DEPENDANCES EN TURQUIE D'ASIE
A partir du mutessariflik d'Ismidl jusqu^au Bosphore, tout le lerriloire de la Turquie d'Asie appartient au vilayet de Conslantinople et forme la partie asiatique du vilayet de ce nom.
Orientation, limites. — Ce lerriloire est compris entre 26^ 40' à 27* 35' de longitude, et 40« 43' à 41^ 12' de latitude. Il est limité : au nord, par la mer Noire ; à Test, par le mulessariflik dMsmidt ; au sud, par la mer de Marmara et le golfe d'ismidt; et à Touest par le Bosphore.
Superficie. — Sa superficie totale est approximativement de 4,000 kilom. carrés.
Division administrative. — Il est composé administrativemenl de 3 cercles municipaux de la ville de Constantinople et de 5 cazas du vilayet de même nom, comme suit :
Jo VILLE DE CONSTANTINOPLE (Asie)
VHP Cercle municipal : Kanudja.
IX*" — ScuTARi(Uskudar)
X^ — Cadikeuï
2o VILAYET DE CONSTANTINOPLE
(Gazas d'Asie)
GAZAS
NAHIES
10 Iles des PriDoes ch.-| Iles de Khalki (Heîbèli) — de Proti (Kioali) I. Kizil-Ada (Priukipo)(
20 Goèbzè 30 Beloos 40 Eartsl.
30 Ghilè .
5 cazas
de Bourgaz (Ànligone)
Guèbzè — Daridja
(Point de Dahiés)
5 Dahiés
BOURGS IT viLuoiaii
Ces 3 cercles muDicipaux et ces 5 ccu^as, situés en Turquie d'Asie, forment, avec le caza de Kutchuk-Tchèkmèdjé ouTchèkmèdjé-sagbir situé en Turquie d'Europe, une seule et même circonscription, soumise à la réglementation d'un « cordon sanitaire », et désignée officiellement, en conséquence, sous le nom de « cordon » emprunté, à cet effet, à la langue française.
Division militaire. — Les troupes appartenant à l'armée active {nizam) cantonnées ou casernées dans cette circonscription, font partie du premier corps d'armée (1*^ ordou), formant le khàssè (garde impériale). Ce corps d*armée, comme les cinq autres ordou, a pour commandant en chef un muchir (maréchal), et ne diffère de ces derniers que par radjonction, même en temps de paix, d*un régiment de pionniers et de ba-
tailloDS spéciaux, d'ouvriers, etc., ce qui porte le chififre de son effectif, en tout temps, à 3 ou 4,000 hommes de troupes de plus que celui de la troupe de chacun des cinq autres corps d'armée. Le quartier général du khdssè (garde impériale) est à Constantinople où réside le muchir (maréchal) commandant en chef.
. — Toutes les localités actuellement comprises sous le nouveau nom de « cordon » ressortissaient autrefois au zabtiyè-nazarèti {mmhihrei de la police). Entrées depuis quelque temps déjà dans les dépendances directes de la ville de Constantinople, soit à titre de cercles municipaux, soit en qualité de cazas, l'autorité administrative y est exercée, suivant les cas, par des fonctionnaires relevant de la préfecture de cette ville [chèhr-émanèti) qui sont, pour chaque municipalité, 1 mudir (directeur)^ 1 moAassèbèdji, (chef de comptabilité), et 1 ta/ivirat'kiatibi (employé à la correspondance). Pour chaque caza, ces fonctionnaires se réduisent à 1 càimakam (sous-gouverneur) et 1 nûïd(juge). L'autorité supérieure est entre les mains du cÂMr-é/wfm (préfet de la ville de Constantinople).
Toutefois il existe des exceptions en faveur de certains cercles municipaux, tels Bey-oghlou (Péra) en Europe, et Uskudar (Scutari) en Asie, qui sont restés en possession de mute^- $arif (gouverneurs) relevant, comme jadis, du ministère de la police [zabtiyè-nazarèti)^ sans préjudice des fonctionnaires plus nouveaux, ressortissant à la préfecture {chèhr-émanèti).
Les autorités religieuses du « cordon » sont, tant pour la population musulmane que pour les diverses autres communautés, leurs chefs religieux respectifs résidant à Constantinople, c'est-à-dire : le cheikh ul-islam , les différents patriarches, le délégué du Saint-Siège apostolique, le khàkham-bdchi, (grand rabbin), etc. Quelques villes ou villages, tels que Cadikeuï, ancienne Chalcédoine, sont restés des métropoles où sièges des représentants directs de ces hautes autorités religieuses.
