CAZA DE AR-HISSAU
Orientation, limites. — Le caza de Ak-Hissar est situé au nord du sandjak de Saroukhan et du vilayet d'Aïdin. Il est limité, au nord, par le vilayet de Brousse ; à l'est, par les cazas de Gueurdèz et de Salihli ; au sud, parle Ghédiz'tcho:i (Hermus), qui le sépare du caza de Kassaba; et à l'ouest, parle merkez-caza de Magnésie et celui de Kirk-Agadj.
Superficie. — Sa superficie totale est de 1 ,469 kilomètres carrés, comme suit :
Cultures 350 kilom. carrés
Pâturages 180 —
Montagnes 835 —
Forêts 104 —
> Total. . . 1 ,469 kilom. carrés
Division administrative, autorités. — L'unique nahié de ce caza est Mermérédjik. On y compte 58 villages, dont 46 dépendent d'Ak-Hissar et 12 du nahié.
Population du caza. — Sa population totale est de 31 ,746 habitants coname suit :
Musuloians 24,746 hab.
Grecs orthodoxes 6,118 —
Arméniens grégoriens . . . 882 —
Total. . . 31,746 hab.
• Ghëf-Ueu. — Ak-Hissar, chef-lieu du caza, résidence officielle du caïmakam et siège des services publics, est située sur la rive gauche du Gtieurduk-tchài^ affluent du Koum-tchài, à 102 mètres d'altitude, au milieu d'une plaine bien cultivée, à 48 kilomètres nord-est de Magnésie en ligne directe, à 49 kilomètres nord de Kassaba et à 85 kilomètres nord-ouest d'Alachèhr, également en ligne directe. Comme il a été dit plus haut, cette ville est reliée à Smyrne, à Kassaba et à Alachèhr par l'embranchement de Magnésie à Soma, du chemin de fer de Smyrne- Kassaba. Elle est aussi reliée à Magnésie par une route carrossable. La distance de cette dernière ville à Ak-Hissar, parle chemin de fer, est de 45 kilomètres.
Population du chef-lieu. —Sa population, comprise dans le chiffre sus-énoncé de celle du caza, est de 12,000 habitants comme suit :
550 VfLÀYET DE gHYRME
Musulnwjs. . , 8,000 hftb.
Grecs orthodoxes 3,U8 --
Arméniens grégoriens, . . . 882 —
Total. . . 12,000 hab.
A Texception des six mosquées, de l'école ruchdiè (secondaire), de régliée grecque orlhodox^^ de celle de» Arméniens grégoriens, d'un bain public et d*un bazar, Ak-Hissar (le chftteau blanc), ainsi nommée à cause d'une forteresse dont les ruines couronnent une colline du voisinage, ne possède aucun édifice en pierre. Dans le bazar, incendié il y a 7 à 8 ans, étaient jadis encastrés des fûts de colonnes antiques en marbre. Il est aeluellement reconstruit en pierre, sur un plan régulier, avec rues larges tirées au cordeau. De nombreuses fontaines entretiennent la fraîcheur et la belle végétation des jardins. Les 2,400 maisons de la ville, pour la plupart bâties en pisé, sont d'assez chélive apparence, sauf quelques-unes bâties en pierre : cependant les jardins de grenadiers et autres arbres fruitiers qui Tentourent, les belles allées de platanes et de cyprès, plantés le long des galeries extérieures, dans les cours de ses mosquées et de ses églises, lui donnent un aspect très pittoresque. Ak-Hissar est éclairée au pétrole. Cette ville fait, avec Smyrne, un grand commerce de coton et de laine, par l'entremise des négociants grecs qui y sont établis, t^a plupart de ses habitants arméniens font, de leur côté, un trafic important avec la Perse. On y voit une usine à vapeur qui sert pour Tégrenage et le pressage du coton ainsi que pour la fabrication de l'huile.
Ecoles. — Les écoles d'Ak-Hissar sont au nombre de 13, dont 3 secondaires et 10 primaires, fréquentées par 790 élèves dont 660 garçons et 130 filles, comme l'indique le tableau ciaprès, page 551.
Notices historiques. — Ak-Hissar est l'ancienne Thyatire qui, selon Pline (V. 29), porta d'abord le nom de Pélopiaou ville de Pélops, ce qui ferait remonter l'époque de sa fondation
COMMUNAUTÉS
ÉCOLES
ÉLÈVES
Musulmans : 1 école secondaire
— 6 — primaires
Grecs orthodoxes : 2 écoles secondaires
— 1 — primaire . » . . . » » , .
