‹ La Turquie d'Asie; géographie administrative, statistique, descriptive et raisonnée de chaque province de l'Asie-Mineure;Chapitre 35 sur 144 · CAZA DE AINE-GUEUL · texte numérisé non relu

CAZA DE AINE-GUEUL

Orientation, limites. — Le caza de Aïné-gueul est situé au sud-ouest du sandjak d'Erthogroul. 11 est limité : au nord, par le caza de Yéni-chèhr ; à l'est, par le merkez-caza de Biledjik et le caza de Seuyud ; au sud, par le sandjak de Kutahia ; et à l'ouest, par le merkez-sandjak de Brousse.

Division administrative. — Il est divisé en 3 Dahiés qui sont : Aïné-gueul, Yénidjé el Domanidj; on y compte 105 villages.

Population. — Sa population, comprise dans le chiffre précité de celle du sandjak d'Erthogroul, s'élève en totalité à 60,31 6 hab., comme suit :

Musulmans 48,216 hab.

Total. . . 60,316 hab.

Chef-lieu. — Aïné-gueul, chef-lieu du caza, résidence du caïmakam, est le siège des divers services publics, du conseil administratif du caza, d'un tribunal du béddïèi (droit moderne) et d'un tribunal du c/iér'i (droit musulman). Il est situé à 44 kilom. est de Brousse, à 55 kilom. ouest de Biiédjik, chef-lieu du sandjak, à 22 kilom. sud du Yéni-chèhr et à 165 kilom. nord de Kutahia. Aïné-gueul est relié directement à ces villes par de bonnes chaussées carrossables qui la mettent au delà en communication facile avec les ports de Ghemlèk et de Moudania, avec le chemin de fer d'Anatolie, et avec les vilayets voisins, au nord, à Test et au sud.

La population d'Aïné-gueul , comprise dans le chiffre cidessus de celle du caza, est de 8,244 hab., comme suit :

Musulmans 6,394 hab.

Grecs orthodoxes. . . . 1,850

Total . . . 8,244 hab.

Ëcoles. — Les écoles de la ville et du caza d'AIné-Gueul sont au nombre de 66, dont 2 supérieures, 2 secondaires et

62 primaires, fréquentées par 1,563 élèves dont 1,470 garçons et 93 filles, comme suit :

ÉCOLES ÉLKVES

2 médressé (droit et théo-

Musulmans { , , ^'^ '^^

1 lycée 55

39 écoles primaires 800

il lycée 45

17 écoles primaires, dont 2 de filles 473

. , . jL l ^ écoles primaires (ffar-

Arméniens gré- \ f

" i çons) 70

° ( 1 école primaire (filles) . • 20

Outre leA:owû^ou hôtel du gouvernement, il y aà Aïné-gueul, 7 mosquées à minarets (djdmi) dont la principale est celle d'Ishaq-Pacha, achevée en 886 de Thégire (1481), dale de lu mort de Mohammed II, conquérant de Constanlinople. Ce bel édifice, orné de 4 coupoles, contient le fu/bé (chapelle funéraire) du fondateur ; il a pour annexes 1 médressé (école de droit et de théologie) et 1 bibliothèque célèbre où, parmi un grand nombre de manuscrits précieux, on cile particulièrement 102 ouvrages très renommés chez les savants musulmans. On compte encore à Aïné-gueul 2 mesdjid (chapelles musulmanes), 2 bains [hammam) 1 grand bézèstèn (bazar voûté), 1 pharmacie, 7 filatures de soie, 7 fours publics, 13 tanneries, 30 cafés, 305 boutiques, 20 magasins et 1,374 maisons.

Eaux minérales. — Les sources minérales deTchitli, décrites au chapitre spécial du vilayel de Brousse, page 29, sont situées dans les dépendances directes de la ville d'Aïné-gueul, 65 villages dépendent de ce cheMieu.

