‹ La Turquie d'Asie; géographie administrative, statistiqueChapitre 109 sur 151 · GAZAS DU SANDJAK DE DÉNIZLI · texte numérisé non relu

GAZAS DU SANDJAK DE DÉNIZLI

MERKEZ-CAZA DE DENIZLI

Orientation, limites. — Le merkez-caza de Déaizli est silué au nord-esl du sandjak de même nom, vers sa partie centrale, et à Test du vilayet. II est limité au nord parle caza de Bouladan ; à Test, par celui de Tchal; au sud, par ceux de Davaselde Kara-Aghadj ; et àTouest, parle caza de Saraï-keuï.

Superficie. — Sa superficie totale est de 1,014 kilom. carrés, comme suit :

Culture 277 kilom. carrés.

Pâturages 173 —

Montagnes 429 —

Forêts 135 —

Total. . . 1,014 kilom. carrés.

Autorités. — L'autorité civile y est exercée par le mutessarif du sandjak, assisté, suivant Tusage général, d'un conseil d'administration semblable à ceux de toutes les divisions administratives de l'Empire.

Division militaire. — Il appartient, sous le rapport militaire, au 4'' district de la circonscriplion de Milas. Le quartier

général de ce 4'' district est à Dénizli. Les troupes qui Toccupent se composent de 2 bataillons de ladite réserve, sous le commandement d'un lieutenant-colonel, de 2 chefs de bataillon, 2 adjudants-majors, 16 capitaines et 32 lieutenants et sous-lieutenants. Dans la même ville il existe un dépôt militaire gardé par 20 soldats.

Population. — La population totale du merkez-caza de Dénizli est de 37,326 hab. comme suit :

Grecs orthodoxes i ,200 —

Arméniens grégoriens. . . . 430 —

Total.' . . 37,326 hab.

Chef-lieu. — Dénizli, chef-lieu du sandjak et du merkezcaza de même nom, résidence du mutessarif et de tout le personnel administratif central du sandjak, ainsi que de Fautorité militaire, de la gendarmerie et de la police, siège des services publics, desTribunaux, etc., est située au bord d'une plaine fertile, où viennent expirer en pentes douces les derniers contreforts du Baba-dagh (mont Gadmus), au milieu de beaux jardins et de champs cultivés, arrosés par de nombreux petits affluents du Tchuruk'sou (Lycus) et du Tchoukour-sou. Dénizli est à 10 kilomètres nord-est du Baba-dagh (Gadmus); à 1 1 kilomètres sudouest du Tchuruk'SOu (Lycus), et à 9 kilomètres sud de la ligne principale du chemin de fer de Smyrne-Aïdin, auquel la relie un embranchement spécial aboutissant à proximité des ruines de Laodicée (Eski-Hissar), à la station de Goudjéli. La station de Dénizli est à 260 kilomètres de distance de la gare de Smyrne. Son altitude est à 425 mètres.

Population du chef -lieu. — La population de Dénizli, comprise dans le chiffre ci-dessus de celle du merkez-caza, est de 16,917 hab. comme suit :

COMMUNAUTÉS

HOMMES

FEMMES

Musulmans

Grecs orthodoxes

ArméDieDs grégoriens

Totaux...

La ville proprement dite de Dénizli est entourée d'une enceinte de murailles qui lui a mérité le nom de Kassaba (ville fermée, ville forte), et dont les anciens habitants étaient venus de Laodicée s'y réfugier; elle est aujourd'hui à son tour presque solitaire. Un tremblement de terre, il y a environ 80 ans, a renversé presque toutes ses maisons, en n'y laissant que le bazar; et la population est allée s'installer à 1 kilomètre plus loin, dans les jardins d'alentour. Des mosquées champêtres, entourées de colonnades en bois, bâties en planches agrémentées de peintures éclatantes représentant des paysages féeriques, s'élèvent parmi les groupes serrés de magnifiques arbres fruitiers, à l'ombre desquels les habitants passent jour et nuit la saison chaude. Les rues sont formées des murs en terre qui limitent les jardins. L'eau coule en abondance dans de petits canaux établis le long de la voie publique et répand dans toute cette cité campagnarde une fraîcheur agréable.

