‹ La Turquie d'Asie; géographie administrative, statistique, descriptive et raisonnée de chaque province de l'Asie-Mineure;Chapitre 48 sur 144 · H X O TT, H -M · texte numérisé non relu

H X O TT, H -M

Ville d'Aivalik

Rutchuk-keuï et ses hameaux.

Totaux par communautés.

TnTAI. OKNRKAI

Chef-lieu. — La ville d'AïvALiK (en turc, pays des coings) porte en grec le nom de « Kydonia » qui a la même signification. Comme on le voit au tableau ci-dessus, elle a 20,974 hab., presque tous grecs orthodoxes, et représente presque à elle seule le caza tout entier, dont elle est le chef-lieu. Sa situation, par 24"23' de longitude et 39''22' de latitude, à l'entrée du golfe Adramit et du canal de Métélin, est une des plus heureuses

Au pied du Kaz-dagh (mont Ida), s'élend une belle et vaste plaine bordée de forets profondes. La sombre verdure des pins, des sapins et des vieux chênes forme un cadre épais qui fait ressortir les tons vifs et gais des vignes, unies aux arbres fruitiers dans les grands jardins qui alternent avec les plantations de mûriers aux larges feuilles luisantes et les champs de tabacs. C'est au milieu de cette nature riche et variée qu'on aperçoit de loin la ville d'Adramit posée avec grâce des deux côtés de la roule de Balikèsser, à Tombre d'une avenue d'énormes oliviers, qui conduit au port d'Aktchéï.

Cette ville passe pour occuper remplacementderantiqueArf/'rtmyttium dont la fondation, selon Pline, est antérieure à la guerre de Troie. Elle portait alors le nom de Pédasiis, cité par Homère, et qui fut changé, sous la domination lydienne, en celui à'Adramyitiwn par Adramys, frère de Crésus. Cependant on n'y a jamais trouvé aucun vestige de monuments anciens ni modernes; mais les ruines d'édifices et de quais fortuitement découvertes, à 10 kil. vers le sud-ouest, au bord de la mer, feront peutêtre reconnaître à Kémèr-Adramit remplacement vrai d'Adramyltium. On sait que du temps des Romains Adramyltium avait un port et un arsenal.

Quoi qu'il en soif, il y a dans la ville actuelle d'Adramit et les 47 villages qui sont sous sa dépendance directe, 22 mosquées et mesd/id, i médressé^ 6 églises, H fabriques diverses et 7 savonneries; 9 teintureries, 12 tanneries, 63 moulins, 39 boulangeries, 120 cafés, un casino, 8 han ou. hôtelleries, un dépôt militaire, 1,240 maisons à Adramit et 295 à Havran-Kébir.

On fabrique aux environs beaucoup d'excellente huile d'olive et de vins dits « des Dardanelles )>.

Eaux minérales. — A Prènk, village distant de 2 kil. ouest d'Adramit, il y a des eaux thermales sulfo-ferrugineuses renommées pour la guérison des névroses. Elles ont été décrites au chapitre spécial du vilayet de Brousse, page 44.

Amroud-Abad Avnîyé. — Il n'y a rien a ajouter ici à ce

Écoles Élèves

1 gymnase reconnu par TUniversité

d'Athènes 40

2 lycées d'enseignement secondaire. . 85 18 écoles primaires et élémentaires. . 750

1 pensionnat de jeunes filles. ... 50

2 écoles primaires de jeunes filles. . 180

La ville d'Aïvalik est divisée en 11 quartiers. Outre le konak (hôtel du gouvernement), riiôtel municipal, un hôpital militaire et trois corps de garde {karaghol, sorte de petites casernes), on y compte 1 petite mosquée, 12 églises et 6 monastères; 2 hôtels, 2 casinos, 3 haji ou hôtelleries, 50 cafés modernes et 10 cafés turcs, 45 boulangeries, 950 boutiques diverses, 25 moulins, 7 minoteries, 18 huileries, 26 savonneries, 40 tanneries et 4,774 maisons.

L'Angleterre, la France et l'Italie ont à Aïvalik des vice-consuls et la Grèce, 1 consul. L'Allemagne, l'Autriche et la Russie n'y ont point de réprésentants.

Les principales cultures sont celles de la vigne, de l'olivier et du lentisque. Aux environs de la ville, il y a 14 briqueteries, 1 verrerie et 9 carrières de pierres à bâtir exploitées pour les constructions d'Aïvahk et de Kutchuk-keuï.

Parmi les objets d'exportation en Turquie et à l'étranger, récoltés ou fabriqués dans le caza d'Aïvalik, les plus importantes sont les olives fraîches et les huiles d'olive ; des savons de qualité inférieure en quantités très considérables, des cuirs et peaux tannés et mégissés, quelques maroquins; d'excellents vins et de bons raisins secs, des eaux-de-vie au mastic ou résine de lentisque, des tuiles et briques, des verreries communes, quelques quantités de céréales et des farines de qualités diverses, des tourteaux, etc.

Le mouvement commercial moyeu et annuel du port d' Aïvalik est de 12,420,724 fr., dont 9,024,034 fr. à l'exportation, et 3,396,690 fr. à l'importation.

Population du caza. — Sa population totale est de 61 ,279 hab. comme suit :

Musulmans 5,418 hab.

Grecs orthodoxes 54,467

Étrangers 98

Divers 98

Total. . . fH,279 hab.

Chef-lieu. — Krdèk (Arlaki), chef-lieu du caza de môme nom et résidence du caïmakam, sous-gouverneur, est situé au bord de la mer de Marmara, dans le golfe d*Artaki, à 5 kil. environ de Tisthme sablonneux qui lient la place de Tancien canal séparant jadis Tlle de Cyzique du continent.

Population du chef -lieu. — Sa population, comprise dans le chiffre ci-dessus de celle du caza, est de 6,462 hab. comme suit :

Musulmans 807 hab.

Grecs orthodoxes 5,655

Total. . . . 6,462 hab.

Erdèk est l'ancienne Ariace, ville très antique, voisine de Cyzique, dont elle était pour ainsi dire Tavant-port. C'était, selon Hérodote, une colonie des Milésiens. Pline en parle comme n'existant plus de son temps. Cependant Artace avait encore une certaine importance plus lard, sous les empereurs byzantins. Il y a dans la presqu'île des fortifications qui ont été construites avec des resles magnifiques d'ouvrages grecs, employés comme matériaux bruts, pris sans doute aux ruines de Cyzique, car Artace n'a probablement jamais eu rien d'aussi beau. Dans une vigne située au-dessus de la ville actuelle d'Erdèk, on voit

un mur eu blocs de marbre blanc qui pourrait être considéré comme un vestige des temps les plus reculés de Tantique Artace, antérieur même à Tépoque citée par Hérodote.