— 1 > ((iUes)
Arméniens grégoriens : 1 école primaire (garçons). ...... .
— 1 (filles)
Total. . .
au temps où toute cette région appartenait aux Tantaîides. Selon Etienne de Byzance, le nom de Thyalire lui fut donné par Séleucus, qui y installa une colonie de Macédoniens durant la guerre contre Lysimaque. On sait que celte ville servit de base d'opérations à An liochus contre l'armée de Scipion. Sous les Romains elle était encore importante. Les inscriptions copiées à Ak- Hissar par Spou et Ricaulfont eneffet mention du «très puissant sénat et du peuple de Thyatire » Les empereurs romains, VespasienetCaracalla, y firent exécuter de beaux travaux. Thyatire est une des sept égliseschréliennes citées dansTApocalypse. Elle fut enlevée à l'empire d'Orient parles Ottomans, sous Andronic Paléologue, qui s'y était retiré pendant ses inutiles tentatives pour reprendre Pergame. Depuis lors, elle n*a été disputée aux sultans que durant l'invasion de Timour-Leng.
Production agricole. — Les principales cultures delà plaine d'Ak-Hissar sont : la vigne qui fournit à un très important commerce de raisin sec ; le coton, les céréales, l'opium, le tabac, etc. L'élève des bestiaux fournit au commerce de grandes quantités de laine. La sériciculture lui donne aussi beaucoup de cocons et de la soie de grège ; une grande partie de ces cocons sont filés à Smyrne pour servir à la fabrication de chemises, draps de lits et autres articles de consommation locale» Celte partie, retenue dans le pays, est d'environ 90 0/0 de la qualité supérieure. Une quantité assez notable du miel consommé dans le vilayet d'Aïdin ou exporté à Constantinople, à Alexandrie et
à Odessa, provient des abeilles du caza d'Ak-HIssar et du voisi- ' nage, quoique celte région ne soit pas, sous ce rapport, la plus productive de ce vilayel qui produit et consomme beaucoup de miel très estimé.
Fleuves, rivières. — Les principaux cours d'eau du cazad'Ak-Hissar sont le Ghédiz-tchài qui le sépare au sud du caza de Kassaba; le Koum-tchai qui arrose loule sa partie centrale, et le Guevrduk'khài qui coule au nord et àTouest.
Lacs, marais. — L'unique lac de la Lydie, appelé dans l'antiquité le lac Gygée aujourd'hui Merméré-gueul^ est situé dans la partie sud de ce caza ; il a été déjà décrit plus haut, au chapitre spécial du vilayet.
Localités remarquables. — Outre ce lac et les tombeacnc d'Alyatle, père de Crésus, et des autres rois de Lydie, connus sous le nom turc de Binn-tépé ou les mille collines, il faut citer, parmi les localités remarquables de ce caza, la petite ville de Mermérédjik, chef-lieu du nahié de même nom, et résidence officielle du mudir. Elleest située sur l'ancienne route de caravanes de Kassaba à Ak-Hissar, à moitié chemin de ces deux villes et à 3 kilomètres environ au nord du lac Gygée. On y trouve en abondance des marbres antiques de l'époque romaine qui lui ont fait donner son nom actuel de Mermérédjik, et ont motivé aussi le nom turc du lac voisin, car Merméré-gueul signifie « lac de marbre».
CAZA DE KASSABA
Orientation, limites. — Le caza de Kassaba est situé au sud du sandjak de Saroukhan et vers le nord du vilayet de Smyrne. Il est limité au nord par le Ghédiz-tchài (Hermus) qui le sépare du cazad'Ak-Hissar; à Test parle Bouz-dagh (Tmolus) et par les ruines de Sardes, ancienne capitale de la Lydie; au
sud , sa limite est celle du merkez-sandjak de Smyrne ; et à Touest le Nif'tchai, affluent de VHermus, petite rivière qui passe àNif, le sépare du merkez-caza de Magnésie.
Superficie. — Sa superficie totale est de 874 kilomètres carrés, comme suit :
Cultures 280 kilom. carrés
Pâturages 20 —
Montagnes 550 —
Forêts 24 —
Total. . . 874 kilom. carrés
Division administrative. — 11 est divisé en 2 nahiés qui sont Ahmedli et Dagh-Merméré, et Ton y compte 33 villages dont 10 dans la circonscription de Kassaba, 15 dans celle d'Ahmedli, et 8 autour de DaghMerméré. — L'autorité administrative y est exercée par un caïmakam et deux mudirs.
