bO
okes, d'une valeur de
TOTAUX
PAR PRODUITS
piastres
Soit environ 64.069.526 kilogr., d'une valeur totale de 12.050.760 francs.
Ainsi qu'il a été déjà dit au chapitre spécial de la superficie
704 MUTESSARIPLIK DE BIGHa
totale du mutessariflik de Bigha, les cultures d'oliviers occupent eu totalité 1,547 hectares; les vignobles, 838 hectares; les terrains plantés de chênes à vallonnée, 226,510 hectares; et les champs de céréales et autres, 41,117 hectares.
Dans ces derniers 41,117 hectares sont compris 126 hectares cultivés en cotonniers et 190 hectares de champs de tabac. On estime le nombre total des ceps de vigne existant dans le sandjak à 9,126,000 et celui des ruches d'abeilles à 9,376.
Mines et minières. — Il existe dans le mutessariflik de Bigha de nombreux gisements métallifères dont deux seulement ont été coûcédés. Ces derniers ont reçu un commencement d*exploitatîon qui n'est pas encore entré dans la période régulière.
Ces deux gisements consistent : T en une mine d'or, dite d'Astyra, située à Osmanlar dans le caza des Dardanelles ; V en mines de plonb argentifère et de cuivre situées à 16 kilomètres sud de Lampsaki, sur les rives de la rivière Kory et du Dérindéré.
Lamine d*or d'Astyra, concédée à une compagnie anglaise, est pourvue des bâtiments, matériel d'exploitation et outillage nécessaires, qu'on s'est efforcé de compléter en 1890; mais il parait que l'outillage et les procédés chimiques employés sont encore insuffisants pour recueillir toutes les parcelles contenues dans le quartz aurifère, et que, malgré les sommes considérables qu'elle a déjà dépensées, la compagnie d'exploitation n'est pas encore sortie de la période des essais.
Quant aux mines de plomb argentifère et de cuivre du Dérindéréy concédées à M. Frank Calvert, vice-consul d'Amérique aux Dardanelles, un syndicat anglais fait en ce moment à ses frais les travaux préliminaires, en vue d'une prochaine mise en exploitation.
Parmi les autres mines connues, mais non concédées, on en cite 10 dans le caza d'Ezinè, dont 4 de chrome à Bounar-bachi, à Rémali, à Demrek et à Hissardji ; 5 de manganèse à Ichiklar, Orman-Tépé, Tchamli, Keupru-Bachi et Kaz-Bournou; et une de soufre à Kourmalar.
Il existe des gisements de boracite, de plomb argentifère et de cuivre dans les cazàs de Bigha et de Lampsaki. Les mines de fer sont aussi nombreuses dans tout le mulessariflik de Bigha.
Forêts. — Il y a de belles et nombreuses forêts dans ce sandjak. On évalue la superficie totale de ces forêts à 2,142,539 deunumy soit 196,965 hectares; mais cette estima^ tion est certainement trop faible, car la seule forêt à'Échelikdaghj l'une de celles qui ont fait l'objet d'explorations régulières sous la haute direction de M. Tassy, conservateur des Eaux et Forêts de France et fondateur de l'École forestière de Constantinople, s'étend sur 57,600 hectares. Il y croît une grande quantité de chênes qui sont transportés aux échelles de Bigha et de Kémer sur des araba^ sorte de chariots tout à fait primitifs traînés par des buffles. On les embarque à ces échelles sur des cdiks^ les bâtiments d'un plus fort tirant ne pouvant s'approcher du bord. La forêt d!Échelik-dagh est à 36 kilomètres de la mer, dans le caza de Bigha, où sont situées quatre autres forêts, celles ' à'JAitchi, peuplée de chênes propres aux constructions, de hêtres et de charmes, à 60 kilomètres de la mer, et celles de Kézil'Elma^ de Kara-Hodja et d'Aghi-dagk.