Cyzique. — Les ruines de Cyzique, ville des plus célèbres dans l'antiquité, sont dans le voisinage et font partie des dépendances directes d'Erdèk. Lorsque les Argonautes abordèrent à rtle, Cyzicus en était roi et possédait toute la contrée située entre les fleuves jfUsepus (Khodja-tchaï)etiî%/îrfûcw5(Atarnos). Cette ville fut successivement soumise à Athènes, à Sparte et aux Perses. Alexandre le Grand s'en empara après la bataille du Granique (334 av. J.-C.) et relia Tile au continent par deux ponts. On croit que la tour dite de Baikh commandait la tête de Tun de ces ponts jeté sur le canal, comblé depuis des siècles par les atterrissements, mais qui existait encore lorsque Mithridate assiéga Cyzique, alors alliée des Romains (73 av. J.-C). LucuUus força le roi de Pont de lever le siège et de se retirer dans ses États, et l'alliance de Cyzique avec Rome se resserra étroitement. Sous les empereurs, elle conserva son autonomie, reçut à plusieurs reprises des adjonctions considérables de territoire, des titres honorifiques. Elle fut nommée par Hadrien Néocore Hadrienne Olympienne et prit plus tard le nom de Philosébaste. Le temple qu'elle éleva en Thonneur d'Hadrien était cité comme le plus beau de tous les temples. Sous Dioclétien, Cyzique fut instituée métropole de la province d'Hellespont. Les premiers empereurs de Couslantinople y établirent un hôtel des monnaies. Elle était encore alors dans toute sa splendeur; mais en 943, elle fut détruite par un tremblement de terre et leâ quelques habitants qui subsistèrent ne lardèrent pas à abandonner ses ruines.

Lorsque Suléiman-Pacha, fils et grand vizir du sultan Orkhan, vit ces ruines magniiiques qu'il compara au palais de Balkiz, reine de Saba, il fut saisi d'admiration et s'arrêta longtemps à les contempler. S'étant endormi dans cette rêverie, il eut un songe prophétique, qui le décida à passer en Europe, où ses conquêtes, arrêtées par sa mort subite dans un accident de chasse, furent continuées glorieusement par son frère Mou-

rad I*"" (Amural) Khodaveiidighiar, conquérant d'Ândrinople. Balkiz-Séraï, où Suléïman-Pacha eut cette vision, est située entre les villages de Hammamli et Erméni-keuï. A Tombre du vieux platane dont les rameaux abritèrent le fils d'Orkhan, Tancienne fontaine citée par Pline sous le nom de « Tons cupidonis » qui guérissait les peines d'amour, sort avec un doux murmure de dessous un mur antique, reste de Tenceinte de la grande cité grecque. On peut encore en suivre des yeux le pourtour jusqu'à l'isthme. Les antiquités qui sont trouvées dans ces ruines sont envoyées au musée impérial de Gonstanfinople.

Ecoles. — Les écoles de la ville et du caza d'Erdèk sont au nombre de 27, dont 2 secondaires et 25 primaires, fréquentées par 884 élèves dont 774 garçons et HO filles, comme suit :

ÉLÈVES

Musulmans. ... 1 méc/ressé 10

i 1 lycée ou gymase (garçons). . 50

Grecs orthodoxes.* 20 écoles primaires de garçons. 599

/ 1 — — filles . . 65

Arméniens grégo-i \ — — — 23

riens ( 1 — — garçons 65

1 — — filles. . 22

Israélites

Total. . . 27 écoles 884

Presque tous les habitants d'Ërdèk sont propriétaires de vignobles dans la presqu'île. Ils s'occupent à la fois de leur culture qu'ils ont poussée à une grande perfection, de la fabrication d'un vin blanc léger très goûté h Gonstantinople, et d'affaires de commerce maritime. Il y a environ 50 ans, un indusiriel eut l'idée de fabriquer avec les raisins des vignes d'Erdèk, du vin de Champagne dont la vente fit sa fortune. Malgré cette heureuse réussite, il n'a pas eu d'imitateurs.

On cultive aussi aux environs des oliviers et des poiriers. Les

280 VIF.AYRT DE BHOrSSE

olives, ainsi que les poires dites aklché-armoudli (poires d'argent) et mustafa bey^ sont expédiées à Constanlinople; les eauxde-vie de raisin au mastic (gomme de lenlisque) et les cognacs des fabriques d'Erdèk sont aussi en grande estime.

Près des ruines de Gyzique, à Erméni-kenï et à Hammamli, on exploite des carrières de granit d'un gris foncé bleuâtre qui, taillé en cubes et en étroites dalles, sert à paver les nouvelles rues des quartiers de Stamboul et à border leurs trottoirs.

Eaux minérales. — Dans le petit Ilot nommé Zéitonniou (nie aux olives), situé devant la ville d'Erdèk, il y a une source thermale d'un débit fort abondant, très vénérée comme ayazma (fontaine sainte) objet de nombreux pèlerinages souvent suivis do guérisons.

Nahiés. — Le nahié de Kapoii-dagh est formé de 1 2 villages situés dans la presqu'île de même nom, ancienne lie, puis presqu'île de Cyzique. Sa population totale est de ^8,631 hab. dont 257 musulmans, 8,276 grecs orthodoxes et 98 étrangers.

Péramo, son chef-lieu, est situé dans le golfe de Cyzique, aujourd'hui golfe de Panderma. On compte entre Erdèk, cheflieu du caza, cl Péramo, une distance effective de 22 kil. qui, mesurée en ligne directe se réduit à 14 kil. La population de Péramo, comprise dans le chiffre ci-dessus de la population totale du nahié de Kapou-dagh est de 2,700 hab. On y compte 513 maisons.

La douane et l'administration de la Dette publique ont des agences à Péramo et à Mighania, village maritime du même nahié situé à l'entrée du golfe de Panderma.

On exploite aux environs de Péramo 14 carrières de ce granit bleuâtre déjà cité plus haut, et 4 autres semblables prè*; du village de Rothiyé. Fort souvent, les habitants de Péramo, en labourant leurs champs ou en creusant les fondations de leurs maisons trouvent des monnaies antiques de Cyzique, d'Artace, et surtout d'Alexandre et des empereurs romains, ainsi que des statuettes et autres objets d'art.

STATISTIQUE DESCIUI^TIVE 981

Marmara. — Le nahié de Marmara se compose de Tile ainsi nommée actuellement, qui est l'ancienne Proconnèse des auteurs grecs et latins, où se trouvaient les carrières de marbre de Cyzique. On y compte 8 villages et 9,718 hab. dont 626 musulmans; 8,846 grecs orthodoxes, 1 arménien et 245 Israélites.

L'île de Marmara mesure environ 20 kil. de l'ouest à Test, sur iO kil. du nord au sud; sa superficie est donc approximativement de 20,000 hectares, soif 200 kil. carrés.