Forêts. — Une des industries les plus considérables de ce

182 VHAYET DE BROUSSE

caza consiste dans Texploilation de ses 18 forêts qui couvrent un espace de 4,1 48 kilom. carrés. Leur peuplement magnifique, composé surtout des plus belles essences de hêtres, de chênes, châtaigniers, charmes, pins et sapins, donnant souvent des billes de plus de 20 mètres de haut et de 2 mètres de circonférence, fournil amplement à la consommation de la marine impériale et des sandjaks d'Erthogroul et de Brousse. On fait sous bois, daas ces forêts, surtout en se dirigeant au sud vers Rutahia, des trajets dépassant 30 à 40 kilom,, sans apercevoir le ciel, au milieu du plus profond silence, à peine troublé par le grondement lointain des torrents qui descendent des montagnes et le doux murmure des sources limpides qui jaillissent de toutes parts. En beaucoup d'endroits, le sol laisse à découvert des marbres jaunes et des marbres blancs lamellaires, polis par les pieds des chevaux et dont les couleurs vives seraient d'un charmant effet dans l'ornementation des édifices.

et minières, Domanidj. — Le nahié de Domanidj, formé de 37 villages avec 8,000 hab. tous musulaians, possède dos mines de chrome qui peuvent fournir à Texportalion annuelle du port de (ihemlèk une moyenne de 50,000 tonnes de minerai.

CAZA DE YÉiM-CHÈHR

Orientation, limites. — Le caza de Yéni-chèhr est situé au nord-ouest du sandjak d'Erlhogroul. II est limité : au nord, par le mutessariflik d'Ismidt ; à Test, par le merkez-caza de Bilédjik ; au sud, parle cazad'Aïné-gueuI ; et, à l'ouest, par le merkez-sandjak de Brousse.

Il est divisé en deux nahiés qui sont Yéni-chèhr et Iznik (Nicée); on y compte 90 villages.

Population. — Sa population, comprise dans le chiffre de celle du sandjak, est de 58,202 hab. comme suil :

x\Iusulmans 42,784 hab.

Grecs orthodoxes 11,948

Arméniens grégoriens . . . 3,470

Chef-lieu. — Yéni-chèhr, chef-lieu du caza, résidence du caïmakam, est situé à 45 kilom. est de Brousse et à 35 kilom. nord-ouest de Bilédjik, dans une vaste plaine enrichie de cultures variées, qui fait suite à celle de Brousse et qui se développe jusque bien au delà du lac de Nicée, sous les aspects les plus divers et les plus pittoresques.

La population de la ville de Yéni-chèhr, comprise dans le chiffre ci-dessus de celle du caza est de 4,854 h. dont 3,221 musulmans et 1»633 grecs orthodoxes.

Écoles. — Il y a dans celte ville et dans tout le caza 86 écoles dont 3 supérieures, 3 secondaires et 80 primaires, fréc:iuentées par 2,348 élèves dont 1,991 garçons et 357 filles, <:omme suit :

Musulmans : 46 écoles dont 3 médressé, 1 lycée et 42 primaires 1,080 élèves

Grecs orthodoxes : 37 écoles, dont 1 lycée, 1 pensionnat de jeunes filles et 35 primaires 1,202

Arméniens grégoriens : 2 écoles priniaires de garçons et 1 de filles 66

86 écoles. . . 2,348 élèves

On compte dans la ville de Yéni-chèhr, outre le /conaA ou hôtel du gouvernement, 6 mosquées à minarets et 5 mesdjid;

'i tekké o\i couvent de derviches, 4 médressé , 3 églises, 2 bibliolhèques pul)Iiques, 6 bains (Aa//////âf//i), 12 han (hôlelleries), 255 bouliques, 50 cafés, 7 fours publics et 8 tanneries.

On sait que Yéni-chèlir a été, pendant quelque temps, la capitale des élals du sultan Osman Ghâzi, fondateur de l'empire ottoman. Quelques restes de son palais subsistent encore; on y reconnaît parmi ces ruines des bains d'un haut intérêt historique.

