DE PHARES
piastres
ADglaii
Auslro-HoDgrois
Fraoçais . .
Hellène . . . '.
italien
Ottoman
Samien
Russe
Suédois et Norvégiens .
Totaux
Soit (
>19 navires, jaugeant
37 975 tonneaux
L'échelle de Kouch-Adassi est desservie régulièrement par les bateaux à vapeur des compagnies « Pantaléon et Ci' »> et « Hamidiè »qui y touchent, fes premiers tous les quinze jours, et les seconds, une Tois par semaine venant de Smyrne.
Dîmes et impôts. — Les revenus du fisc dans le cazade Kouch-Adassi sont, en moyenne annuelle, comme suit :
Impôt foncier 527,440 piastres
Témettu (patentes) 96,330 —
Exonération du service militaire . . . . 112,440 —
Dîmes des céréales 375,224 —
Taxe sur les bestiaux 193,290 —
Tapou (droit de mutations) 17,650 —
Droits judiciaires 25,096 —
Receltes des douanes 201,900 —
— delaDettepuWique 375,236 —
— de la régie des tabacs .... 425,942 —
Total : 2,350,548 piastres soit environ 540,600 francs.
Chef-lieu du nahié. — Ayasolouk, chef-lieu de Tunique nahié du cazade Kouch-Adassi, est la résidence officielle du mudir elle siège des divers services de son adminisiralion. Ce bourg est environné de marais qui en rendent le séjour très malsain; aussi, ne conserve-t-il encore quelque imporlance, que par la station du chemin de fer de Smyrne-Aïdin qui permet aux productions du nahïé, ainsi qu'aux voyageurs désireux de visiter les ruines d'Ephèse, de franchir en deux heures et demi la distance de plus de 60 kilomètres qui la sépare au sud de la ville de Smyrne. On peul aussi se rendre en voilure à Scala-Nuova en trois heures environ, en suivant la route carrossable qui^ entre ces deux points, présente nn développement de 20 kilomètres.
Ainsi qu'on le voit au tableau de la population du caza, la population actuelle de la ville d'Ayasolouk est de 2,793 habitants tous Grecs orthodoxes, à l'exception de quelques fonctionnaires et employés du Gouvernement. Mais la population des villages dépendants du nahié est exclusivement musulmane. Elle est en totalité de 4,697 habitants soit 2,782 Grecs orthodoxes et 1,915 musulmans.
La population des villages tend continuellement à s'accroître, tandis que celle de la ville diminue, et cela se conçoit facilement puisque Ayasolouk est la seule localité malsaine de ce nahié; tous les villages jouissent au contraire d'un climat doux et salubre. La production des meilleurs tabacs dits d' « Ayasolouk » dont cette ville et ses environs étaient autrefois le centre, s'est déplacée depuis quelque temps pour se reporter aux villages de Tchangli-Keul et d*Annia, dépendances directes du caza de Kouch-Adassi, de sorte que la récolte d'Ayasolouk se trouve réduite au chiffre (moyenne de 6 années) de 69, 194 kilogrammes sur une production totale de 234,733 kilogrammes pour tout le caza de Kouch-Adassi.
Notices historiques; Antiquités. — Ayasolouk est bâtie sur l'emplacement d'une grande et belle ville musulmane de même nom, dont il ne reste plus aujourd'hui que de fort intéressantes ruines, notamment celles de la grande mosquée,
506 VÏLAYET DE SMYRNE
chef-d'œuvre de Tart islamique, et celles du château-fort. Ces deux monuments ont été construits eux-mêmes avec les plus beaux et les plus riches matériaux antiques empruntés aux ruines d'Éphèse qui sont h proximité; elles touchent, au sud-ouest, la petite ville actuelle d'Ayasolouk. Éphèse, comme on le sait, était une cilé déjà connue dès les temps préhistoriques : on en attribuait la fondalionàdes peuples disparus. Les deuxamazones, Smi/rnn et Sisyrbé^ la conquirent, disait-on, sur les Lydiens et les Lélèges, et la première lui donna alors son nom de Smyrna qui futtransmis plus tard, par une colonie de cette ville, à la cité ionienne de Smyrne. Androchus, lorsqu'il fonda la ville ionienne d'Éphèse, trouva le territoire encore occupé par des Lélèges et des Cariens, et déjà le culte de Diane, qui rendait Éphèse si célèbre, y était en honneur. Son premier temple y était un tronc d'arbre creux, oti Tamazone Smyrna avait placé une statue de la déesse, présent de Jupiter lui-même. Selon Pausanias, un autre temple, probablement magnifique, fut fondé par Crésus et Éphésus, et ce fuj celui-ci qui