazilli.
Population. —Sa population totale est de 29,509 habitants, comme suit :
Musulmans 28,998 hab.
Grecs orthodoxes 497 —
IsraéHtes 14 —
Total. . . 29,509 hab.
Chef-lieu. — Bozdoghan, chef-lieu du caza, résidence officielle du caïmakam et siège des services publics, est situé sur la rive gauche deVArpa-sou^ ancien fleuve HarpaSy à 3 kilomètres de cet affluent du Buyuk-Mendérès, à 28 kilomètres au sud de Nazilli, station du chemin de fer de Smyrne-Aïdin auquel le relie une route carrossable, et à 50 kilomètres environ en ligne droite au sud-est de la vallée d'Aïdin.
608 VILAYET DE SMYKNE
Population du ohef-lieu. — Sa population, comprise dans le chiffre ci-dessus de celle du caza, est de 8,000 habitants, comme suit :
Israélites. 14 —
Total. . . 8,000 hab.
Eooles. — 11 y a à Bozdoghun 3 écoles dont 1 secondaire et 2 primaires, fréquentées par 110 élèves tous garçons, comme suit :
COMMUNAUTÉS
ÉCOLES
ÉLÈVES
Musuluiaus : 1 école secondaire
— 1 — Drimaire ...
Grecs orthodoxes : 1 école Drimaire
Total. . .
On compte dans cette ville, outre le konak ou hôtel du Gouvernement, 2 mosquées; 4 mesdjids ou oratoires musulmans; 1 médressé; 1 petite chapelle grecque orthodoxe; 1 bazar et 80 boutiques ; 5 moulins et 1 magasin ou dépôt; 3 cafés; 4 fontaines publiques, 1 bain turc, etc. Le konak est assez bien aménagé; les diverses services du caza y sont installés à Taise. Les maisons^ au nombre de 1 ,600, pour la plupart en bois et pierre, sont étagées sur les flancs d'une colline à pentes raides; les rues sont en conséquence fortement inclinées et presque toutes étroites. L'eau y coule en abondance et décèle la proximité des montagnes boisées dont la région commence en effet à peu de distance de la ville. Celle-ci est peu animée, car les villages voisins n'y apportent quelques produits que le jour du marché. C'est sur Nazilli, station du chemin de fer d'Âïdin la plus proche, que sont dirigées toutes les récoltes de la contrée.
Production agricole. La production agricole de la vallée de VArpa-sou esl principalement abondante en céréales, comme celle de la vallée de Tchina ; mais la culture de la vigne y est remplacée par celle du figuier, ef la récolte de vallonée y est moins considérable.
Bestiaux. — L élève du bétail, dans ce caza, donne en moyenne un produit annuel de 73,999 têtes de bétail de toutes races.
Localités remarquables. — Yéni-Bazary chef-lieu de Tunique nahié du caza de Bozdoghan, passe pour être l'ancienne Antioche du Méandre où campa Tarmée romaine commandée par le consul Manlius, dans sa marche contre les Galates ou Gallo-Grecs, anciens habitants du vilayet actuel d'Angora. Ce bourg a été bâti avec les débris de la ville antique dont on peut visiter les ruines, très voisines. Il est situé sur la rive gauche de VArpa-sou, à 10 kilomètres au sud-ouest de Nazilli.
L'antique ville carienne d'Harpas, où se reposa également Tarmée de Manlius, existe encore à Télat de ruines nommées Arpa-Kalessi (Forteresse de l'orge) sur une montagne voisine de Bozdoghan, au bord de VArpa-sou, il s'y trouve des eaux thermales à peu près semblables à celles des ruines de Tralles à Aïdin, décrites par Tchihatchef.
Beaucoup d'autres ruines de villes antiques des Gariens, des Ioniens, des Pergamiens, etc, se rencontrent le long des rives de VArpa-sou tant dans ce caza que dans le sandjak de Dénizli, où cette même rivière porte le nom d'Ak-tchaï (rivière blanche).