Ecoles. — Les écoles de cette ville sont au nombre de 8 dont 1 secondaire et 7 primaires, fréquentées par 925 élèves dont 815 garçons et 110 filles, comme suit :

COMMUNAUTÉS

ÉCOLES

ÉLÈVES

MusiilDuaDs ', 1 école secoodaire

— 3 — primaires

Grecs orthodoxes : 1 école primaire (garçons)

-. 1 — pesj

Arméniens grégoriens : 1 école primaire (filles)

— 1 — — (garçons)

L'école secondaire des musulmans, fondée et dirigée par le Ministère de Tinstruclion publique, n'est pas entièrement défrayée sur les centimes additionnels perçus à cet effet. Les dépenses annuelles de cette école, où l'enseignement est donné par 9 professeurs, sont de 1,900 médjidiés, soit environ 8,700 francs. Ses revenus, c'est-à-dire les petites sommes qu'on y fait payer aux élèves pour droit d'écolage, sont de 1,000 médjidiés. Le solde seul de la dépense, soit 900 médjidiés, est parfait sur la part de centimes additionnels, destinée à couvrir les dépenses de l'instruction publique. Ces sortes d'exceptions sont assez rares, surtout en ce qui concerne les écoles musulmanes. Le principe généralement établi chez toutes les communautés, en Turquie, est celui de la gratuité de l'enseignement. Dans les écoles militaires et autres établissements scolaires spéciaux du Gouvernement, les élèves reçoivent même une petite solde mensuelle, proportionnée à leur degré d'avancement.

11 y a, àDénizli, outre les écoles proprement dites énumérées au tableau ci-dessus, 20 médressés ou école de droit chér'i et de théologie islamique, où 4 à 500 étudiants sont instruits, logés, nourris, vêtus, etc., sur les revenus de ces fondations pieuses.

Suivant le principe général d'enseignement gratuit, l'école de garçons tenue par 2 professeurs et l'école de filles tenue par 2 maîtresses, de la communauté grecque orthodoxe, sont entièrement défrayées par cette communauté. Leur dépense annuelle est de 900 médjidiés.

Celles des arméniens grégoriens font exception à la règle. L'école de garçons et l'école de filles, tenues par un professeur et une maîtresse, perçoivent annuellement des droits d'écolage montant en totalité à 400 médjidiés et ne dépensent ensemble que 375 médjidiés soit un bénéfice annuel d'environ H 5 francs.

Outre le konak ou hôtel du Gouvernement récemment transféré dans un local nouvellement construit et où les services administratifs sont à Tétroit; outre la caserne et le dépôt militaire, les 20 médressés précités et 6 teckkés (couvents de derviches), 4 mosquées en pierre et 20 medjids (oratoires musulmans) en bois, 1 éghse grecque orthodoxe et 1 église arménienne grégo-

6t6 VILAYET DE SMYRNE

rienne, on compte à Dénizli 3,300 maisons; 1 bazar entouré de murs, contenant 985 boutiques ; 3 autres bazars non clos qui sont : délikli'tchinar : 63 boutiques; kayalik : Î258; kahvè-eunu : 29; soit, en totalité 1 J05 boutiques; \0 hatis ou hôtelleries; 4 bains publics, 1 pharmacie, 10 moulins hydrauliques ayant en tout 33 paires de meules et 26 autres moulins, également mus par Teau, situés aux alentours des jardins et complétant un ensemble de 60 paires de meules sans cesse en mouvement.

A Texception des cinq grands négociants dont quatre sont en même temps fabricants, tous les habitants de la ville et du merkez-caza de Dénizli sont des artisans, de petits commerçants et des cultivateurs.

Depuis que la ville de Dénizli est desservie par un embranchement du chemin de fer, la banque impériale ottomane y a établi une succursale.