La plaine de Yéni-chèhr est célèbre dans l'histoire ottomane par la grande victoire qu'y a remportée en 1481 Bayazid (Bajazel) sur son frère Djèm (Zizim) qui lui disputait l'empire et s'était déjà rendu maître de Brousse. Bien que ses troupes eussent été exterminées à cette journée, Djèm, réduit à fuir devant son vainqueur, reçut des puissants princes de Raramanie et autres grands feudataires de Tempire ottoman des secours assez efficaces pour livrer encore au sultan son frère deux autres grandes batailles qu'il perdit successivement durant le cours d'un an et demi. Après la bataille do Koniah, le Prince Djèm, ayant perdu tout espoir, se réfugia chez les chevaliers de Bhodcs en 1482. Conduit par eux en France et en Savoie, de commanderie en commanderie, choisies parmi les plus isolées et les plus fortes, il fut livré, après sept ans de cette captivité, au pape Innocent VIII dontle successeur, Alexandre VI, dut à son tour, six ans plus tard, le remettre à Charles VIII, roi de France. Ce souverain, touché des malheurs de ce prince, voulait lui rendre la hberté, mais le prince Djèm venait à peine d'être délivré, lorsqu'il mourut assassiné, disent les historiens turcs, par un renégat italien, nommé Mustafa, le 24 février 1495 à Gaëte. Son corps fut transporté à Brousse où un tombeau magnifique, décrit plus haut, lui a été élevé dans l'enceinte de la Mouradié.

IZNIR (NicéeJ

Le nahié d'Iznik est silué au nord-ouest du caza de Yénichèhr et du sandjak d'Erlhogroul, h la limite nord-est du merkez-sandjak do Brousse et au sud du mutessariflik d'Ismidt. Il est composé de la ville d'Iznik(Nicée), son chef-lieu, et de 40 villages répandus autour du lac de Nicée. Sa population, comprise dans le chiffre ci-dessus de celle du caza de Yéni-chèhr, est de 25,570 hab. comme suit :

Mulsulmans 17,995 hab.

Grecs orthodoxes 5,405

Arméniens grégoriens 2,170

La ville d'Iznik, ainsi nommée en turc par corruption de son ancien nom grec « eis Némaiar », estsiluée sur le lac de même nom, à l'ouest, par 27%24' de longitude et 40*, 25' de latitude, à 15 kilom. nord-est de Yéni-chèhr, chef-lieu du caza, à 35 kilom. nord-est de Bilédjik, chef-lieu du sandjak, et à 60 kilom. nord-est de Brousse, chef-lieu du vilayet.

Sa population, comprise dans le chiffre ci-dessus de celle du nahié, est de 1,228 hab comme suit :

Musulmans 868 hab.

Grecs orthodoxes 360

Total . . . 1,228 hab.

Bien qu'ayant aujourd'hui fort peu d'importance, Nicée fut, comme on le sait, une ville illustre et une ville forte do premier ordre sous les diverses dominations qui s'y succédèrent dans l'antiquité et au moyen âge. Certains auteurs attribuent sa fondation aux Gallo-Grecs qui lui donnèrent le nom d'Angora, mais

rien n'est moins certain que celte origine et même que TeAistence d'une semblable ville à cette époque auprès du lac Ascanius.