Cette île est située dans la mer de Marmara, par 25^12' el 25^23' de longitude et W34' à WW de latitude. Son cheflieu, Marmara, se trouve sur la côte sud-ouest de l'île, à 15 milles marines nord-est de la ville d'Erdèk. C'est un bourg de 2,600 hab. dont 260 musulmans et 2,340 grecs orthodoxes.

Les principales carrières de marbre encore exploités aujourd'hui, au nombre de 24, pour la consommation de la ville de Constantinople, sont situées au nord-est de Tîle, à Palatia, où se trouve un antique monument qui sans doute a donné son nom (palais) h cette localité. L'exploitation actuelle est à 140 m. d'altitude; les blocs^ détachés de la montagne au ciseau sont enlevés à l'aide de coins de fer et portés sur des rouleaux par im chemin en pente douce jusqu'aux grands radeaux amarrés le long de la plage, où ils sont chargés pour être portés à destinai ion. Le marbre de Marmara est d'un blanc très pur, à cassure franche, comparable aux plus beaux marbres statuaires de l'Attique. C'est de ce marbre qu'ont été construits dans Tantiquilé les monuments de Cyzique et des autres villes grecques de la Propontide et de l'Hellespont. Les restes du tombeau de Mausole & Halicarnasse, qu'on voit au British muséum et les belles frises enlevées au château de Boudroum sont de ce même marbre, dont l'île tout entière peut être considérée comme une seule et inépuisable carrière.

Le sol de l'île de Marmara n'est en effet, pour ainsi dire qu'un bloc de marbre enraciné au fond de la mer 5 une grande profondeur et qui s'élève à 710 m. au-dessus du niveau de la raer. Il n'existe un peu de terrain cultivable que le long du

rivage. Aussi les productions du sol se bornent-elles à quelques oliviers peu nombreux^ et à des vignes qui poussent dans les rochers et par cela même donnent au delà des besoins locaux un excellent vin.

Malgré son extrême aridité, xMarmara nourrit d'innombrables lapins qui trouvent leur gîte dans les interstices des tas de recoupes de marbre dont Tile ne cesse de se couvrir dès la plus haute antiquité. On y trouve aussi beaucoup de renards el de perdrix rouges.

Les habitants se nourrissent à peu près exclusivement du produit de leur pêche.

il n'y a pas d'autre industrie à Marmara que l'exploitation des carrières de marbre. La douane et la Dette publique ont des agences aux villages de Brastos, Asmali» Palatia et Kalémi.

Le nahié de Pacha-Limdn comprend 3 petites îles de même nom doni la population totale est de 6,687 hab., dont 614 musulmans et 6,073 grecs orthodoxes. Les deux principaux îlots sont appelés par la population grecque Aloni et Afsia. Ce dernier nom rappelle celui d'Ophiussa donné dans l'antiquité au groupe entier des îles des parages de Cyzique. Quant à Aloni, c'est bien propablement celle de ces mêm»^s îles que Pline a citée sous le nom d'Halone.

Pacha-Limân, cheMieude ce nahié, est situé à 10 milles marins à l'ouest de la ville d'Erdèk (Arlaki). On y compte 880 hab., dont 80 musulmans et 792 grecs orthodoxes.

L'unique culture de ces îles est celle de la vigne et leur seule industrie, la fabrication du vin dit a des Dardanelles » et de celui de « Pacha-Limân. » Il y a autour du village d'Arablar 4 carrières de granit exploitées depuis peu.

La douane et l'administration de la Dette publique ont des agences à Pacha-Limàn et aux villages de Hosla, Ouskoubia, Ocha et Iskinlik.

Commerce. — Le mouvement commercial du caza d'Erdèk s'effectue par deux ports : celui A'Erdék (Artaki) sur la côte

ouest de la presqu'île de Cyzique, dans le golfe d'Arlaki et celui de KapoU'dagh (Péramo), sur la côte est de cette même presqu'île, dans le golfe de Cyzique^ aujourd'hui golfe de Panderma. Ce mouvement commercial représente en moyenne et annuellement une valeur de 2,761,941 fr., savoir:

Exportation. . . -S f^^^ ^f *f L ^ T * '^l 3,223 fr. ^ < Kapou-dagh (Péramo) . . . 362,987

Importation. .. .i^^^^*^;\ ^45,353

? Kapou-dagh 240,378

Total égal . . . 2,761,941 fr.

CAZA DE GUNA.\

Orientation, limites. — Le caza de Gunân est situé au nord-ouest du sandjak de Karassi et du vilayet de Brousse. 11 est limité : au nord, par la mer de Marmara ; à Test, par le caza de Panderma; au sud, par le merkez-caza de Balikèsser; et, à Pouesty par le mutessariflik de Bigha (Dardanelles).

Division administrative. — 11 est composé de 73 villages et n*a point de nahié.

Population. — Sa population totale est de 26,887 hab., comme suit :

Musulmans 25,001 hab.

Grecs orthodoxes 1 ,854

Arméniens grégoriens .... 13

Bulgares 15

Israélites 4

Total. . . 26,887 hab.

un mur eu blocs de marbre blanc qui pourrait être considéré comme un vestige des temps les plus reculés de Tantique Artace, antérieur même à l'époque citée par Hérodote.

Cyzique. — Les ruines de Cyzique, ville des plus célèbres dans l'antiquité, sont dans le voisinage et font partie des dépendances directes d'Erdèk. Lorsque les Argonautes abordèrent à nie, Cyzicus en était roi et possédait toute la contrée située entre les fleuves Jhhepus (Khodja-tchaï) et iîAy/îrfâ:r2/5(Atarnos). Cette ville fut successivement soumise à Athènes, à Sparte et aux Perses. Alexandre le Grand s'en empara après la bataille du Granique (334 av. J.-C.) et relia TUe au continent par deux ponts. On croit que la tour dite de Balkiz commandait la tête de l'un de ces ponts jeté sur le canal, comblé depuis des siècles par les atterrissements, mais qui existait encore lorsque Milhridate assiéga Cyzique, alors alliée des Romains (73 av. J.-C). LucuUus força le roi de Pont de lever le siège et de se retirer dans ses États, et l'alliance de Cyzique avec Rome se resserra étroitement. Sous les empereurs, elle conserva son autonomie, reçut à plusieurs reprises des adjonctions considérables de territoire, des titres honorifiques. Elle fut nommée par Hadrien Néocore Hadrienne Olympienne et prit plus tard le nom de Philosébaste. Le temple qu'elle éleva en l'honneur d'Hadrien était cité comme le plus beau de tous les temples. Sous Dioclétien, Cyzique fut instituée métropole de la province d'Hellespont. Les premiers empereurs de Constantinople y étabUrent un hôtel des monnaies. Elle était encore alors dans toute sa splendeur; mais en 943, elle fut détruite par un tremblement de terre et leâ quelques habitants qui subsistèrent ne tardèrent pas à abandonner ses ruines.

