GAZAS DU MUÏESSARIFLIK D'ISMIDT
MERKKZ-CAZA D'ISMIDT.
Orientation; limites. — Le caza d'ismidt est situé à rouestdumutessariflik de même nom. Il est limité: au nord, par le caza de Kandèrè ; à Test, par celui d' Ada-Bazar ; au sud, par les cazas de Guéivé et de Kara-Mursal^ et à Touest, par la mer de Marmara et le vilayet de Constantinople.
Superficie. — Sa superficie est de 1,500 kil. carrés.
administrative. — Il est divisé en deux parties : les dépendances directes du merkez-liva et le nahié de Baghtchédjik. Les premières se composent de 32 bourgs, villages et hameaux; le second en comprend 34, soit en totalité 66 centres de population.
Autorités. — Il est administré par un mutessarif^ gouverneur, assisté d'un conseil de môme composition que ceux des vilayets, et relevant directement du Ministère de Tintérieur. Les sous-gouverneurs ou cdimakam des autres cazas relèvent du mutessarif.
Population. — La population totale du caza d^Ismidt (merkez-liva) est de 53,163 hab., comme suit :
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pelle pour les catholiques de la ville et des environs. Celle école donnant dès le début des résultats qui leur faisaient espérer un prompt développement de leurs œuvres civilisatrices, les Pères Augustins, Tannée suivante, avaient fait l'acquisition d'une vaste propriété dans une situation centrale. Leurs installations étaient presque entièrement achevées, quand le 31 janvier 1893 un violent incendie éclata soudain dans une maison contiguf^ et réduisit tout en cendres.
Actuellement, les Pères Augustins Assomplionnistes travaillent avec activité à rétablir leur mission. Le nombre de leurs élèves, à Ismidt, a varié de 15 h 35 durant les années 1891 et 1892. Ils s'occupent également de tous les catholiques latins répandus dans cette partie de T Asie-Mineure, à partir de Guèbzè (vilayet de Constanlinople) jusqu'à Bilédjik (vilayet de Brousse) dont le nombre total est d'environ 260.
De leur côté, les Sœurs Oblates de l'Assomption ont ouvert à Ismidt en 1891, une école et un dispensaire. L'école est fréquentée par 84 élèves, tant catholiques que grecs orthodoxes, arméniens et israélites, auxquelles les sœurs enseignent le français, le grec, la couture et la broderie. Il se présente chaque semaine au dispensaire des sœurs, une moyenne de 100 malades appartenant aux diverses communautés de la ville et des environs, entre lesquels il n'est établi aucune distinction ni préférence.
La ville actuelle d'Ismidt s'étend au bord et au nord du golfe de même nom, au pied des collines où s'élevait l'Acropole de l'antique Nicomédie. Son ancien nom turc d'Iznikmid, aujourd'hui hors d'usage, n'était, dit-on, qu'une corruption des mots grecs « sic Nixo|xr^oeuv » par lesquels on désignait la ville byzantine bâtie sur les ruines de la capitale du roi Nicomède P^ L'aspect général de cette ville est pittoresque, riche et gai, surtout du côté de la mer où elle se présente en amphithéâtre, avec ses maisons en bois, peintes de vives couleurs, entourées de jardins dont la fraîche verdure et la parure de fleurs forment un agréable contraste avec la blancheur de ses nombreuses mosquées ombragées de noirs cyprès. Les eaux bleues du golfe, Tanima-
tionduport, le mouvement des chantiers de Tarsenal maritime, le va-et-vient des petites embarcations qui font le service local, la forêt de mâts des navires à l'ancre et leurs éclatants pavillons se détachant sur le ciel, complètent l'ensemble du riant tableau de cette ville déchue, il est vrai, mais encore en possession, par le commerce, de son ancienne importance.
Il y a à Ismidt 2 palais impériaux, dont Tun, commencé sous le règne d'Abd ul-x\Iédjid fut achevé par Abd ul-Aziz qui l'avait choisi pour rendez-vous de chasse favori. On vantait la splendeur des appartements richement décorés par un artiste parisien, M. Masson, alors peintre de Sa Majesté. Le konak ou hôtel du gouverneur, bien que construit en bois, n'en est pas moins un assez bel édifice. L'hôtel municipal n'a rien de remarquable. L'arsenal maritime, où l'on construit encore aujourd'hui des frégates, est une fondation du fameux grand vizir Keuprulu. Parmi les 55 mosquées de celte ville, on peut citer particulièrement celle que Peter Pacha, grand vizir de Sultan Suléiman el-qanouni (Soliman le Législateur), fit bâtir par maître Sinân, sur le modèle de la Suléimaniyé de Gonstantinople, qui serait le chef-d'œuvre de ce grand architecte s'il n'était aussi l'auteur de la Sélimiyé d'Andrinople. Il faut mentionner également la grande mosquée Orkhâniyé située dans le haut quartier; c'est une magnifique église byzantine désaffectée et consacrée au culte islamique parle sultan Orkhân vers 1330.