donna à une nouvelle ville son nom d'Éphèse qui prévalut définitivement. — Les Ioniens construisirent aussi un temple de Diane, mais le temple fameux, qui fut construit sous Alexandre le Grand pour remplacer l'ancien, brûlé le jour de sa naissance par Érostrate, était l'œuvre des Éphésiens eux-mêmes qui refusèrent l'offre du héros macédonien de se charger de la dépense. Commencé par Dinocrate, le même architecte qui bâtit la ville d'Alexandrie, il fut achevé parPéonius d' Éphèse et Démétrius,hiérodule de Diane. Sa construction avait duré 220 ans. On n'en trouve plus aujourd'hui aucune trace. Ses splendides matériaux, bien avant que les musulmans n'en employassent les restes dans la construction de leurs édifices, avaient été appropriés par les empereurs romains à l'ornement des leurs. Néron en avait enlevé les richesses transportées à Rome par son ordre. Les ScythesPavaient pillé en 263. Les Goths, à leurtour, l'avaient ravagé. Enfin Constantin le Grand et ses successeurs en arrachèrent tout ce qui put être emporté pour en décorer les palais et les églises de Constantinople, et l'on admire encore aujourd'hui, dans la nef de Sainte-Sophie, les douze co-
lonnes de marbre vert empruntées par Juslinien au temple d'Éphèse.
Après avoir été tour à tour occupée, prise et reprise par les musulmans, puis, sous Alexis Comnène, par Jean Ducas, puis de nouveau par les musulmansauxquels Théodore LascarisTenleva, enl206,aprèsavoirété, sous Andronic Paléologue, conquise par Témir Mentéché, ravagée ensuite et pillée durant un mois par TimourLeng, après la bataille d'Angora, dispulée après son départ etincendiéepar Djounéïdet Mentéché, Éphèse tomba enfin au pouvoir du sultan Mohammed P' Tchélébi, et n'a plus cessé, depuis lors, défaire partie de l'empire ottoman.
Il est inutile de rappeler ici que lapremière grande église chrétienne d'Asie, métropole des sept églises cilées dans l'Apocalypse, fut fondée à Éphèse par l'apôtre saint Paul, qui triompha à la fois, dans cette ville, et des exorcistes juifs auxquels il fit brûler, de leurs propres mains, en place publique, tous leurs livres de magie, et de la grande sédition populaire excitée contre lui par les fabricants d'idoles, dont le succès de ses prédications ruinait le commerce.
La plupart des ruines existant encore actuellement autour d'Ayasolouk, sur les divers emplacements voisins les uns des autres, et sur lesquels se sont élevées successivement les villes portant le nom d'Éphèse, appartiennent h l'époque romaine; mais dans les ruines dumoyen âge,auchâteau-fort,àlamosquée, on voit des restes intéressants de plusieurs époques de l'art grec.
Néapolis. — Cette petite ville moderne a succédé à la ville antique de Néapolis, et celle-ci avait elle-même été peuplée par une partie des habitants de Pygélion, fondée par des compagnons d'Agamemnon quifurentobligés, par la maladie, de quitter leurs vaisseaux pour se fixer en cet endroit. On y trouve surtout beaucoup de poteries et de tuiles provenant d'édifices publics. Agamemnon y avait élevé un temple à Diane.
Tchangli (Panianium). — On trouve aussi dans ce caza
508 VILAYET DE SMYRME
des ruines antéhelléniquesen assez grand nombre ; et enfin, près de Tcbangli, village situé au bord de la mer, au pied du Samsoundagh^ en face deSamos, le site de Panianium, lien d'assemblée des députés de la conrédération ionienne, a été bien déterminé par Cbandler ; et sir William Gell, de son côté, a publié une inscription où se trouve mentionné le Panionium, dans Tenceinte duquel s'élevait le temple de Neptune.
GAZA DE TIRÈH
Orientation, limites. — Le caza de Tirèh est situé au sud du merkez-sandjak de Smyrne, et au centre du vilayel en inclinant vers Touest. Il est limité, au nord, par les cazas de Baïndir et d'Eudémich; à Test, par ce dernier; au sud, parle sandjak d'Aïdin, et à l'ouest, par le merkez-caza de Smyrne et celui de Kouch-Adassi.
Superficie. —La superficie est de 1,097 kilomètres carrés, comme suit :
Cultures 450 kilom. carrés
Pâturages 72 —
Montagnes 500 —
Forêts 75 —
Total . . . 1,097 kilom. carrés
Division administrative. — Ce caza n*apas de nahié ; il contient 76 villages.