Lorsque Suléiman-Pacha, fils et grand vizir du sultan Orkhan, vif ces ruines magniiiques qu'il compara au palais de Balkiz, reine de Saba, il fut saisi d'admiration et s'arrêta longtemps à les contempler. S'étant endormi dans cette rêverie, il eut un songe prophétique, qui le décida à passer en Europe, où ses conquêtes, arrêtées par sa mort subite dans un accident de chasse, furent continuées glorieusement par son frère Mou-

STATISTIQUE DESCRIPTIVE 28j

public (hammam), 4 han ou hôtelleries, 70 boutiques, 5 magasins, 12 boulangeries, 15 cafés et 1,074 maisons. A 7 kilom. sud-est de la ville, près d'un village nommé Ilidja (source thermale), il y a 3 sources sulfureuses en grande réputation dont la description se trouve plus haut, au chapitre spécial du vilayet de Brousse page 43.

Le climat de ce caza est renommé pour sa salubrité et la douceur de la température. Le sol est bien cultivé, très productif en céréales et fruits. Les vignes sont belles et soignées. Les forêts de la chaîne de TAla-dagh, sur la rive gauche du Khodja- Ichàiy sont riches en conifères et en vieux chênes. On cite des gisements de divers minerais et surtout de boracite.

CAZA DE PANDERMA

Orientation, limite. — Le cazu de Pauderma est situé au nord-est du sandjak de Karassi. Il est limité: au nord, par le cazad'Erdèk (Artaki) et le golfe de Cyzique ; à Test par le merkez-caza de Balikèsser ; et à l'ouest par le caza de Gunân.

administrative. — Il est divisé adminislrativement en 3 nahiés qui sont : Panderma^ Aidindjik et Manias ; et Ton y compte en tout 89 villages.

Population du caza. — Sa population totale est de 63,488 hab., comme suit:

Musulmans 50,394 hab.

Grecs orthodoxes 5,9 1 4

Arméniens grégoriens 5,860

Divers 1,120

03,488 hab.

280 Vir.AYRT DE BROUSSE

olives, ainsi que les poires dites aklché-armoudli (poires d'argent) et mustafa bey^ sont expédiées à Conslanlinople; les eauxde-vie de raisin au mastic (gomme de lenlisque) et les cognacs des fabriques d'Ërdèk sont aussi en grande estime.

Près des ruines de Gyzique, à Erméni-kenï et à Hammamli, on exploite des carrières de granit d'un gris foncé bleuâtre qui, taillé en cubes et en étroites dalles, sert à paver les nouvelles rues des quartiers de Stamboul et à border leurs trottoirs.

Eaux minérales. — Dans le petit Ilot nommé Zéitonniou (File aux olives), situé devant la ville d'Erdèk, il y a une source thermale d'un débit fort abondant, très vénérée comme ayazma (fontaine sainte) objet de nombreux pèlerinages souvent suivis do guérisons.

Nahiés. — Le nahié de Kapou-dagh est formé de 1 2 villages situés dans la presqu'île de même nom, ancienne île, puis presqu'île de Cyzique. Sa population totale est de ^8,631 hab. dont 257 musulmans, 8,276 grecs orthodoxes et 98 étrangers.

Péramo, son chef-lieu, est situé dans le golfe de Cyzique, aujourd'hui golfe de Panderma. On compte entre Erdèk, cheflieu du caza, et Péramo, une dislance effective de 22 kil. qui, mesurée en ligne directe se réduit à 14 kil. La population de Péramo, comprise dans le chiffre ci-dessus de la population totale du nahié de Kapou-dagh est de 2,700 hab. On y compte 513 maisons.

La douane et l'administration de la Dette publique ont des agences à Péramo et à Mighania, village maritime du même nahié situé à l'entrée du golfe de Panderma.

On exploite aux environs de Péramo 14 carrières de ce granit bleuftire déjà cité plus haut, et 4 autres semblables près; du village de Rothiyé. Fort souvent, les habitants de Péramo, en labourant leurs champs ou en creusant les fondations de leurs maisons trouvent des monnaies antiques de Cyzique, d'Artace, et surtout d'Alexandre et des empereurs romains, ainsi que des statuettes et autres objets d'art.

découpe gracieusement autour de son port arrondi comme une coupeantique, au pied d'une haute falaise escaladée par ses maisonsétagées en pente. Les quatre ruesprincipalesconvergenl vers un même point central : Téléganle mosquée de Haïdar-Tchaonch, somptueusement restaurée, située devant Téchelle d'embarquement. Ces rues rayonnent vers les hauteurs h la façon des branches d'un éventail. Elles sont droites, bieu alignées, bordées de trottoirs et de jeunes arbres. La plupart des maisons sont ornées de balcons garnis de vignes et de glycines qui se rejoignent d'un côté de la rue à l'autre. De nombreuses rues tranversales viennent couper à angle droit ces quatre voies principales et conduisent à tous les points de la ville et des environs, couveris de vignobles, de plantations de m^iriers et de jardins fruitiers. Plusieurs sources d'eau courante passent à travers ces rues dont elles entretiennent la propreté, la fraîcheur et la salubrité, tout en fournissant l'alimentation nécessaire aux habitants.

Il y a à Panderma des tribunaux de droit moderne et de droit musulman ; une municipalité, propriétaire de l'échelle d'embarquement dont les droits sont affermés par elle pour la somme de 1,800 livres turques (41,400 fr.) ; des commissions de l'instruction publique et des mohadjir (réfugiés) ; une banque agricole ; une station postale et télégraphique de service international (langues turque et française) ; une capitainerie de port et un service de quarantaine ; une direction de la douane; une agence de la Compagnie de navigation à vapeur Mnhsoussé^ ainsi que des directions de l'administration de la Dette publique et de la Régie des tabacs. Panderma est le quartier des étatsmajors de 2 bataillons de la réserve (rédif). Le service d'ordre public et la police y sont faits par un détachement de 28 zaptiès, dont 13 à pied et 15 à cheval, sous les ordres d'un lieutenant, d'un agent de police et de 3 caporaux.

Les écoles delà ville et du caza de Panderma sont au nombre de 55 dont 5 secondaires et 48 primaires, fréquentées par 1,188 élèves dont 1,063 garçons et 125 filles, comme suit :

rivage. Aussi les productions du sol se bornent-elles à quelques oliviers peu nombreux^ et à des vignes qui poussent daus les rochers et par cela même donnent au delà des besoins locaux un excellent vin.

Malgré son extrême aridité, Marmara nourrit d'innombrables lapins qui trouvent leur gîte dans les interstices des tas de recoupes de marbre dont Tlle ne cesse de se couvrir dès la plus haute antiquité. On y trouve aussi beaucoup de renards et d» perdrix rouges.

Les habitants se nourrissent à peu près exclusivement du produit de leur pêche.