On compte à Ismidt et dans sa banlieue 17 églises, 4 monastères, 2 chapelles, dont Tune appartient aux Arméniens catholiques et l'autre à la mission protestante, et 1 synagogue, La grande église des Arméniens grégoriens est très simplement construite, mais assez richement ornée. Le monastère grec orthodoxe de Agios Paniéléimon^ situé à la distance de 1 ,500 m. à l'ouest de la ville, a été réédifié dernièrement sur le tombeau même du saint auquel il est dédié, non loin du cimetière arménien. Dans ce cimetière, on remarque le tombeau du magnat hongrois, Émeric Tékéli, qui servait contre l'Autriche dans l'armée du grand vizir Kara-xMustapha. Lorsque celui-ci fut contraint par le roi de Pologne Jean Sobieski, de lever le siège
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de Vienne, le 12 septembre 1683, Tékéli voulut en vain continuer à prendre part à la guerre sous le nouveau grand-vézir. Après avoir subi plusieurs insuccès, il fut ramené prisonnier à Conslantinople par ordre de Sultan Mohammed IV qui lui assigna pour résidence Ismidt où il mourut en 1705, sous le règne d'Ahmed III.
Outre ces édifices, il y a à Ismidt 5 tekké ou couvents de derviches; 2 imaret ou hospices pour les étudiants pauvres; 17 turbé ou chapelles funéraires; 3 médressé ou facultés de droit islamique; 1 hôpital; 1 direction de la douane; 1 station télégraphique de service international (langues turque et française); 1 office sanitaire; 1 dépôt militaire; 1 dépôt de marchandises; 10 bains publics (hammam); 146 fontaines publiques; 2 minoteries; 39 moulins; 2 scieries; 4 magnaneries; 34 boulangeries; 35 cafés; 1^140 boutiques; H fabriques d'huile de sésame et 5,857 maisons. On exploite aux environs 5 carrières de pierre à bâtir et 1 chantier de bois de construction. Deux usines de l'État : 1 fabrique de drap militaire et 1 fabrique de fez^ sont situées à proximité de la ville.
Notice historique. — Deux villes furent fondées par les Mégariens dans le golfe qui porta successivement le nom de la première, Astacus, puis de la seconde, Olbia, et enfin celui de Nicomédie. Astacus existait encore du temps de l'empereur Constantin Porphyrogénète, qui mentionne celte ville au quatrième rang après Nicomédie, métropole. Celle-ci fut fondée par Zipœtès, père de Nicomède I"; mais ce dernier, jaloux de donner son propre nom à la nouvelle capitale de son royaume dans laquelle il appela la population des villes voisines ruinées durant la guerre livrée à son père par Sysimaque, en fit une seconde et solennelle dédicace précédée de sacrifices aux dieux protecteurs de la Bythinie. Il fit élever, sur la place principale, sa statue en ivoire transportée à Rome sous Trajan, et il entoura la ville d'une forte enceinte de murailles dont les soubassements, formés d'énormes blocs de pierre calcaire, supportent encore aujourd'hui les ruines des tours et
autres ouvrages élevés plus tard SOUS la domination romaine.
La date de la première fondation de Nicomédie n'a pas été conservée. Quant à la seconde dédicace, elle eut lieu naturellement peu après à l'avènement de Nicomède I***, en 281 av. J.-C. La ville de Nicomédie fut embellie et richement dotée par les rois de Bythinie, dont la magnificence attirait à leur cour les rois voisins, et les plus illustres personnalités de tous les états situés autour des mers de l'ancien monde. Annibal y vint chercher un refuge sous les rois Prusias h^ et Prusias II, bâtit pour eux Prusa ad Olympum (Brousse) et commanda lui-même la flotte bythinienne qui mit en fuite les vaisseaux d'Eumène. Sous le dernier Nicomède, ami des Romains, César y fit un long séjour.