Dans le caza d'Ëzinè, sont les plus importantes forêts du sandjak : celles du Kaz-dagh ou mont de l'Oie, ancien mont Ida, et de Satchlar, toutes deux explorées sous la direction de M. Tassy. La forêt du Kaz-dagh (mont Ida) est à 64 kilomètres au sud-est des Dardanelles, dans la circonscription du nahié de Baïramitch. Elle contient beaucoup de pins blancs et noirs de grande dimension, dont l'exploitation serait très facile à cause du voisinage du Mendérès-tchaï (ancien Scamandre)-et de la proximité du golfe d'Adramit. Les branches de ces pins, très résineuses, servent dans le pays à l'éclairage. La forêt de Salc/ilar n'est qu'à 30 kilomètres de la mer ; ainsi que dans celle du Tchamlirfa^A qui n'enestpaséloignée, il y croît de fort beaux pins réservés pour l'usage de la Marine impériale , et des chênes pédoncules.
On cite encore, comme assez importantes, les forêts de Di- Aili-daghy dans le caza d'Aïvadjik et de Hissarlar, Ghérédjé^
MUTESSARIFLIK DE BIGHA
Baldjilar et lanildaghy dans le caza de Lampsaki; les principales essences de leur peuplement sont le chêne, le hêtre, le tilleul, Forme, le platane et surtout les pins et les sapins.
Produits forestiers. — La production actuelle de ces forêts est fort au-dessous de ce qu'elle devrait être, ce qu'elle serait certainement s'il existait des chemins forestiers convenablement tracés et bien entretenus, aboutissant à la mer ou aux nombreux cours d'eau au moyen desquels seraient transportés économiquement les produits d'une exploitation régulière, extrêmement difficile en Tétat présent. La création de pareils chemins serait aussi peu coûteuse que promptemenl féconde en heureux résultats pour l'exploitation, la surveillance et la conservation de ces belles forêts. Aujourd'hui, l'administration forestière n'estime pas le revenu annuel de leur production, abstraction faite de ce qui échappe à son contrôle, à plus de 451,500 piastres.
Ce revenu se compose du montant des droits forestiers que paient les exploitants munis de permis réguliers, droits plus ou moins élevés selon que les demandes sont plus ou moins importantes. En 1891 ils ont été fixés comme suit :
Bois de construction, 50 piastres, soit i0fr.50lemètre cube.
Bois de chauffage et charbon de bois, 12 0/0 ad valorem,
Ecorces pour tanneries, 18 fr.50 le quintal turc, soit 7 fr. 30 les 100 kilogrammes.
Ce qui fait ressortir pour la même année 1891, une production en quantités et valeur comme suit :
VALBUB EN FRAKCS
Bois de conatruction : mètres cubes
— chauffaffe —
Charbon de bois ! kilofiTamiiies
Ecorces de pin pour tanneries : kilogrammes .
Valkiir totale
égale à 451,500 piastres, comme ci-dessus.
Outre cette production qui est celle des forêts de l'État, il faut aussi mettre en ligne de compte la vallonée provenant de nombreuses plantations de chênes appartenant à des particuliers, et dont la dlme en nature représente actuellement une valeur moyenne de 1 ,000 ,000 de piastres, soit environ 225,000 francs.
Cette valeur n'a été, pour l'exercice écoulé (du 1^'mars 1890 jusqu'au 28 février 1891), que de 670,000 piastres, soit environ 154,100 francs, ainsi qu'il résulte du tableau de la production agricole, que l'on trouvera plus haut au chapitre spécial.
Dans plusieurs de ses rapports officiels, M. Cabanel, consul de France aux Dardanelles, a préconisé une sorte particulière de noix de galle nommée « rove » du mot italien « rovere » ou du mot français rouvre (du latin robur^ chêne), que l'on récolte en abondance dans le sandjak de Bigha. Les diverses. analyses qui ont été faites de cette noix de galle à l'état frais ont donné de 27 à 30 0/0 de tannin. Cette matière tannante a obtenu unevjnédaille d'or en 1881, à l'exposition internationale de tannerie, à Francfort-sur-le-Mein. On peut aussi l'employer en teinturerie pour produire une belle couleur d'un bleu sombre. A la même exposition, la maison Hernault frères, de Gand, a obtenu une médaille d'argent pour ses peaux de lapin teintés au rove.
La production annuelle de ces galles est évaluée de 300 à 500,000 kilogrammes. Entières et nettoyées, elles valent sur place de 10 à 12 francs les 100 kilogrammes. Le fret pour Marseille varierait entre 25 à 30 francs par tonne.
