PAR CAZAS
TOTAUX
PAR SANDJAKS
kilomètres carrés kilomètres carrés
Total général
Toutes ces terres sont arables et pour la plupart extrêmement riches en humus, quoique la plus grande partie restent sans culture, la production naturelle et la production obtenue par l'agriculture, comparées, sont à peu près la seule ressource àlaquelle On puisse recourir pour estimer la proportion des terrains cul- Wvés. On en trouvera plus loin un aperçu.
Division militaire. — Le quartier général du VP corps
^*^rmée est à Bagdad, résidence officielle du muchir (maréchal)
commandant en chef de cette force militaire, évaluée à 24,000
Sommes, répartis dans les diverses places des vilayets de ^os-
^Oul, de Bagdad et de Bassorah.
Autorités civiles.
ieuses, etc. — L'administra-
6 VILAYET DK BAGDAD
lion du vilayel de Bagdad a été souvent confiée â un gouverneur général qui réunissait entre ses mains les autorités civile et militaire. Ce système, qui semble avoir été abandonné, présentait, parmi d'autres avantages, celui de ne pouvoir donner lieu h aucun conflit de juridiction, et de supprimer ainsi les lenteurs qui en résultent ; mais il avait aussi des inconvénients qui font préférer aujourd'hui la séparation des pouvoirs. En conséquence, Tautorilé civile est exercée dans cette province par un vali (gouverneur général du vilayet) 2 mutessarifs (gouverneurs des sandjaks) dont un de première classe elunde seconde classe (Bagdad n'ayant pas de mutessarif est sous l'administration directe du vali) ; 15 cdimakams (sous-gouverneurs des cazas) et 48 mndirs^ directeurs des nahiés. Tous ces fonclionnaires sont respectivement assistés de conseils administratifs de semblable composition. Il suffira donc de décrire celle du grand Conseil du vilayet (medjliss-el-kébir).
Les membres de ce conseil, sous la présidence du vali^ appartiennent à deux catégories bien distinctes. La première se compose invariablement des fonctionnaires suivants, auxquels on n'en peut substituer d'autres n'exerçant pas la môme fonction ; c'est pourquoi on leur donne la qualification de (/«>m/ (perpétuels, qui ne peuvent être remplacés) : 1» le nàib ou cadi^ autrement appelé hakem-el-chàrdy el chérif (juge religieux). Sa place est à côté du président, et il appose immédiatement après lui son cachet sur les actes émanant du Conseil ; 2** le defterdar (directeur général des finances et de la comptabilité) ; 3° le tmifti (interprète du dogme islamique) ; 4" le nakib (titre des descendants du chéïk Aldul-Kader el-Ghélani ; 5° le directeur des fondations pieuses ; 6" le directeur du tapou ou defter khâhani (administrateur de la vente des biens de l'État el de certaines propriétés particuUères) ; 7°le w^X:/ow^d)ï (secrétaire général) ; 8^1e médjlissbnch-kiatib^ ou secrétaire du Conseil.
La seconde catégorie compren d les membres élus par la population locale et qui sont pris de façon à ce que les communautés non musulmanes soient représentées ensemble par un nombre de notables égal àcelui des notables élus par la communauté
musulmane sunnite. La communauté des musulmans chyites n'a jamais été, à Bagdad, représentée au sein du Conseil.
Pour les musulmans, les auloriléé religieuses sont les muftis, les cadis et les imams ou mollahs.
Quant aux communautés non musulmanes, les Arméniens catholiques ont un curé relevant de leur patriarche qui réside à Constanlinople: les Ghaldéens catholiques ont un patriarche h Bagdad, où siège également un archevêque syrien catholique et où les Grecs unis ont un curé. Les Arméniens grégoriens ont dans la même ville unévêque. Les catholiques latins ont à Bagdad un siège épiscopal. La mission de Perse et de Mésopotamie des RR. PP. Carmes a aussi le siège effectif de sa préfecture apostolique' au chef-lieu du vilayet.
Les israélites, assez nombreux dans la province^ ont un kakham à Bagdad et des rabbins dans les autres villes principales.
