Chapitre premier. — Départ de l'imam Hussein pour Médine
Chapitre 2. — Entrée de l'imam à La Mecque. Sa rencontre avec les habitants de cette ville.
Chapitre 3. — Son départ pour l'Irak-Arabie. Sa rencontre et sa conversation avec les Arabes.
Chapitre 4. — L'envoi du messager Muslem ebn Aghel aux habitants de Ko ufa, pour les inviter à le reconnaître comme khalife légitime.
Chapitre 5. — Réunion de 30,000 habitants de Koufa qui proclament la légitimité de son khalifat.
Chapitre 6. — AbduUah ebn Zïad, gouverneur de Koufa, informé de cette proclamation , déclare la guerre à l'imam Hus* sèïn.
Chapitre 7. — Détail de celle guerre. Victoire remportée sur Abdullah ebn Zïad par Timam.
Chapitre 8. — Arrivée de Timam à Kerbela. Sa rencontre avec le commandant Hazev. Concentration des troupes ennemies.
Chapitre 9. — L'armée ennemie se grossit et atteint le nombre de 30,000 hommes^ sous le commandement de Omar ebn Saad. Les partisans de l'imam l'abandonnent. Il ne lui reste que ses fils, ses frères, oncles et cousins, en tout 22 combattants. Il lui arrive de Koufa un renfort de 50 hommes. Avec celte petite troupe de 72 hommes^ il se décide à combattre ses 30,000 ennemis.
Chapitre 10. — El-Abbas, frère de l'imam , porte son drapeau. Le combat commence dès le matin, s'échauffe et dure jusqu'au soir. Accablé de fatigues, CDuverl de blessures, ayant perdu tous les siens, l'imam Hussein, resté seul, tombe de cheval. Sur l'ordre de Omar ebn Saad , un Arabe, nommé Chamar ben Zougtchen, lui tranche la tête. On tranche également celles de tous ses partisans, on les réunit ; puis, après avoir fait subir mille injures à Zeïneb et aux autres femmes . on les fait monter avec les enfants sur des chameaux sans selle et on les amène au gouverneur de Koufa, Abdullah ebn Zïad. Les enfants de l'iman Hussein meurent; il n'en reste qu'un tout petit, bien malade. Le gouverneur maltraite de nouveau la famille de Timam et l'envoie, dans un état pitoyable, au khalife Yézid, à Damas. Celui-ci exprime un grand regret du meurtre de l'imam, parce qu'il est expressément défendu, chez les Arabes, de tuer un cavalier tombé de cheval. Il organise une caravane et renvoie tous les captifs à Médine, leur patrie.
Durant la lecture de ces chapitres, faite à la mosquée par un
mollah^ tous les assislanls, plongés dans une grande tristesse, méditent profondément les diverses phases du récit. Quand le lecteur arrive à un point saillant, il excite ses auditeurs par un long soupir, auquel la foule répond par des gémissements, des lamentations, des cris, en vociférant les plus cruelles injures contre les ennemis de Timam Hussein. Le calme rétabli, le mollah reprend sa lecture, bientôt interrompue de la même façon, puis reprise et de nouveau interrompue par des cris de plus en plus aigus, des larmes plus abondantes et des injures plus atroces jusqu'à ce que le chapitre soit terminé. Alors toute la tristesse, la colère et l'indignation cessent tout à coup. Des causeries s'établissent, des rafraîchissements sont distribuées, suivis de narghilé^ et l'on sert ensuite des pipes et du café pour mettre fin à la réunion.
On donne à ces lectures, qui ont lieu de même et avec des circonstances toutes semblables dans les maisons particulières à l'occasion des naissances, des circoncisions, des mariages, des morts, etc., etc., le nom de taazïè qui signifie « consolation ». Certaines personnes ont même, à jour fixe, chaque mois, des réceptions publiques chez elles où des mollah font de pareilles lectures et où tout se passe de la même façon.