Nicomède \\\ légua à sa mort, en 75 avant J.-C, la Bythinie aux Romains. Silanus, Lucullus et Cotta, recueillirent, non sans peine, ce brillant héritage contesté par iMithridate. La domination romaine ne fut pas moins favorable à Nicomédie que celle de ses rois. Quoique décrétée province du peuple romain et gouvernée par des proconsuls tirés au sort, la Bythinie fut traitée en alliée plutôt qu'en pays conquis. Elle fut pourvue de routes, de canaux, de ports et de beaucoup d'ouvrages utiles. Les gouverneurs romains qui siégeaient à Nicomédie, lui procurèrent souvent de grands avantages. Pline l'embellit d'une place publique et la dota d'un aqueduc. Ses lettres à Trajan sont remplies des marques du grand intérêt qu'il portait à cette ville. Mais un violent incendie, qui se déclara en son absence, détruisit tous les monuments publics et beaucoup de maisons particulières. Ces pertes furent réparées par la munificence impériale; plusieurs empereurs prirent en affection le séjour de Nicomédie ; Héliogabale y passa l'hiver qui suivit son élection en
Dioclétien songea à en faire une seconde métropole de l'Empire et s'occupa avec activité de l'agrandir et de l'embellir; il y fit construire plusieurs palais^ des arsenaux, 1 hôtel des monnaies, des fabriques d'armes, durant la longue résidence qu'il y fit. Malheureusement, en 303, cédant à la pression de Galérius,
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il décréta la persécution des chrétiens qui commença en sa présence par le pillage de Téglise cathédrale et le martyre de Tévêque saint Antbyme. En 305, Tempereur^ dégoûté du pouvoir, abdiqua publiquement, en grande cérémonie, dans la plaine située à Test de Nicomédie, et partit aussitôt pour Salone, sa ville natale, où il passa le reste de ses jours à cultiver sou jardin.
Nicomédie eut beaucoup à soufTrir durant la guerre des Romains et des Perses, et quelques années plus tard elle fut ravagée par les Goths auxquels une trahison Tavait livrée. Un tremblement de terre, dont les suites ont été décrites par Li* banius et Ammien Marcellin, la détruisit de fond en comble. Ce ne fut que sous le règne de Justinien qu'elle parvint à recouvrer une partie de son ancienne splendeur.
Aucun événement digne d'intérêt n'eut lieu à Nicomédie à partir de cette renaissance jusqu'en 1328 (1727), date de sa conquête par le sultan Orkhân. Depuis lors, Ismidt n'a pas cessé de faire partie de l'Empire ottoman.
Antiquités. — A l'exception des restes de l'enceinte for* tiiîée, dont les murailles appartiennent à Tépoque romaine et reposent sur un soubassement qui semble pouvoir être attribué aux constructions primitives, il n'y a pas à Ismidt d'autres ves* tiges d'antiquité que la citerne située dans la ville haute, au milieu du cimetière israélite, les anciens égouts et les débris d'un môle.
La citerne fournissait de l'eau à l'ancienne ville. Elle est entièrement construite en briques et composée de 36 piliers supportant des arcades surmontées de voûtes. — * Sa surface est de 250 mètres carrés. Elle contenait, dit-on, ,1,500 mètres cubes d'eau fournie par une source abondante découverte par Pline.
Les anciens égouts, en parfait état de conservation, s'étendent horizontalement à l'intérieur des terres ; un homme peut les par*courir debout sans difficulté.
Les débris de l'ancien môle se trouvent auprès de Fem*
i)Oucbure de ces égouts, dans les dépendaDces de l'arsenal ma* jriUme. 11 élait formé d'une suite d'arches^ comme un pont, afin de laisser passer les courants sous-marins et d'éviter ainsi Ten* sablement du port. Les piliers et les arches, construits en bri- 8]ues, portaient en couronnement de larges assises de pierre formant tablier.
Production agricole. — La production agricole du ■uerkez-caza d'Ismidt est, en moyenne, comme suit :
Uectolitred.
Blé 29.000
Orge 13.000
avoine .... 20.500 Seigle .... 8 000
Hectolitres.
Maïs 110.500
Méteil (méléz). . 8 600
Millet 31.000
Kablidja(épautre) 10.000
UectoUtres.
Uiz 28.000
Vesce 8 000
Divers .... 10.000
Kilogr.
r'èves 13 000
c^ois chiches . . 15.000 ^aséoles (fèves
des marais . . 1 . 500
Edaricots. ... 25 000
[L.entiiles. ... 12.000
Sésame .... 3.600
amandes . . . 7.230
iNoix . . .
Chàtaigues .
Raisius frais Fruits divers Oignons. .
Aulx . . .
Pommes de terre Légumes frais. .
Coton. .
Cire . .
Miel . .
Cocons .
Soie grège Tabac .
Kilogr.
