‹ La Turquie d'Asie; géographie administrative, statistique, descriptive et raisonnée de chaque province de l'Asie-Mineure; (volume 2)Chapitre 8 sur 178 · OUO · texte numérisé non relu

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Mœurs et usages. — On peut diviser celte population, sous le rapport des mœurs et usages, en trois classes ou catégories bien distinctes. La première comprend les habitants des villes, plus avancés que les autres dans la civilisation, et pour la plupart commerçants, industriels, artisans, employés du gouvernement ou d'administrations particulières, médecins, banquiers, militaires, etc. La seconde classe est celle des agriculteurs

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qui habileul sous la lenle et dans des cabanes, el s'occupent de la culture des champs et des jardins, ainsi que de Télève des animaux domestiques et des troupeaux. La troisième enfin se compose des tribus nomades qui ne reconnaissent d'autre autorité que celle de leurs chéiks.

Comme on le voit au tableau qui précède, les musulmans du vilayet de Bagdad sont partagés en sunnites et chyite^. Les différences quiles séparent sont trop généralement connues pourqu'il y ait lieu de s'en occuper ici. 11 convient peut-être toutefois de rappeler que, pour la plupart, les Turcs, les Arabes de l'Afrique et ceux de TArabie proprement dite sont sunnites^ tandis que les Persans, les musulmans des Indes, les Arabes du littoral du golfe Persique el ceux des tribus répandues sur les i!cux rives du Tigre el de VEnphrate, depuis Bassorah jusqu'à Bagdad, sont chyites. Comme on le sait, une certaine animosilé règne entre les partisans des deux doctrines. Aux yeux des chyiles, les chrétiens, les juifs et les sunnites se confondent dans un égal degré d'impureté. La tolérance de ceux-ci entrelient d'ailleurs, chez les premiers, cette opinion méprisante, en les voyant fréquenter les chrétiens, manger on leur compagnie, ce que jamais un chyite ne consentirait à faire ; ils ont horreur d'une telle familiarité et ce n'est pas là une des moindres causes de l'hostilité que les Ottomans rencontrent souvent chez ces tribus.

Les israélites de cette province ont pour trait dislinclif une stricte et rigoureuse observance des prescriptions de leur loi religieuse, qu'ils suivent dans les plus petits détails, avec une ostentation qu'on peut qualifier de fanatisme. Cette exagération nuit souvent à leurs bonnes relations avec les membres des autres communautés.

Parmi les chrétiens, la plus parfaite union règne entre tous les catholiques des différents rites, soit orientaux, soit latins. H y avait souvent autrefois des mésintelligences dont ont pu souffrir ces communautés de la part des chrétiens dissidents de même race, plus nombreux ; mais, aujourd'hui, il ne peut plus en être ainsi, tous les sujets oltomaus jouissant des mêmes droits el d'une égale protection.

STATISTIUUB «KSCKIHTIVK 19

Ecoles. — Il y a dans le vilayel de Bagdad 287 élablissemenls scolaires, où H .950 élèves, dont i 1.560 garçons el 390 tilles reçoivent, de 408 proresscurs et li maltresses, un enseignement h divers degré comme suit :

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Les divers détails concernant ces écoles se trouvent au.x chapitres spéciaux des localités où elles soat établies. On doit seuleindnt dire ici que toutes les écoles des chrétiens et des Israélites i^oulduns la ville même de Badgad, sauf deux de ces dernières, K\ que les Latins seuls ont des écoles de filles.

Climat. — Le climat du vilayet de Bagdad est généralement sain, quoique sujet à deux maladies endémiques, dont la preuiiÈre, la peste, sévissait naguère souvent, mais a'a pas reparu •Jauscelte province depuis l'année 1877. Quant à la seconde, elle n'est heureusement pas aussi terrible et n'offre même aucun danger; elle laisse seulement des (races ineffaçables, et n'épargne presque personne : c'est le bouton de Bagdad. On le nomme en lurci^oHrmfl-/c/[^A«Hi (boulon de datte), el en arabe ArtMe/- ^hénê ;boulon de l'année) parce qu'il dure environ un an. Presque tous les étrangers en sont atteints, soit aux mains, soit aux

pie'is ou à quelque partie du corps autre que le visage, tandis que c'est à cette dernière place que la plupart des indigènes en perlent la marque. On a vainement cherché un remède préservatif efficace contre cetic grave incommodité, que les uns attribuent au climat et les autres à la nourriture, composée surtout de dattes. Quelques médecins proposent le vaccin comme préventif.

Les autres maladies sont peu fréquentes et assez bénignes. La tempéralure, extrêmement chaude en été, commence à baisser dès le mois de novembre, où la pluie tombe avec une grande abondance qui se continue plusieurs mois^ mais avec des alternatives de beau temps. La chaleur moyenne, en été, est de -f 37'' centigrades, mais, vers le milieu du mois de janvier, le thermomètre descend d'ordinaire jusqu'à 4- 8° centigrades, et Ton sent alors le besoin d'allumer du feu le matin et le soir. On observe régulièrement, vers la nuit du 27 au 28 novembre, le phénomène des étoiles filantes dont la chute est tout à fait prodigieuse dans ces parages h cette même époque de l'année, et dure souvent plusieurs heures consécutives.

Production agricole. — Les principaux produits agricoles de cette province sont les céréales : blé, orge, riz, sésame, maïs, millet, etc. ; les graines légumineuses : fèves, haricots, lentilles, etc., et les dattes dont la culture est en grands progrès, de telle sorte que le djérib de dattiers (100 de ces arbres), qui valait il y adix ans 3.000 piastres (environ 690 francs), vaut aujourd'hui de 8 à 10.000 piastres (1 .840 à 2.300 francs).

L'exportation des dattes devient plus considérable chaque année, ainsi que celle des produits directs et accessoires de l'élève des bestiaux, dont le nombre a plus que décuplé dans les vingt dernières années. Quant aux céréales, il n'est permis de les exporter que dans les années de grandes récoltes.

On peut estimer la production moyenne annuelle agricole du vilayet de Bagdad, comme suit :

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