Quoique les femmes soient exclues de la compagnie des hommes, elles n'en font pas moins les mêmes cérémonies. Tandis que les hommes s'installent majestueusement dans les plus belles pièces, les femmes se groupent à l'écart, où et comme elles peuvent, autour d'une mollahïè (femme de mollah), et là, entassées les unes sur les autres, se heurlant, se bousculant, elles écoutent aussi le récit des tristes aventures de l'imam Hussein. La porte du lieu où elles sont rassemblées est ouverte à toute femme: chyites, sunnites, jeunes, vieilles, riches, pauvres y sont pêle-mêle. Des pleureuses, qui ont de belles voix, chantent de temps en temps des poésies composées en Thonneur du martyr Hussein et de Zeïneb, la belle outragée. Aux endroits les plus touchants, ces chanteuses poussent des cris aigus : Wai/ Hussein! Way Hussein! en pleurant et se frappant à grands coups les joues et la poitrine. Toute l'assemblée les imite, et
Ton n'enlend alors que le bruit des coups, des sanglots, des cris de Way Hussein! poussés par ces femmes échevelées, les joues rouges de soufflets et inondées de ruisseaux de larmes.
Comme chez les hommes, à Tinstanl même où la lecture finit, toute trace de douleur disparaît comme par enchantement, et la plus vive gaieté s'épanouit sur tous les visages. Des causeries de ménage, de mode, et d'autres conversations plus libres, d*où la pudeur est bannie, provoquent de grands éclats de rire, que Ton entend de bien loin. Comme les réunions des hommes, celles des femmes sont également closes par des rafraîchissements, des narghilé, des pipes et du café.
Durant les neuf premières nuits du mois de moharrem, à la suite de ces lectures, des bandes de gens appartenant à toutes les classes de la société parcourent les quartiers chyites avec des torches allumées, en pleurant, hurlant et se frappant la poitrine.
Vers la fin de la nuit du 9 moharrem, on commence la lecture du X"" chapitre, qui est très long; au point du jour, le 10, a lieu la représentation du combat de Kerbela et du meurtre de l'imam, et enfin une grande procession dont une partie figure le voyage de Koufa à Damas, et l'autre celui de Damas à Médine, termine ce drame sanglant, comme suit :
Des porte-drapeaux vêtus de noir, tenant élevées des banières d'où pendent de riches habits de femme, des yazma (mouchoirs peints de vives couleurs, qui servent de voiles), des rubans de teintes éclatantes, ouvrent la marche. Cette exhibition a pour but de rappeler que Zeïneb, outragée, déchira ses vêtements suivant la coutume arabe, et les dispersa loin d'elle.
Après le porte-drapeau marche une foule de gens de basse classe, tête et pieds nus qui, se battant à deux mains la poitrine, répondent en chœur au chant de l'un d'eux en solo. Presque à chaque pas ils s'arrêtent, hurlent, poussant le cri de Way Hussein! et reprennent leur élan pour rattraper les bannières.
A cette foule succèdent de beaux chevaux harnachés de noir, l'encolure enveloppée de châles noirs et conduits en main à la file par de robustes cavaliers somptueusement vêtus et arméâ
jusqu'aux dents, représentant les vainqueurs qui emmenèrent les chevaux des vaincus.
Derrière eux viennent, à cheval, toute une populalionde classes mêlées, des jeunes gens de quinze ans richement habillés, chantant tour à tour, d'une voix claire, d'harmonieux vers persans à la louange de l'imam. Chaque fois que le chanteur prononce avec un doux accent le nom chéri de Hussein, la foule qui marche entre les deux files de cavaliers, gémit, se lamente et se bat la poitrine à deux mains. Parmi les plus dévots, un grand nombre, ne trouvant pas leur douleur suffisamment exprimée par des soufilets et des coups de poing sur la poitrine et le visage, prennent des rasoirs, des kama^ des poignards, se font au front de larges entailles d'où le sang jaillit el coule surdeshnceuls attachés autour de leur cou, et se déchirent le corps de mille blessures pendant tout le temps que dure la procession. Plusieurs, bien des fois avant la fin delà cérémonie, tombent épuisés, s'estimant heureux de mourir victimes de leur zèle, martyrs volontaires, le jour anniversaire de la mort de leur grand martyr Hussein.