Services administratifs. — Les principaux services admidistratifs relevant de Tautorité civile sont centralisés à Bagdad, siège des directions générales des finances, des fondations pieuses (el-vakf) des domaines impériaux^ de Tinstruclion publique ; de Tagriculture, du commerce et travaux publics ; des douanes, des postes et télégraphes, de la navigation fluviale, ainsi que des tribunaux et des administrations de la Dette publique et de la Régie des tabacs et du tombac.
Tribunaux. — Il y a k Bagdad, où résident le procureur général et le commandant de la gendarmerie, un màdjHss-hé' dayet (tribunal de première instance), un mehkèmet-el-djèza (tribunal qui juge les délits et les crimes), un tribunal de commerce et un médjliss-el-isténaf [o^onv d'appel) d'où ressortissent les trois cours précitées. Cette cour d'appel est présidée par le cadi ; les trois autres ont pour présidents des fonctionnaires envoyés de Constantinople par le ministère de la Justice. Les autres membres de ces quatre cours sont choisis par la population parmi les notables de chaque communauté, en nombre égal.
Douanes. — L'administration générale des douanes a inslîlué à Bagdad une direction générale d'où ressortisseni cinq agences, dont quatre dans le vilayetde Bassorah et la cinquième sur la lisière de cette province, au chef-lieu du caza de Kout-el- Amara.
On évalue en moyenne les recettes annuelles de celle administration à 130,000 livres turques, et ses dépenses à 17,000 livres turques.
Ces recettes proviennent de la perception des droits ordinaires d'importation et d'exportation dits amèdièh et rafiièh sur les marchandisjs; du droit sur le iumbékï venant de Perse, et du raftièh de 8 0/0 sur les produits locaux expédiés par voie fluviale, soit dans les autres provinces de l'empire, soit dans le vilayet même, la voie terrestre étant seule exempte de droits.
Dette publique ottomane. — L'administration de la Dette publique ottomane possède à Bagdad un nazaret dont relèvent 5 mudiriets : Khorassan et Hillé, dépendances du vilayet de Bagdad; Chehrizoret Mossoul, dans le vilayet de Mossoul, et Bassorah dans la province de même nom.
Les recettes brutes de ce nazaret se sont élevées en 1307 (du 1/13 mars 1891 au 28 février 1892) à la somme totale de 2,492,817 piastres, comme suit :
Sel 1,130,342 piastres.
Timbre 1,027,187 —
Spiritueux 272,442 —
Dîme du tabac. . . . 62,845 —
Total... 2,492,817 piastres, soit 24,900 livres turques ou environ 572,700 francs.
On verra plus loin la description des salines dont le produit forme la principale branche de ces revenus, auxquels il vient d'en être ajouté plusieurs autres, tels que nouveaux timbres, permis de chasse et de pêche, béyiès divers, etc., depuis trop
peu de temps pour que leur rcadement soit assez connu et puisse être énoncé ici avec une exactitude suffisante.
Régie des tabacs. — L'administration de la Régie cointéressée des tabacs a, dans chaque centre de production ressortissant de son nazaret de Bagdad, des agents chargés de surveiller la culture et de percevoir sur place les droits dont sont fi-appésles tabacs à la sortie de ses dépôts. Comme celui de la Dette publique, le nazaret de la Régie compte plusieurs sousagences hors du vilayet de Bagdad. Les principales sont : Mossoul, Ghehrizor et Suléimanièh.
Les recettes brutes de ce nazaret, durant les quatre dernières années ont été comme suit :
En 1888 47,771 livres turques.
En 1889 32,245 —
Soit une moyenne annuelle de 38,223 livres turques, ou environ 879,000 francs.