Autorités. — Il est administré par un caïmakam assisté de son conseil, suivant Tusage général.
Population du oaza . — Sa population totale est de 28,310 habitants, comme suit :
Musulmans 20,500 hab.
Grecs orthodoxes 7,500 —
Étrangers 300 —
Chef-lieu. — Tirèh (Thyra), chef-lieu du caza, résidence officielle du caïmakam, siège des divers services administratifs, est situé sur la rive gauche du Kuchuk Mendérès (Caïslre), à 7 kilomètres au sud de ce fleuve. Elle est à une distance de 96 kilomètres au sud-est de Smyrne par la voie ferrée, et de 63 kilomètres en ligne directe au sud de Magnésie du Sipyle, à 25 kilomètres au nord d'Âïdin, et à 94 mètres d'altitude.
Population, — Sa population, comprise dans le chiffre ci-dessus de celle du caza, est de 14.510 habitants comme suit :
Musulmans 8,200 hab.
Grecs orthodoxes 6,000 —
Étrangers 300 —
Israélites 10 —
Total . . . 14,510 hab.
Un embranchement du chemin de fer de Smyrne-Aïdin part de la station de Torbali, passe à Baïndiret vient à 94 mètres d'altitude aboutir à Tirèh, qui se trouve ainsi reliée par voie rapide aux plus grands centres du vilayet. Depuis longtemps déjà, cet embranchement était devenu nécessaire, car Tirèh, ancienne halte des caravanes, sur la grande route de Smyrne à Roniah, naguère Tune des villes les plus commerçantes du vilayet, et qui comptait encore vers 1840 plus de 18.000 habitants, était en voie de péricliter. Aujourd'hui, cette grande et jolie ville, si bien placée au centre d'une plaine fertile et bien arrosée, commence à reprendre son rang. Son bazar, très grand, mais peu animé depuis que les caravanes ont cessé d'y venir, recommence à être
fréquenté. Depuis loogtemps déjà, ses rues sont éclairées au pélrole. Tirèh, que la population grecque appelle Thyra, est l'ancienne Tyriah, cité fort importante au moyen âge. Sous la domination de Témir Aïdin, ses habitants, tous musulmans, étaient renommés pour leurs qualités militaires et formaient les meilleurs contingents. Timour-Leng fit choix de cette ville, qui fut de la sorte épargnée, pour y rassembler tout le butin pillé par ses soldats.
Ecoles. — Les écoles do Tirèh sont au nombre de 12, dont 4 d'enseignement secondaire et 8 d'enseignement primaire , fréquentées par 587 élèves, dont 555 garçons et 32 filles, comme suit :
COMMUNAUTÉS
KCOLBS
ÉLÈVES
Musulmans : Ecole secondaire (garçons)
— — primaires —
Grecs orthodoxes i cicolos secondaires (garçons)
— — primaires —
— (filles)
Catholiaues Œtrauffers^ : Ecole nrimaire ^irarcons)
Total
Télégraphe. — It y a à Tirèh une station télégraphique de service in lérieur, c'est-à-dire où la langue turque seule est employée.
Dette publique ottomane , régie de tabacs . —
L'administration des revenus concédés àla Dette publique ottomane et la régie cointéressée des tabacs ont, dans ce caza, des agences dont les recettes sont énoncées dans des tableaux ad hoc qui figurent aux chapitres spéciaux du vilayet.
GAZA DE BAINDIR
Orientation^ limites. — Le caza de Baïndir est silué comme celui de Tirèh, au sud du sandjak de Smy me et au centre, en inclinanlàrouest du vilayet d'Aïdin. Il est limité au nord par le merkez-caza de Smyrne et le sandjak de Saroukhan ; à Test, par le caza d'Eudémich, au sud, par celui de Tirèh et à l'ouest, par le merkez-caza de Smyrne.
Superficie. — Sa superficie totale est de 494 kilomètres carrés comme suit :
Cultures 200 kilom. carrés.
Pâturages 50 —
Montagnes 160 —
Forêts 84 —
Total. . . 494 kilom. carrés.
Division administrative. — U n'a point de nahié ; on y compte 44 villages. Un caïmakam assisté d'un conseil ad hoc administre ce caza.
Population. — Sa population totale est de 28.005 habitants comme suit :
Musulmans 20.900 hab.
Grecs orthodoxes 6.980 —
Étrangers 100 —
Israélites 25 —
Total. . . 28.005 hab.