Fondée, selon Slrabon, par Anligone, cette ville échut ensuite kllystmaque qui changea son premier nom d'Antigonia et lui donna celui de sa femme Nicée, fille d'Antipaler. Les rois de Bithynie en firent leur métropole et y avaient leur palais. Sous les empereurs romains, Nicée était la résidence des proconsuls. L'empereur Hadrien, vers l'an 120, releva ses murailles détruites par un tremblement de terre, et fit construire les deux portes de marbre blanc qui existent encore au nord et à Test. Ruinée par les Scythes sous le règne de Valérien, en 259, elle fut bientôt reconstruite, cl l'empereur Claude II y fit élever, vers 270, les deux portes du sud et de l'ouest. Sous Justinien, Nicée reçut des embellissements très considérables ; des églises, des monastères, l'aqueduc qui apporte encore aujourd'hui les eaux de la rivière par la porte de Lefké ; un palais impérial, des thermes magnifiques y furent alors fondés. Vers l'an 912, les Arabes ayant été obligés de lever le siège de Nicée et de se retirer du territoire byzantin, les empereurs Léon et Constantin Porphyrogénète élevèrent les murailles de marbre et les tours du nord-est, où se voit actuellement, dans un jardin particulier, une inscription commémoralive de ces succès.

Un siècle et demi venait à peine de s'écouler, lorsque l'empereur Nicéphore Botoniâtès céda en toute propriété cette ville au sultan turc Seldjoukide de Koniah (Iconium) qui l'avait conquise et en fit sa résidence en 107i. Kilidj-Ali, son fils, rendit à Nicée une partie de son ancienne splendeur, bien aQaibhc depuis l'époque où le grand Constantin, assis sur un trône d'or, réunissait autour de lui, dans son palais. 318 évoques venus de tous les points du monde pour fixer, en 325, les bases de la Foi dans un lumineux symbole.

La ville de Nicée, sous les sultans seldjoukides, fut repeuplée par des colons arabes et persans qui y introduisirent les arts et les sciences de l'Orient. On doit citer, parmi les nouvelles industries dont s'enrichit alors le pays, l'art d'émailler les terres

cuites. Le siège de la fabrication des tuiles et briques émaillées dont est composée la splendide ornemenlalion des monuments anciens des turcs seldjoukides et des ottomans fut établi à Nicée. Des poètes persans, arabes et turcs étaient attachés à ces ateliers, pour composer les inscriptions reproduites en émaux aux fabriques de celte ville, qui fournissaient tout Tempire turc.

En 1095, les croisés de Pierre l'Ermite et de Gauthicr-sans- Avoir, débarquaient à Ghemlèk, appelée par les chroniqueurs français Cimtot^ et assiégèrent Nicéo. Ils étaient au nombre de 250.000 hommes. Surprise par les turcs, cette multitude en désordre fut massacrée facilement ; le corps de Gauthior-sans- Avoir fut retrouvé percé de sept flèches.

Deux ans après ce désastre généralement prévu, la grande armée des croisés, composée de 750.000 hommes d'élite, commandés par des chefs tels que Godefroy de Bouillon, Tancrède et Bohémond, investit de nouveau Nicée. Après un long siège et des assauts souvent répétés sans succès, les croisés s'aperçurent que la ville n'ayant pu être bloquée du côté du lac, était continuellement ravitaillée par des navires ; ils demandèrent à l'empereur Alexis Comnène des bâtiments afin de compléter le blocus. Une flottille, sous les ordres du capitaine Butumitès, leur fut aussitôt envoyée à Ghemlèk, et ces bâtiments, dont chacun pouvait contenir 100 hommes, furent traînés par terre en une nuit jusqu'à Nicée. Le blocus put ainsi être complété, ce qui permit aux croisés de profiter d'un événement fortuit pour terminer heureusement leur entreprise. Une tour voisine du palais des sultans s'étant écroulée sous l'effort des assiégeants, la femme de Kilidj-Arslan tenta de s'enfuir par le lac avec son fils. Faits prisonniers par les gens de la flottille, et livrés aux princes croisés, ceux-ci reçurent des députés musulmans qui s'empressèrent de venir traiter de la délivrance des deux illustres captifs contre reddition de la place.