Ces représentants directs des chefs suprêmes des communautés font partie d'ailleurs^ pour la plupart, des conseils supé-
rieurs qui les assisleiif. CVsf ainsi, par exemple, qu'au Fèlva- Hané Ton voit siéger, dans le département du Cadi-Askier (j^rand-juge d'Analolie), le naïb de Scutari.
Services administratifs. — Les services adminislralifs du « cordon » sont les mômes que ceux des vilayets des sandjaks^ cazas et na/iiès de toutes les autres parties de Tempire. Leur centralisation s'opère à Constantinople, aux ministères compétents, principalement au chèhr-émanèti (préfecture de la ville) et au zabtiyè-nazarèti (ministère de la police).
Tribunaux. — Il y a dans chaque cercle municipal et dans chaque caza et nahié du (^ cordon d'Asie », des tribunaux du chéri (droit islamique) et du bédàièt (droit moderne) ressortissant aux ministères du culte et de la justice.
Gendarmerie. — Les divers services d'ordre public sont efTeclués dans toute la partie asiatique du « cordon » par des postes nombreux de zabtiyè, soldats de police, disséminés de rue en rue dans chaque ville et dans chaque village, toutlelong du Bosphore et à chaque station du chemin de fer d'Analolie, ainsi que par des gendarmes et des soldats du nizam (armée active) et de sa réserve ou ihtiydtk^ installés dans de vastes corps de garde, qui peuvent contenir chacun 1 50 à 200 hommes. Les uns et les uulres sont relevés de mois en mois et quelquefois de 3 en 3 mois ou même deux fois par an ; chaque grand corps de garde contient un petit poste de police, 1 commissaire et â ou 3 agents dits « police », ce mot français est brodé en lettres turques sur le collet de leur tunique. Le mot « gendarme » en langue française, est également brodé en caractères turcs sur le collet des gendarmes.
Le premier bataillon du régiment [aldï) de gendarmerie de Constantinople faille service de la ville de Scutari (9« cercle de Constantinople), de celle de Cadikeuï (10* cercle) et du caza de Kartal. Il est caserne à Scutari sous les ordres de son commandant Hadji-Raif Bey. Le grade de « commandant » est exprimé
en langue française pour la gendarmerie, de même que celui de « commissaire » pour la police.
Police. — Le siège central de la police, dans la partie asiatique du « cordon», est au konak du mutessariflik de Scutari, lequel relève, ainsi qu'il a déjà été dit ci-dessus, du ministère de la police. Le mutessarif^ gouverneur de Scutari, est assisté par un conseil composé d'un commissaire en premier, président, de 3 commissaires en second, et d'un commissaire en troisième, qui sont membres du Conseil. Il a sous ses ordres les fonctionnaires et employés civils nécessaires, le commandant de gendarmerie, le commandant des zabtiyè^ le commandant de pompiers, les commissaires et agents de police, etc. Au conseil du mutessarif, sont adjoints 3 thabib^ médecins, dont 2 musulmans et 1 grec orthodoxe.
Douanes. — A chaque échelle de débarquement et embarquement est établi un petit poste de douane, généralement composé d'un à trois préposés.
Offîce sanitaire. — L'office sanitaire exerce une surveillance très active sur ces mêmes échelles, tant dans le Bosphore que dans la mer Noire el la mer de Marmara. Partout oii l'administration des phares a établi des agences, l'office sanitaire a également ses agents.
Phares. — L'administration des phares de l'Empire otto* man, sur le littoral asiatique du « cordon », a des agences à Scutari et à Anatoli'Kavak^ et des phares à Kiz-qoulé (tour de Léandre), à Fénèr-Baghtchèy à Kandili, h Kanlidja, etc.
Postes et télégraphes. — Le ministère des postes et télégraphes a établi dans les limites du a cordon », en Asie, 16 bureaux de poste, 5 stations télégraphiques de service international, c'est-à-dire oti la correspondance se fait en turc ou en français, et 8 stations télégraphiques de service intérieur exclusivement fait en langue turque, comme suit :
LOCALITÉS
Anatoli-Ravak . •
Beïcos ,
Raulidja . .
ÂnatoIi-IIissar Kandili . .
Beylerbey
Tchènghèl-Keiiï
Scutari
Sélimlyè
Haïdar-Pacha
Cadikeuï
Erèû-Keuï
Rinali (lie de Proti) ....
Boargaz (lie d'Antigone) . .
Ileibéli (lie de Rhalki) . . .
Rizil-Ada-si (lie de Priokipo)
Totaux.
STATIONS