‹ La Turquie d'Asie; géographie administrative, statistique, descriptive et raisonnée de chaque province de l'Asie-Mineure; (volume 2)Chapitre 39 sur 178 · CAZA DE KOUT-EL-AMARA · texte numérisé non relu

CAZA DE KOUT-EL-AMARA

Orientation, limites. — Le caza de Kout-el-Amara est situé au sud-est du merkez-sandjak de Bagdad. Il est limité au nord par la Perse; h Test par le vilayet de Bassorah; au sud, par le sandjak de Hillè, et au nord-ouest par les cazas de Djézirè, d'Azizïè et de Mendéli.

Superficie. — Sa superficie est d'environ 7,500 kilomètres carrés.

Division administrative. — Il est divisé administratif vemeut en 4 nahiés ; Ghuoréïbè, Bëdra, Djesân et Zorbatiyè.

Population. — La population du caza de Kout-el-Amara est de 30,000 habitants, comme suit :

Musulmans sunnites. . . . 24,885 hab. — chyiles .... 5,015 —

Total : 30,000 hab.

Cette population se compose en grande partie de tribus arabes. La principale est la tribu de Rabida^ branche des Béni-Lam.

Chef-lieu. — Le bourg de Kout-el-Amara, résidence officielle du caïmakam et siège des départements administratifs, est situé sur la rive gauche du Tigre, à 157 kilomètres au sudest de Bagdad, en ligne directe. Son nom lui vient de ce que le prince de la tribu de Rabiâa (Amra Rabiâa) y résidait autrefois; ce nom signifie « Kout-le-Prince » (Amra ou Emir) ; comme on dit en France : « Choisy-le-Roi, Vaux-le- Vicomte », etc.

Population. — Il y a trente ansà peine, Kout-el-Amara, en pleine déchéance, n'était plus qu'un dépôt de vivres et de charbon pour le bateau à vapeur anglais la Comète qui seul faisait alors, de temps en temps, quelque voyage de Bagdad à Bassorah. C'est aujourd'hui une station fluviale assez importante. Le caza, presque désert, s'est repeuplé, et son chef-lieu, redevenu un gros bourg ou plutôt une petite ville, compte actuellement 4,115 habitants, comme suit :

Musulmans sunnites. . . . 115 hab.

— chyites .... 3,900 —

Israélites 100 —

Total... 4,115 hab.

Ecoles. — Il y a à Kout-el-Amara une école ruchdiè fréquentée par 30 élèves garçons, pour la plupart appartenant aux familles des fonctionnaires et autres musulmans sunnites venus comme eux de Bagdad. La population locale, exclusivement chyite, n'a pas d'école, non plus que les quelques israélites qui s'y trouvent mêlés. Ces derniers, occupés en général de petites spéculations et opérations diverses ayant rapport au commerce, ou bien exerçant de petits métiers, viennent aussi de Bagdad. Us ont dans le bourg une synagogue.

Edifices publics. — Outre le konak du gouvernement, il n'y a pas d'autres édifices publics à Kout-el-Amara qu'une grande mosquée appartenant aux chyites, et une autre plus petite à l'usage des musulmans sunnites appelés par leurs fonctions ou leurs affaires à résider dans ce bourg. On y compte 10 grands magasins ou dépôts, 50 boutiques, 5 cafés, 2 hans ou hôtelleries, 2 bains publics^ 800 maisons, et une station télégraphique.

Agriculture. — Les terrains cultivés par les propriétaires locaux ne s'élèvent dans ce caza qu'à environ 1 ,000 feddariy soit 27,570 hectares; mais l'administration de la Liste Civile a

acheté depuis peu le canal de Didjlè et mis en valeur les terres qui en dépendent, soit environ 5,000 feddan ou 137,850 hectares.

On peut donc évaluer la production totale, en blé et orge, du caza de Kout-el-Amara à 60,000 tagar, comme suit :

Blé. . 18,000 tagar, soit 27,702,000 kilog. Orge . 42,000 — soit 64,638,000 —

Total 60,000 tagar, soit 92,340,000 kilog.

Les cultures des nahiés de Bèdra, Djesân et Zorbatiyè sont arrosées par une rivière nommée el-Kallal^ c'est-à-dire en patois local « la Rivière ». Ce cours d'eau vient de la Perse, circonstance qui donne lieu à des exactions du genre de celles citées dans le chapitre spécial du caza de Mendèli. De plus, certains terrains nommés el-Sefi et Arazi Seid-Hasân, sont l'objet d'un litige entre le gouvernement local et celui du Louristan, province persane. Bien souvent, de pauvres fellahs, après avoir labouré et ensemencé des champs situés sur ces terrains, ont vu leurs cultures détruites, soit par l'un, soit par l'autre des deux gouvernements, faute d'un permis de sa part. En ce moment, il est admis provisoirement que les permis délivrés par chéïk Hussèïn-Kouli-Khan, gouverneur du Louristan, sont valables pour les autorités locales.

Récoltes chez les arabes. — Le mode de récolte employé chez les tribus arabes mérite d'être signalé. Logées sous la tente, ces tribus n'ont ni granges, ni greniers. Elles entassent leurs récoltes en plein air, sur un vaste terrain communal. Là, chacun a sa place marquée pour étager ses gerbes, et son carré de terre foulée pour battre et vanner le blé. Ces deux opérations se font sur l'aire. Trois ou quatre chevaux, conduits par un jeune garçon, trottent en tous sens sur les épis jusqu'à ce que ces derniers soient broyés. On relève alors la paille en tas et l'on en fait sortir le grain en la prenant avec une pelle ou fourche en bois et en la jetant en l'air. La paille s'éparpille, et

le grain, plus lourd, retombe sur Taire; on le recueille ensuite pour l'enfermer dans des silos où il se conserve. Il est facile de comprendre combien un pareil procédé fait perdre de grain au fellah. Les machines à rouages nommées djerdjer qu'on emploie dans les villes de Tlrak-Arabi pour séparer les grains de la paille sont tout à fait inconnues chez les habitants des cazas nouvellement formés, tels qu'Azizïè, Djézirè et Kout-el- Amara.

Elève du bétail. — Le produit annuel de l'élève du bétail dans le caza de Kout-el-Amara est évalué en moyenne comme suit:

ESPÈCES

TÉTFS DB BÉTAIL

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