CEufs 10,000,000 pièces
Poulels 73,000 —
Bestiaux. — Le produit annuel de Télève du bétail est, en xnoyenne, comme suit :
Boeufs et vaches 38,368 tètes
Buffles ^i^'ïS —
Cl^evaux et mulets 9»500 —
Moutons *6'^^^ "
Chèvres communes 14,000 —
Chèvres mohair ^^'^^^ ~
Chameaux ^^^ ^
Total .... 129,094 têtes
Port. ^ Commerce. — Le mouvement de la navigation
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du porl d'ismidl el son mouvement commercial figurent plus haut dans les tableaux annexés au chapitre du commerce du mutessariflik, pages 349 et 351 .
Localités remarquables. — Ahslan b£y keuï, ancien (' Itch'kara )>, est un bourg situé à 10 kil. sud-est de la fabrique impériale de drap militaire, à 4 kil. sud de la fabrique impériale de fez, et à 4 kil. ouest de la station de Buyuk-Dèrbènd du chemin de fer d'Anatolie.
Ses habitants, au nombre de 2,800, presque tous arméniens grégoriens, sont pour la plupart employés ou ouvriers dans les deux fabriques impériales précitées.
On y compte aussi huit magnaneries.
L'école communale de ce bourg est divisée en deux sections. Tune pour les garçons au nombre d'une centaine,, l'autre pour les jeunes filles contenant 50 élèves. L'enseignement comprend 2 degrés : primaire et secondaire.
La co ndition générale des habitants est une aisance moyenne ; plusieurs sont riches.
Armach. — Akmach, bourg dépendant directement de la ville d'Ismidt, est, comme Arslan Bey keu!, exclusivement peuplé d'arméniens grégoriens, au nombre de 1,500 hab. Il est situé à 30 kil. nord-est du chef-lieu du sandjak auquel une petite route ou plutôt un sentier mal délimité s'embranchant sur la voie ferrée le relie assez pittoresquement, à travers jardins, champs et forêts. Le site, des plus agréables, touche presque à la lisière du caza de Kandèrè sur lequel s'étendent quelquesunes des propriétés et dépendances du monastère récemment érigé en abbaye, et qui, par son fameux pèlerinage et le séminaire renommé annexé à son église, a rendu célèbre cette petite localité.
Le bourg récemment reconstruit, après deux incendies successifs en 1862 et en 1888, sur de nouveaux plans d'ensemble appartenant pour une moitié à la première de ces deux dates, et pour l'autre moitié à la seconde, est situé à proximité d'une jolie
petite rivière aux frais ombrages nommée Bichtyui-déré^ dont le COUPS s'en va doucement rejoindre le Sakaria vers Tesl, en faisant tourner, entre autres moulins, celui du monastère nouvellement réparé et doté d'un outillage perfectionné. Le travail de ce moulin est largement entretenu par les nombreux pèlerinages qui se rendent de Conslantinople à Armach par la station d'Ismidl du chemin de fer d'Anatolie, et des vilayets d'Asie par celle d'Ada-Bazar. Il y est pourvu au moyen de la production de 2,000 deunum (environ 184 hectares) de terres arables appartenant au sanctuaire de Bon-Secours (Tcharkhapan Sourp Asdvazzadzin), objet du pèlerinage, tandis que celle de 3,000 rf^?^num (environ 276 hectares) de forêts faisant partie de la même propriété, fournit abondamment les branchages qui chauffent le four du boulanger, en même temps que le charbon et les bois de construction nécessaires à la communauté.
On vient de planter à Armach des milliers de mûriers et d'y fonder de vastes magnaneries, en vue de propager le système Pasteur dans cette région, en faisant diriger les éducations et les grainages de vers à soie par d'anciens élèves de l'institut séricicole de Brousse.
Le sanctuaire vénéré d' Armach occupe, suivant la tradition, un emplacement consacré par le sang des martyrs durant la persécution décrétée par Dioctétien en 303, à Nicomédie (Ismidt).
Il fut élevé une première fois, en 1 611 , par environ 300 familles appartenant à cette riche colonie arménienne venue de Perse vers 1608 et dont le plus grand nombre se fixa à Ada-Bazar, ainsi qu'il est dit page 376. Sous la conduite de l'évêque arménien grégorien Thadéos, ces 300 familles fondèrent à la fois le village d' Armach et le monastère, qui devint dès lors un des principaux centres de dévotion de la communauté arménienne en Turquie d'Asie et la résidence ordinaire des archevêques d'Ismidt du rite grégorien. Les souverains ottomans le prirent sous leur protection et se plurent h lui donner de nombreuses marques de leur haute sollicitude chaque fois qu'il eut à souffrir au milieu des luttes intestines des beys
ly 24
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d'alenlour. Les iirnians impériaux conférant divers privilèges aux archevêques Thadéos en 1611, Nicalaos en 1717, Athanase en 1758, et Bartholoméos en 1787, en les autorisant à réparer les pertes causées par ces petites guerres locales, sont conservés avec soin dans les archives du sanctuaire. Celui-ci, détruit encore une fois en 1807, dans une guerre entre les beys de Kaïmâs et de Guèndj-Ali, fut réédifîé par Tarchevêque Boghos Karacotchian en 1820, en vertu d'un nouveau firman impérial de Sultan Mahmoud II.