On récolte également dans les forêts du mutessariflik de Bigha ces petites noix de galle connues sous le nom de « galles de Smyrne ». Les noires et les vertes coûtaient surplace 102 francs etles blanches 66 francs les 100 kilogrammes en 1889, et le fret pour Marseille variait entre 15 à 20 francs par tonne.
Faune. — Les principaux animaux sauvages qui fréquentent les forêts précitées et leurs alentours, sont le sanglier, l'ours, le loup, le renard, l'hyène» le chacal, le chat sauvage, le cerf,
708 MUTESSARIFLIK DE BIGHA
le chevreuil, le blaireau, la martre, le pulois, la belette, l'écureuil, la loutre et le lièvre.
Salines. — L'administration des revenus concédés à la Dette publique ottomane exploite dans le caza d'Aïvadjik la saline de Bèhramchah (ancienne Tragassœé), située à 15 kilomètres de l'échelle de Bèhram (côte sud du golfe d'Adramit) et à 8 kilomètres de la mer (sud-ouest du mulessariflik de Bigha).
Celte saline, d'environ 60 kilomètres carrés de superficie, se compose de 60 à 80 tables salantes, de 40 à 50 réservoirs, et de 3 dépôts de sel. Sa production annuelle est limitée aux besoins de la consommation. Elle a été, du l**' mars 1890 au 28 février
Quantité extraite 1,558,307 kilog.
Vente 1,272,014 —
Recette brute (venteà 15 paras le kilo). 477,053 piastres
Dépense 40,834 —
Revenu NET. . . 436,219 piastres
soit environ 100,000 francs.
Le sel de Bèhram-chah est brun. Il se cristallise en blocs très durs formés de beaux cristaux agglomérés. La production de ce sel pourrait facilement être élevée, au besoin, à plus de deux millions de kilogrammes par an, la Saline est alimentée par plusieurs sources jaillissantes, dont la principale sort d'un massif de rochers en formant une colonne d'eau de 10 centimètres de diamètre et qui s'élève à plus d'un mètre de haut. L'eau de ces sources est thermale; sa température varie d'un point d'émergence aux autres entre 80 et 90® centigrades. La salure en est plus dense que celle des eaux de la mer. On l'amène par des rigoles à ciel ouvert jusqu'à la saline, éloignée d'environ 1,800 mètres au nord de la source principale.
Dans le caza d'Eziné, à Yékli, en face de l'île de Ténédos (Bozdja-Ada), il existe un marais salant dont la cristallisation s'o-
Goo
père spontanément. L'administration des revenus concédés ne Texploile pas elle se borne à empêcher qu'on prenne le sel, en le faisant garder, durant Tété, par quelques cavaliers, qu'elle licencie dès que les pluies sont venues dissoudre ce sel.
Tabacs. — Les champs de tabac occupent, ainsi qu'il est déjà dit plus haut, une surface de 190 hectares, produisant annuellement une quantité de 68,757 okes, soit 88^146 kilogrammes de tabac en feuilles, d'une valeur totale de 240,649 piastres, soit environ 55,350 francs. Cette production se répartit en surface cultivée, quantité et valeur, dans les quatre cazas du sandjak de Bigha où la culture du tabac est pratiquée, comme suit :
GAZAS
UBCTARBS CULTIVÉS
PnODUIT TOTAL EN
kilo6ram:ues
VALBUII BU FIANCS
Caza de Bif'ha
liO
lie T.nmnftAki
Afk Kzinf^
- de Aïvadîik
Total
Le tabac n'est pas cultivée dans le merkez-caza des Dardanelles. Le principal centre de cette culture est le nahié de Tchan qui fait partie du caza de Bigha. En 1889, 152 hectares du territoire de ce nahié ont produit 86,947 kilogrammes de tabac, dont 23,700 kilogrammes ont été achetés aux producteurs par la régie cointéressée des tabacs à des prix fort peu rémunérateurs, variant, suivant estimation des diverses qualités, entre 20 paras (H centimes) et 6 piastres (1 fr. 38) le kilogramme. Cette circonstance explique peut-être la diminution considérable de la production qui, en 1891, n'était plus, comme on le voit cidessus^ que de 53,700 kilogrammes pour le caza de Bigha tout entier. Les prix ne semblent pas d'ailleurs avoir été relevés depuis 1889, car le tableau indique une valeur totale de 33,719 francs pour ces mêmes tabacs du caza de Bigha, ce qui
710 MUTESSARIFLIK DE BIGBA
fait ressortir un prix moyen dépassant à peine 62 centimes par kilogramme et inférieur au quart du prix obtenu par les produéleurs avant l'institution delà régie.
