CGO
Total ni.
IfÉBAL
Le caza de Sémava fournit a la ville de Bagdad des ânes blancs
1res recherchés pour leur beauté, leur force, la douceur de leur allure et la vitesse de leur course, qui égale presque celle des chevaux arabes dits de « race noble ». Ces ânes sont amenés et vendus à Sémava par les Arabes de la tribu des Sêlèb.
11 y a dans le sandjak de Hillé un très grand nombre de volailles de toute espèce, surtout de J poules et de pigeons. On vanle beaucoup les chapons qui sont élevés dans ses marécages.
Mines. — On ne connaît point de mine dans ce sandjak.
Forêts, faune. — Il est également dépourvu de forêts, et les bêtes fauves qui y abondaient autrefois, ne s'y rencontrent plus que bien rarement.
Salines. — La saline de Sémava, très importante, a été décrite plus haut, dans le chapitre spécial du vilayet.
Agriculture. — Comme il a été déjà dit plus haut, l'agriculture est presque Tunique occupation des habitants de ce sandjak.
VEuphrate qui le parcourt d'un bout à l'autre, de l'ouest à Test, et qui traverse Hillé, Divaniyè, et touche à Sémava, arrose toutes ses terres pur le moyen des canaux pratiqués sur ses bords. Plus de cinquante moukataâ (grandes cultures) doivent leur prospérité à ces anciens canaux, dont les principaux sont el iVz7 qui fut creusé, dit-on, par el-Hadjadj ben-Youssef; Mehaouil^ création du khalife Haroun el-Rachid : Nahrel-Châh^ ouvrage du roi de Perse Châli-Abbas el-Sefaoui (Sophi) dit le Grand ; et elChomeUi, creusé assure-t-on, par Cheffellah, chéïk de la grande tribu de Zobé'id.
D'autres canaux, dont Thistoire ou la légende n'ont pas consacré Torigine, dirigent également les eaux de Y Euphratek Iravers les terrains du sandjak de Hillé et complèlenl le système de leur irrigation. Tels sont Aladj; el-Vobniyè; el-Khatoiinryè; Abou Chémak; el-Khaouass^ etc.
La plupart des terrains ainsi arrosés ont déjà été vendus
comme tapou^ el le ministère de la Liste Civile s'est rendu acquéreur des plus imporlanls, qu'il met en valeur.
Dans le sandjak de Hillé, comme dans le merkez-sandjak de Bagdad, les cultures sont divisées par catégories suivant leur mode d'arrosage, savoir : celles qui sont arrosées parles canaux précités; celles qui le sont au moyen des bakara (norias); et celles qui n'ont d'autre arrosage que la pluie.
L'étendue de ces terrains se calcule par djérib (hectares) de dattiers, par feddan cultivés en blé et orge (culture d'hiver), et en millet, maïs, mâche, sésame, etc. (culture d'été). On peut y ajouter les cultures de riz, assez importantes, au moyen desquelles sont utilisées les parties marécageuses.
On a vu plus haut que le nombre des dattiers dans le sandjak de Uillé est de 500,000.
Ces dattiers sont répartis dans lesq uatre cazas, comme suit :
Merkez-caza de Hillé, 250,000 dattiers, soit 2,500 djéribs (hecl.) Gaza de Divaniyé . 100,000 — 1,000 —
— Sémava. . 75,000 — 750 —
— Chamiyé . 75,000 — 750 —
Total. . 500,000 dattiers, soit 5,000 hectares. Le nombre de feddan est ainsi réparti :
CAZAS
LOCALITÉS
FEDDANS
Hillè (merkez-cazn) i
Méhaouil 1 500
Nahr-el-Chàh 1.600
Choraelli 700
El-Khaouass 800 }
El-Khatounïô . 300 l
Médatïè .. .. 200 ^
i Divers Mokalàa 900
Caza de Divanîè
— Sémava •
— Chamïè
Dagara l.oOO
El-Buder 500
Total
Soit 275,700 hecl.
auxquels il convient d'ajouter les exploitations
agricoles de la Liste Cîivile, comme suit : El-Nil . . . 2,000 feddans, soit 55,i40horf. Aladj ... 700 — — 19,299 — Djerbouiyè 1,500 — — 41,355 — . Djaâra. . . 2,000 — 55,140— ( 206,775 hecl. Chaffiyè. . 800 — — 22,056 - Rhank . . 500 ~ — 13,785 -
Ensemble 482,475 hect.
ce qui, avec les 5,000 djèrib (hectares) de dattiers précités, donne un total de 487,475 hectares de terres cultivées, sans compter les rizières dont on ne peut guère évaluer Tétendue qu'en procédant en sens inverse, c'est-à-dire en la calculant d'après le chiffre de leur production, au lieu de se baser, comme pour les cultures d'hiver (blé et orge) et les dattiers, sur le nombre d'hectares occupés par ces cultures pour évaluer le chiffre de leurs productions.
Or, on sait que la part qui revient au gouvernement sur ces récoltes annuelles de riz du sandjakde Hillé estde 10,000 tagars et que cette récolte est partagée en deux parts égales, dont l'une pour le gouvernement, et l'autre pour le mèllak qui fournit la semence et le fellah, cultivateur. Ainsi le montant total de la récolte de riz est de 20,000 tagar, soit 30,780,000 kilogrammes. En estimant à la moitié, soit 15,390,000 kilogrammes le riz récolté sur les exploitations agricoles de la Liste Civile, ce qui n'est certainement pas exagéré, on obtient pour chiffre total de la récolte de riz 46,170,000 kilogrammes, à 10 tagar par feddan, donne une étendue totale de 3,000 feddan^ soit 82,710 hectares.