11 n'y a pas d'autre industrie à Marmara que l'exploitation des carrières de marbre. La douane et la Dette publique ont des agences aux villages de Braslos, Âsmali, Palatia et Kalémi.

Le nahié de Pacha-Limàn comprend 3 petites îles de même nom dont la population totale est de 6,687 hab., dont 614 musulmans et 6,073 grecs orthodoxes. Les deux principaux îlots sont appelés par la population grecque Aloni et Afsia. Ce dernier nom rappelle celui à'Ophhissa donné dans l'antiquité au groupe entier des îles des parages de Cyzique. Quant à Aloni, c'est bien propablement celle de ces mêmes îles que Pline a citée sous le nom d'Halone.

Pacha-Limân, cheMieude ce nahié, est situé à 10 milles marins à l'ouest de la ville d'Erdèk (Artaki). On y compte 880 hab., dont 80 musulmans et 792 grecs orthodoxes.

L'unique culture de ces îles est celle de la vigne et leur seule industrie, la fabrication du vin dit a des Dardanelles » et de celui de « Pacha-Limân. » Il y a autour du village d'Arablar 4 carrières de granit exploitées depuis peu.

La douane et l'administration de la Dette publique ont des agences à Pacha-Limân et aux villages de Hosla, Ouskoubia, Ocha et Iskinlik.

Commerce. — Le mouvementcommercial du caza d'Erdèk s'effectue par deux ports : celui d'ErdèA (Artaki) sur la côte

ouest de la presqu*île de Cyzique, dans le golfe d'Arlaki et celui de KapoU'dagh (Péramo), sur la côte est de cette même presqu'île, dans le golfe de Cyzique^ aujourd'hui golfe de Panderma. Ce mouvement commercial représente en moyenne et annuellement une valeur de 2,761,941 fr., savoir:

Exportation j Erdèk (Arlaki) 1,813,223 fr.

^ ' ' ' '( Kapou-dagh (Péramo) . . . 362,987

imporlation. . . .i^^^^*^- ; ' ^^^'^^^

/Kapou-dagh 240,378

Total égal . . . 2,761,941 kr.

CAZA DE GUNAiN

Orientation, limites. — Le caza de Gunân est situé au nord-ouest du sandjak de Karassi et du vilayel de Brousse. 11 est limité : au nord^ par la mer de Marmara; à Test, par le caza de Panderma; au sud, par le merkez-caza de Balikèsser; et, à Touest, parle mutessaridik de Bigha (Dardanelles).

Division administrative. — Il est composé de 73 villa.ges et n'a point de nahié.

Population. — Sa population totale est de 26,887 hab., ^omme suit :

Musulmans 25,001 hab.

Grecs orthodoxes 1,854

Arméniens grégoriens . ... 13

Bulgares 15

Israélites 4

Total. . . 26^887 hab.

Chef-lieu. — Gunan est le chef-lieu du cazade même nom. La population de cette petite ville, comprise dans le chiffre ci-dessus de celle du caza, est de 5,370 hab., comme suit :

Musulmans 4,690 hab.

Grecs orthodoxes 680

Total . . 5,370 hab.

Il y a dans la ville et le caza de Gunân 48 écoles, dont 2 supérieures, 1 secondaire et 45 primaires fréquentées par 1,146 élèves dont 1,121 garçons of 25 filles, comme suit :

ÉLÈVES

V 2 médressés {dvoil et théologie). 16

Musulmans. . . 1 lycée et une école 50

( 34 écoles primaires 695

Grecs orthodoxes.^ 10 écoles primaires de garçons. 350

1 — * — filles 25

Total. . . 48 écoles 1,146

La ville de Gunàn est située à proximité de la rive droite du Khodja-tchài (Asepsus) où va se jeter la petite rivière de Gunân, qui passe à travers cette ville et dont les eaux sont très goûtées et vantées par ses habitants. Gunân est à 60 kil. nord-ouest de Balikèsser, chef-lieu du sandjak, et à 22 kil, de l'embouchure du Khodja-tchài dans la merde Marmara (golfe d'Arlaki), Aucune route ne relie Gunân \\ aucune autre localité, sinon des sentiers de caravanes, praticables seulement aux mulets et aux chameaux; mais les bois de sa belle forêt de San-kein^ dans la chaîne de l'Ala-dagh, sont transportés par flottage sur le Khodja-tchài, qui pourrait facilement être rendu navigable sur tout son parcours ou du moins dans toute la traversée du caza.

" Oncompte à Gunân 15 mosquées, 2 yw^</r^s5^, 1 église, 1 bain

STATISTIQUE DESCRIPTIVE 28j

public (hammam), 4 han ou hôtelleries, 70 boutiques, 5 magasins, 12 houlaugeries, 15 cafés et 1,074 maisons. A 7 kilom. sud-est de la ville, près d'un village nommé llidja (source thermale), il y a 3 sources sulfureuses en grande réputation dont la description se trouve plus haut, au chapitre spécial du vilayet de Brousse page 43.

Le climat de ce caza est renommé pour sa salubrité et la douceur de la température. Le sol est bien cultivé, très productif en céréales et fruits. Les vignes sont belles et soignées. Les forêts de la chaîne de TAla-dagh, sur la rive gauche du Khodjatchdi^ sont riches en conifères et en vieux chênes. On cite des gisements de divers minerais et surtout de boracite.

CAZA DE PANDERMA

Orientation* limite. — Le caza de Panderma est situé au nord-est du sandjak de Karassi. Il est limité: au nord, par le cazad'Erdèk (Artaki) et le golfe de Cyzique ; à Test par le merkez-caza de Balikèsser ; et à Touest par le caza de Gunân.

administrative. — Il est divisé administrativement en 3 nahiés qui sont : Panderma, Aïdindjik et Manias ; et Ton y compte en tout 89 villages.

Population du oaza. — Sa population totale est de 63,488 hab.y comme suit:

Musulmans 50,594 hab.

Grecs orthodoxes 5,914

Arméniens grégoriens 5,860

Divers 1,120

63,488 hab.

Chef -lieu. — Panderma, chef-lieu du caza de même nom, résidence du caïmakam, sous-gouverneur^ et du métropolitain grec orthodoxe, archevêque de Cyzique, est située par So'^Sd de longitude et 40^21' de latitude, au fond de l'ancien golfe de Cyzique, qui porte aujourd'hui le nom de golfe de Panderma. Son port, situé précisément en face et à la distance de 5 milles marins au sud-est des ruines de Cyzique, semble avoir été dans l'antiquité Tun des deux ports de cette illustre cité, dont la renommée fut si grande. Les restes d'un môle antique, sur lesquels est établie la nouvelle jetée-abri peuvent, aussi bien qu sa situation même, justifier cette hypothèse.