Cette situation ne parait pas d'autre part beaucoup plus avantageuse pour cette administration que pour le cultivateur, à en juger du moins par les chiffres officiels suivants :
En 1889, les ventes de tabac à fumer et à priser, effectuées dans le mutessariflik de Bigha, se sont élevées à une valeur totale de 1,247,096 piastres
En 1890, elles n'ont atteint que 981,914 —
Différence en moins . . 266,818 —
Soit Recette de 1889 287,000 francs
Différence en moins . . . 61,360 francs
Eaux minérales. — Beaucoup de sources d'eaux minérales et thermales existent dans les différents cantons du mutessariflik de Bigha, mais elles sont peu utilisées, à Texception de celles du caza d'Ezinè qui sont affermées à un entrepreneur par le gouvernement. Elles sont situées au pied du Tchigri^daghy à 5 kilomètres est des ruines d'Âlexandria-Troas (Eski-Stamboul) et à 11 kilomètres sud-ouest de la ville d'Ezinè. La distance de 55 kilomètres qui les sépare au sud-ouest des Dardanelles, cheflieu du sandjak, est franchie généralement en 10 heures h cheval. Ces deux sources voisines. Tune sulfureuse à température de 45<* centigrades, et Tautre ferrugineuse à température de 55"» centigrades, sont employées surtout en bains; les eaux de cette dernière, très purgatives, sont aussi prises en boisson. L'exploitation, concédée à raison de 700 piastres par an (environ 160 francs), consiste en deux bains de maçonnerie grossière où sont captées les eaux de ces deux sources abondantes, à peu de distance des roches de serpentine d*où elles sourdent. Le fermier perçoit une piastre (22 à 23 centimes) par bain. Malgré
Tefficacité des eaux de la source sulfureuse, notoirement connues depuis de longues années, ces bains sont très peu fréquentés.
Leur exploitation deviendrait bientôt aussi fructueuse que bienfaisante, si une bonne chaussée carrossable en rendait Taccès moins pénible, et si l'on pouvait trouver à proximité, comme aux stations balnéaires d'Europe ou même à celle de Brousse, le logement et la nourriture qui manquent absolument et que les malades sont réduits h aller chercher bien loin, à Ezinè ou à Sapandja, par des chemins escarpés et rocailleux.
Agriculture. — Ainsi qu'il a été dit plus haut, dans les chapitres spéciaux de la superficie du mulessariflik de Bigha et de sa production agricole, Télendue des terrains cultivés dans ce sandjak est de 506,913 hectares, et celle des terres en friche de 243,087 hectares.
La superficie totale du mutessaritlik étant de 750,000 hectares, il semblerait, d'après ces chiffres, qu'un tiers environ des terrains soient laissés improductifs. La situation n'est pas absolument telle, car il convient de déduire de la somme des ferres en friche, celle des parties montagneuses incultivables, celle des jardins maraîchers et fruitiers qui ne figure pas au tableau de la production à cause du peu d'importance de celleci, etil n'est pas moins convenable de tenir compte autant que possible des surfaces occupées par les routes et chemins, le lit des rivières, etc. Toutefois, même après cette déduction, d'ailleurs tout approximative, on ne saurait guère estimer à moins de 20 ou 25 0/0 l'étendue des excellents terrains non cultivés. En prenant pour base le rendement moyen des cultures de céréales, on peut estimer à 40 millions de francs environ le revenu annuel que produirait leur mise en valeur.
En effet, la fertilité du sol est telle que, malgré l' état primitif des procédés et des instruments encore actuellement employés, les récoltes de céréales, d'olives et de raisins, pourtant inférieures de 30 0/0 à celles d'une bonne année moyenne, ont donné, en 1890, les rendements bruts suivants :
MUTESSARIFLIK DE B'GHA
Blé 19h-ctol. SO'd'uneval'lot. de269fr. \g
Orge, avoine, seigle 16 — 1 21 — f -5
Raisins 980 — (-S
Olives 900 — ] g.