CAZA DE NAZILLI
Orientation, limites. — Le caza de Nazilli est situé au nord-est du sandjak d'Aïdin, dans la région centrale du vilayet et vers Test de cette région. Il est limité au nord par le merkez-
in 39
sandjak de Smyrne el le saodjak de Saroukhan ; à Tesl par celui de Dénizli ; au sud par le caza de Bozdoghau, el à Touesl par le merkez-caza d'Aïdin.
Superficie. — Sa superficie lolale eslde 2,040 kilomètres carrés, comme suit :
Cultures 800 kilom. carrés.
Pâturages 200 —
Montagnes 835 —
Forêts 205 —
Total. . . 2,040 kilom. carrés.
Division administrative. — 11 est divisé en 4 nahiés qui sont : Kouyoudjak, Âktché, Sullan-Hissar et Kara*sou. On y compte 93 villages. L'autorité administrative y est exercée par un caïmakam, sous-gouverneur du caza, et 4 mudirs, directeurs des nahiés.
Division militaire. — Le caza de Nazilli, moins son nahié de Kara-sou et plus le caza de Bouladan appartenant au sandjak de Dénizli, forme le troisième district de la circonscription militaire d'Aïdin.
Population. — La population totale du caza de Nazilli est de 62,616 habitants, comme suit :
Musulmans 60,360 hab.
Israélites 120 —
Total. . . 62,616 hab.
Chef-lieu. — Nazilu, chef-lieu du caza, résidence officielle du caïmakam, de l'autorité militaire du troisième district de la
circonscription d'Aïdin, et siège des services publics du caza, estsiluée, en ligne directe, à 40 kilomètres estd'Aïdin, cbef-lieu du sandjak, et à 115 kilomètres sud-est de Smyrne, chef-lieu du vilayet. Son altitude est à 85 mètres. C'est une des principales stations du chemin de fer de Smyrne-Aïdinet, après cette dernière, la plus importante du sandjak.
Population. — Sa population, comprise dans le chiffre ci-dessus de celle du caza, est de 21,679 habitants, comme suit :
Musulmans 19,585 hab.
Grecs orthodoxes 1.700 —
Arméniens grégoriens . . . 274 —
Israélites 120 —
Total. . . 21,679 hab.
La ville de Nazilli est divisée par la ligne du chemin de fer en deux grands quartiers que sépare un espace vide de 1 kilomètre environ. La ville basse, nommée Achaâ-Nazilli (bas Nazilli) ou Buyuk-Nazilli (grand Nazilli) est la plus ancienne ; les musulmans seuls y habitent, et c'est laque se trouve le konaky vieille bâtisse en très mauvais état. La ville haute, appelée Nazilli bazar (le bazar de Nazilli) a été bâtie plus tard et contient beaucoup de constructions récentes, de belle apparence. Ses rues sont bien alignées et éclairées au pétrole.
Nazilli est une ville essentiellement agricole et commerçante. Elle est remplie de grands jardins et de vergers, arrosés par une multitude de petits cours d'eau venant, des montagnes voisines, se précipiter dans un affluent peu important du Méandre^ la petite rivière Nazli-sou, ancien Chrysorrkoas^ dont les eaux débordent lors des fortes pluies dans le quartier de l'ouest de la ville. Gomme toute la contrée environnante, l'aspect de Nazilli est des plus riants et des plus pittoresques.
Ecoles. — Les écoles de Nazilli sont au nombre de 15 dont
4 secondaires et 11 primaires, fréquentées par 492 élèves dont 402 garçons et 90 filles, comme suit :
COMMUNAUTÉS
ÉCOLRS
Musulmaus : i école secondaire
— 6 — primaires
Grecs orthodoxes : 2 écoles secondaires (garçons; .
— 1 — primaire — . .
— 1 — — (6Ues)
Arméniens grégoriens : 1 école primaire (filles) . .