Postes et télégraphes. — La direction centrale des postes et télégraphes du vilayet de Bagdad est située au chef-lieu de cette province. Les services postaux dont elle se charge sont au nombre de quatre : la poste, voie du désert ou poste du dromadaire, qui fait un service régulier de Bagdad à Damas de huit en huit jours; la poste locale, qui fait le service de la correspondance entre Hillé, Kerbéla et Bagdad ; la poste pour la Perse, et enfin la plus importante, celle dite du tatar qui fait régulièrement en dix-sept à dix-huit jours le service de la correspondance entre Bagdad et Constantinople^ par Ghehrizor, Mossoul, Mardin, Diarbékir, Sivas,Kianghéri et Ismidt, en desservant directement 42 localités intermédiaires. Suivant cet itinérajre, la distance parcourue du point de départ au point d'arrivée est d'environ 2,800 kilomètres en chiffre rond.
La poste, voie du désert ou poste du dromadaire, ne fonc-
tionne que depuis l'entrée de la Turquie dans Tunion postale. Avant cette époque, il existait un service analogue qui a été supprimé alors, et qui, sans offrir autant de sécurité, élail beaucoup plus coûteux et même très onéreux. Ce service était fait par la poste anglaise et sujet, entre autres inconvénients, à des surtaxes exorbitantes. Le courrier qui le fait actuellement, monté sur le même dromadaire qui porte la valise postale, passe VEuphrate à l'embouchure du Nahr-Seklaouiyé, puis parHitl-et- Koubéissa, à 17 kilomètres environ de celte dernière localité, il pénètre dans le désert de Syrie qu'il traverse jusqu'à Kars- Sékal, premier village que Ton rencontre au sortir de ce désert et d'oti, par Doméir-el-Adra, il arrive à Damas.
Ce courrier, quoique choisi ordinairement dans la tribu des Anézé^ la plus puissante et la plus considérée parmi les nomades qui vivent dans le désert de Syrie, n'accepte ni groups, ni échantillons, ni valeurs, car les tribus dont il traverse le territoire visitent quelquefois la valise postale, et si elles y trouvaient quelque objet de nature à exciter leur cupidité, non seulement elles s'en empareraient, mais elles pourraient encore, dans l'espoir d'en découvrir d'autres, déchirer toutes les lettres pour en voirie contenu.
Bien qu'il soit défendu au courrier de la poste à dromadaire de prendre avec lui des voyageurs, il arrive assez souvent qu'il en emmène quelqu'un moyennant 5 à 6 livres turques pour tout le trajet, d'environ 800 kilomètres.
La poste qui fait le service intérieur du vilayet, aussi bien que celle pour la Perse, et celle dite du talar, se chargent toutes trois du transport des groups, des colis postaux, échantillons, lettres chargées et en général de tout ce qui concerne le service postal, suivant le tarif de Tunion, également en vigueur pour les lettres échangées par la voie du désert, dites du dromadaire.
Aujourd'hui, le service de la poste du taiar est débarrassé de tout danger et fonctionne avec la sécurilé la plus complète.
Le service télégraphique date, h Bagdad, de 1861, année on, pour la première fois, un fil télégraphique fut posé au serai.
STATISTIQUE DESCRIPTIVE il
palais du goiivernemenl. II fut transféré plus tard à la direction générale des postes. Ce service met Badgad en communication directe avec le monde entier, excepté avec une des places les plus importantes pour le commerce de transit de ce vilayet, c'està-dire Déirel-Zor, chef-lieu du mutessarifat de Zor, par où doivent passer toutes les marchandises de Bassorah et de Bagdad pour Damas, Alep et Alexandrelte et vice-versa.
Le tableau suivant fait voir les recettes et les dépenses de la direction générale des postes et télégraphes de Bagdad calculées, en 1890, sur une moyenne des cinq années précédentes.
RECETTES
livres turques.
j ( Taxes sur télé- ]
Correspondance ^^^^^^ ^ g^^ f ,3 gg^
publique. . . ( Taxesdes lettres 3,709
( Taxes sur télé- Correspondance grammes . . 21,387 f 24,853 officielle. . . f Taxes des lettres 3,466
DÉPENSES
Recette nette 14,737
ou environ 338,900 francs.