Tandis que l'on discutait les articles de la capitulation, le commandant de la flottiUe byzantine qui avait reçu des instructions secrètes de l'empereur Alexis, pénétrait dans la ville et

décidait les musulmans à la rendre directement à son maître, contrairement à la foi jurée entre Alexis et les vainqueurs, qui devaient garder toutes leurs conquêtes en Asie à titre de fiefs pour lesquels ils rendraient hommage à l'empereur de Constantinople. Sans trop s'émouvoir de cette trahison, les princes croisés, satisfaits de s'être mis à couvert par la prise de Nîcée, des attaques d'un ennemi puissant sur leurs derrières, levèrent le camp et reprirent leur marche pour s'avancer plus avant dans l'intérieur du pays.

Lors de la prise de Gonstantinople par les Latins, la ville de Nicée échappa à leur domination et devint le siège d*un eoipîre fondé par Théodore Lascaris, qui s'y fît couronner en 1205.

Enfin les ottomans s'en emparèrent, sous l'empereur Andronic, avec les mômes difficultés qu'avaient eu à surmonter les croisés de Godefroy, et le sultan Orkhân y fit en 1340 son entrée triomphale par la porte de Yéni-chèhr, au milieu d'une grande foule de peuple accourue à sa rencontre pour acclamer le vainqueui;. Depuis lors, Nicée n'a point cessé d'appartenir à l'empire ottoman.

On compte actuellement à Iznik 16 mosquées à minaret et 2 mesdjid^ 2 médressé, i imaret ou hospice pour les étudiants pauvres et autres; une église, une école secondaire et 8 écoles élémentaires, 5 han ou hôtelleries, 4 fours public, 75 boutiques et 238 maisons.

Le bourg actuel occupe à peu près le centre de Tancienne ville ; il a l'aspect, avec ses maisons basses en pisé, d'un village perdu au milieu des jardins et des ruines d'anciens monuments romains, byzantins, seldjoukides et mêmeottomans^ dont plusieurs conservent encore des restes de leur ancienne magnificence. Les murailles de l'enceinte romaine et byzantine sont toujours debout; leur étendue a été mesurée par M. Charles Texier, qui donne à l'ancienne ville un pourtour total de 4,427 mètres, supérieur de 1,468 mètres à l'étendue du périmètre indiqué par SIrabon, résultat que M. Texier explique par les agrandissements effectués sous les empereurs Hadrien, Claude II et Léon. On compte à ces murailles 238 tours. Les 4 portes principales sont

antiques et bien conservées avec les inscriptions relatives à leur érection ; ou les nomme aujourd'hui : Porte du Nord ou de Constantinople (élevée par Claude II) ; Porte de l'Est ou de Lefké (ouvrage de Fempereur Hadrien) ; Porte du Sud ou de Yéni-chèhr^ par laquelle entrèrent en 1097 les troupes d'Alexis Comnène, après la prise de Nicée par les croisés; et en 1330 celles du sultan Orkhân à la suite du triomphateur; La Porte du lac ou de r Ouest enfin, également érigée par Claude II.

La tour élevée par les empereurs Léon et Constantin Porphyrogénète est particulièrement remarquable, surtout par l'inscription commémorative de leur triomphe sur les arabes, qui se voit dans les jardins adjacents, et par les peintures représentant des images de saints qui ornent la salle des gardes.

Parmi les ruines antiques, on doit citer celles du théâtre achevé par Pline, gouverneur de la Bithynie sous Trajan.

L'église d'Aya-Sofia (Sainte-Sophie), ancienne métropole de Nicée, convertie en mosquée par le sultan Orkhân, ne conserve aucune trace du culte chrétien. On ne retrouve dans ses décombres que des inscriptions mulsumanes, dont les vestiges sont assez nombreux. Comme on le sait, plusieurs savants, Hammer entre autres, croient que le premier concile de Nicée fut tenu dans cette église. Cependant, d'après VHistoire des Conciles (t. I, page 203), « cette assemblée eut lieu le 19 juin 323, dans le Palais impérial, sous la présidence de Constantin le Grand, assis au milieu des évêques, sur un trône d'or fort bas pour leur faire honneur ».