Industrie. — Le petit village de Manastir, situé à 10 kilomètres de Dénizli, est renommé pour sa fabrication de sacs et de couvertures pour chevaux. Les achirèts ou tribus nomades qui campent autour du chef-lieu font des tapis de laine rare, et les aladja des tisserands de Dénizli sont fort recherchés des dames turques pour la confection de robes, de ceintures, de couvertures de sofas et autres meubles.

Produits agricoles. — Les principaux produits agricoles du merkez-caza de Dénizli sont les céréales et les olives. Les blés et les orges de cette provenance sont, ainsi que les farines, très recherchés sur la place de Smyrne et dans tout le vilayet.

Bestiaux — L'élevage du bétail dans ce merkez-caza produit annuellement, en moyenne, 455,122 têtes de bétail de toutes races. Les laines de Dénizli sont tout particulièrement estimées sur tous les marchés d'Orient et d'Occident.

Localités remarquables. — Eski-Hissar, situé à quelques kilomètres de Dénizli, à proximité de la ligne principale

du chemin de fer de Smyrne-Aïdin et du point de jonction de Fembranchement spécial de Dénizli" sur celle ligne, est Tancienne ville de Laodicée, fondée par Anliochus Soter, qui lui donna le nom de sa femme. C'était, sous le règne de Tibère, l'une des plus belles villes de la Phrygie. Ses ruines, qui sont visitées par tous les voyageurs, ne semblent pas avoir été Tobjet d'une étude spéciale.

Cette ville, mentionnée dans l'épîlre de saint Paul aux Colossiens, compta parmi les sept grandes églises d'Asie. En 1120, l'empereur Jean Comnène fit réparer ses murailles; on ignore l'époque exacte à laquelle, pendant les désastreuses guerres du moyen âge, ses habitante l'abandonnèrent pour se réfugier à Dénizli.

Honas. — Honas, village situé à 18 kilomètres est de Dénizli, entre la rive gauche du Tchuruksoii (Lycus) et la rive droite du Tchoukour-sou^ est l'ancienne Colossae, qui fut aussi, comme Laodicée, l'une des grandes églises d'Asie et l'objet de la sollicitude de saint Paul. Ses ruines ont été décrites par Hamilton, qui a le premier déterminé l'emplacement de celte antique cité.

Pamboiik-Kalessi. — Pambouk ou Tamouk-Kalessi est situé sur la rive droite du Tchuriik-sou (Lycus), à 20 kilomètres nord-est de Dénizli et à la même distance est de Saraï-keuï, vers la limite de ces deux cazas. L'ancienne ville de Hiérapolis, citée par tous les auteurs de l'antiquité avec admiration, a laissé en cet endroit de vastes et belles ruines, souvent, mais fort imparfaitement décrites. On ne trouve nulle part la date de sa fondation. Ce qui a surtout préoccupé l'attention de Strabon, qui en parle très longuement, de Dion Cassius, d'Ammien Marcellin, c'est bien moins la ville elle-même que ses eaux thermales et surtout son célèbre Plutonium^ aujourd'hui disparu sans avoir laissé de traces.. Quoique Cockerellait dit l'avoir découvert entre les eaux thermales et le théâtre, ses indications n'ont pu être vérifiées.

Quoi qu'il en soit, voici , d'après M. Charles de Scherrer , ancien

consul général d'Aulricbe-Hongrie à Smyrne, Tétat actuel des thermes, attrait spécial de cette localité, et qui pourraient lui rendre une nouvelle prospérité : « Les sources de Hiérapolis et « de Pambouk-Kalessi, déjà célèbres dans Fantiquité, sont aua jourd'hui complètement abandonnées. Elles ont une tempéra- V ture de 80"* C, sont limpides, agréables à boire, d'un goût « légèrement piquant, ce qui relève la présence de l'acide car- « bonique. Par leur richesse en sels calcaires, elles ont formé « des incrustations à ce point considérables, ^que toute une col- (i line de tuf calcaire s'est ainsi agglomérée successivement. La « beauté et la variété des cristaux qui se sont précipités sur ce « point pendant des siècles, dépassegt celles des incrustations « analogues que l'on admire dans des sources européennes. »

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