— 1 — — (garçons)
Israélites : 1 école secondaire (garçons )
— 1 — primaire —
Total. . .
ELEVES
11 se tient chaque jeudi à Nazilli un marché très fréquenté et dont l'animation n'est dépassée que par celle du marché d'Aldin. Tous les habitants des villages de la vallée du Méandre, dans un rayon de 25 à 30 kilomètres, ceux delà montagne et du caza de Bozdoghan s'y donnent rendez-vous. Dans la saison des affaires, plusieurs maisons de commerce des plus importantes de Smyrne envoient à Nazilli leurs représentants passer quelques mois.
Outre le konakow hôtel du gouvernement civil où sont installés tous les services administratifs et les postes militaires, on compte dans cette ville 4,340 maisons; 4 grandes mosquées à minarets; 10 mesdjids ou oratoires musulmans; 1 medressé ou école de droit et théologie islamiques ; 1 église grecque orthodoxe; 1 église arménienne grégorienne; 1 synagogue; 3 bains publics; 12 fontaines publiques; 2 grandes usines dont une pour la réglisse et l'autre pour céréales, coton et huile; 5 huileries, 6 hans ou hôtelleries; 12 grands magasins ou dépôts pour les grains, le coton et les olives; 1 bazar et 250 boutiques ; 20 cafés^ etc.
Production agricole. — Les plantations de Gguiers, d'oliviers^ de cotonniers ; les champs de céréales, de maïs^ de
sésame, sonl nombreux dans ce caza. Les pentes des montagnes et la plaine entière en sont couvertes. Les récolles sont si abondantes, que la contrée est connue sous le nom de indjir-bazar ou marché aux figues; c'est, en effet, le caza de Nazilli qui en fournit Smyrne d'énormes quantités chaque année, et des meilleures qualités. Quant aux olives, il suffira de dire ici que la dtme de ces fruits dans le caza de Nazilli, mise en adjudication au mois de septembre 1892, était soumissionnée à 307,184 piastres : offre quia été jugée trop faible.
Bétail. — La production annuelle de l'élevage des bestiaux
dans ce caza est en moyenne de 0,625 têtes de bétail de toutes races.
Localités remarquables. — Sultan-Hissar (le château du Sultan), chef-lieu du nahié de même nom, est un village situé à 15 kilomètres ouest de Nazilli et à 3 kilomètres au nord du chemin de fer, sur un petit affluent du Méandre. On y voit des ruines antiques considérables, visitées et décrites par Ghandler et qui sont, dit-il, celles de Nysa, villes dont Strabon (XIV, 650) attribue la fondation à trois frères lacédémoniens nommés Athymbros, Athymbrados et Hydrilos.
Mastavro. — Mastavro, village situé à 4 kilomètres au nord et en amont de Nazilli et à pareille distance du chemin de fer, sur le Nazli-sou^ est Tantique Mastaura, citée également par Strabon. SousTempire byzantin elle existait encore; c'était alors une ville épiscopale. Ses ruines, fort intéressantes, ont été visitées et décrites par Pococke et Hamilton.
Yènidjé. — Yénidjé, village situé entre Nazilli et Kara-sou-, à 23 kilomètres au sud-est de la première de ces deux villes et à 10 kilomètres au nord-ouest de la seconde, est à 10 minutes de distance des ruines de Tripoli, fort souvent visitées et décrites par de nombreux voyageurs et des savants de tous les pays.
SANDJAK DE DÉNIZLI
Orientation, limites. — Le sandjak de Dénizli est situé k Test du vilayet d'Aïdin, entre le 26*7' et le 27M 5' de longitude et les37M0'et38*2o delatitude.il estlimité au nord, par le sandjak de Saroukhan ; à Test, parles vilayets de Brousse et de Koniah ; au sud, par le sandjak de Mentéché, et à Touest, par ce même sandjak et celui d'Aïdin.
Superficie. — Sa superficie totale est de 7,816 kilom. carrés comme suit :
Cultures
Pâturages
Montagnes .