La population de la ville de Panderma, comprise dans 1 chiffre ci-dessus de celle du caza, est de 10,031 hab. comm suit :

Musulmans 7,000 hab.

Grecs orthodoxes 1,515

Arméniens grégoriens 1,516

10,031 hab.

La ville de Panderma est à la distance de 60 milles marins h Touest de Constant! nople avec laquelle elle est en relations régulières trois fois par semaine par les bateaux à vapeur de la Compagnie ottomane Mahsoussé qui faille service postal; et en relations journalières, mais sans régularité, par les bateaux d'autres compagnies maritimes indigènes et étrangères. Une grande chaussée carrossable se dirigeant vers le sud parcourt 95 kil. de cette ville à Balikèsser, chef-lieu du sandjak de Karassi et va de là aboutir à 80 kil. plus loin vers l'ouest au port d'Adramit (Aktchéï) visa vis la mer Egée. Une autre route carrossable d'une longeur totale de (02 kil. se dirigeant vers l'est, mettra bientôt Panderma en communication directe avec Brousse, chef-lieu du vilayet.

La ville actuelle de Panderma, presque entièrement rebâtie à la suite d'un grand inceudie qui faillit l'anéantir en 1874, se

Industrie locale. — Les industries domestiques de la ville de Panderma sont intéressantes. Elles consistent surtout dans rélevage du ver à soie et le dévidage des cocons, occupation de la plupart des familles de toutes les communautés. Les jeunes filles préparent à leurs moments perdus leurs trousseaux de mariage^ dont toutes les pièces : draps de lit, chemises, serviettes, etc., sont ornées de larges et splendides broderies d'or, d'argent, de soie de diverses couleurs, enrichies de pailletles et de corail en perles, qui font l'admiration de tous. Beaucoup de ces broderies sont distraites de leur destination pour augmenter les ressources des familles et vendues aux antikadji de Constantinople, qui les revendent aux touristes à des prix souvent fabuleux, mais proportionnés à leur mérite.

Quant aux industries exercées par les corporations ouvrières, elles sont bornées à l'extraction, au polissage et à la mise en œuvre des beaux marbres dit « rose d'Orient », que M. Groppler commença à exploiter, il y a une trentaine d'années. Ces marbres sont expédiés en Europe. Une autre industrie de Panderma est la teinture en noir des peaux et des cuirs consommés sur place.

L'ancien nom de Panderma est Panormo^ appellation aussi commune dans l'antiquité que le nom de yéni-keiiï (nouveau village) est aujourd'hui commun en Turquie. Plutarque dit, dans sa vie de Lucullus, que Mithridate, arrivant à l'improviste pour assiéger Cyzique avec 150,000 fantassins et une cavalerie nombreuse, occupa les hauteurs situées en face de la ville, sur le continent asiatique. On trouve en effet, dans les terrains environnant Panderma, à défaut d'autres antiquités, beaucoup de très anciennes sépultures pouvant faire supposer que cet endroit a jadis servi de cimetière à une armée.

Aïdindjik, chef-lieu du nahié de même nom, ressortissant du caza de Panderma, est une ville autrefois importante, située à 12 kil. ouest de Panderma et à 10 kil. sud-est d'Erdèk (Artaki) sur la limite même des deux cazas, devant les ruines de Cyzique, au milieu d'une riche végétation, de belles vigees, les unes cultivées en champs, les autres formant de longs festons

292 VlIAYET DE BROUSSE

ressources qu'il offre à ralimenlalion publique, ressources qui vont bientôt se multiplier, dans dévastes proportions, par rétablissement de grandes lignes de chemins de fer qui desserviront ces fertiles contrées, jusqu'ici dénuées de routes.

Il y a 40 ans environ, à Tépoque dont il vient d*ôtre question, le port de Panderma, bien qu'il fût déjà accessible aux plus grands navires, manquait de sûreté quand soufflaient les vents de nord-esl, souvent violents et de longue durée. La nouvelle jetée-abri, construite sur les restes d'un môle antique, assure en tout temps la sécurité des opérations du commerce maritime dans ce port de plus en plus fréquenté chaque année. En même temps, la production se développe. En 1 855, deux ou trois riches propriétaires, sujets ou protégés étrangers, s'occupaient seuls de grandes exploitations rurales souvent entravées par des difficultés de toutes sortes. Aujourd'hui, la plupart des riches habitants musulmans du caza de Panderma possèdent des propriétés d'une étendue considérable sur lesquelles ils ont établi de vastes tchiftlik. Suivant l'exemple du souverain qui ne se contente pas de créer des écoles d'agriculture, mais qui sait aussi mettre à profit leurs enseignements, ils exploitent ces nombreuses fermes, de nouvelle institution, d'après les meilleures méthodes et au moyen d'instruments aratoires et autres engins perfectionnés.

Les dépendances directes de Panderma se composent seulement des trois villages de Kayadjik^ Toutlimdni et Yénidjé ; le premier situé à 2 kil. de la ville et les 2 autres à 10 et à 1 1 kil. L'olivier, la vigne et le mûrier y sont Tobjel de soins spéciaux; on a constaté les progrès considérables réalisés depuis quelque temps dans ces cultures. Les autres produits principaux de ces localités sont : le froment^ l'orge, les fourrages, le maïs, le sésame, les pois chiches et les fèves, toutes sortes de légumes et de fruits.

La ville de Panderma est entourée de vignes d'excellent rapport^ de belles plantations de mûriers et d'agréables jardins. On s'occupe beaucoup aux environs et dans les trois villages précités de l'élève des abeilles. La qualité du miel est fort estimée. La quantité récoltée en 1893 a été de 10,263 kilog.

Le métropolitain, archevêque de Cyzique, dont la résidence, ainsi qu'il est dit plus haut, est à Panderma, apporte un grand zèle à surveiller les écoles de sa communauté. Ces écoles sont entretenues au moyen de contributions mensuelles que s'imposent les principales familles grecques constituées en éphorie. Les enfants de parents pauvres sont admis gratuitement ; ceux des riches paient en entrant une sorte de bienvenue, somme une fois donnée, qui ne dépasse guère la moyenne de 20 fr.

JL.a principale école des arméniens grégoriens est dirigée par

un prêtre instruit et dévoué, aidé de plusieurs répétiteurs et

suMTTeillants. La base de l'enseignement est le turc et i'armô-

OJ

-t^armi les autres écoles arméniennes de Panderma, on cite

un établissement particulier qui rend de réels services à la com-

nauB. Kiauté, car le professeur qui lient cette école de garçons, fré-

^u.^^iilée par 20 à 30 élèves, parle el enseigne, outre le turc et

^'^-■^ «nénien , le français, le grec, et même peut donner des

08 élémentaires d'anglais. Par malheur cet établisse-

it est si peu encouragé que parfois il manque du néces-

l'exception du lycée d'Aïdindjik, les autres écoles du caza Ides annexes de mosquées et d'églises. Leur enseignement ^^*^ élémentaire.