Chef-lieu. — Baïndir, chef-lieu du caza, résidence officielle
du caïmakam et siège des services publics, est située sur la rire droite du Kutchuk-Mendérès, à 3 kilomètres au nord de ce fleuve, à 50 kilomètres sud-esl de Smyrne et à 43 kilomètres nord-ouest d'Aïdin. Un embranchement du chemin de fer y conduit directement, de la station de Torbali, et va jusqu'à Tirèh etEudémich. La station de Baïndir est à i kilomètre de la ville et y est reliée par une route carrossable. Son allilude est de 60 mètres et celles des premières maisons de la ville est de 90 mètres.
Population. — Sa population, comprise dans le chiffre précité de celle du caza, est de 9,625 habitants, comme suit :
Musulmans 5.000 hab.
Grecs-orthodoxes 4.500 —
Étrangers 100 —
Israélistes 25 —'
Total, . . 9.625 hab.
La ville de Baïndir, toute moderne, est bàlie en amphithéâtre sur un des versants du Tmolus, dans une situation pittoresque d*où Ton jouit d'une très belle vue. Ses maisons sont presque toutes bâties en bois et en pisé fait d'argile rouge commune, qu'on trouve aux environs, ce qui forme, avec la verdure sombre des cyprès un contraste pittoresque . Elle est abondamment pourvue d'eau, et ses rues, quoique étroites, sont généralement propres. Elles sont éclairées au pétrole. Dans cette région que Strabon nomme Kiyôiavov g)£8{ov, il y avait, de son temps, des mines de cinabre (sulfure rouge de mercure), appartenant aux Ephésiens qui en tiraient de grands bénéfices. Les apparences font croire que ces mines se retrouveraient facilement.
Cette môme région avait, dans l'antiquité, une grande réputation de fertilité qui lui est restée jusqu'aujourd'hui. Les environs de Baïndir sont cités surtout pour leurs cultures florissantes de mûriers, de cotonniers, de figuiers et de céréales. L'élève des bestiaux y donne de beaux résultats. Il se fait sur les marchés de la ville de Baïndir et dans les villages qui en dépendent, un
commerce assez important de grains, d'huile, de peaux, de laine^ de soie, de figues et surtout de coton. Toutes ces denrées sont dirigées sur la place de Smyrne soit par le chemin de fer de Smyrne à Aïdin, soit par chariots ou à dos de chameaux.
Ecoles. — 11 y a à Baïndir 1 1 écoles, dont 3 d'enseignement secondaire et 8 primaires, fréquentées par 664 élèves dont 564 garçoos et 100 filles, comme suit :
COMMUNAUTÉS
ÉCOLES
ÉLÈVES
Musuhxiftas : Écoles secondaireH
— — primsdres
Grecs orthodoxes : Écoles secondaires
— — Drimaires fffarcons^
Catboliaues fétranirers^ : École Drimaire (ffarcons)
Totaux
On compte à Baïndir 12 mosquées, dont deux seulement sont entièrement bâties en pierre avec dôme, minarets et portiques, et 2 églises grecques. Les fontaines phbliques sontnombreuses; le bazar est assez animé. Les administrations de la Delte publique et de la régie des tabacs ont des agences dans celte ville, où se trouve aussi une station télégraphique de service intérieur (en langue turque).
On voit à Baïndir quelques antiquités intéressantes qui y ont été apportées des environs, où Ton rencontre aussi des ruines byzantines antérieures à Justinien.
GAZA D^EIDÉMICH
Oriexxtatioii, limites. — Lecazad'Eudémichestsituéau centre du vilayet d'Aïdin. 11 est limité au nord et à l'est par le
sandjak de Saroukhan; ausud, par le sandjakd'Aïdin ; à Touesl, par lescazas de Tirèh et de Baïndir.
Superficie. — Sa superficie totale estde 1,743 kilomètres carrés comme suit :
Cultures 430 kiiom. carrés
Pâturages 170 —
Montagnes 918 —
Forêts 225. —
Total . . . 1,743 kilom. carrés
Division administrative. — Le caza d'Eudémich est divisé en 3 nahiés qui sont : Birghi, Kélès et Baliambol; on y compte, en totalité, 112 villages.
Autorités. — 11 est administré par 1 caïmakam et 3 mudirs. Ces 4 fonctionnaires sont assistés de leurs conseils d'administration respectifs, composés suivant Tusage.
Sa population totale est de 26,700 habitants, comme suit :
Musulmans 19,500 hab.
Grecs orthodoxes 7,000 —
Étrangers 150 —
Israélites 50 —
Total . . . 26,700 hab.