L'église grecque orthodoxe actuelle est située dans le quartier séparé qu'occupe celte communauté. On y voit dans la coupole et au-dessus de la porte d'entrée de belles mosaïques représentant la sainte Vierge et rEnfant Jésus servis par des anges. Dans cette église, se trouve aussi un précieux sarcophage byzantin en marbre transparent, qui parait être du IV* siècle.

On ne retrouve à Nicée aucun monument des turcs seldjoukides. Lasplendide mosquée impériale, appelée, comme celle de Mohammed I^ à Brousse, a Yéchil-Djâmi », a été commencée

en 775 (1384) et consaciée en 780 (1389) par Rhéir ed-Din Pacha, grand vizir de Mourad T", ainsi que le constatent deux inscriptions placées au-dessus des deux portes principales.

Il faut encore citer la voie romaine réparée en 68 ou 69 par les ordres de Néron sur la route de Nicée à Apamée (Moudania), ainsi que Tatleste une inscription en grands caractères grecs et latins; et la pyramide de Cassius Asclepiodotus, appelée vulgairement « Bèch-Tâch » ou les 5 pierres, monument funéraire situé au milieu d'un champ de blé, au nord-est du lac, entre les villages d'Espèkli et d'Inèkli. On lit au-dessus de la plinthe de ce monument une courte inscription disant que « Cassius, lils d'Asclopiodolus, a vécu 83 ans. » Ce personnage était Tami intime de Valérius Soranus, poêle contemporain de Cicéron et de César et qui fut condamné à mort. Cassius, lui étant resté fidèle, eut ses biens confisqués et fut exilé en Bithynie.

Productions agricoles. — Les principales cultures du nahié d'Isnik sont celles de la vigne, du chanvre indien {cannabis indica)^ du mûrier, de Tolivieretdu pavot à opium. Toute l'étendue des terrains environnant les villages sur les deux rives du lac est très bien cultivé; les vignobles sont superbes et leurs vins sont des meilleurs parmi ceux dit de Brousse; la production en céréales est assez importante, et celle des cocons, vendus à Brousse, est considérable ; le chanvre indien en fournit pour chaque deunum (9 ares 19,30) de cette culture 10 okes 12 k. 829) de hachich, vendu sur place environ 3 livres turques (69 fr.) ; chaque deunum cultivé en pavot enfin donne une quantité d'opium de la valeur d'environ 7 livres turques (160 fr).

Source thermale. — On rencontre auprès du village de Kèrèmèt, au nord du lac, une source bicarbonatée calcique, de température moyenne, dont le débit est d'environ 150 litres par seconde, selon les indications prises en 1891 par M. l'ingénieur Sette. L'eau sort des ruines de thermes romains et fait tourner deux petits moulins au bord du lac avant de s'y jeter.

SANDJAK DE KUTAHIA

Orientation, limites. — Le sandjak de Kutahia, situé h Test du vilayet de Brousse, s'étend vers le sud et vers l'ouest. 11 est limité au nord et au nord-ouest par les sandjaks d'Erlhogroul, de Brousse et de Rarassi ; à Test par le vilayet d'Angora; au sud-est et au sud, par le sandjak de Kara-IIissar ; et, à l'ouest, par le vilayet de Smyrne.

Superficie. — Sa superficie totale est de 18,800 kilom. carrés.

administrative. — il est divisé administrativement en cazas et 14 nahiés, comptant en totalité 851 villages, comme suit :

GAZAS

KUTAHIA

Eski-chèhr . . .

Ouchak

Ghédos

Sémàv

5 cazds

NAHIÈS

1. Kulahia; 2. Altouo-tâch; 3. Keure^hi; 4. Vi râudiik; 5. Guinucb ; 6. Âriuoud-ili; 7. Tav chànli ; 8. Eghri-gueuz

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