Office sanitaire. — L'administration sanitaire du vilayet de Bagdad est très importante. De violentes épidémies sévissent souvent aux Indes et dans d'autres pays avec lesquels Tlrak- Arabi entretient des relations permanentes. Les fréquents pèlerinages des Persans aux Lieux-Saints des chyites : Kerbèla (Mèched-Husséïn) et Nedjef (iMèched-Ali) ne sont pas moins dangereux. En effet, non-seulement ces pèlerinages, obligatoires pourtout sectateur d'Ali, attirent aux deux mécheds de grandes
foules qui y séjournent dans des conditions nuisibles à la santé publique^ car chaque caravane apporte avec elle un nombreux contingent de cadavres. Il n'est point de chyile persan, riche ou pauvre qui ne veuille être enterré soit au tombeau même d'Ali ou de Hussein, soit dans Tune des deux villes où sont ces méchedSy ou tout au moins dans ses environs. Les corps morts, enfermés dans des caisses, sont chargés sur des mules et conduits en caravane à leur destination par les pèlerins. Chaque mule en porte deux. Aux abords des Lieux-Saints, on les décharge dans la plaine pour procéder aux grandes ablutions et autres purifications d'usage. Le minutieux lavage de tant de cadavres venus de loin dans un même lieu est opéré au milieu de Tencombremenl « des bagages » des chevaux et des mules, des vieillards et des enfants pressés, entassés les uns sur les autres.
On voit combien, dans dépareilles circonstances, un parfait fonctionnement des services sanitaires est toujours urgent. Aussi l'administration générale de Constantinople s'occupet-elle avec une vive sollicitude des services de santé du vilayet de Bagdad, qui d^ailleurs ne lui sont point onéreux, mais au contraire lui procurent des bénéfices. Ces divers services, centralisés au chef-lieu de la province, sont établis sur les principaux points du territoire ottoman où passent et séjournent les pèlerins et les corps morts qu'ils transportent.
Les plus importants sont: 1*" l'office sanitaire de Bagdad établi au siège même de Tadministration centrale, et desservi parle même personnel, composé d'un docteur en médecine, in8pecteur,d'unmowAaw^d^rf/V, contrôleur et chef comptable, de ïkiatibs^ commis aux écritures, et de 4 gardes ; V ceux de Hanékin et de Pendjouin, de Baïat et de Bassorah, pourvus chacun d'un médecin sanitaire ; 3** les offices de Kerbèla (Méched-Hussein) et de Nedjef (Méched-Abi) desservis par un seul médecin, sous-inspecteur, résidant à Hillé, qui les visite tous deux. Les autres offices sont de simples bureaux de contrôle, d'enregistrement et de perception, desservis par un mémour, chef de bureau, assisté d'un kiatib^ commis aux écritures, et des gardes nécessaires.
Tous ces offices réunis sont au nombre de 13, sans compter celui de Bagdad, qui en est le centre administralifet la direction.
Les pèlerins sont soumis, à leur entrée sur le territoire ottoman, à un droit de 10 piastres par personne, et doivent payer, pour chaque cadavre importé de Tétranger, une taxe de 50 piastres.
Les cadavres des sujets ottomans chyites, qui sont apportés aux deux mécheds pour y être enterrés, ne paient à l'office sanitaire qu'une taxe de 20 piastres ; mais le gouvernement local de Kerbéla, de Nedjef et de Kazmène, village chyite des environs de Bagdad, considéré aussi comme lieu saint, perçoit de son côté et à son profit, de chaque corps apporté de l'étranger ou des provinces ottomanes, un droit d'inhumation fixé, suivant le degré de sainteté attribué à l'emplacement, et divisé en cinq classes comme suit :
Tarif des droits d'inhumatioa, perçus par le gouvernement local à Kerbéla (tombeau de l'Imam Hussein), à Nedjef y (tombeau de l'Imam Ali) , et à Kazmène (djami de l'Imam Moussa, près Bagdad) :
Kerbéla
1" classe . el'Kadra (dans l'enceinte sacrée) 5,000 piastres. 2® — louan el-Zahab (dans la mosquée) 500 — 3^ — el'Hudjra (dans une chapelle latérale) 200 —
4" — el-Tarma (dans les galeries des
bas-côtés 150 —
5" — Ouadi el-Sélam (dans la plaine
sainte, hors la ville) 311/2 —
Nédjef
1" classe: el-Kadra ^(dans (l'enceinte sacrée) 5,000 piastres.
