NATIONALITE
IIELIGION
47 sujettes oltomaDes 29 Italiennes 15 Hellènes
9 Autrichiennes
2 FrauçaisCB
39 Catholiques 32 Israélites 27 Grecques orthodoxes.
4 Arinénieoues
Total
La synagogue prend soin des écoles Israélites, qui reçoivent de[ ï Alliance des encouragements grâce auxquels elles acquièrent peu à peu d'utiles améliorations et réalisent de réels progrès, du moins en ce qui concerne l'enseignement secondaire.
11 y a à Âïdin, outre le Âonak ou hôtel du gouvernement
STATISTIQUE DESCRIPTIVR 597
civil, la caserne et ses annexes, résidence du gouverneur militaire et Técole Idadié, vasle édifice achevé depuis quelques mois seulement et silué sur le plateau qui domine la ville. On y compte environ 12,000 maisons, 2 ponts en pierre réunissant les quartiers situés sur les deux rives du Tabak-tchaï, 14 mosquées avec minarets et de nombreux mesdjids (oratoires musulmans) ; 3 tekkés ou couvents de derviches ; \ médressé (école de droit et théologie islamiques); 2 églises grecques orthodoxes; 1 église arménienne grégorienne; 1 église et 2 chapelles catholiques; i synagogue ; 3 hôpitaux dont 2 appartiennent à la municipalité et 1 à la communauté grecque orthodoxe; de vastes bazars déjà cités et un très grand nombre de boutiques, des hans ou hôtelleries, cafés, bains publics, des tanneries, maroquineries, fabriques d'objets en cuir, tels que ceintures d'armes (silahlik) et autres, àTusage des Zeïbeks, de tisseranderies, etc. Il n'y existe qu'un seul hôtel, prétendu à l'européenne, pour les touristes et autres étrangers, mais il est fort mal distribué et peu logeable. Il n'y a aussi qu'une seule promenade, appelée les Bounarakia^ dominée par le café Tchakir-Oghlou, oti quelques jeunes gens d'Aïdin vont jouer au billard.
Le konak est un vaste édifice de construction moderne, presque récente, en apparence, situé dans la partie haute de la ville au-dessus du bazar. Il est précédé d'une grande cour plantée de beaux platanes dont l'ombrage épais entretient une douce fraîcheur durant les ardeurs de Télé. On peut s'y rendre en voiture de la station du chemin de fer qui se trouve dans les bas quartiers, mais assez péniblement à cause de la forte déclivité des rues, qui ne permet pas de pénétrer de cette façon dans le quartier chrétien, accessible seulement aux piétons et aux cavaliers.
La station du chemin de fer est desservie journellement, de Smyrne à Binaire et vice versa, par un train de voyageurs et deux trains mixtes (marchandises et voyageurs), soit quatre trains mixtes et deux trains de voyageurs par jour. Ainsi qu'il est dit plus haut, cette station est restée l'une des plus importantes de la ligne, mais en résumé, le prolongement du chemin
de fer de Smyrne-Aïdin à l'intérieur du pays, tout en donnant dès à présent de grands profits au sandjak en général, a beaucoup nui, du moins en apparence, au commerce et à Tindustrie de la ville d'Aïdin en particulier. Ses han^ où toutes les caravanes, qui y affluaient du «fond de TAsie ottomane et de la Perse, faisaient de longs et fructueux séjours, sont aujourd'hui à peu prèsdéserts ou déjà affectés à un autre emploi. Mais cette nouvelle affectation elle-même suffirait à démontrer, s'il en était besoin, que ce n'est là qu'un état purement transitoire, et, l'on n'en saurait douter, au fur et à mesure du plus haut degré d'importance auquel parviendra de jour en jour le trafic du chemin de fer, la ville d'Aïdin acquerra de son côté une nouvelle et plus haute situation commerciale. Son rôle subira sans doute une transformation indispensable, mais tout à son avantage définitif.
Notices historiques. — On attribue la fondation de Traites, aujourd'hui Aïdin, à une colonie grecque composée d'émigrants de l'Argolide et de la Thrace. Ces derniers appartenaient à une peuplade qui louait ses services aux princes, à la façon des « bravi » du moyen âge, ou mieux encore à celle des Zéibeks^ qu'on peut considérer comme leurs descendants. L'histoire de cette ville est la même que celle de toutes les autres villes de la Lydie, dont elle était une des plus commerçantes et des plus renommées pour les grandes richesses de ses habitants, au nombre desquels compta Phythodore l'Asiarque, qui fut père de Pythodoris, reine de Pont, et qui possédait une fortune évaluée par Strabon à deux mille talents, soit environ 11,500,000 francs.
Le roi de Pergame, Attale, avait àTrallesun palais magnifique; il en reste à peine quelques vestiges près des ruines du gymnase. Tous les anciens monuments de cette ville sont d'ailleurs dans le même état. Les pierres ont servi à la construction des mosquées, et les quelques marbres qui sont parfois encore découverts sont employés à faire des tombeaux. Beaucoup de fouilles ont d'ailleurs été faites ; on a trouvé plusieurs
inscriptions portant le nom de Tralles, mais depuis longtemps on ne découvre plus rien qui soit digne d'intérêt.
Les tremblements de terre, autrefois très fréquents, ont aussi beaucoup contribué à la ruine de Tancienne Tralles, qui a été rebâtie plusieurs fois, notamment sous Justinien. Peu après cette dernière restauration, la ville fut prise par les Turcs Seldjoukides. L'émir Aïdin la reçut, en fief, des sultans de Koniah, et on lui donna dès lors le nom d* « Aïdin-Guzel-Hissar », qui lui est toujours resté. La principauté d'Aïdin fit partie ensuite du patrimoine des enfants d'Osman, et fut définitivement soumise et réunie à l'empire ottoman à la mort de l'émir rebelle Djouneïd, en 1423, sous Mourad II, père du conquérant de Constantinoplo.
Toutefois, la famille des Kara-Osman-Oghlou, gouverneurs héréditaires de toute la province d'Aïdin pour les empereurs ottomans, durant plusieurs siècles, opprima souvent ce beau pays, fort mal protégé par la milice irrégulière des Zéibeks. Le sultan Mahmoud II, premier reformateur de l'empire, mit fin en 1833 à cette oppression en supprimant le pouvoir féodal des « Déré'Beys » et la milice des Zeïbeks.
Production agricole. — La production agricole du merkez-caza d'Aïdin a déjà été suffisamment décrite aux chapitres spéciaux du vilayet et du sandjak. Dans ce dernier, il est parlé d'une production spontanée du sol, la réglisse, important article de commerce et d'industrie.
Localités remarquables. — Sur la lisière du merkezcaza d'Aïdin et de celui de Sevké (Sokia), les ruines de Magnésie du Méandre occupent un vaste emplacement. Ces ruines ont fait l'objet des études de plusieurs missions archéologiques bien connues, notamment de celle dont faisait partie M. Ch. Texier en 1835, à laquelle on doit la découverte d'inscriptions qui ont enrichi le musée du Louvre, et la description de sculptures importantes représentant des combats de Grecs et d'Amazones, trouvées dans les restes d'un temple de Diane Leucophryne.