Néanmoins le mutessariflik de Bigha, en Tétat actuel des récoltes des meilleures années, produit à peine la quantité de blé strictement nécessaire à l'alimentation de ses habitants. Dans les années de médiocre récolte, on comble le déficit en substituant à la farine de blé celle d*orge et de seigle et en recourant à Timporlation de farines de provenance étrangère.
L'urgence de remédier à une telle situation est évidente. On y satisferait facilement. La valeur totale de la production du sandjak n'a été, il est vrai, que d'un peu plus de 12 millions de francs en 1890, mais elle dépasse 16 millions dans les années de bonne récolte, où toutefois la production n'est que suffisante à la consommation locale. Par de simples améliorations des diverses cultures, elle s'augmenterait bientôt et sa valeur s'élèverait sans peine à 30 millions de francs environ.
Mais si on se décide à employer un remède radical, c'est-àdire à cultiver activement tous les terrains cultivables, en y comprenant naturellement les 200,000 hectares environ restés jusqu'aujourd'hui en friche, la production agricole du mutessa. riflik de Bigha ne tardera certainement pas à atteindre une valeur de plus de 100 millions de francs.
La valeur des divers terrains cultivés a été, au cours de Tannée agricole 1890-91, comme suit :
mNIMOM
MAXUICM
TerreB arables : prix d'un hectare en francs . . . Champs d*oUviers — Vignes —
Terres arables. — Les écarts considérables entre le minimum et le maximum du prix des terrains ont pour cause,
en ce qui concerne les terres arables, leur plus ou moins de ferlilité et leur distance des centres de population.
Oliviers. — Relativement aux oliviers, ces différences ne proviennent pas seulement de la situation des champs, soit en plaine, soit à flanc de coteau , mais on prend aussi en considération Tâge et l'état des arbres, qui font varier le prix d'un pîant de 2 à 15 médjidiés, soit 9 fr. 20 à 69 fr. Un deunum, égal à 9 ares, 19, 30, contient de 16 à 20 oliviers.
Vignes. — Quant à la vigne, dont la culture est actuellement négligée et la valeur dépréciée, à cause, dit-on, de la rareté des capitaux, ou peut-être plutôt par la crainte des éventualités ruineuses qui la menacent sans cesse depuis l'invasion du phylloxéra, — bien que le sandjak de Bigha n'ait pas eu à en souffrir jusqu'à présent, — le prix d'un cep, qui était autrefois de 5 piastres, n'est plus aujourd'hui que de 1 à 2 piastres, selon l'âge et l'état de la souche. La contenance d'un deunum étant de 1,000 ceps, sa valeur est donc de i,000 à 2,000 piastres, soit 230 à 460 francs. Le prix d'un hectare est donc d'environ 2,300 à 4,600 francs.
On estime la production moyenne annuelle des vignobles du mutessariflik de Bigha à une valeur totale d'environ 1 million 245,845 francs, comme suit :
Raisins frais : 8,342,057 kilogrammes .... 897,345 fr. Vin rouge, récolte moyenne : 17,000 hectol. 348,500
Total. . . . 1,245,845 fr.
Le produit d'un hectare de vigne en plein rapport, donnant environ 1,923 grammes de raisin par cep, peut, à raison d'un rendement en vin de 60 0/0 du poids du raisin, être estimé comme suit :
714 MUTESSARIPUK DE BIGHA
Vinrouge: H5 hectolitres à 20 fr. 50 4,357 f. 50
Alcool produit de la distillation des jus et marcs :
8 hectolitres à 30 francs 240 »
Produit brut. . . 2,597 50 A déduire: Pour frais de culture, façon, vendange, )
confection du vin 700 > 1,300 »
— Pour impôts divers 600)
Produft net. . . 1,297 50
Les vendanges ont lieu simultanément dans tout le sandjak vers le 15 octobre. Les raisins sont foulés à pieds d'homme dans des cuves de bois, sans avoir été soumis à aucune opération préalable ; on laisse le vin cuver durant un m.ois environ, puis on le soutire pour le mettre en tonneaux dans des locaux assez mal disposés à cet effet et méritant fort peu le nom de caves. Les expéditions de vin commencent en décembre.