2* — el'Hudjra (dans une chapelle latérale) 750 —
14 VILAYKT DK BAGDAD
3* classe : ^/-r^irma (dans les bas-côtés). . . 500 piastres. 4® — louan el-Zahab (dans la cour de la
mosquée) 250 —
5* — Ouadi eUSélam (hors de la ville). 31 1/2 —
Kazëmène
1"^ classe : el-Rouak 2,000 piastres.
2« — louan él'Zahab 200 —
3a el-Hudjra 150 —
4e el'Djénet (el-Tarma) 100 —
5» Ouadi el-Sélam 3i 1/2 —
En 1889, les droits d'inhumation à Kerbèla et à Nedjef se sont élevés à la somme totale de 9,000 livres turques, soit environ 205,000 francs.
Les desservants des mosquées ont le droit de faire payer aux gens riches, à titre d'honoraires, ou de backchich (don gracieux) au moins le double du tarif. Le Ai/i/e/ar (gardien des clefs), fonctionnaire nommé parle gouvernement, est celui qui profite le plus de ces gratifications prétendues facultatives, mais qui sont le plus souvent de véritables extorsions.
On assure d'ailleurs que les honneurs funéraires rendus aux rjches persans coûtent des sommes énormes. Les frais du convoi et de la sépulture du gouverneur de Kermanchah, décédé à la fin de l'année 1889, se sont élevés, dit-on, à 5,000 livres turques (environ 1 \ 5,000 francs) .
Le voyage en pèlerinage des chyites de Perse aux Lieux-Saints se fait par caravanes sur des chameaux et des mules que les pèlerins pauvres accompagnent à pied sans crainte de la fatigue, car s'ils succombent, comme cela leur arrive souvent, ils sont assurés que leurs corps seront religieusement transportés au but du pèlerinage et inhumés en terre sainte. Le conducteur de la caravane reçoit le titre de tchaouch. Il marche en tête avec un mulet harnaché de grelots, qu'on nomme el-béchènk et qui sert à rallier, la nuit, ceux qui pourraient s'égarer. Les gens à leur aise se font porter dans les taklérouans, sortes de caisses à jour
chargées sur deux mules, ou dans des méhèfi qu'on nomme aussi kèdjaoïia, sorte de caisse ou de cage donl une paire fait la charge d'un mulet. On a déjà dit plus haut que les cadavres sont portés de même, deux à deux, chaque mulet de bât portant deux caisses. L'administration sanitaire fait ouvrir ces caisses parce qu'il est arrivé très souvent qu'on Ta fraudée en mettant deux morts dans une caisse. Un médecin sanitaire, établi à cet effet à Kermanchah, délivre, après la visite, un cerlificat qui sert de garantie à la frontière.
Les corps des personnes riches sont transportés dans des takiérouans escortés de mollahs en plus ou moins grand nombre, qui leur forment une sorte de garde d'honneur, et chantent tout le long du chemin des cantiques et des prières pour le repos de l'âme des défunts. De temps en temps, le tchaouchon conducteur delà caravane se tourne de leur côté et entonne seul un chant à la louange d'Ali, Hussein et Hassan. La foule des pèlerins lui répond en chœur avec dévotion. Ces cérémonies deviennent plus animées et fort imposantes aux abords des caravansérai que certaines familles chyiles ont fait bâtir à leurs frais sur la route, et que plus d'un de leurs descendants, réduits à l'indigence, con« tinuent pourtant à entretenir au moyen d'aumônes qu'ils vont quêter. Tels de ces caravansérai, où les pèlerins sont hébergés gratuitement, peuvent abriter plus de 200 personnes et autant de chevaux ; ils sont pourvus de vastes citernes.
Les pèlerinages chyites, outre le profit qu'ils procurent au commerce local, profits qui ont une fâcheuse contre-partie de la hausse énorme du prix des denrées, donnent aux offices sanitaires des bénéfices dont on jugera par le tableau suivant :
VIIAYET DE BAGDAD