A partir de cette date commence une ère nouvelle pour le monastère d'Armach, ofi le niveau des études ecclésiastiques se releva et ne cessa plus de se maintenir avec soin à la hauteur des progrès généraux de renseignement. 11 en sort un grand nombre de maîtres, de prêtres, devartabed et d'évêques remarquables, et la plupart des patriarches de Constantinople, y compris M^^' Khorène Achikian, patriarche actuel, appartiennent à la congrégation d'Armach. En 1889, enfin, le séminaire d'Armach est élevé au rang de grand séminaire du patriarcat grégorien de Constantinople, et une éphorie spéciale, présidée par le patriarche, est chargée de l'administrer, sous la direction de l'archevêque actuel d'Armach, M*^' Malachia Ormanian et de ApikEfTendi Oundjian.
On y admet de jeunes élèves de 17 à 20 ans ayant terminé leurs études primaires, et dont le nombre est fixé à 44. La direction et Tadminislration du grand séminaire ne sont pas distinctes de celles du monastère. Les professeurs sont des religieux de ce couvent, au nombre de 7, y compris l'archevêque d'Armach auquel appartient la haute direction des études qui doivent durer 7 ans, au bout desquels les élèves ayant obtenu leur diplôme de docteur en théologie reçoivent en même temps le titre de membres de la congrégation d'Armach.
Le programme des études du grand séminaire d'Armach comprend, à titre obligatoire, les langues et httérature arménienne, turque et française et les éléments du grec et du latin, des sciences physiques et mathématiques. Les sciences religieuses, la philosophie et la théologie sont le principal objet de
l'enseignement qui comprend aussi, mais à tilre purement facultatif, les principales langues et litléralures européennes et asiatiques et les diverses sciences ne faisant pas partie intégrante du programme des études.
L'église de Notre-Dame, rééditîée, comme il est dit plus haut, en 1820, s'étant trouvée en 1872 dans un état qui nécessitait des réparations très considérables, il a été jugé préférable d'en élever une nouvelle, surmontée d'une coupole et d'un clocher. Durant le cours de cette construction, un incendie a détruit une grande partie du monastère en 1888. D'importants travaux de restauration ayant dû alors être exécutés, on a mis à profit celte circonstance pour reconstruire en même temps le local destiné aux pèlerins, le séminaire, qui a été doté à cette occasion d'un matériel complet entièrement neuf.
Les grands pèlerinages d'Armach ont lieu pendant le mois de septembre, entre les fêtes de la Nativité de la Vierge et de l'Exaltation de la sainte Croix de Varay. Des pèlerins isolés, craignant le bruit et la foule, et désireux d'accomplir leurs dévotions avec tranquillité, fréquentent le sanctuaire durant les mois de mai et de juin. Le nombre des pèlerins est chaque année de 6 à 7,000, parmi lesquels il se rencontre souvent des grecs orthodoxes, des catholiques et même des musulmans. Ces derniers, comme on le sait, ont la Vierge Marie en grande vénération.
Les offrandes des pèlerins forment, avec les dons de généreux bienfaiteurs, le principal fonds d'entretien du séminaire.
Khasgal {Pir- Ahmed) . — Outre le bourg d'Armach, la juridiction de l'abbaye s'étend sur le village de Khasgal, situé à 5 kilom. vers l'est, dans le nahié de Kaïmàs. Ce village, de 750 hab., porte officiellement le nom turc de Pir-Ahmed.
NAHIÉ DE BAGHTCHÉDJIK.
Baghtchédjik. — Baghtchédjik, chef-lieu du nahié de
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même nom, et résidence d'un mudir^ d'un vicaire de Tarchevêque arménien grégorien d'Ismidt, d'un curé arménien catholique et d'une mission protestante, est un gros bourg de 10,000 hab. dont 9,620 arméniens grégoriens, 300 arméniens protestants et 80 arméniens catholiques. On y compte 3 églises et 3 écoles, dont 2 secondaires et 1 primaire, fréquentées par 305 élèves, comme suit :