La totalité de l'espèce cultivée dans le sandjak de Hillé, en blé, orge, riz, millet, maïs, sésame, etc., et en dattiers, est donc de 570,185 hectares, soit en chiffre rond 5,700 kilomètres carrés, ou environ 35/128 de la superficie totale de ce sandjak.
Les 93/128 restants sont presque entièrement composés de riches pâturages naturels. Les principaux sont comme suit :
r El'Djézirè (l'île), partie des terres du sandjak qui s'étend entre les deux fleuves à partir du Mehaouil sur V Euphrate \\x%' qu'à la rive droite du Tigre en face de Ctésiphon. Les tribus des Chammar et les Arabes de Hillé y laissent pâturer leurs bestiaux durant la plus grande partie de l'année.
2** EUMéhinaouyé^ où le bétail des environs de Hillé passe également presque toute l'année.
3* Les plantureux herbages de Chamiyè^ souvent fréquentés, duraall'élé, par les innombrables troupeaux des tribus Ghammar du Nedjed.
C'est dans les cazas de Semava et de Ghamiyë que sont les rizières les plus étendues et qui produisent le meilleur riz. On connaît ce riz sous le nom de chelb comme sorte commerciale ; c'est ce que les Anglais appellent paddy ^ nom qu'ils donnent à tout riz non décortiqué.
Transports. — Les moyens de transport de ce sandjak sont les caravanes pour Bagdad et Kerbèla, et les séfinè dits méhèllé (sorte de petites embarcations) ainsi que les bateaux à vapeur pour Bassorah et ses dépendances. Ces bateaux à vapeur ont aussi, sous le gouvernement général de Midhat-Pacha, qui avait rendu navigable le cours supérieur de VEuphrate au moyen de dragages, remonté plusieurs fois ce fleuve jusqu'à Meskénè, près d'Alep. Actuellement, par suite de la rupture du canal Hindiyè,les eaux de ce canal et celles de VEuphrate se sont répandues à travers les terres, aux alentours de Hillé et Ton y passe le fleuve à pied sec. Les communications se trouvent totalement interrompues entre cette ville et Bassorah (1).
Industrie. — La production industrielle du sandjak de
(i) Une grande digue vient d'être élevée par ordre du sultan et sous Thabile direction d*un ingénieur français, M. Shouderfer ; elle a eu pour résultat immédiat la reprise du cours naturel de VEuphrate, une immense étendue de terres rendues à la culture, et l'assainissement de toute cette région.
Hillé se borne à des étoffes de laine grossière du genre dit aba, et à des nattes de joncs et de roseaux fabriquées dans les marais où sont établies des rizières et où l'on élève des buffles.
Commerce. — Tout le commerce d'exportation et d'importation du vilayet se faisant par la ville de Bagdad, ce sujet a déjà été traité en détail, avec de nombreux tableaux à l'appui, au chapitre spécial du vilayet.
Exportation. — On peut cependant ajouter brièvement que le commerce d'exportation du sandjak de Hillé s'élève à un chiffre quatre fois supérieur à celui de son commerce d'importation.
Les articles d'exportation sont tous les produits agricoles : dattes, blé, orge, maïs, sésame, riz, etc. ; peaux, laines, etc., et les grossiers aba précités.
Les grandes tribus de Chammard\\î> Chammar el- Djebel ^ c'està-dire de la montagne, qui résident vers Nedjed, ainsi que les tribus Anezé de la même contrée, viennent s'approvisionner de tout ce dont elles ont besoin, chaque année, dans les sundjaks de Kerbèla et de Hillé et surtout dans celui-ci. Les dattes de ce sandjak sont pour la plus grande part consommées sur place par ces tribus, ainsi que tout le millet, qui n'est pas cité pour cette raison parmi les articles d'exportation.
En retour des céréales qu'elles achètent, ces Iribus vendent leurs bestiaux aux habitants de Chamiyè, de Sémava et de Divaniyè, localités qu'elles préfèrent à Hillé, parce qu'elles y sucre, sont moins exposées aux agents du fisc.
Importation. — Les articles d'importation pour ce sandjak consistent en toiles de différentes qualités, indiennes, tabac, tombéki, droguerie et cuivre.
Dîmes et impôts. — Les recettes et dépenses du sandjak de Hillé ont été, en 1305 (1889-1890), comme suit :
Receltes : 94,889 liv, turq. soit environ 2,182,000 francs. Dépenses: 8,523 — — 196,000 —
Revenu net: 86,366 liv. turq. ou environ 1,986,000 francs.
Les divers chapitres de ces deux services sont énoncés comme suit :
RECETTES
Achar verghissy (taxe sur les tentes arabes) ... 1 ,400 liv. t.
Dédel-i-askèrU (exonération du service militaire) . 924 —
A^n^mr^^w^/wi (taxe sur les moulons) 13,500 —
Z)/an/mr (taxe sur les buffles) 660 —
/)^y^ r^55me (taxe sur les chameaux). ..... 200 —
3/owAtf/aa, (dîmes affermées) 19,000 —
^mane/ (dîmes perçues directement) 51,000 —
Or man, Aéresté et poul {îovèls et limbvii) 145 —
Saïd bahri {droit sur IsL pèche) 260 —
JI/^M^m^ A«r^7an (recettes des tribunaux). . . 380 --
Taxes diverses 7,270 —
Revenus divers , . . . 1 50 —
Total. . . 94,889 liv. t.
DÉPENSES
Z)aM^ (intérieur) 3,550 liv. t.
A rf/e^ (justice) 1,150 —
J!fé«n/ (instruction publique) 400 —
iVa/a'a (travaux publics) 1,123 —
Matié (finances) 1,440 —
Madchatza fié (dippoinlemenis). • 300 —
Chéri (service du culte) 450 —
raA527rf<^W^ (frais de perception) 110 —
Total. . . 8,523 liv. t.