^^ utre les 5 mosquées citées plus haut, el dont une seule, ^^^^ Âar-Tchaouch^ peut être considérée comme digne d'une

lion spéciale pour la simplicité de sa récente leslauration, . "^^ sixième a été construite pour les mohadjir (réfugiés) dans *^"*" miartier qui leur est assigné.

^^ J8 églises sont au nombre de 5 en y comprenant une petite

,^^^j>elle très ancienne qui attire de nombreux pèlerins. Quatre

^ ^îî^es édifices appartiennent à la communauté grecque ortbo-

^^^^ qui possède aussi 4 monastères. Les arméniens grégoriens

^^^t qu'une seule église desservie par deux prêtres. Il n'y a

^^*^^>t de chapelle catholique, car les chrétiens de ce rite ne font

^^^ de rares et courts séjours à Panderma. Leur résidence fixe

de pampres jusqu'à la cime des autres arbres fruitiers qui bordent la route d'Erdèk, sur la côte occidentale de Tisthme. Son nom d'AïdindJik (petit Aïdin) lui a été donné par un ancien compagnon d'armes de YÉyyii?' Aïdin qui la construisit tout entière de matériaux tirés des ruines de Gyzique, et en fit sa résidence et le chef-lieu de son domaine. On y compte 5 mosquées à minarets, 10 mesdjid, 2 églises, 2 bains publics (hammam); 2 han ou hôtelleries, 3 fours publics, 11 magasins, 85 boutiques, 19 cafés, 5 huileries, 5 moulins et 870 maisons. Sa population est de 3,480 hab. dont 2,680 musulmans^ 200 grecs orthodoxes et 600 arméniens grégoriens. Il y a dans la y'iUe d'Aïdindjik une municipalité, 1 lycée et 8 écoles primaires.

La population totale du nahié d'Aïdindjik est de 7,917 hab. comme suit :

Musulmans 6,704 hab.

Grecs orthodoxes 329

Arméniens grégoriens 781

Divers 105

Total. . . 7,919 hab.

Ce nahié est composé de 23 villages. Il s'y trouve 4 tchiftlik^ (fermes) qui sont Giilmuch^ Tckoriddn, Tékfour^ et Kétchili. La principale culture du nahié est celle de Tolivier.

Le nahié de Manias comprend, avec le lac de même nom (ancien lac de Milétopolis) décrit plus haut p. 75, 63 villages et une population totale de 14,521 hab, dont 13,012 musulmans, 766 grecs orthodoxes et 743 arméniens grégoriens. Son chef-lieu, situé à 35 kil. au sud de Panderma et à 65 kil. au nord de Balikësser, au sud-est du lac, passe pour occuper remplacement de Tantique Pœmaninus, qui fut sous les Byzantins ville épiscopale, surnommée « la bien défendue ». On voit en effet des ruines antiques et des restes de murailles byzantines sur une colline voisine nommée Mal-tépé. Manias est aujourd'hui un village de 444 hab. auxquels a été adjoint

récemment un nombre à peu près égal de mohadjir (réfugiés). Il se tient tous les ans à Manias une foire de 15 jours qui commence le 21 mai, et qui donne lieu à des affaires commerciales considérables. Quatre jours entiers sont exclusivement réservés au commerce des moutons. On nomme celte foire Kouch-panaïri (la foire aux oiseaux).

Sur la pointe occidentale du lac de Manias est situé le village de Kozakli^ habité exclusivement depuis plus de 200 ans par des cosaques musulmans qui ont conservé avec soin le costume et les usages de leur pays d'origine. Ils ont pour unique occupation tantôt la pêche dans les lacs de Manias et d'Apolloniaet dans le cours inférieur des fleuves et rivières qui passent près de ces lacs ou à travers leurs eaux, tantôt à certaines époques, la fabrication du caviar avec les œufs des poissons qui remontent le cours du Sémav-sou (Macestus).

Commerce. — Le mouvement commercial du caza de Panderma s'effectue par le port de même nom. Sa valeur moyenne et annuelle se résume comme suit :

Exportation 14,907,456 fr.

Importation 2, 729 J 52

Total. . . 17,636,608 fr.

CAZA DE BIGHADJIK

Orientation, limites. — Le caza de Bighadjik est situé au sud-est du sandjak de Karassi. Il est limité : au nord-ouest, par le merkez-caza de Balikèsser ; au nord-est, par le merkez-sandjak de Brousse ; au sud-est et au sud-ouest, par le caza de Sanderghi .

Division administrative. — Il n'a point de nahié et l'on y compte 51 villages.

296 VILWET DE BROUSSE

Population du caza. — Sa population totale est de 12,805 hab. dont ;

Musulmans 12 771 hab.

Grecs orthodoxes 34

Total. . . 12,805 hab.

Chef-lieu. — Bighadjik, chef-lieu du caza de même nom et du résidence caïmakam, sous gouverneur, est située sur le flanc occidental d'une montagne connue sous le nom de Oros-daghi, formé d'un mot grec et d'un mot turc signifiant Tun comme Taulre « la montagne ». Une belle forêt peuplée de chênes, de hêtres, de charmes^ pins et sapins, d'une superficie de 619 kil. carrés, couvre cette montagne qui n'a point de nom particulier.

La ville est entourée de jardins fruitiers, de vignes, de champs de maïs, de sésame et de fèves, encadrée dans les grands arbres de la forêt; elle est étagée en pente douce; ses faubourgs s'en vont en égrenant leurs maisons, à travers l'herbe fleurie des pâturages, rejoindre la rive droite du Sémav-sou (Macestus). Aux environs, on rencontre de plusieurs côtés d'intéressantes ruines antiques qui ne semblent pas avoir été reconnues par les savants. Une source thermale très renommée reçoit tous les ans de nombreux baigneurs.

A 2 kil. au sud de Bighadjik, une petite rivière, le Yoghounolouk^ se jette dans le Sémav-sou. Le long de ce petit cours d'eau s'établissent les tanneurs qui trouvent de grandes vertus à ses eaux remarquablement douces, et qui les considèrent comme les meilleures de toutes pour la préparation des peaux.

La population de Bighadjik, comprise dans le chiffre ci-dessus de celle du caza, est de 3,162 hab. dont 3,128 musulmans et 34 grecs orthodoxes.