Malgré tant de procédés défectueux, le vin des Dardanelles est un produit absolument pur, d'un agréable bouquet, dont le titre alcoolique varie de 13 à 15 0/0, suivant les années, et qui donne un poids de 32 grammes environ d'extrait sec. Sa couleur est d'un rouge plus ou moins foncé, selon que le raisin vient du coteau ou de la plaine, et prend la nuance dite a pelure d'oignon » après une année de futaille. M. Cabanel, viceconsul de France aux Dardanelles, émet l'avis, dans un de ses rapports, que ce vin, trop faible en couleur pour les coupages de Cette et de Bercy, pourrait être avantageusement employé pour remonter les vins du Beaujolais et du Maçonnais.
Le vin rouge des Dardanelles est en résumé un bon vin de lable, sain, généreux, supportant bien les voyages et qui, acheté aux Dardanelles à raison de 20 fr. 50 Theclolitre, se revend en détail de 2 piastres et demie (57 centimes) à 4 piastres (92 centimes) le litre à Conslantinople,oùilest favorablement apprécié par la colonie européenne.
Chêne à vallonée. — Pour déterminer la valeur d'un
champ ou d'une forêt de chênes à vallonée, on ne prend en compte ni le nombre des deunums ni celui des arbres ou leur âge et leur état. Voici comment on procède : la moyenne du rendement durant un nombre égal d'années de bonne et de mauvaise récolle est tout d*abord établie. Cette moyenne est estimée à raison de 40 piastres (9 fr. 20) le quintal. On déduit ensuite la somme ainsi obtenue et qui représente le revenu brut du champ ou de la forêt, 43 0/0 pour impôts et frais divers. La somme qui reste représente le revenu net. Le capital qui produirait, à raison de 10 0/0 Tan, cette même somme> est le prix attribué au champ ou à la forêt.
Bestiaux. — L'élevage du bétail est très répandu dans le mutessariflik de Bigha: mais, comme dans tous les pays montagneux où Fagriculture est peu avancée, il a surtout pour objet les espèces de race ovine. Ce système est évidemment avantageux pour l'éleveur. Un simple coup d'œil jeté sur le tableau de la production ci-après, le fera voir clairement. On y remar« que en effet que les moutons et les chèvres figurent dans cette production pour environ 81 0/0 du nombre total des têtes de bétail de toutes races et ne représente guère plus de 33 0/0 de sa valeur totale. Le nombre des têtes de race bovine, au contraire, n'atteint pas même au sixième de cette même production, et représente à lui seul presque la moitié de sa valeur totale.
Il est vrai que la vente des produits accessoires du bétail de race ovine compense en partie les pertes résultant de sa moinsvalue. Cependant, et bien que ces produits complémentaires constituent une valeur digne d'être prise en sérieuse considération, on ne saurait perdre de vue le bien général qui résulterait de la substitution de la race bovine dans les préférences de l'éleveur. Cette substitution peut seule assurer les progrès de l'agriculture, la mise en valeur rationnelle des terrains et le développement agricole des richesses du pays. Elle ferait d'ailleurs surgir de nouvelles industries, et les nombreux bénéfices de l'engraissement des bestiaux, de la vente du lait, du beurre,
MUTESSARIFLIK DE B16HA
remplaceraient avec avantage ceux qui sont retirés actuellement des produits accessoires de l'élève de la race ovine. Celleci, du reste> profiterait elle-même grandement d'une pareille transformation et participerait sans doute à des améliorations qui, tout en diminuant le nombre de sa production, en augmenteraient sensiblement la valeur.
La production du bétail de toutes races, dans le mutessariflik de Bigha, a été^ pendant l'année agricole 1890-91, comme suit-^
RACES
ESPÈCES
:azas
TOTAUX
FAB BSPÈCBS
VALEUR
BIf PtASTBB
FAa
BSPÈces
Borine
rBœufa ....
Taureaux . .
iVaches. . . .
IVeauz ....
\Buffles
Bufflonnes .
^BumeUns. .
Gamélieime.
Chameaux .
OhOTalina..
Chevaux. . .
Aaiae.. ..
Anes . . . • .
MuleU
Ovine
;. M ou tons . .
Chèvres.. .
Poroine
Porcs
Totaux : Tiirics par Gazas.
Total gênéb
al: T6tbs db Bi