Forêts
Total. . .
1,927 kilom. carré?.
7,816 kilom. carrés.
Division administrative. — Il est divisé administralivement en 6 cazas et 1 nahié; on y compte en totalité 385 villages, comme suit :
CÂZAS
iNAHIÉS
KOMBr.B DB VII.I.AOBS PAR CAZA
Déoizli (Merkez-caza
Houas ,
Cadi-keuï
Saraï-keuï
Tchal (chef-lieu Démirdj)
Davas (chef-lieu Yéren-dhéumè) ....
Baklau (Dèdè-Keui. . .
BouladaD
Rara-Âghadj (chef-lieu Adji-Badem) .
Aberlé
6 cazas
4 nabiés
Autorités civiles. — L'autorité administrative est exercée par un mutessarif, gouverneur du sandjak et du merkezcaza; 5 caïmakams, gouverneurs des autres cazas, et les 4 mu« dirs directeurs des nahiés.
militaire. — A Texception des cazas de Saraï- Keuï et de Bouladan, qui sont compris dans les 3* et 4*" districts de la circonscription militaire du sandjak d'Aïdin, le sandjak de Dénizli appartient à la circonscription militaire de Milas, et forme les 3* et 4* districts de cette circonscription, comme suit :
Circonscription militaire (réserve de l'armée active) de Miias.
3* District: (Yéren-Ghéumé) formé de Yaren-Ghéumé, Davas, et Kalé-Davas.
i^ District : (Dénizli) formée de Dénizli, Honas, Kara-Aghadj et Aberlé.
Le général de brigade qui commande ces troupes réside à Milas, chef-lieu du caza de même nom, appartenant au sandjak de Mentéché.
En résumé, deux cazas du sandjak de Dénizli sont compris dans les 3' et 4"" districts de la circonscription militaire d'Aïdin, et les 4 autres cazas de ce môme sandjak forment les 3* et 4* districts de la circonscription militaire de Milas.
Tribunaux. — Il y a à Dénizli des tribunaux civil, criminel et correctionnel du bidaïèt ou droit moderne ; un Tribunal du chéri ou droit islamique et un Tribunal de commerce. Dans chaque chef-lieu de caza réside un naib qui, suivant les cas, applique la loi du bidaïèt ou celle du chéri, et cette dernière loi a, pour interprèle, dans chaque village musulman^ un cadi^ un imàm ou un mollah.
Gendarmerie, police. — Le service de l'ordre public est fait, dans le sandjak de Dénizli, par un corps de gendarmerie composé de 45 gendarmes à cheval, dont 1 officier, 12 sous-officiers et 32 soldats, et de 153 gendarmes à pied dont 2 officiers,
VILWET DE SMYRNE
23 sous-orficiers et 128 soldais, soit en totalité 198 gendarmes tant à pied qu'à cheval. 11 y a, au chef-lieu, 1 commissaire de police de 2* classe et 7 agents de police.
Dette publique ottomane. — L'administration des revenus concédés à la Dette publique oltomane a 3 sous-agences dans ce sandjak, h Dénizli, à Saraï-keuï et à Bouladan.
Régie des tabacs. — La Régie cointéressée des tabacs a^ dans ce même sandjak, 1 agence principale à Dénizli et 5 agences secondaires à Tchal, Bouladan, Davas, Saraï-keuï et Adji-Badem.
Le produit total des ventes effectuées du V mars 1890 au 28 février 1891, dans ces 6 agences, a été de 2,603,243 piastres, soit environ 598,745 francs.
Postes et télégraphes. — L'administration des postes et télégraphes a une agence dans chaque cheMieu de caza du sandjak de Dénizli. Les stations télégraphiques de ces 6 agences sont toutes de service intérieur, c'est-à-dire que la langue turque y est seule employée.
Population du sandjak. — La population totale du sandjak de Dénizii est de 213,987 habitants, comme suit :
GAZAS
MUSULMANS