Division militaire. — Kassaba est le quartier général du sandjak de Saroukhan. L^autorité militaire y est exercée par un « mir-alaï », colonel du régiment (alaï) de nizam (armée active) en garnison au chef-lieu.
Population du oaza. — La population totale du caza de Kassaba est de 41,732 habitants, comme suit :
Musulmans . ." 36,900 hab.
Grecs orthodoxes 3,232 —
Arméniens grégoriens . . . 1,000 —
Chef-Ueu. — Kassaba, chef-lieu du caza, résidence officielle du caïmakam, sous-gouverneur, et siège des services publics du caza, quartier central des troupes du caza de Saroukhan,
est située à 85 mètres d'allilude, par 25*25' de longitude et SS^'SO' de latitude, à 58 kilomètres nord-est de Smyrne par la route carrossable qui passe à Nif, et à 93 kilomètres de cette même ville par le chemin de fer qui passe à Magnésie et à Ménémen; à 28 kilomètres sud-est de Magnésie, à 72 kilomètres nord-ouest d'Alachèhr (Philadelphie), à l'extrémité orientale d'une plaine d'environ 5 kilomètres de largeur, bien arrosée par un grand nombre de ruisseaux affluents du Nif-tchaï et plusieurs rivières qui se jettent dans VHermus, et traversée par la route ou chaussée carrossable de Smyrne à Rassaba., par Bournabat, Hadjilar, Nif et Parsaf. Cette ville, ancienne tête de ligne du chemin de fer de Smyrne-Kassaba, en est restée Tune des stations les plus importantes. La gare de la ville, éloignée d'un kilomètre, y est reliée par une petite chaussée carrossable.
Population. — Sa population, comprise dans le chiffre sus-énoncé de celle du caza, est de 23,000 habitants comme suit :
Musulmans 19,900 hab.
Grecs orthodoxes 1 ,500 —
Arméniens grégoriens. . . . 1,000 —
Israélites 600 —
Total. . . 23,000 hab.
Les maisons de la ville sont bâties pour la plupart en pierre^ mais un certain nombre sont construites en briques crues. Quelques-unes sont de belle apparence, entourées de jardins. Les rues sont en général larges et droites et sont éclairées au pétrole. — Kassaba est une ville essentiellement commerçante. Les seules industries qui y soient exercées sont celles qui s'appliquent directement à la préparation commerciale des produits agricoles, telles, par exemple, que le nettoyage et le pressage du coton, la mise en boites des raisins secs, etc. On y compte plus de 1,000 magasins ou dépôts de marchandises, 4 usines à nettoyer et presser le coton, 27 moulins à eau , 9 han ou hôtelleries,
46 fours, 286 fontaines publiques qui sont presque autant de sources et donnent par conséquent d'excellente eau à profusion.
Edifices publics — Les principaux édifices publics de la ville de Kassaba consistent dans le koiiak ou hôtel du Gouvernement, 5 bains publics^ 34 mosquées, 2 églises grecques orthodoxes dont une menaçant ruine est bâtie en contre-bas du sol ; la seconde, aux trois quarts inachevée, a été commencée il y a douze ans; ses 2 clochers ont déjà coûté plus de 10,000 liv. turques, soit environ 230,000 francs. Les Arméniens grégoriens ont une église et les Israélites 2 synagogues. Il y a 2 hôpitaux, Tun pour les musulmans et Tautre pour les grecs orthodoxes. La caserne et les maisons qui Fentourent ont été construites récemment au sud-ouest, hors la ville, et commandent à la fois la grande roule de Smyrne et le chemin qui conduite Magnésie. La dépense en a été faite par la ville dont les habitants se sont cotisés en vue de défendre Kassaba contre les attaques assez Tréquentes des brigands qui s'y installaient et percevaient même les taxes du Gouvernement auquel ils se substituaient. La ville de Magnésie, moins exposée à ces invasions, ayant hésité à prendre à sa charge les frais de construction d'une caserne, Kassaba s'offrit à faire cette dépense et devint, au point de vue exclusivement militaire, le chef-lieu du gouvernement du sandjak.
Eccles. — Les écoles de Kassaba sont au nombre de 56, dont 3 secondaires et 53 primaires, fréquentées par 1 ,321 élèves dont 1,161 garçons et 160 filles, comme suit :
COMMUNAUTÉS