Les écoles de ce caza sont au nombre de 24 dont 2 supérieures, et 22 primaires, fréquentées par 569 élèves, comme suit :

ïmédressé 18 élèves

22 écoles annexés de fondations pieuses. 551

Total. 24 écoles. 569 élèves

Oulre le konak du gouvernement, l'hôtel municipal et la station télégraphique (correspondance en turc) on compte à Bighadjik 8 mosquées, 2 médressé^ 1 tekké (couvent de derviches) 125 fontaines publiques (Ichèchmè), 4 bains publics (hammam), 4 han ou hôtelleries, 1 casino, 12 cafés, 82 boutiques, 4 fours publics, 13 tanneries et 720 maisons. Bighadjik est à 40 kil. sud-est de Balikèsser, chef-lieu du sandjak de Karassi, et à 125 kil. sud-ouest de Brousse, chef-lieu du vilayet. Aucune route carrossable ne met ces villes en communication. Le SémaV'Sou pourrait être d'un grfind secours pour Técoulemenl économique des productions de ce caza; mais ce fleuve n'est actuellement navigable que dans son cours inférieur.

La production agricole du cazade Bighadjik consiste surtout en céréales et en fruits. Son importance, ainsi que celle de la production forestière, est considérable. L'industrie locale se borne à des cuirs et peaux, considérés comme les meilleurs du pays.

CAZA DE SANDEUGIII

Orientation, limites. — Le caza de Sanderghi est situé au sud-est du sandjak de Karassi. Il est limité : au nord, par le merkez-sandjak de Brousse; à Test, par ce môme sandjak et celui de Rutahia; au sud, par le vilayet de Smyrne; au nord-est et au nord-ouest par le caza de Bighadjik et le merkez-caza de Balikèsser; et, à l'ouest, par ce dernier.

de pampres jusqu'à la cime des autres arbres fruitiers qui bordent la roule d'Erdèk, sur la côte occidentale de l'isthme. Son nom d' AïdmdJ ikipelll Aïdin) lui a été donné par un ancien compagnon d'armes de Y Émir Aïdin qui la construisit tout entière de matériaux tirés des ruines de Cyzique, et en fil sa résidence et le chef-lieu de son domaine. On y compte 5 mosquées à minarets, 10 mesdjid, 2 églises, 2 bains publics [hammam)\ 2 han ou hôtelleries, 3 fours publics, 11 magasins, 85 boutiques, 19 cafés, 5 huileries, 5 moulins et 870 maisons. Sa population est de 3,480 hab. dont 2,680 musulmans, 200 grecs orthodoxes et 600 arméniens grégoriens. Il y a dans la ville d'Aidindjik une municipalité, 1 lycée et 8 écoles primaires.

La population totale du nahié d'Aïdindjik est de 7,917 hab. comme suit :

Musulmans 6,704 hab.

Grecs orthodoxes 329

Arméniens grégoriens 781

Divers 105

Total. . . 7,919 hab.

Ce nahié est composé de 23 villages. Il s'y trouve 4 tchiftltk^ (fermes) qui sont Gulmuch^ Tchoriddn, Tékfow\ et Kélchili. La principale culture du nahié est celle de Tolivier.

Le nahié de Manias comprend, avec le lac de même nom (ancien lac de Milétopolis) décrit plus haut p. 75, 63 villages et une population totale de 14,521 hab, dont 13,012 musulmans, 766 grecs orthodoxes et 743 arméniens grégoriens. Son chef-lieu, situé à 35 kil. au sud de Panderma et à 65 kil. au nord de Balikèsser, au sud-est du lac, passe pour occuper remplacement de Tanlique Pœmaninus, qui fut sous les Byzantins ville épiscopale, surnommée « la bien défendue ». On voit en effet des ruines antiques et des restes de murailles byzantines sur une colline voisine nommée Mal-tépé. Manias est aujourd'hui un village de 444 hab. auxquels a été adjoint

récemment un nombre à peu près égal de mohadjir (réfugiés). Il se tient tous les ans h Manias une foire de 15 jours qui commence le 21 mai, et qui donne lieu c^ des affaires commerciales considérables. Quatre jours entiers sont exclusivement réservés au commerce des moutons. On nomme celte foire Kourh-pandiri (la foire aux oiseaux).

Sur la pointe occidentale du lac de Manias est situé le village de Kozakliy habité exclusivement depuis plus de 200 ans par des cosaques musulmans qui ont conservé avec soin le costume et les usages de leur pays d'origine. Ils ont pour unique occupation tantôt la pèche dans les lacs de Manias et d'Apolloniaet dans le cours inférieur des fleuves et rivières qui passent près de ces lacs ou à travers leurs eaux, tantôt h certaines époques, la fabrication du caviar avec les œufs des poissons qui remontent le cours du Sémav-sou (Macestus).

Commerce. — Le mouvement commercial du caza de Panderma s'effectue par le port de même nom. Sa valeur moyenne et annuelle se résume comme suit :

Exportation 14,907,456 fr.

Importation 2,729,152

Total. . . 17,636,608 fr.

CAZA DE BIGHADJIR

Orientation, limites. — Le caza de Bighadjik est situé au sud-est du sandjak de Karassi. 11 est limité : au nord-ouest, par le merkez-caza de Balikèsser ; au nord-est, par le merkez-sandjak de Brousse ; au sud-est et au sud-ouest, par le caza de Sanderghi .

Division administrative. — Il n'a point de nahié et l'on y compte 51 villages.

296 VHAYET DE BROUSSE

Population du caza. — Sa population totale est de 12,805 hab. dont;

Musulmans 12 77i hab.

Grecs orthodoxes 34

Total. . . 12,805 hab.

Chef-lieu. — Bighadjik, chef-lieu du caza de même nom e du résidence caïmakam, sous gouverneur, est située sur le Qan occidental d'une montagne connue sous le nom de Oros-daghi, formé d'un mot grec et d'un mot turc signifiant l'un comme l'autre « la montagne ». Une belle forêt peuplée de chênes, de hêtres, de charmes, pins et sapins^ d'une superficie de 619 kil. carrés, couvre cette montagne qui n'a point de nom parliculier.

La ville est entourée de jardins fruitiers, de vignes, de champs de maïs, de sésame et de fèves, encadrée dans les grands arbres de la forêt; elle est étagée en pente douce; ses faubourgs s'en vont en égrenant leurs maisons, à travers l'herbe fleurie des pâturages, rejoindre la rive droite du Sémav-sou (iMaceslus). Aux environs, on rencontre de plusieurs côtés d'intéressantes ruines antiques qui ne semblent pas avoir été reconnues par les savants. Une source thermale très renommée reçoit tous les ans de nombreux baigneurs.

A 2 kil. au sud de Bighadjik, une petite rivière, le Yoghounoloiik^ se jette dans le Sérnav-sou. Le long de ce petit cours d'eau s'établissent les tanneurs qui trouvent de grandes vertus à ses eaux remarquablement douces, et qui les considèrent comme les meilleures de toutes pour la préparation des peaux.

La population de Bighadjik, comprise dans le chiffre ci-dessus de celle du caza, est de 3,162 hab. dont 3,128 musulmans et 34 grecs orthodoxes.

Les écoles de ce caza sont au nombre de 24 dont 2 supérieures, et 22 primaires, fréquentées par 569 élèves, comme suit :

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