L'aristocratie chyite^ en grand deuil, suit à pied cette foule. Elle entoure le mahmel sacré, sorte de palanquin où sont placés, en mémoire de Zéïneb et des jeunes fils de Timam, des femmes et des enfants dont la posture exprime la plus profonde désolation.
Va mahmel, magnifiquement orné, tout éclatant de dorures et drapé des châles noirs les plus précieux, est porté sur les épaules des notables, qui se disputent à tour de rôle l'honneur de cette fonction. C'est là qu'est le point culminant de la fêle. De l'encens et des aromates de grand prix sont brûlés à profusion, dans des vases d'argent, devant le mahmel, qui s'avance doucement au milieu d'épais nuages des parfums les plus délicieux. Les riches chyiles qui forment son cortège font pleuvoir incessamment sur lui, en fine rosée, de Teau saturée d'essence de roses et de fleurs d'oranger, en secouant continuellement des gul-abdan, sorte de vases percés de trous pour ce! te destination spéciale. La procession est fermée par une
grande multitude de femmes qui ne cessent point de pousser les cris aigus de : Hallakcll Hallakel!
De retour à la mosquée d'où elle est partie, la procession s'arrête. On fait rentrer le ma^me/, que toute la poputalioQ vient embrasser et baiser avec dévotion ; puis, aussitôt après, on distribue le hérissé, qu'on a pris soin de tenir prêt dans d'énormes marmites. La foule dévore avec avidité ce mets favori des Persans, composé de viande bouillie , hachée menu et mêlée à du blé également bouilli, sur lequel on verse du beurre fondu. Ce festin public est le symbole de la rentrée de la famille de l'imam |]u:iâëïn àMédine.
Les sunnites critiquent beaucoup le hérissé des chyiles, et leur disent : n Ce n'est pas pour l'imam Hussèïti que vous pleurez, c'est pour manger le hérissé! »
Ecoles. — Gomme dans le sandjak de Hillé, celui de Kerbêla n'a d'écoles que dans les chefs-lieux de cazas ou de nahiés. Elles sont au nombre de 58 en totalité, et 1 ,700 élèves y reçoivent de 73 professeurs une instruction h divers degrés, comme suit :
MUSULMANS
ISRAELITES II
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w.-j»ej
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MAin
CAZAS ET NAniËS
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1" KtFnEUA (iiierliiz-
Vllle de Keibcltt. . .
ii>
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2". HiBOIY*
Ville de TouriJi . . .
— do Hindijé . , ,
— de KéBl. . . ,
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Ville de Nemef. . . .
— de Koafa ....
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TOTjlt, OinÉKH}.
5S écohf. — 1.7(IU éikves. - 15 profesieurf.
Médréssé. — Les médressé, écoles de droit civil et religieux et de théologie, appartiennent sans exception, dans le sandjak de Kerbèla^ à la communaulé chyite, prépondérante dans le vilayet de Bagdad tout entier, où elle ne compte pas moins de 34 de ces écoles, fréquentées par 670 élèves internes et 1 ,040 externes. Chacune des quatre villes saintes du vilayet de Bagdad : Kerbela ou Mechehed Hussein ; Nedjefoxx Mechehed- Ali; Hazmiè et Samara, où résident des muchtehedy possèdent un médressé principal, sous la direction immédiate de Tun de ces chefs du pouvoir spirituel, et plusieurs autres dirigés par des mollah relevant de ce muchtehedy comme suit :
VILLES
Medjed (Muchteiied- Ali
Kerbela (Muchlehed- Hussein
Kazmiyèfprès Bagdad iSamara
MUCHTËHEDS (Directeurs)
Chéik Mohamed Hassan ei-Kazemi
Zin-el-Abeddia
Chéïk Mohamed Hassau .
Mina Hassan