NON MUSULMANS
Les Turcs ne jouissent plus qu'imparfaitement des honneurs, des richesses et du pouvoir, qui se concentraient autrefois en entier dans leurs mains; ils ne sont plus protégés par Topinion, qui reconnaissait leur supériorité.
Lies rajas, témoins de leur décadence, tournent les yeux vers les points d'où leur délivrance peut venir; et déjà ils s'élèvent à la pensée d'une résistance qu'ils n'auraient jamais osé concevoir avant les réformes.
Ces réformes, dont on a tant loué l'auteur, et dont la conception était grande, n'ont encore eu d'autres résultats que de dépouiller de leur dignité ceux sur qui elles ont été essayées, et de montrer leurs infirmités à nu aux yeux desquels il importait le plus de les cacher.
L'Europe, encore éblouie par la redondance des merveilles qu'on lui raconte sur les progrès de la civilisation en Orient, se refuse à croire aux misères que ces changements ont révélées; elles n'ont point échappé à Toeil clairvoyant des rajas : ils s'étonnent aujourd'hui de leur trop longue illusion sur les qualités qu'ils attribuaient à leurs oppresseurs. De là à la rébellion, il n'y a pas si loin qu'on le pense.
Dans la somme des dangers qui menacent le trône des sultans, on n'a point encore fait entrer en ligne de compte l'imminence du soulèvement des sujets non musulmans; elle n'en est pas moins à