Chef-lieu. — Eudémigh, chef-lieu du caza, résidence officielle du caïmakam et siège des services publics, est située sur la rive droite du Kutchuk-Mendérès (Caïstre), à 5 kilomètres au nord de ce fleuve, à 73 kilomètres sud-est de Smyrne et à 45 kilomètres nord-est d'Aïdin, à 123 mètres d'altitude. Elle est rehée par voie rapide à ces deux villes, au moyen d'une petite section de chemin de fer qui va rejoindre, à égale distance de Baïndir et de Tirèh, l'embranchement aboutissant à Torbali, station de la grande ligne dite de « Smyrne-Aïdin ».
Popidation. — Sa population, comprise dans le chiffre sus-énoncé de celle du caza, est de 7, 200 habitants, comme suit:
Musulmans 4,000 hab.
Grecs orthodoxes 3,000 —
Etrangers 150 —
Israélites 50 —
Total . . . 7,200 hab.
Un cours d'eau torrentueux, considérable en certains temps et médiocre en d'autres, descend du Bouz-dagh, Tun des principaux sommets de la chaîne du Tmolus, et parcourt, d'un bout à l'autre, la ville d'Eudémich pour aller, à 5 kilomètres plus au sud, se jeter dans le Kutchuk-Mendérès. Les mosquées de cette ville n'ont rien de remarquable, mais l'église grecque, grande et de belle apparence, mérite d'être citée, ne fut-ce que pour le grand tort causé à la science archéologique par sa construction.
En effet, en 1840, date de cette construction, la communauté grecque orthodoxe y avait pourvu par une cotisation de 500.000 piastres, mais celte somme, d'environ 100,000 francs, eût été insuffisante à payer les frais d'un pareil édifice, si presque tous les matériaux n'avaient été tirés des ruines de la ville antique d'Hypaepa, situées au pied du Bouz-dagh, à 3 kilom. au nord d'Eudémich. Sur ce qui reste aujourd'hui de ces ruines, s'élève le petit village turc de Tapoè, auquel la population grecque a laissé le nom de la ville antique : llypipa. Tous les marbres ont servi à l'ornement de l'église ou à faire de la chaux, car la pierre calcaire est très rare dans la contrée. Les inscriptions et les œuvres d'art ont été ainsi perdues. Cependant, M. Ch. Texier, qui a donné une description étendue des ruines d'Hypaepa, a retrouvé à Eudémich une statue de Vénus qui sert à soutenir l'escalier de Técole annexée à l'église grecque, et il a pu copier deux inscriptions venant aussi d'Hypaepa, l'une, encastrée dans un mur voisin, et l'autre, dans le dallage de la cuisine de l'école.
Le bazar d'Eudémich est construit en pierre. Les rues de celte ville sont assez larges et éclairées au pétrole. Son aspect est agréable et Ton y rencontre quelques maisons assez belles.
Depuis que le prolongement du chemin de fer a été exécuté jusqu'à Eudémich, celte ville est devenue un marché assez importanl où affluent les productions de lapartie haute de la vallée du CdUtre,
Ecoles. — Il y a à Eudémich 12 écoles, dont 2 d'enseignement secondaire et 10 primaires, fréquentées par 705 élèves dont 645 garçons et 60 filles, comme suit :
COMMUNAUTÉS
ÉCOLES
ÉUVBS
Musulmans : Écoles secondaires
— — primaires
Grecs orthodoxes : Ecole secondaire
— — primaires (ffarcons')
— — — (filles)
Catholiques (étrangers) : École primaire (garçons)
Totaux
La direction des postes et télégraphes a une station télégraphique de service intérieur (langue turque) à Eudémich. Les administrations de la Dette publique et de la régie des tabacs y ont des agences (voir les tableaux y relatifs aux chapitres spéciaux du vilayet).
Productions agricoles. — Parmi les principales productions du caza, figurent au premier rang les céréales, le tabac, la soie, le coton, les raisins et les figues. Les prairies de cette région, citées par Homère dans Tlliade, méritent encore aujourd'hui leur antique renommée d'excellents pâturages.
Birghi. — Birghi, chef-lieu du nahié de même nom, résidence officielle du mudir et siège des services publics, est située
à 8 kilomètces nord d'Eudémich, au pied du Tmolus^ sur un cours d'eau torrentiel, qui parfois inonde ses rues. Ce bourg est petit, mais pittoresquemenl bâti au milieu de champs d'oliviers qui donnent un aspect riant à ses constructions faites de fragments antiques provenant des ruines d'Hypaepa. Il est relié à Eudémich par une route carrossable.